Contre toute sélection à l’université !

Vendredi 17 février devait avoir lieu un Conseil d’Administration de l’Université Lyon 2, qui ne s’est finalement pas tenu grâce à l’irruption de près de 200 étudiant.es – la plupart de la faculté de psychologie- décidées à empêcher le vote instaurant la sélection à l’entrée du master 1. La Présidence convoque finalement un Conseil d’Administration exceptionnel ce vendredi 3 mars pour tenter de faire passer ce le vote.

Le 24 décembre dernier a en effet été publié au Journal Officiel la loi autorisant la sélection à l’entrée du master. Cette loi, destinée à être appliquée dès la rentrée 2017/2018 est en cours d’adoption dans les universités.

Désormais les facultés pourront ainsi sélectionner – quand certains préfèrent parler de « recruter » – à l’entrée du master 1 via concours, admission sur dossier et éventuel entretien.

Les universités doivent en conséquence fixer le niveau des « capacités d’accueil » dans chaque master. Une fois le seuil atteint, plus aucune admission dans le master souhaité ne sera possible.

L’étudiant.e refusé.e n’aura plus qu’à tenter une « réclamation » par le biais d’une plateforme en ligne et le rectorat devra formuler trois propositions de master à intégrer, à l’échelle de l’académie, (un.e étudiant.e de Lyon peut ainsi se voir proposer une formation à Clermont ou Grenoble) «selon le projet professionnel de l’étudiant.e» et «les prérequis du master» dans des formations « ayant des places vacantes ». Tant pis pour celles et ceux qui n’auront pas les moyens de se loger à des centaines de kilomètres de leur foyer.

Comme souvent, la loi vient en fait légaliser – pour couvrir et généraliser – des pratiques qui existaient jusqu’ici déjà, en toute illégalité. Depuis quelques temps, les universités se plaignaient de se faire condamner par les tribunaux pour des étudiant.es dont l’inscription en Master 2 avait illégalement été refusée. La loi est ainsi venue les rassurer ! Actuellement, la logique de sélection en licence est la même. Cette année déjà, des milliers de lycéen.nes sont resté.es sans inscription, ou pas dans la filière de leur choix !

La sélection en licence risque ainsi d’être demain légalisée, comme elle l’est aujourd’hui pour les masters.

Une sélection, sociale, s’opère déjà bien évidemment à l’université

Les étudiant.es salarié.es sont ainsi de fait, plus de la moitié à échouer, à se faire ainsi petit à petit éliminer, par épuisement ou abandon forcé. Sans même parler des étudiant.es sans papiers, dans la crainte à chaque instant de se faire contrôler… Comment dans ces conditions réussir son année ?

Qui va de fait s’aggraver !

L’instauration de capacités d’accueil limitées va ainsi compliquer la poursuite d’études pour la majorité, à l’heure où déjà beaucoup se voyaient refuser l’inscription au motif de « capacités d’accueil insuffisantes ».

L’instauration de capacités d’accueil va de fait accroître la concurrence entre étudiant.es.

Dans un certain nombre de filières, le niveau des capacités fixé est déjà largement inférieur aux nombre d’étudiant.es inscrit.es cette année !

Pour les filières où les capacités d’accueil resteraient inchangées, il convient de noter qu’à tout moment ces capacités pourraient être diminuées. Si aujourd’hui seule une fraction des étudiant.es peut se sentir concernée, demain n’importe qui peut être touché. Il faut d’ailleurs souligner que le nombre de demandes d’inscriptions est en augmentation chaque année. Les étudiant.es seront ainsi toujours plus nombreux.ses à être appelés à se voir recalé.es…

L’objectif recherché depuis plusieurs années est en effet de réajuster les capacités en fonction des débouchés. Un certain nombre de places ou de filières seront donc de fait appelées à être supprimées, au nom de leur utilité (selon ceux bien sûr qui dirigent cette société), c’est-à-dire des « réalités du marché ». Et il faut dire qu’en ces temps, le marché est plutôt à ce que les jeunes rejoignent l’armée, que les bancs de l’université… Tout un projet de société !

L’intensification de la concurrence comme projet de société…

L’intensification de la concurrence qui sera engendrée était en fait un des principaux arguments de la Présidence pour tenter de faire adhérer les étudiant.es au principe de sélectionner.

Ainsi, dans un hypothétique espoir de sauver sa place, chacun.e est invité.e à sacrifier les autres… !

Une fraction des étudiant.es serait prêt.es à accepter la sélection… mais reportée d’une année, dès lors qu’ils/elles ne seront pas touché.es.

La Présidence a pourtant été assez explicite sur le fait que les capacités d’accueil seraient progressivement sérieusement réduites, notamment en faculté de psychologie. Les actuels L1, L2 et futurs étudiant.es pâtiraient de fait directement d’un tel « compromis ».

Certain.es pouvaient encore défendre la sélection, selon la logique de la « préférence locale », afin de se protéger de la concurrence des étudiant.es venu.es d’ailleurs !

La présidence a d’ailleurs largement argumentée en ce sens, en jouant sur les peurs des étudiant.es, dans l’espoir de les dissuader d’empêcher le vote de la sélection : « si on ne vote pas ici, alors qu’à Clermont, Grenoble, des capacités d’accueils limitées ont été voté, les étudiant.es recalé.es ailleurs viendront ici ».

Pour s’assurer une hypothétique place en Master, les étudiant.es devraient dès lors se faire les complices de fermer la porte de l’université à d’autres étudiant.es…

A Nanterre, la présidence a plutôt essayé de jouer dans la « préférence nationale » en faisant voter l’impossibilité pendant une année aux étudiant.es étranger.es de postuler à l’entrée du Master ! Face à la mobilisation des étudiant.es la Présidence a finalement été contrainte de reculer.

Comme ça, on pourra à l’infini imaginer différents critères discriminants qui permettront de trier…

Nous devons tous et toutes revendiquer : « avec ou sans papiers, une place pour tous et toutes à l’université dans la filière de son choix ! »

Nous devons revendiquer des moyens pour l’université !

La fusion des universités actuellement en cours va entraîner les mêmes logiques selon l’aveu même de la présidente de l’université (possibilité de sélection dès la L1, risque de hausse des frais d’inscriptions, etc.).

Dans le cadre de cette restructuration, les personnels voient leur charge de travail augmentée, leurs conditions de travail se dégrader, les étudiant.es leurs droits diminuer… Etudiant.es, personnels des universités, nous devons donc tous et toutes ensemble lutter !

Le chacun pour soi c’est tout le monde dans la galère.

C’est tous ensemble qu’on est touché, c’est tous ensemble qu’on doit lutter !

Pour le droit pour tous et toutes, avec ou sans papiers, d’étudier dans la filière de son choix !!

Du fric pour les facs et les lycées, pas pour les flics et l’armée !

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Étudiant-e-s précaires Faisons-nous rembourser nos frais d’inscription

Outre les boursier-es, une partie des étudiant-es (jusqu’à 10%) peut, en raison de problèmes financiers, être exonéré-e des droits d’inscription en vertu du décret n°84-13 de loi Savary de 1984 :

Article 3 : « peuvent bénéficier de l’exonération des droits d’inscriptions les étudiants qui en font la demande en raison de leur situation personnelle, notamment les réfugiés et les travailleurs privés d’emploi. Les décisions d’exonération sont prises par le président de l’Université en application de critères généraux fixés par le conseil d’établissement et dans la limite des 10% des étudiants inscrits, non comprises les personnes mentionnés à l’article 2 (les boursier-es) ».

A noter que les étudiants étrangers, avec ou sans papiers, peuvent également se faire exonérer et rembourser. Il faut cependant savoir que les frais remboursés sont les seuls droits universitaires, la sécurité sociale n’est pas remboursée.

 

Université Lyon 1 :

  • S’adresser au Bureau des Assistantes Sociales qui se trouve à la Maison de l’Étudiant (Bâtiment Astrée au 1er étage – Campus la Doua)

Université Lyon 2 :

  • Retirer la fiche individuelle de demande de remboursement au centre d’inscription (sur le campus des quais) ou à l’accueil de la Maison Des Étudiants à Bron ou bien encore téléchargeable sur le site internet.
  • Envoyer la fiche remplie à

Université Lumière Lyon 2 Centre d’inscriptions

A l’attention de Madame COUDON

86 rue Pasteur69365 Lyon cedex 07

Université Lyon 3 :

-Retirer un formulaire directement au centre des inscriptions ou l’obtenir en en faisant la demande par mail à inscriptions@univ-lyon3.fr

-Vous pouvez également retirer un dossier directement auprès du secrétariat du service social du CROUS

Ensuite prendre un RDV auprès des assistantes sociales du CROUS ( tél : 04 72 80 13 25 tous les jours de 9 à 12h et de 13h à 17h). Ce sont elles qui évaluent la situation et instruisent le dossier (des permanences sont assurées directement par les assistantes sociales dans les universités). Les dossiers de demandes d’exonération sont ensuite examinés par une commission présidée par le Vice-Président chargé de la formation et de la vie universitaire.

 

Si vous êtes en galère financière, il est aussi possible de demander à bénéficier du Fonds National d’Aide d’Urgence (FNAU). Il faut alors prendre un RDV avec les assistantes sociale du CROUS.

L’aide sociale : une bataille à mener par les plus précaires pour pouvoir en bénéficier !

A Lyon 2, des cas de refus d’exonération ou de remboursement nous ont été rapporté par des étudiants ne bénéficiant pourtant d’aucune ressource financière ! Selon la présidence, cela est dû à la « politique de l’établissement dans un contexte budgétaire serré ». En clair, la présidence fait le choix de faire payer aux plus précaires d’entre nous les restrictions budgétaires en refusant des exonérations auxquelles nous avons pourtant droit, alors que Lyon 2 réalise plus d’un million de bénéfices ! La « politique » c’est aussi de sélectionner en fonction des résultats obtenus ! En clair, on permet de continuer à étudier que celles et ceux qui auraient déjà validés leur année précédente, les autres ne sont pas considérés comme devant être soutenus ! Il est pourtant une évidence pour tout le monde que sans ressources, il est compliqué d’étudier et donc de réussir dans de bonnes conditions…

Ne laissons pas faire !Si vos demandes de remboursement et d’exonération essuyaient un refus contactez-nous !

Pour une gratuité totale des études !

Faisons-nous exonérer de la taxe d’habitation

Qui est concerné ? La taxe d’habitation concerne tous ceux qui vivent dans un logement depuis plus d’un an (du 1er janvier au 1er janvier de l’année suivante). On reçoit l’avis d’imposition en fin d’année (à partir de novembre).

Quelques étudiants peuvent être exonérés de droit :

– si vous occupez une chambre meublée chez une personne qui loue ou sous-loue une partie de son habitation ;

– si vous vivez dans une résidence universitaire gérée par le CROUS ;

– si vous habitez dans une résidence affectée au logement des étudiants, dont la gestion est assurée par tout autre organisme en subordonnant la disposition à des conditions financières et d’occupation analogues à celles des CROUS. Par contre, les étudiants logés dans un HLM, même par l’intermédiaire du CROUS, sont imposables.

Le recours gracieux : Il n’y pas d’exonération spécifique pour les étudiants. Cependant, si vous ne pouvez pas payer votre taxe d’habitation, un recours gracieux est possible. Il faut s’adresser  personnellement au Centre Des Impôts (CDI) ou Service des Impôts des Particuliers dont vous dépendez et dont l’adresse figure toujours sur l’avis d’imposition pour demander un formulaire à remplir pour obtenir une réduction de votre taxe d’habitation, une mensualisation ou une exonération totale.

Contribution à l’audiovisuel public : Il est réclamé cette contribution si l’on n’a pas coché la case « Si aucune de vos résidences n’est équipée d’un téléviseur, cochez la case » (1ère page de la déclaration d’impôt sur le revenu). En cas de contestation (contentieux), il faut s’adresser au Centre des Impôts (CDI) ou Service des Impôts des Particuliers. Pour ceux qui doivent la payer, une exonération de cette contribution est également possible, selon les mêmes modalités que l’exonération pour la taxe d’habitation.

Des nouvelles des vacataires…

Cette année encore, les vacataires sont en première ligne des dysfonctionnements de l’Université. Leurs contrats de travail sont précaires, et obtenus selon le bon vouloir des influents de l’université. Alors que les vacataires se sont mis en grève l’an dernier pour protester contre leurs conditions de travail, cette année encore, la présidence de Lyon 2 continue de traiter son personnel avec mépris. En effet, aucun des enseignants vacataires en science politique n’a encore signé son contrat de travail (ils exercent pourtant tous depuis le 1er septembre, assurant la majorité des cours). Ils ne sont donc pas payés, alors même que la signature du contrat de travail avant de commencer les cours et le paiement mensualisé des salaires étaient parmi leurs revendications. La situation est transposable aux autres filières.

L’université refuse sa responsabilité dans cette situation de travail illégal, allant même jusqu’à tenter de dissuader les enseignants précaires de protester contre leur situation. Ainsi en anthropologie, cette année, le recrutement des enseignants a été pris en charge directement par la Direction des Ressources Humaines (DRH). Auparavant c’étaient les chargés de CM qui choisissaient les enseignants en TD, selon notamment leurs compétences dans la discipline. On peut douter que la DRH s’y connaisse en anthropologie… La DRH a ainsi pris le droit de décider qui aura un emploi parmi les postulants, choisissant au passage les moins protestataires, et portant atteinte à la qualité de la formation (sûrement considérée comme un dommage collatéral).

A Lyon 2 les emplois de vacataires (type de contrat à durée déterminée, payés à l’heure travaillée) sont majoritaires, on en compte plusieurs milliers. Mal payés au regard du nombre d’heures passées à préparer et à donner des cours et à corriger des copies, pas payés du tout pour les surveillances d’examens, ils concernent principalement des doctorants et masterants pour qui il s’agit du seul moyen de financer leurs études. Depuis plusieurs années, leurs premiers salaires tombent en décembre pour les plus chanceux, quand d’autres attendent mars pour toucher leur seule source de subsistance. L’année dernière un collectif s’était construit pour protester contre cet état de fait, faisant diverses actions, rassemblement devant la DRH, mobilisation des étudiant-e-s… pour finalement se mettre en grève pendant 6 semaines (pour retrouver des traces de leur mobilisation, aller voir sur mobprecvaclyon2.wordpress.com). L’université avait alors mis en place une commission tripartite, constituée de la DRH, de représentants de doyens de plusieurs filières, et de représentants des vacataires (au nombre de 3, sur une commission d’une vingtaine de personnes). Cette commission a pris fin en mai dernier, pour quels résultats? On s’en rend compte à cette rentrée, pour des prunes.vacataires-prc3a9caires-en-colc3a8re

Étudiant-es soyons solidaires des personnels précaires des universités !

ETUDIANTS, TRAVAILLEURS, SOLIDARITE 

Après les attaques terroristes, l’instauration de l’État d’urgence, quelle réponse des étudiant-es ?

Daech a massacré près de 130 personnes et fait plusieurs centaines de blessé·es vendredi 13 novembre à Saint Denis et en plein Paris. On ne peut être qu’horrifié·es et révolté·es.

Nous tenons ici à exprimer notre solidarité et nos pensées aux victimes et à leurs proches, ainsi qu’aux nombreuses victimes en Turquie des attentats et de la terreur de l’Etat turc qui vise les mouvements syndicaux, de gauche et révolutionnaire, aux victimes des attentats de Beyrouth, mais aussi de Charm el-Cheikh, en Égypte, en Tunisie, au Mali, aux innombrables victimes au Nigeria, et partout où les djihadistes tentent d’imposer par la violence et la peur leur courant de pensée réactionnaire. Nous n’oublions pas non plus les victimes du terrorisme de l’extrême-droite raciste en Norvège notamment, et aux Etats-Unis.

L’extrême-droite religieuse et l’extrême-droite raciste se répondent, et partagent la même conception du monde basée sur le choc des civilisations.

Nous condamnons toutes ces attaques terroristes ainsi que la stigmatisation et les agressions à caractère raciste qui visent notamment les musulman·es – ou considérées comme tels, ici en France. En cette période de crise, politiques et les

journalistes étaient déjà nombreux/ses à désigner leur ennemi, en stigmatisant et vomissant leur haine raciste envers musulman·es et les migrant·es.                                                                                                  Ils  se sentent depuis davantage autorisés à stigmatiser, à amalgamer, à contrôler, à réprimer..!

 

DE LA RESPONSABILITE DES INTERVENTIONS IMPERIALISTES

Dans la situation au Moyen-Orient et le développement rapide de Daech et d’autres groupes fondamentalistes, la France, aux côtés notamment des Etats-Unis et d’autres puissances économiques telles que la Grande Bretagne, la Russie, la Turquie, l’Iran, l’Arabie Saoudite, le Qatar, a une part de responsabilité considérable.

Les interventions militaires récurrentes n’ont jamais été là pour servir les populations ni même « lutter contre le terrorisme » mais bien pour défendre les intérêts géostratégiques et économiques (accaparement des ressources naturelles, pétrole notamment, exploitation de la main-d’œuvre à moindre coût, etc.) de ces puissances impérialistes. 

L’intervention directe de la France, par exemple dans le renversement du régime libyen, (dans le but une fois encore de sécuriser les approvisionnements français en pétrole) a directement contribué à répandre de nombreuses armes dans la région et notamment auprès de groupes islamistes et a justifié finalement d’autres interventions militaires, notamment au Mali.

La France a encore une responsabilité, en tant qu’alliée indéfectible de l’État Turc (2ème armée de l’OTAN), Etat qui finance et arme directement Daech, et qui bombarde les combattantes et combattants Kurdes qui luttent armes à la main au Kurdistan Syrien et Irakien.  De même, en tant que cinquième plus gros exportateur mondial d’armes, la France profite largement de l’intensification des conflits à travers la planète, et notamment dans la région, en vendant rafales et autres « fleurons de l’industrie nationale » aux États et pétromonarchies parmi les plus réactionnaires dans la région (Arabie Saoudite, Qatar, etc).

Le terrorisme peut se définir par le fait de chercher à obtenir des avantages politiques, idéologiques ou économiques en imposant la peur, en visant les civils. Si le qualificatif de terroriste est légitimement attribué à Daech, ce qualificatif peut aussi très bien être appliqué aux États, qui se sont plus d’une fois attaqués à des civils dans le seul but de répandre la peur, et surtout de dissuader de leur résister (le napalm américain au Vietnam, massacre de Sétif par l’armée française, répression de l’insurrection malgache, l’usage de munitions à l’uranium appauvri en Irak, etc, la liste est interminable !). C’est par la peur en réalité qu’on nous gouverne tous les jours. La peur de ne pas avoir de boulot, la peur de le perdre, la peur de se retrouver à la rue, la peur de la police, la peur

de la prison… Ce règne de la peur, ils l’appellent démocratie, économie…

 

D’OU VIENT L’ETAT ISLAMIQUE ?

A la fin des années 70, les États-Unis contribuent à armer des groupes islamistes pour combattre l’influence de l’URSS en Afghanistan. C’est dans ce contexte que naît Al-Qaida, d’où l’Etat islamique (EI) trouvera ses origines. L’occupation de l’Irak en 2003 par les Etats-Unis a poussé tout un pan de l’armée de Saddam Hussein, des fondamentalistes et de la bourgeoisie irakienne défaite, à rejoindre les groupes islamistes dans l’espoir de reconquérir le pouvoir.

L’EI qui se constitue lors ce conflit en Irak, s’est étendu à d’autres pays comme la Syrie.

Des groupes islamistes ont été encouragés et armés, directement ou non, par des pays européens – France en tête – et aussi  les Etats-Unis, pour se battre contre le régime de Bachar Al-Assad. Fabius, le ministre français des affaires étrangères considère ainsi que Al Nosra (Al Qaida en Syrie) « fait du bon boulot sur place ». Mais aussi, lorsque la population se soulevait en 2011, Bachar al Assad a fait le choix de libérer des centaines de djihadistes de ses prisons dans l’objectif de confessionnaliser le conflit, diviser les manifestants et de légitimer la répression brutale du régime à leur encontre. C’est clairement le choix de la contre-révolution!

 L’EI bénéficie également du soutien financier des monarchies du Golfe, alliés de la France et des Etats-Unis. Les interventions militaires des pays occidentaux ne font que semer le chaos qui constitue le terreau des mouvements djihadistes et laisse des milliers de victimes. 

 

Etat d’urgence en France : un aperçu historique

La genèse de l’Etat d’urgence est coloniale, puisque c’est pour mater par la force
le mouvement nationaliste algérien en sortant la répression de son cadre légal que ce statut a été créé. Le régime des assignations à résidence ouvre d’ailleurs la voie à l’ouverture de camps d’internements, comme ce fut le cas pendant la guerre d’Algérie. Des voix à droite et à l’extrême droite se sont exprimées pour interner tous les « fichés S ». Ce fichage  concerne en fait aussi bien des djihadistes supposés, que de supporters de football, des syndicalistes, des écologistes, des militants politique. Aujourd’hui, le gouvernement envisage l’internement préventif des fichés S !
L’Etat d’urgence a également décrété en 2005 pour réprimer les révoltes des banlieues françaises…
A BAS L’ÉTAT D’URGENCE !

A la suite des attentats, la réponse du gouvernement a été de déclarer l’état d’urgence.

Ainsi, perquisitions « administratives » de jour comme de nuit, assignations à résidences, contrôle de la presse, instauration de couvre feu, restriction de liberté de circulation, suppression du droit de réunion, sont désormais possibles.. Les préfets ont de fait tout pouvoir. Les contrôles aux frontières ont par ailleurs été rétablis et le déploiement militaire et policier a encore été renforcé.

Plus de 2500 perquisitions ont ainsi déjà été réalisées, dont l’écrasante majorité n’a rien donné. Et déjà des centaines de témoignages relatent des perquisitions complètement arbitraires.

L’assignation à résidence peut également être délivrée par la police à toute personne dont « il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre public ». En clair, toute personne que les renseignements et le gouvernement identifieront comme leur ennemi du moment risque de se faire enfermer à la maison ! Déjà, des dizaines de militant-e-s écologistes ont été assignés à résidence dans le but d’empêcher leur participation aux manifestations contre la COP 21. Plus de 300 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue à Paris suite à leur participation à la manifestation interdite par la préfecture.

Au total, des centaines d’assignations à résidence ont également été délivrées, avec obligation de pointer au commissariat 3 fois par jour. Également toutes les manifestations depuis les attentats sont interdites. A Paris par exemple, malgré l’interdiction de la manifestation en solidarité avec les réfugiéEs, des centaines de manifestantEs ont tout de même fait le choix de braver l’interdiction et de défiler. Les flics n’ont pas pu les en empêcher. Mais 58 manifestants ont été identifiés par les renseignements et convoqués les jours suivants.

Ces mesures liberticides permises par l’État d’urgence ont été prolongées pour une durée de 3 mois par les parlementaires, avec les voix du Front de Gauche à l’extrême-droite, à la quasi unanimité de l’Assemblée Nationale..
On le voit, c’est un véritable État policier qui est mis en place, en soi disant réponse à ceux « qui voudraient nous empêcher d’être « libres » »… Déjà, le gouvernement annonce son intention de prolonger encore l’Etat d’urgence.

L’objectif en réalité est d’empêcher toute contestation sociale.

 

Car il n’y a aucune solution policière ou militaire à cette situation. Déjà, les attentats de janvier avaient facilité l’adoption en urgence de la loi sur le renseignement qui généralisait la  surveillance de masse et conférait de nombreux nouveaux moyens aux services de renseignement.

Déjà, le plan Vigipirate était en alerte quasi maximale, et des milliers de militaires et de policiers étaient déployés dans les rues, armes de guerre à la main. Rien de tout ça n’aura empêché le massacre du 13 novembre !

non aux bomb

Ne laissons pas le gouvernement supprimer nos libertés !

 

A BAS L’ « UNITÉ NATIONALE » !

L’autre réponse à ces attentats est l’intensification des bombardements en Syrie. L’État est en guerre « contre le terrorisme » – rappelons au passage que  la « guerre mondiale contre le terrorisme » a déjà fait jusqu’ici plusieurs millions de victimes civiles…!-, les appels à l’unité nationale, au patriotisme, sont partout. La « France est en guerre », effectivement, et ça ne date pas d’hier!

Il n’y a pas d’unité possible avec gouvernement et patronat, qui tous les jours nous attaquent, dégradent nos conditions de vies.
Car dans cette guerre sociale permanente que nous mènent le patronat et l’État à son service, pour leurs profits il n’y a pas pour nous de répi.
Ainsi, le gouvernement PS a pu en 2015 passer en force, en utilisant 3 fois le 49-3 pour faire passer la loi Macron, attaque sans précédent. La logique est toujours la même, et se concrétise chaque jour un peu plus : TRAVAILLER PLUS, GAGNER MOINS, FERMER SA GUEULE ET PERDRE SON EMPLOI !

 

 

Contre le terrorisme, contre l’état d’urgence, contre la guerre, contre le racisme, contre l’impérialisme, contre le capitalisme : étudiant-e-s, travailleurs, nous devons aujourd’hui bien plus qu’hier encore nous réunir, nous organiser pour lutter !
Ne plus rester isolé est une impérieuse nécessité !

Solidarité internationaliste avec les progressistes et révolutionnaires sur place (retrait du PKK de la liste des organisations terroristes de l’UE)
Levée de l’état d’urgence ! Solidarité avec les migrant-e-s, les réfugié-e-s, les sans papiers !
A bas les guerres impérialistes ! Non à l’intervention française en Syrie, comme ailleurs !

Assez de mort·es pour leurs guerres !

Réformes du droit d’asile et droit des étrangers : l’urgente nécessité de s’organiser et de construire la solidarité !

Analyse des réformes par le collectif des étudiant-e-s étrangers de Lyon, sans papiers et solidaires ( contacts : collectif.etudiants.etrangers.lyon@riseup.net  Téléphone: 07 68 25 59 86 )

L’État renforce ses moyens pour précariser, réprimer et expulser les étrangers : l’urgente nécessité de s’organiser et de construire la solidarité !

Le gouvernement PS, après avoir déjà battu un record d’expulsions de personnes sans papiers, a entériné fin juillet une réforme du « droit d’asile » qui va encore aggraver la situation pour les demandeurs d’asile. Le gouvernement discute également actuellement, en procédure accélérée, une réforme sur les« droits des étrangers ». Analyse par le collectif des étudiant-e-s étrangers de Lyon, sans papiers et solidaires. Article paru dans le journal du collectif.

Ces réformes vont durcir l’accès au droit d’asile et la possibilité d’obtenir une régularisation, elles vont encore augmenter les moyens législatifs et coercitifs de l’État pour accélérer les refus et intensifier les expulsions – quand le gouvernement préfère parler par euphémisme, « d’éloignement ».

Ce que change la loi concernant l’asile :

=> Création d’une « nouvelle procédure accélérée » pour les demandeurs d’asile, qui remplace la « procédure prioritaire » qui existait jusqu’à présent.

La nouvelle procédure accélérée prévoit désormais que, en cas de refus de l’asile devant « l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides » (OFPRA), le recours devant la Cour Nationale du Droit d’Asile (CNDA) est suspensif de l’expulsion – le demandeur d’asile a ainsi le droit au maintien sur le territoire tant que la CNDA n’a pas statué. Mais… le délai de préparation de l’appel est expéditif (moins de 5 semaines désormais, contre plusieurs mois jusqu’à maintenant, ce qui pouvait davantage permettre de se préparer, de réunir preuves et documents) et sera jugé par un juge unique (contre 3 jusqu’à maintenant).

La nouvelle loi prévoit par ailleurs une dizaine de situations (notamment le fait de provenir d’un pays considéré par l’OFPRA comme « sûr », le fait de s’être adressé tardivement à la préfecture ou d’avoir dissimulé son itinéraire avant d’arriver en France) dans lesquelles les demandeurs passeront d’office par cette procédure expéditive.

En plus de ces situations désormais prévues dans la loi, le pouvoir de contraindre une personne de passer par cette nouvelle procédure accélérée, défavorable aux demandeurs, n’appartiendra plus au seul préfet, puisque l’OFPRA aura également ce pouvoir. Ainsi, de manière arbitraire, l’administration pourra considérer, de prime abord et sans entretien, que la demande d’asile présentée par telle personne, ne semble pas sérieuse et la traiter selon cette procédure.

Cette procédure accélérée est d’ailleurs destinée selon le ministère à concerner davantage de demandeurs que l’ancienne procédure prioritaire. La loi crée également des cas d’irrecevabilités ou de clôture de la demande d’asile.

=> Création de « centres d’hébergement directifs » pour les demandeurs d’asile, qui sont concrètement conçus, selon la présentation du ministère de l’intérieur comme un « dispositif d’hébergement contraignant » ayant pour but « d’affecter le demandeur d’asile dans une autre région que celle où il se présente ». Le but est de répartir les demandeurs d’asile, pour « désengorger » les administrations et « empêcher la concentration » c’est-à-dire pour éparpiller sur le territoire et ainsi limiter la visibilité de ces indésirables.

Ces « centres d’hébergement directifs » sont en fait une assignation à résidence à peine déguisée puisque « les demandeurs d’asile qui renoncent à un hébergement ou abandonnent le lieu qui leur a été attribué ne percevront plus d’allocation. »

Pour que les migrants « acceptent » ces centres contraignants, l’État joue du système de la carotte (un hébergement, dont les conditions de salubrité ne sont pas précisées ; une allocation (équivalente à 11,45 euros par jour -soit environ 300 euros par mois pour une personne seule) et du bâton (la perte de ces « avantages matériels » en cas de refus). On le voit bien, le cadeau a un paquet bizarre…

En effet, en souhaitant confiner dans ces centres les demandeurs d’asile, l’État entend contrôler les migrants, en empêchant l’intégration et la création de contacts, de liens de solidarité ici sur le territoire (les demandeurs d’asile sont par exemple déjà interdits d’occuper un travail), pour pouvoir, une fois tous les recours juridiques épuisés (dans des délais désormais accélérés) rapidement exécuter l’expulsion, et que celle-ci soit le moins visible possible.

- En application de directives européennes, les demandeurs d’asile pourront désormais être assistés d’un avocat ou d’un représentant d’une association habilitée devant l’OFPRA.
Un objectif principal affiché par le gouvernement avec cette réforme est la réduction des délais.
Ainsi, les objectifs affichés de durée de traitement d’une demande, du dépôt jusqu’à épuisement des recours, sont de 3 mois pour une demande d’asile en procédure accélérée et de 9 mois en procédure normale (contre 2 ans aujourd’hui).

- Le délai de jugement d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) passe également de 5 mois à 1 mois ! Pour pouvoir respecter ces délais, le gouvernement annonce que des recrutements vont être opérés.
La logique est toujours la même, accélérer partout les délais pour aboutir le plus rapidement possible à l’épuisement des recours juridiques, afin de pouvoir procéder à l’expulsion !

Une autre réforme concernant les « droits des étrangers » est également actuellement en discussion au parlement, en procédure accélérée.

Cette réforme vise 3 objectifs selon le gouvernement :

- « améliorer l’accueil et l’intégration des étrangers régulièrement admis au séjour ». Cela doit passer par la délivrance d’un titre de séjour pluriannuel au bout d’un an de présence sur le territoire (pour éviter les passages répétés en préfecture). Cela a en fait pour objectif de libérer des moyens pour les affecter à de nouveaux contrôles. La délivrance de ce titre pluriannuel est en fait également associée à des exigences plus importantes en matière de maîtrise de la langue française notamment.

- « renforcer l’attractivité de la France en facilitant la mobilité des talents internationaux ». Selon la logique impérialiste « d’immigration choisie », en fonction des besoins en main d’œuvre ou compétences spécifiques du patronat ou de l’État, « afin de renforcer la position de la France dans l’accueil des mobilités internationales de l’excellence, de la création et de la connaissance », le gouvernement crée un passeport « talents » titre de séjour valable jusqu’à quatre ans pour l’étranger et sa famille, destiné à être un « titre unique ouvert aux investisseurs, aux chercheurs, aux artistes et aux salariés qualifiés »…

- « lutter plus efficacement contre l’immigration irrégulière ».
Ainsi, selon le communiqué du gouvernement, « l’assignation à résidence va devenir la mesure de droit commun en matière de privation de liberté des étrangers ». En fait, Cazeneuve ayant annoncé mi-juin que « les places de rétention dont dispose l’État devaient être utilisées à plein », le gouvernement de la sorte anticipe et multiplie en fait le nombre d’étrangers qu’il peut maintenir sous la contrainte en attendant de les expulser !
Et alors que l’enfermement en Centre de Rétention Administrative (CRA) ne peut légalement pas dépasser 45 jours, l’assignation à résidence (obligation de vivre au domicile connu de la préfecture, obligation de pointage tous les jours au commissariat et interdiction de circuler hors d’un territoire délimité) est de 45 jours, renouvelable. Elle peut donc aller jusqu’à 3 mois, légalement.

Les assignations à résidence sont d’ailleurs déjà censées être privilégiées pour les familles étrangères avec enfants mineurs (l’enfermement, avant expulsion, d’enfants étrangers, suscitant un peu trop d’indignation)… Selon un rapport de 5 associations intervenant en CRA, en2014 en France, et malgré la condamnation de la France par la cour Européenne des droits de l’homme, 5692enfants mineurs ont tout de même été enfermés en Centre ou Locaux de Rétention Administrative (sur l’île de Mayotte, colonie française de l’archipel des Comores, l’État français expulse également en toute illégalité, des enfants mineurs, seuls…)

Enfin, le projet de loi crée un « droit de communication » qui donne au préfet le pouvoir de demander « sans que s’y oppose le secret professionnel » des informations sur les personnes demandant ou possédant un titre de séjour auprès de toutes les institutions suivantes :

- Les établissements scolaires et d’enseignement supérieur.
- Les établissements de santé.
- Les banques et organismes financiers.
- Les fournisseurs d’énergie et les services de communications électroniques.
- Pôle emploi.
- Les services d’état civil
- La Sécurité sociale.
- Les tribunaux de commerce

Ainsi, profs, banquiers, secrétaires, médecins, etc., sont appelés à participer !
Ce n’est ni plus, ni moins qu’une obligation de collaboration à la politique raciste de contrôle, de traque et d’expulsion des étrangers pour tou-te-s les salarié-e-s des entreprises et agents de l’État des services concernés.

Les salarié-e-s et les agent-e-s doivent refuser de communiquer ces documents, leurs syndicats doivent les couvrir, dénoncer cette mesure et appeler largement à refuser de communiquer les documents demandés dans ce cadre par les préfectures.

L’article 8 doit en outre autoriser le préfet à contrôler « à tout moment » que, l’étranger qui dispose d’un titre de séjour « continue de satisfaire aux conditions fixées pour la délivrance de cette carte ». S’il ne peut le justifier, ou s’il ne se rend pas à la convocation, sa carte de séjour peut lui être retirée immédiatement.

En clair, c’est en sursis permanent que vont se retrouver TOUS ET TOUTES LES ETRANGERS, y compris les étrangers en situation régulière.

Par ailleurs, selon un amendement approuvé lors de l’examen en première lecture du projet de loi, les déboutés du droit d’asile, les étrangers ne pouvant justifier d’une entrée régulière en France, les étrangers s’étant maintenus au-delà de la durée de validité de leur visa, ou n’ayant pas demandé de renouvellement de titre de séjour n’auraient désormais plus que 15 jours pour contester devant le tribunal administratif leur décision « d’éloignement »(contre 30 jours pour les autres expulsions), et le tribunal administratif n’aura que six semaines pour statuer (au lieu de trois mois).
Pour Cazeneuve : « Nous favoriserons ainsi l’effectivité des mesures d’éloignement »… !

Qu’on ait ou non, la bonne nationalité, qu’on ait ou non le bon bout de papier, créer la solidarité, s’unir, échanger, se rencontrer, s’organiser, est une urgente nécessité !

solidaritéCar la précarisation et la répression des étranger-e-s, n’est qu’un aspect de la politique. Tous les salarié-e-s, travailleur-e-s du public et du privé, chômeurs, avec ou sans papiers, voyons nos conditions de vie et de travail attaquées et dégradées de jour en jour, par gouvernement et patronat. Le patronat, en profitant de la main d’œuvre sans papiers, en grande précarité, surexploitée, en imposant des conditions de travail des plus pénibles et mal payées – car isolés, sans la possibilité effective de refuser s’en sert pour contraindre tout le monde à davantage de misère et de précarité.

Et l’État, en fabriquant sans cesse davantage d’irrégulier-e-s, en traquant les étrangers, voudrait continuer de confiner les sans-papiers au silence et à
l’invisibilité.

Ils nous voudraient divisés pour mieux continuer de régner et de nous exploiter. Français-e-sou immigré-e-s, car notre destin est forcément lié, nous n’avons d’autre choix que de construire notre unité et ensemble nous organiser. 

Présentation du collectif des étudiant-e-s étrangers de Lyon, sans papiers et solidaires

Nous relayons les informations du collectif des étudiant-e-s étrangers de Lyon, sans papiers et solidaires.

Pour contacter le collectif :
mail : collectif.etudiants.etrangers.lyon@riseup.net

Téléphone: 07 68 25 59 86

Banderole du collectif des étudiant-e-s étrangers de Lyon, sans papiers et solidaires

Avec ou sans papiers, la solidarité est notre arme !

Le collectif des étudiant-e-s étrangers de Lyon, sans papiers et solidaires s’est recréé sur Lyon en 2015. Le collectif regroupe des étranger-e-s, avec ou sans papiers, étudiant-e-s ou se battant pour obtenir une inscription et des français solidaires.

Le collectif se propose d’apporter une solidarité concrète aux étudiant-e-s étrangers, sans papiers, ou menacé-e-s de le devenir, par le conseil et l’information issus du parcours et de l’expérience de chacun-e d’entre nous, et le soutien mutuel dans les différents instants (inscription, préfecture, tribunal, etc).

Face au renforcement de l’arsenal législatif et répressif de l’État visant les étrangers, chaque étranger-e est en effet en sursis permanent, et du jour au lendemain, la préfecture peut retirer le titre de séjour et mettre l’étranger en situation irrégulière.

Le quotidien des sans papiers, c’est une extrême précarité. Au travail sur-exploités, c’est dans la peur du contrôle de police, de l’enfermement et de l’expulsion que nous vivons quotidiennement.

Si on reste isolés, c’est aux nuits blanches et à la dépression parfois totale, que nous sommes condamnés. Et la pire des condamnations, c’est cette incertitude concernant le présent et le futur, ce point d’interrogation permanent, le fait de ne pas savoir ce qu’on va devenir le lendemain, du fait de notre situation pitoyable.

L’État voudrait toujours plus nous condamner au silence et à l’invisibilité. Face à cette situation nous disons qu’il n’est plus possible pour nous de rester isolés.

Ainsi, si nous nous regroupons en collectif, c’est donc aussi, et surtout, pour ne plus rester seuls et isolés, pour créer des liens de solidarité, qui sont pour nous comme une deuxième famille.

Pour se défendre, il est important de nous mobiliser et de nous organiser pour être plus forts afin de combattre et dénoncer collectivement les politiques d’exclusion et de discrimination des étrangers et pour la régularisation de tous les sans papiers.

Parce que les divisions qu’opère entre nous l’État pour nous affaiblir, pour pouvoir remporter la bataille nous ne pouvons nous-mêmes les reproduire. C’est pourquoi nous nous positionnons et nous battons forcément pour la régularisation de tous et toutes les sans papiers.

Ainsi, sans aucune distinction, noir-e-s, blanc-he-s ou arabes, quelque soit la nationalité, français ou étrangers, on est frères et sœurs d’armes et de galère !

Notre seul intérêt c’est la solidarité ! Tous pour un, un pour tous !

Ensemble on est plus fort-e-s !

Vous pouvez consulter ici le journal numéro 1 collectif

Conférence de Yasin Duman, témoin de la Révolution au kurdistan syrien

 

image article SESL

Conférence le samedi 24 Octobre 20015 à Lyon

La campagne « Des livres pour Rojava » est une campagne lancée à l’été 2014 par l’académie de Qamishlo, ville du nord de la Syrie, située dans la région kurde dite « Rojava ». Solidaires Etudiant-e-s a adapté la campagne en France à partir de Janvier 2015 et mené dans les universités et au-delà une campagne de soutien en récupérant des livres. C’est aujourd’hui plusieurs milliers de livres qui ont été récupérés à Grenoble, Pau, Bordeaux, Saint-Denis, Nanterre, Paris, Besançon…

La campagne touche à sa fin. Pour la fête et pour continuer à récupérer des fonds, nous accueillons dans plusieurs villes Yasin Duman, coordinateur de la campagne en Turquie, qui a vécu plusieurs mois dans le canton de Djezireh, l’un des trois cantons du Rojava, et a travaillé avec l’académie de Qamishlo. Il est aussi l’auteur d’un travail de recherche sur la résolution des conflits au Rojava.

Il nous racontera à la fois la situation du Rojava, le dispositif particulier de l’académie de Qamishlo et l’organisation du Rojava ; et la campagne qui a lieu dans divers endroits du monde : Allemagne, Etats-Unis, Australie… La campagne des livres aide à faire connaître la situation des Kurdes, des Syrien-ne-s et de la région touchée par la guerre depuis plusieurs décennies, et dans laquelle les forces émancipatrices sont durement réprimées.

L’académie de Qamishlo

L’académie de Qamishlo est une académie qui s’est fondée dans la foulée de la déclaration d’autonomie des trois cantons du Rojava. Elle accueille des enseignements d’histoire et de sociologie. Une académie de « droit » existe aussi et des parcours de philosophie, arts et littérature sont en prévision. Il ne s’agit pas d’une institution étatique, mais d’un lieu d’enseignement voulu comme émancipateur sans notes, sans hiérarchie entre enseignant-e-s et étudiant-e-s, sans imposition d’une seule langue.

La campagne des livres avait pour objectif de commencer à fournir la bibliothèque de l’académie, en effet une partie des livres des établissement scolaires ont été détruits dans la guerre et la langue majoritaire voire unique est l’arabe, langue qui n’est pas la langue maternelle de toute la population. Ils veulent ainsi fonder une bibliothèque multi-langue de disciplines de sciences humaines.

Appel de la campagne

Nous avons pour objectif de créer une bibliothèque multilingue pour la première université kurde de Rojava – l’académie de sciences sociales de Mésopotamie- qui a été ouverte le 2 septembre 2014. Nous lançons en tant que groupe d’étudiant-es du Kurdistan nord, de Turquie et d’Europe une campagne de livre. Notre objectif est de récolter dans toutes les langues et de partout des livres qui seront donnés a l’académie de Mésopotamie pour établir une bibliothèque multilingue.

Ceux et celles qui ne sont pas sur place peuvent rejoindre la campagne de deux manières: 1) Ils peuvent collecter les livres dans leurs pays et les envoyer par courrier à l’adresse de l’institution ou 2) ils peuvent envoyer par internet directement les livres à l’adresse de l’institution.

De ce point de vue, c’est en premier lieu la responsabilité des étudiant-es de sensibiliser autour de la campagne et nous appelons tous le monde à supporter l’académie de sciences sociales de Mésopotamie qui a pour but de construire un système éducatif basé sur la démocratie, la liberté et l’égalité.

Nous croyons que l’aide qui est envoyée au Rojava contribuera à établir au jour le jour une société plus libre et collective et que la coexistence des peuples en sera renforcée.

Depuis son établissement, les cantons autonomes et démocratiques de Rojava ont fait de gros efforts dans cette direction et ont fait vivre l’espoir pour les peuples que ce modèle sera victorieux. Pour renforcer cet espoir et avancer, nous sommes pressés de lancer cette campagne avec le but d’établir une bibliothèque de grande envergure qui répond a un besoin essentiel de l’académie.

Nous vous invitons à faire partie de cette campagne excitante et à faire preuve de solidarité pour développer la campagne. Vous pouvez donnez des livres de toutes les langues et de toutes les disciplines.

Drague, sexisme et soirées étudiantes

Voici une brochure pour s’informer sur la notion de consentement et se défendre contre le viol, les agressions et harcèlements sexuels, mais aussi visibiliser le fait que des comportements qui sont trop souvent banalisés lors de soirées étudiantes -et participant à ce qu’on appelle la culture du viol (c’est-à-dire à l’ensemble des représentations culturelles qui valorisent les comportements sexuellement agressifs et qui les présentent comme la norme en matière de séduction)- constituent des violences, et qu’ils n’ont rien d’anodin !

Le tract est à télécharger ici : 4pages_sexisme_ENS

Pour apporter d’autres outils dans la lutte contre les violences sexuelles ou sexistes, un guide d’informations juridiques et pratiques contre le harcèlement sexuel dans l’Enseignement Supérieur est édité par le Collectif de Lutte Anti-Sexiste Contre le Harcèlement sexuel dans l’Enseignement Supérieur (CLASCHES) !

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De la CPU à Lyon 2, il est temps de faire le ménage !

Salzmann Mayaud BelkacemJean-Loup Salzmann – président de la CPU (Conférence des Présidents d’Université) – aurait bien espéré devenir le prochain ministre de l’enseignement supérieur… (ici en photo avec Jean-Luc Mayaud – président de l’université Lyon 2 et la ministre de l’éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem)

Salzmann a mis en place dans son université (Paris 13 – Saint Denis) un système clientéliste dévoilé par Mediapart (cf. article « Le « vice-ministre » des universités entre en zone de turbulences »).
Ainsi, un rapport montre qu’il cautionne un système quasi-mafieux avec détournement financier de plusieurs centaines de milliers d’euros, emplois fictifs, perception de primes indues etc. Plusieurs enseignants qui ont voulu remettre en cause ces pratiques ont été menacés de mort. Le directeur de l’institut qui voulait remettre de l’ordre dans ces pratiques a été agressé physiquement.

C’est par ailleurs, un ensemble de promotions arrangées, de cours fictifs, de marchandages et d’achats de vote, de primes indûment perçues qui sont révélés. L’article révèle également l’exclusion d’étudiant en commission disciplinaire qui ne souhaitait plus soutenir ce système clientéliste.

Salzmann – ancien de l’Unéf – bénéficie par ailleurs toujours du soutien de l’appareil. Ainsi, les instructions sont venues directement du Bureau National de l’Unéf pour soutenir sa réélection, informe un ancien élu de l’Unéf qui a depuis quitté l’organisation, dégoûté par ces pratiques.

WANTEDCes honorables pratiques, cette bonne gouvernance, se retrouvent également à l’Université Lyon 2, dont le président actuel – Jean-Luc Mayaud – s’est versé une prime illégale de plusieurs milliers d’euros pendant plusieurs années (soit 26 000 euros sur 4 ans). Le doyen de la faculté d’information communication avait déjà été (modérément) sanctionné dans une affaire de diplômes fictifs vendus plusieurs milliers d’euros aux Antilles. Et le vice-président aux finances subirait actuellement une enquête suite à un signalement au parquet pour avoir loué, au titre d’une association dont il est membre, des locaux de l’université, sans en reverser les sommes perçues à l’université (abus de bien social).

Dans le même temps, ce sont les mêmes qui invoquent les restrictions budgétaires et maintiennent en grande précarité les personnels, multiplient les CDD pour les agents, refusent les titularisations, ne délivrent pas de contrats de travail aux vacataires, versent les salaires 6 ou 8 mois plus tard, gèlent les primes des agents administratifs, externalisent le personnel d’entretien, licencient, mutualisent les services, augmentent la charge de travail des personnels…

Les mêmes poursuivent et excluent les syndicalistes : l’an dernier, deux de nos militantEs ont été excluEs six mois (en plus de 18 mois de sursis) de l’université pour des faits syndicaux. Leurs intérêts sont opposés à ceux des personnels et de la majorité des étudiant.e.s. Contre leurs pratiques, leurs plans de restrictions, leurs mesures qui affectent nos conditions d’étude et les conditions de travail des personnels, organisons-nous !

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Affiche Va balayer la plage

Face à la hausse programmée des frais de scolarité, dans les facs, dès à présent, s’organiser ! 

Pour nombre d’étudiant.e.s, s’acquitter des droits d’inscriptions à l’université, c’est déjà source de nombreuses galères. Et pourtant… !

Un rapport commandé par le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et par le ministère des Finances, qui était attendu de longue date, a été publié fin juin, au moment où les facultés se vidaient des dernier.e.s étudiant.e.s qui passaient leurs rattrapages.

Dans ce rapport de 300 pages, une phrase glissée préconise l’augmentation des frais d’inscriptions à 1 000 euros pour toutes et tous les étudiant.e.s de Licence et Master.

Il serait donc question d’une multiplication par 5 des frais de scolarité en Licence et par 4 en Master.

Les auteurs font en effet de la hausse des droits de scolarité « l’un des principaux leviers d’augmentation des ressources propres » des universités, sans toutefois l’intégrer formellement à la liste des 21 propositions préconisées… !

où sont les jeunesLa ministre de l’Éducation Nationale Najat Vallaud-Belkacem et le secrétaire d’État à l’Enseignement Supérieur et la Recherche Thierry Landon réagiront quasi immédiatement, en « assurant » que la mesure n’était pas à l’ordre du jour du gouvernement… mais la phrase aura eu le « mérite »-comme on dit- de « relancer le débat » et c’est toute la presse nationale qui en fera ses titres.

Ce n’est pas la première fois, l’année dernière déjà, un rapport parlementaire préconisait l’augmentation des frais de scolarité.

L’État prépare ainsi progressivement les esprits, teste les réactions et les capacités de mobilisation et attend le moment qu’il considèrera opportun pour tenter de faire passer la mesure.

Les auteurs du rapport ne manquent en effet pas de rappeler que le sujet est « sensible politiquement et socialement »…

Leur ‘justice sociale’…

Dans les cercles capitalistes libéraux, on présente même la hausse des frais d’inscriptions comme une mesure de ‘justice sociale’.

En effet argumentent-ils, les enfants de cadres sont plus nombreux.ses à l’université que les enfants de smicards, ils bénéficient donc davantage de ce service public.


C’est bien vrai et ça ne date pas d’hier ! 
Dans la société capitaliste, accéder aux bancs de l’école ou des lycées a longtemps été le privilège d’une minorité. 

L’instauration de l’école obligatoire sous le IIIème république pouvait ainsi permettre de discipliner et d’endoctriner les jeunes paysans et ouvriers par peur d’une révolution, suite notamment à l’insurrection de la Commune de Paris en 1871, et face à la nécessité de faciliter la conscription des masses dans l’armée (pour les conquêtes coloniales, notamment Tunisie, Algérie, Vietnam, Congo, Soudan, Mali, Madagascar, et la préparation de la revanche vis-à-vis de l’Allemagne). L’école était ainsi chargée de « créer le sentiment national ». Dès cette époque déjà, l’identité nationale (synonyme de nationalisme) est utilisée contre la conscience de classe des ouvriers et paysans et pour mobiliser les masses pour l’intérêt de la nation, c’est-à-dire l’intérêt de ceux qui la dirigent.

L’école républicaine doit également apprendre aux enfants de prolos de se contenter de la misérable condition qui leur est réservée, et légitimer les valeurs dominantes, c’est-à-dire celles des dominants…


L’enseignement supérieur : un accès de fait inexistant pour la majorité

Ainsi, les enfants de la bourgeoisie, – bien qu’archi-minoritaires – sont sur-représentés dans l’enseignement supérieur – et encore plus dans les filières d’élites (écoles de commerces, d’ingénieurs) – alors que la majorité des enfants du prolétariat et des milieux populaires sont très tôt orientés vers le travail ouvrier : apprentissage possible dès 14 ans, sur les chantiers, dans les cuisines ou dans les champs.. bref, sur des métiers éprouvants physiquement, dans des conditions de travail dangereuses et usantes.

Ils et elles constituent une main-d’œuvre pas chère pour le patronat (entièrement gratuite parfois : ainsi, lors de la première année de contrat, le salaire d’un.e apprenti.e mineur.e est intégralement pris en charge par l’État depuis 2015 ; tandis que pour les autres années, une bonne partie du salaire des apprenti.e.s reste subventionnée par l’État, c’est-à-dire par l’argent public).

Faire d’une pierre, deux coups !

Si la question de la hausse des frais d’inscriptions, présentée dans certains médias comme étant « sur la table » aura bien été relayée, le contenu du rapport est quant à lui totalement éludé.

Ainsi, ce rapport intitulé « la situation financière des universités » revient sur les moyens de « faire des économies », les restructurations mises en place jusqu’à présent, et indique où il convient dorénavant de couper…

Les moyens mis en œuvre jusqu’à maintenant :

Le rapport constate que les droits d’inscriptions des Diplômes Universitaires (D.U.) – qui ont pour particularité d’être fixés librement par les établissements, à la différence des diplômes nationaux de Licence, Master et Doctorat – se sont envolés de 89 % en cinq ans… mais les rapporteurs encouragent les universités à augmenter les droits de scolarité des D.U. estimant que « la marge de manœuvre [est] encore insuffisamment exploitée par une partie des établissements ».

Le rapport note également pêle-mêle : la réduction significative des dotations allouées aux composantes (facultés), qu’elles répercutent elles-mêmes par la suite, à la base ; la fermeture de formations et d’options ; les mutualisations de cours ; le développement des CM à la place des TD etc.

Les gels d’embauche et les non-renouvellements sont également mentionnés à la catégorie moyens de « court terme » mis en œuvre par les présidences pour faire des économies. La conséquence pour les personnels restants, c’est concrètement l’augmentation de leur charge de travail. Le rapport mentionne aussi la pratique des dé-qualifications de postes : un agent nouveau affecté sur un même poste et pour un même travail, sera payé moins que son collègue qui l’occupait précédemment.
Les externalisations de services sont également une pratique courante. À Lyon 2 par exemple, la présidence actuelle qui, au moment de son investiture garantissait la main sur le cœur que jamais elle n’externaliserait les personnels du service de ménage (envisagée par la précédente, contrainte à reculer face à la mobilisation des personnels en question) est actuellement en train de tenter d’y procéder !

Bref, ce sont les personnels qui subissent concrètement, via leur précarisation et la dégradation généralisée de leurs conditions de travail. Et pourtant… !

Le rapport préconise des « mesures de redressement » :

Ainsi, dans le cadre des fusions d’établissements, liées à la création des COMUE (Communautés d’universités et établissements, en application de la loi Fioraso), de nouvelles réorganisations et restructurations doivent être réalisées, dans l’objectif de « rationaliser »…

Selon l’objectif assigné de « dégager des marges de manœuvre substantielles » il serait « nécessaire de réexaminer les activités « cœur de métier » des universités ». Selon les rapporteurs, il faut « réexaminer » l’offre de formation (loi Fioraso) et naturellement, pour faire des économies, de supprimer des formations ! Alors même que nombre d’étudiant.e.s se voient déjà refuser l’inscription pour motif de « capacités d’accueil insuffisantes » !

Il faut également « rééxaminer » la politique de recherche des universités « à l’aune de leur soutenabilité budgétaire ». Le rapport préconise ainsi l’instauration « d’outils de pilotage » centralisés, qui devront permettre d’indiquer… où couper !

Le rapport préconise encore également la « rationalisation du parc immobilier » des universités. Il convient ainsi de vendre les bâtiments, ce qui aura pour conséquence de.. diminuer encore le nombre de salles de cours et donc de places… !

Dans le contexte historique de crise que nous connaissons, où chaque jour nos conditions de vie, de travail et d’études sont attaquées par gouvernement et patronat, la hausse des frais de scolarité en France est une mesure crédible à plus ou moins court terme. Elle a d’ailleurs été tentée d’être appliquée en Angleterre, au Chili, au Québec, en Espagne, avec plus ou moins de succès, du fait des luttes importantes qu’elle a entraînées.

Une place pour tous et toutes à l’université, avec ou sans papiers, dans la filière de son choix !

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Inscription pour tous

Solidaires étudiant-e-s Lyon – Syndicat de lutte, qu’est-ce que c’est ?

SESL Lyon contacts LOGONous sommes une section syndicale étudiante qui se revendique du syndicalisme de lutte. Nous appartenons à une fédération organisée nationalement, Solidaires Étudiant-e-s – Syndicats de Luttes, issue de la fusion des deux fédérations Sud étudiant et FSE, dont l’objectif est le rassemblement du syndicalisme étudiant de lutte.

Nous défendons des positions de classe, à l’université, ce qui signifie que nous défendons en priorité les intérêts des étudiant.e.s issu.e.s des classes populaires, pour lesquel.le.s étudier rime déjà avec précarité, contre la dégradation de nos conditions de vie et d’études, par la mise en place d’un rapport de force collectif.

En tant que syndicat de classe, nous sommes solidaires des personnels des universités qui subissent précarisation, augmentation de leur charge de travail, gel de salaires, suppressions de postes etc., bref la dégradation de leurs conditions de vie et de travail et nous efforçons de créer la nécessaire solidarité.

Nous défendons des positions anti-patriarcales, internationalistes, anti-impérialistes, antifascistes et anticapitalistes !

Notre fonctionnement cherche à être non-hiérarchique et à se baser sur des principes de démocratie directe. Dans notre activité et dans nos instances, nous luttons contre la reproduction des formes d’oppressions et de domination qui pourraient exister entre militant.e.s.

En tant que syndicat solidaire et ouvert sur l’ensemble de la société, nous nous opposons au corporatisme – c’est-à-dire à la fois à l’idée que les étudiant.e.s forment un groupe homogène aux intérêts communs, et à leur organisation catégorielle dans des associations corporatistes qui reproduisent ou encouragent des oppressions de type racistes, sexistes ou sociales. Nous lions nécessairement nos actions et nos analyses à celles de l’ensemble des dominé.e.s, avec lesquel.le.s les étudiant.e.s les plus précaires partagent des intérêts communs, qu’ils/elles soient travailleurs.ses, chômeurs.ses, sans-droits, immigré.e.s, ou sans-papiers !

Les logiques que nous combattons ne sont pas propres à la France, mais au système capitaliste. Nous sommes internationalistes parce que le capitalisme est international, et que partout, la classe des exploité.e.s en subit les conséquences.

Solidaires Étudiant-e-s en tant que syndicat de lutte s’oppose à la cogestion : on ne peut à la fois élaborer ou gérer les plans et les réformes du gouvernement et les combattre. Si nous siégeons dans les conseils d’université (Conseil d’Administration et Commission de la Formation et de la Vie Universitaire) – tout en ne reconnaissant pas leur légitimité ! –, c’est dans le but de relayer les informations et décisions prises par l’exécutif universitaire.

Nos seules victoires viendront de la mobilisation collective !

Pour une université publique, gratuite, laïque, critique, populaire et ouverte à toutes et tous !

Contre la sélection, contre la soumission de l’université aux intérêts privés, contre la marchandisation du savoir et de l’enseignement !

Nous tenons régulièrement des réunions ouvertes, si vous vous reconnaissez dans nos positions, voulez en discuter, souhaitez nous rejoindre, n’hésitez pas à nous contacter et à venir à notre rencontre !

Pour mener la lutte, on n’a d’autre choix que de s’unir et de s’organiser : rejoins-nous !david & goliath

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Étudiant-e-s précaires, faisons-nous exonérer/rembourser des frais d’inscriptions !

Université pour toutes et tousOutre les boursier.e.s, une partie des étudiant.e.s (jusqu’à 10%) peuvent, en raison de leurs problèmes financiers, être exonéré.e.s des droits d’inscriptions en vertu du décret n°84-13 de la loi Savary de 1984 :

Article 3 : « peuvent bénéficier de l’exonération des droits d’inscriptions les étudiants qui en font la demande en raison de leur situation personnelle, notamment les réfugiés et les travailleurs privés d’emploi. Les décisions d’exonération sont prises par le président de l’Université en application de critères généraux fixés par le conseil d’établissement et dans la limite des 10% des étudiants inscrits, non comprises les personnes mentionnés à l’article 2 (les boursiers) ».

A noter que les étudiant.e.s étranger.e.s, avec ou sans papiers, peuvent également se faire exonérer et rembourser.

Il faut cependant savoir que les frais remboursés sont les seuls droits universitaires, la cotisation sécurité sociale n’est elle pas remboursée.

Pour le remboursement, à Lyon 2, vous devez retirer une fiche individuelle de demande de remboursement au centre d’inscription (sur le campus des Quais).
Il faut ensuite la renvoyer dûment complété à :

Université Lumière Lyon 2
Centre d’inscriptions
A l’attention de Madame COUDON
86 rue Pasteur
69365 Lyon cedex 07

Le traitement d’une demande de remboursement des frais d’inscriptions pouvant prendre de 2 à 5 mois, nous vous conseillons de faire une demande d’exonération des frais d’inscription.

Pour cela, il faut retirer un dossier auprès du secrétariat du service social ou de l’accueil de la Maison Des Étudiants à Bron. Il faut ensuite prendre un RDV auprès des assistantes sociales du CROUS (tél. : 04 72 80 13 25 tous les jours de 9h à 12h et de 13h à 17h) puisque ce sont elles qui évaluent la situation et instruisent le dossier.

Les dossiers de demande d’exonération sont ensuite examinés par une commission présidée par le Vice-Président chargé de la Formation et de la Vie Universitaire.

Si vous êtes en importante galère financière, sachez par ailleurs que vous pouvez également demander à bénéficier du Fonds National d’Aide d’Urgence aux Étudiants (FNAUE). Pour ça, il faut prendre un RDV avec les assistantes sociales du CROUS.

affiche-rentrc3a9e-frais-dinscription-localSi vos demandes de remboursement et d’exonération n’aboutissaient pas, ne nous laissons pas faire, contactez-nous et organisons-nous ensemble !

Pour une gratuité totale des études !

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Non à la loi Macron, véritable CPE pour tous et toutes !

Alors que l’État restreint chaque jour un peu plus les libertés publiques et démocratiques -vote de la loi renseignement, répression généralisée (syndicalistes, quartiers, mouvements sociaux, migrants, déploiement militaire), le gouvernement pratique une guerre sociale éclair permanente ! La logique est simple : frapper vite, frapper partout, frapper fort !

En cette période historique de crise, où nous voyons chaque jour nos conditions de vie et de travail attaquées par gouvernement et patronat, dans le même temps, pour mieux régner, ils essaient de nous diviser. Ainsi, ils tentent d’opposer travailleurs aux chômeurs, chômeurs aux travailleurs, salariés du privé aux fonctionnaires, intérimaires aux CDI…

De la gauche à l’extrême droite, de mairies en préfectures, de TF1 à I-Télé, du gouvernement au Parlement jusqu’au plus haut sommet de l’État, la liberté d’exprimer son racisme est bien autorisée et les boucs émissaires nous sont désignés : migrants, musulman-e-s (ou supposé-e-s), Rroms… Et de la rue aux tribunaux, de la BAC, CRS ou Gendarmes Mobiles, aux juges et procureurs, tous les moyens sont déployés pour nous écraser !

Dans ce contexte, le gouvernement passe en force sur la loi Macron, en recourant en ce jeudi 9 Juillet une troisième fois au 49-3, permettant d’adopter une loi sans vote, ni débat et fait ainsi adopter « définitivement » cette attaque d’une ampleur incomparable. Ainsi, le pouvoir ne s’embarrasse plus de vernis démocratique pour imposer la loi du patronat, et c’est l’immense majorité des travailleurs qui en paient le prix !

Macron

Un CPE pour tous et toutes et pour toute la durée du contrat !

Alors qu’en 2006 le CPE prévoyait de donner le pouvoir aux patrons de licencier les jeunes travailleurs sans motif et sans recours possible pendant les 2 premières années du contrat, la loi Macron choisit un angle d’attaque différent, beaucoup plus destructeur.

Ainsi, la loi Macron fixe le principe de plafonds (dérisoires) aux indemnités perceptibles par le salarié qui contesterait devant les prud’hommes son licenciement abusif. Ainsi le salarié ne peut plus se faire indemniser l’intégralité du préjudice que son licenciement a engendré, mais surtout, les plafonds indemnitaires sont si dérisoires que les travailleurs auront désormais de moins en moins intérêt à contester leur licenciement devant les prud’hommes !

En clair, puisque les patrons ne risquent plus aucune sanction sérieuse, c’est le licenciement sans motif et permanent et pour tou-te-s les salarié-e-s qui est de fait légalisé !!!

Source :  Blog de David van der Vlist avocat en droit du travail

Source : Blog de David van der Vlist avocat en droit du travail


Les principales mesures contre les droits des travailleurs de la loi Macron

  • Dépénalisation du délit d’entrave à l’activité des représentants syndicaux dans une entreprise. Les patrons ne risqueront ainsi plus qu’une amende administrative, négociable avec la DIRRECTE (largement favorable au patronat). Objectif affiché : « Rationaliser les sanctions applicables au délit d’entrave pour ne pas dissuader les investisseurs étrangers. »
  • Création dans la loi de la notion (patronale) de « travail en soirée » (de 21h à 00h) « avec compensation» mais « sans plancher »… remplaçant ainsi sur ce créneau le travail de nuit censé garantir des compensations minimales.
  • instauration du travail gratuit pour les handicapés avec la création des « périodes de mise en situation professionnelle ».
  • Suppression des élections prud’homales. Désormais désigné-e-s par le président de la Cour d’appel sur proposition des syndicats, les conseillers peuvent être démis de leur fonction s’ils/elles sont jugé-e-s pas suffisamment « impartial » (en clair, s’ils défendent trop les salariés…).
  • Suppression de la deuxième partie de l’alinéa 2064 du code civil qui faisait du contrat de travail, un contrat de nature différente qu’un contrat civil. Cela nie la réalité de l’exploitation du salarié par le patron, que le code du travail était censé protéger a minima. Cela permet désormais la résolution de tout litige du travail par simple « accord » du salarié et alors aucun juge, prud’homal ou non, ne pourra venir troubler cet « accord » au nom d’un quelconque droit du travail. Travailler le dimanche, la nuit, 12h par jour, 60h par semaine, pour un demi-SMIC…du moment que le salarié est « d’accord ».

 

– davantage de possibilités de déroger au repos du dimanche (accorder jusqu’à 12 dimanche par an, contre 5 jusqu’à maintenant). Création de « zones touristiques internationales » (ZTI), les commerces de ces zones pourront ainsi ouvrir tous les dimanches de l’année et également les soirs jusqu’à minuit.

VallsCibleLecodeDutravail

   Pour le gouvernement – fidèle à la propagande patronale que l’on entend tous les jours, matin, midi et soir, à la radio, à la télé, dans les journaux – il faut « sécuriser » les patrons (!) et donc, flexibiliser les salariés. Il faudrait ainsi les faire travailler plus longtemps, supprimer leurs maigres droits, diminuer les salaires directs (nets) comme indirects (baisse des indemnités chômages, baisse des pensions retraites, etc), et assurer l’immunité juridique et l’impunité totale des patrons.

Plus globalement, la bourgeoisie attaque l’ensemble des institutions qui encadraient et limitaient (un peu) l’exploitation des travailleurs et travailleuses : inspection du travail, médecine du travail, justice du travail, droit pénal du travail, institutions représentatives du personnel, etc. Elle attaque aussi la sécurité sociale : entre le flicage et la criminalisation des allocataires, les déremboursements, la fermeture des centres d’accueil CAF, tout est fait pour réduire le droit social à de simples bonnes intentions et décourager les ayants droit de réclamer les prestations sociales. Ainsi, seulement la moitié des personnes ayant droit à des prestations sociales les perçoivent effectivement (soit 12 milliards non versés).

De quoi la loi Macron est-elle la suite ? 3 années de mesures antisociales du gouvernement PS

Après le Crédit d’Impôt Compétitivité et Emploi et ses 20 milliards de cadeaux fiscaux pour le patronat financés par une augmentation de la TVA dite sociale (payée par tou-te-s) ;

Après l’Accord National Interprofessionnel (ANI) permettant de faciliter les licenciements et la diminution des salaires -« Accords de Maintien dans l’Emploi »- et de conférer au patronat une quasi immunité juridique avec la réduction des délais de prescription pour tout litige du travail de 5 à 3 ans (après être passés de 30 à 5 ans en 2008) ;

Après la réforme des retraites (augmentation à 43 annuités de cotisations nécessaires pour toucher une retraite à taux plein), d’où baisse mécanique des pensions faute de pouvoir remplir les conditions donnant droit à une retraite à taux plein ;

Après le Pacte de responsabilité, ses 10 milliards supplémentaires d’exonération de cotisations « patronales » sur les bas salaires, ses 10 milliards de réduction de dépenses de l’assurance maladie et ses 11 milliards de réduction de dépenses pour la protection sociale ;

Après la nouvelle convention Unédic qui modifie les conditions d’indemnisation du chômage en diminuant les allocations chômage et en augmentant les différés d’indemnisation -les salarié.e.s quittant leur entreprise avec des indemnités de rupture doivent patienter plus longtemps avant de toucher une indemnisation du Pôle emploi (180 jours maximum contre 75 auparavant) ;

Après une nouvelle diminution des moyens pour logement et santé pour financer les milliards d’augmentation de budget pour l’armée

Le gouvernement continue son offensive avec la loi Macron dans sa version II.
ps et ump meme combat

Travailler plus, gagner moins, fermer sa gueule ou perdre son emploi

Au nom du dialogue social, de la compétitivité ou de l’emploi, gouvernement et patronat justifient toutes les attaques antisociales contre travailleurs, chômeurs et plus précaires.

La loi de 2013 dite – sans blague – « de sécurisation de l’emploi » permettait déjà la signature dans les entreprises « d’accords » pour une durée de 2 ans, selon la logique du chantage à l’emploi. Ainsi, les ouvriers et ouvrières sont contraint-e-s d’accepter de travailler plus longtemps pour le même salaire et/ou de gagner moins pour le même travail, de travailler dimanche, de nuit… S’ils/elles refusent, c’est tout bonnement le licenciement pour motif personnel (qui accorde des indemnités chômage beaucoup moins favorables qu’un licenciement économique). Avec la loi Macron, ces accords pourront désormais couvrir une période de 5 ans !

Le gouvernement a également déjà validé l’augmentation de la période d’essai pour les apprenti-e-s, le gel des seuils sociaux jusqu’en 2018, c’est-à-dire suppression de l’instauration de droits pour les travailleurs dans l’entreprise (élections de délégués du personnel, comité d’entreprise, etc).

Sans inversion du rapport de force, c’est la dégradation généralisée des conditions de travail, l’augmentation du temps de travail et la diminution des salaires pour tous et toutes qui nous menacent !

Le mercredi 17 juin 2015, au lendemain du deuxième recours au 49-3, Emmanuel Macron annonce dans Challenges que sa « prochaine cible c’est le code du travail », « qu’il est prêt pour mener cette bataille », « qu’il faut profiter du momentum favorable pour accélérer les réformes »… Ce Jeudi 9 Juillet, Valls dans son discours au parlement pour justifier le 3ème recours au 49-3 explique qu’« il faut poursuivre et amplifier ce mouvement de réforme. ». Et de fait, la loi Macron donne au gouvernement les pouvoirs pour légiférer par ordonnance pendant 9 mois – c’est-à-dire la possibilité de faire passer, quasi immédiatement, des mesures relevant du domaine de la loi – dans de nombreux domaines ayant trait au droit du travail…

Il est impossible de recenser et d’analyser toutes les attaques que l’on subit. Mais on comprend bien, tous les jours, que notre situation se dégrade, et que sans dynamique collective unitaire des apprentis, étudiants, chômeurs, travailleurs, précaires, retraités, la situation ne peut qu’empirer.

Gouvernement et patronat nous voudraient sans droits, dociles, flexibles et précaires, ne nous laissons pas faire !

C’est une guerre sociale totale que nous mènent gouvernements et patronat, notre détermination à les combattre doit être à la hauteur des enjeux de la situation !

 

49 3 DIC

Stop aux tests osseux à l’hôpital pour jeter des jeunes en prison ou à la rue ! RASSEMBLEMENT SAMEDI 13 JUIN

À Grange-Blanche et à Mère-Enfant, comme dans d’autres hôpitaux en France, des médecins font des radios, des scanners et d’autres examens, pour déterminer l’âge osseux de mineurs qui ne les ont pas demandés. Ils exécutent des décisions du Parquet ou de juges, pour vérifier si les jeunes migrants qui se disent mineurs en arrivant en France le sont vraiment. Malgré de nombreuses
protestations contre la pratique des tests osseux, le gouvernement vient de faire voter par l’Assemblée nationale l’inscription de ces contrôles dans la loi.
C’est une application de la politique d’immigration et de la politique d’austérité du gouvernement basées sur le soupçon généralisé, comme si tout migrant était un menteur ou un voleur en puissance, comme si les mineurs isolés étrangers étaient venus en France pour profiter de l’aide sociale à l’enfance. Le gouvernement veut nous faire croire qu’il a raison de fermer les frontières.
 
stop tests osseux
Les tests osseux n’ont aucune valeur scientifique !
Inventés dans les années 30 pour soigner des individus des classes moyennes et aisées d’Amérique du nord, les tests osseux ne peuvent pas servir à donner l’âge d’un individu, surtout lorsqu’il est proche de la majorité. C’est le Haut Conseil à la santé publique qui le dit dans un rapport de 2014. Le gouvernement lui-même le reconnaît puisqu’il les autorise en recommandant hypocritement de ne les utiliser qu’en dernier recours, et en tenant compte de leur marge d’erreur.
Les résultats des tests sont grotesques. Ils découpent chaque jeune en morceaux avec un poignet gauche de 17 ans, mais une clavicule droite de 26 ans, et tout ça finit par donner un âge mini de 26, un âge maxi de 35, un âge moyen de 31,7.
L’essentiel pour la police ou le Parquet est de pouvoir faire sortir de l’hôpital un papier signé du médecin disant du jeune suspect que sa minorité est « exclue ».
tests osseux
Les mineurs isolés étrangers ne sont pas des escrocs !
Ils viennent en France avec l’espoir d’y trouver une vie meilleure. Ils ont envie de pouvoir aller à l’école. Dans leur pays, c’était pour beaucoup inabordable à cause de la pauvreté de leurs familles. Ils ont risqué leur vie pour arriver jusqu’ici. Ils ont affronté la
soif dans le désert, le risque de noyade dans la Méditerranée, les rackets et la violence des passeurs et des policiers dans les pays traversés. La France doit-elle y ajouter l’exclusion, avec la prison ou la vie de SDF sans papiers et sans identité ?
 
Les souffrances et les injustices subies par les mineurs et jeunes majeurs isolés étrangers, ça suffit !
Soumis à l’humiliation des tests osseux, se sentant traités comme des animaux ou des esclaves à qui on va jusqu’à compter les dents, les mineurs isolés étrangers soupçonnés d’escroquerie sont laissés à la rue ou jetés des hôtels ou foyers où ils ont pu être un
premier temps accueillis. Convoqués à la PAF, des dizaines d’entre eux ont été placés en garde à vue, condamnés en comparution immédiate à des peines de prison et d’interdiction de territoire. Ils ont ainsi brusquement disparu de leurs lycées et centres
de formation. Sous de prétextes les plus divers, leurs pièces d’identité soupçonnées d’être fausses leur sont retirées. Avec ce traitement indigne infligé aux mineurs isolés, et les OQTF pour les jeunes majeurs qui demandent le droit de vivre en France à leur 18 ans, le gouvernement fabrique des jeunes précaires qui n’ont plus aucun droit !Samedi 13 juin à 14 heures 30 place d’Arsonval, devant l’entrée de l’hôpital Édouard-Herriot
Venez dire Stop aux tests osseux !

La jeunesse n’a pas de frontières !
droit au logement, à l’éducation,
au travail, aux papiers, pour tous !

arret tests osseux
Collectif jeunes majeurs 69/RESF
Premiers soutiens: Ensemble, la Cimade, LDH, NPA, OCML-VP, Raddhodiaspora, Solidaires étudiant-e-s – syndicat de lutte, UPC.Après cette action, RESF vous invite à participer à la semaine d’information interassociative sur les lois en préparation sur l’asile et l’immigration. 1 er rendez-vous : dimanche 14 juin à partir de 15 heures sur les berges du Rhône, pont de la Guillotière.

Rescapés de la Méditerranée ou du désert ! Jetés en prison ou à la rue à Lyon !

Le Parquet va de plus en plus vite et loin dans la répression des mineurs isolés étrangers…

Arrivé à Lyon le 16 mars, Oumar a été jeté en prison 10 jours après. Au moment où la télé nous montrait l’horreur des conditions d’arrivée des migrants en Italie, il sortait de la prison de Villefranche après y avoir passé presque un mois. Avant, il avait connu les rackets, la vente d’un passeur à l’autre de ses compagnons de voyage, l’enfermement plusieurs mois en Libye, la traversée avec 368 autres passages sur une pirogue qui est tombée en panne, le sauvetage in extremis pour lui, mais pas pour son frère mort noyé dans le bateau d’après avec tous les passagers.

La France serait-elle plus douce ? Conduit 3 fois la nuit par des policiers dans un foyer d’accueil à Lyon avec son acte de naissance lui donnant 16 ans, il en est chaque fois renvoyé le lendemain matin. La 4ème fois, c’est à la PAF qu’il est emmené. Accusé de mentir sur son âge parce qu’il présente 2 papiers dont l’un comporte une erreur sur le jour de naissance mais pas sur l’année, il est soumis aux tests osseux qui lui donnent 25, 30, ou 35 ans. Mis en garde à vue, il est condamné pour escroquerie à un mois de prison. La dite escroquerie porterait sur 1700 euros qu’il est condamné à rembourser pour 3 nuits de foyer !!!

Aucun de ses droits n’a été signifié à Oumar, ni celui de refuser les tests osseux, ni celui de faire appel du jugement. Aucun document écrit ne lui a jamais été fourni, ni la décision du parquet de refuser sa prise en charge, ni le résultat des tests osseux, ni le jugement du tribunal correctionnel.

Maintenant, il n’a plus aucun document d’identité. Ceux qu’il avait ont été gardés par la PAF. Il est sorti de prison pour aller dormir dehors sans papiers et sans un sous.

Parallèlement aux comparutions immédiates et aux condamnations qui continuent puisque 3 jeunes de nos connaissances sont actuellement encore en prison, des mineurs isolés provisoirement pris en charge sont sortis des dispositifs de protection de l’ASE, par la décision du Parquet ou de juges des enfants prise sur la base d’une 1ère suspicion sur leur minorité émise par la MEOMIE. D’autres sont rejetés dès leur premier contact à l’accueil de la MEOMIE.

Pour l’un c’est une juge des enfants qui a estimé que les résultats des tests osseux lui donnant plus de 26 ans permettaient de mettre son acte de naissance en doute… Pour l’autre, mineur de 17 ans jeté à la rue après quelques semaines d’hôtel, pourtant en possession d’une carte d’identité malienne, c’est une autre juge des enfants qui, tout en ordonnant un nouveau placement temporaire, ordonne une expertise osseuse alors que le Haut Conseil de la santé publique dit  dans son avis du 23 janvier 2014 : «  La détermination d’un âge osseux ne permet pas de déterminer l’âge exact du jeune lorsqu’il est proche de la majorité légale », et alors que l’article 47 du Code civil ordonne la reconnaissance des actes civils étrangers, sauf cas exceptionnels avec preuves à l’appui. Pour beaucoup, c’est le Parquet qui classe sans suites ou refuse de délivrer des ordonnances de placement provisoire et renvoie les jeunes à la rue…

Enfin, la Cour d’appel des mineurs de Lyon vient de donner raison aux 2 juges pour enfants qui ont fait jeter Mamoudou et Banthiéni de leur hôtel il y a 3 mois !

Les enquêtes policières accusant Mamoudou et Banthiéni de frauder sur leur âge et donc d’escroquerie, alors que leurs passeport et carte d’identité ont été reconnus authentiques par le bureau de la fraude documentaire de la PAF, ont suffi pour les rendre tous les 2 SDF à 16 et 17 ans, sans même attendre les appels encore en cours des 2 jugements du tribunal correctionnel!

La bataille pour le droit à la protection des mineurs isolés étrangers est de plus en plus dure, à Lyon comme partout ailleurs. Nous nous heurtons à la politique généralisée du soupçon à l’encontre des migrants, composante essentielle de la politique de l’immigration que le gouvernement Hollande veut encore durcir dans ses prochaines réformes de l’asile et du CESEDA. Nous nous heurtons aux procédures d’évaluation des mineurs isolés étrangers inscrites dans la circulaire Taubira et en cours d’inscription dans la loi. Nous nous heurtons au mépris de la présomption de minorité et de la présomption d’authenticité des actes d’état civil étrangers. Nous nous heurtons à la pratique systématique et généralisée des tests osseux. Obligés, notamment par de nombreux avis d’experts et par nos campagnes de protestation de reconnaître que les tests osseux ne sont scientifiquement pas fiables, le gouvernement et les députés qui majoritairement le soutiennent recommandent que les tests ne soient utilisés qu’en dernier recours, alors qu’ils savent tous qu’ils sont la pièce maîtresse de la plupart des accusations en l’absence de toute expertise des pièces d’identité. Ils le font en demandant que la marge d’erreur soit indiquée… Façon tout à fait hypocrite de reconnaître qu’on ne peut pas se fier aux tests, tout en livrant les jeunes migrants à l’arbitraire des décisions d’une fausse justice basée sur de fausses preuves !

Dans plusieurs villes, à Paris, à Nantes, à Orléans, des luttes se mènent pour les droits des mineurs isolés étrangers avec l’appui de beaucoup d’associations. A Paris, en solidarité et en guise de protestation, des tentes les abritent en face des structures d’accueil qui les rejettent. A Paris encore, des enseignants ont manifesté devant le rectorat pour leur scolarisation ou devant la mairie pour leur hébergement. A Nantes, un rassemblement devant le CHU a été organisé.

Nous voulons l’interdiction pure et simple des tests osseux pour évaluer l’âge des personnes, que ce soit à la demande des conseils généraux, des métropoles, des parquets ou des juges ! Nous voulons en plus la reconnaissance des actes d’état civil étrangers. S’il y a doute ou manque de documents, nous voulons que les structures de protection des jeunes les accompagnent dans le rétablissement de leur état civil, en dehors de toute procédure à visée répressive !

coll jeunes majeurs

Nous voulons pour tous, mineurs comme majeurs, isolés ou familles, la reconnaissance du droit au logement, à l’éducation, au travail ! Et spécialement pour les mineurs de toute nationalité qui ont leur avenir et le monde de demain à construire !

 

RESF/Collectif RESF Jeunes Majeurs 69/ 31 mai 2015

 

L’Ord(u)re règne à Lyon 2. La présidence de Lyon 2 fait exclure deux syndicalistes de lutte de l’université !

Communiqué de Solidaires Étudiant-e-s Lyon – Syndicat de Lutte en date du 25 janvier, paru dans Un Pavé Dans Ta Fac n°4 :

Jeudi 18 décembre, la commission disciplinaire de l’Université Lyon 2 a prononcé l’exclusion de 2 militant-e-s de Solidaires Étudiant-e-s Lyon – Syndicat de lutte (ex-FSE).

Nos camarades étaient convoqué-e-s formellement pour « trouble à l’ordre et entrave au fonctionnement de l’établissement » suite à l’envahissement d’un conseil de la présidence le 21 novembre 2013 par une centaine de personnes dans le cadre de la mobilisation des étudiant-e-s et du personnel contre la loi Fioraso et les restrictions budgétaires¹.
Le président avait alors donné, pour seule réponse aux revendications des étudiant-e-s et personnel mobilisé-e-s ce jour, l’intervention des forces de l’ordre à l’intérieur même du campus afin de faire évacuer les bâtiments. Sur la centaine de manifestant-e-s, 6 étudiant-e-s, dont 4 syndicalistes seront interpellé-e-s et placé-e-s en garde à vue.
3 militant-e-s de Solidaires Étudiant-e-s sont finalement passé-e-s en procès en juin 2013, dont deux qui se sont fait condamner : la secrétaire de section syndicale et l’élu au Conseil d’Administration de l’université, condamné-e-s respectivement à 3 et 6 mois de prison avec sursis et plus de 5000 euros de dommages et intérêts et frais de justice.
Le jeudi 18, il/elle ont été condamné-e-s à une exclusion immédiate de l’université de 2 ans dont 18 mois avec sursis !

Cette condamnation est une menace par toutes celles et ceux qui n’entendent plus se résigner à accepter la dégradation de nos conditions d’études, de travail et de vie qui nous est chaque jour un peu plus imposée.
Mais insuffisamment content de la gravité de la peine infligée à nos camarades, Jean-Luc Mayaud, président de l’université, fait désormais appel de cette décision devant le CNESER et réclame 5 ans d’exclusion ferme de l’université.

Retour sur le déroulement de la commission disciplinaire

Le déroulement de cette commission de jugement nous aura confirmé qu’il n’était nullement question de l’envahissement du conseil. Il s’agit là d’une volonté politique cherchant n’importe quel prétexte afin de nous exclure. Ainsi, lors de ce simulacre de jugement, peu importait que la présidence soit incapable de présenter un début de preuve ou même de témoignage à charge provenant d’autres personnes que les accusateurs eux-mêmes pour étayer sa thèse des « violences ». Peu importaient les nombreux témoignages -bel et bien existants ceux-là- d’étudiant-e-s, de profs, d’agents administratifs présent-e-s au moment des faits qui attestent tous de l’absence de coups volontaires portés aux agents ce jour-là. Peu importait encore le contenu même des certificats médicaux fournis par les agents, qui attestent que les blessures de ces derniers résultent de la poussée collective pour rentrer dans l’amphi et non de coups volontaires ; blessures qui s’expliquent toutes par la résistance des agents devant l’entrée des étudiant-e-s alors que, selon la version officielle de la présidence² , ceux-ci « avaient pour ordre de s’effacer et ne pas susciter de violences ». Au vu des déclarations contradictoires des agents et de leur attitude le jour du conseil extraordinaire (en liaison téléphonique constante avec leurs supérieurs) il apparaît clairement que la présidence avait donné pour consigne aux agents (transformés en garde présidentielle personnelle pour l’occasion) de ne laisser rentrer aucun étudiant (qu’il/elle soit ou non élu-e).
Seul leur importait, derrière le motif vague de notre convocation pour  » trouble à l’ordre » de trouver une responsabilité pouvant nous être imputée. Ceci fut bien illustré, que ce soit lors de l’instruction ou du jugement, lorsque M. Landon (par ailleurs Vice-président, ayant à l’époque porté plainte à notre encontre, se retrouvant ainsi partie, instructeur, et juge !) et M. Gaillard présidents respectifs de chacune des commissions, n’hésitaient pas à modifier les motifs de notre comparution.
Ainsi, lorsque nous démontrions notre innocence vis-à-vis des soi-disant « coups » portés aux agents, ils invoquaient finalement l’annulation du Congrès. Mais dès lors, sous ce motif, pourquoi ne poursuivaient-ils pas les plusieurs dizaines d’étudiant-e-s ayant participé à l’envahissement ? Ils trouvèrent la parade… Dans la notification d’exclusion envoyée à nos camarades, la présidence justifie sa décision par le fait qu’il et elle avaient osé parler au mégaphone et qu »il est avéré qu’il/elle étaient les meneurs d’un mouvement visant à perturber le déroulement du Congrès ».
Ainsi se conçoit la « liberté d’expression » de la présidence, elle qui est pourtant si prompte à l’afficher fièrement… Une liberté où les syndicalistes qui refusent d’adhérer doivent dégager, où les étudiant-e-s qui se mobilisent sont brutalement expulsé-e-s du campus par les forces armées.

En réalité, c’est sa propre lâcheté que tente de faire oublier aujourd’hui le président, en faisant preuve d’une fermeté sans précédent. Lui qui, le jour du congrès abandonnait ses agents, les laissait pour seul interlocuteur aux personnes mobilisées, des agents de sécurité incendie à qui il donnait ainsi pour mission d’assumer seuls les conséquences de la politique qu’il mène.

Ce qu’ils appellent violence

Le président, prompt à user des moyens de communication dont il dispose (et abuse), avait alors qualifié l’envahissement de « violent ».
Rappelons par ailleurs qu’après la fuite du président devant les étudiant-e-s et personnels mobilisé-e-s, les étudiant-e-s qui occupaient le bâtiment de la présidence réclamaient de pouvoir envoyer un mail à l’ensemble des étudiant-e-s et personnels afin d’expliquer leur mouvement, la nécessité de s’organiser et de se mobiliser pour ne pas se laisser écraser.
Finalement, ce n’est pas un mail qui sera envoyé, mais une quarantaine de CRS et agents de la BAC à l’intérieur du bâtiment pour nous en faire dégager.
Ainsi la présidence est la seule à bénéficier d’une réelle liberté d’expression, dont elle use et abuse en envoyant régulièrement sa propagande (souvent mensongère et diffamatoire) par mail, à l’intégralité des étudiants et personnels.
Quant aux étudiants et personnel, eux, n’ont que la liberté de se faire matraquer s’ils essaient de s’exprimer.

Nous sommes tous Charlie
Ce seul évènement est une illustration euphémisée de la violence sociale et symbolique quotidienne grâce à laquelle s’impose l’ordre dominant inégalitaire.
Comment qualifier les matraquages policiers au tonfa et à la télescopique, l’enfermement abusif de plusieurs personnes (garde-à-vue), la menace de l’enfermement carcéral (peine de prison avec sursis), les milliers d’euros d’amende pour des étudiant-e-s boursier-e-s salarié-e-s, l’interdiction de poursuivre ses études universitaires et, désormais, l’interdiction manu militari de pénétrer sur le campus ?
N’est-ce pas par l’usage de la force et de la violence que s’impose leur point de vue, c’est-à-dire leurs intérêts, leur conception de la démocratie et de la « liberté d’expression » ?

Par cet acharnement, nous constatons que ce qui insupportait la présidence était la force du mouvement étudiant de l’année dernière, menace pour une présidence vacillante et en perte d’influence (Jean-Luc Mayaud était alors contesté par sa propre majorité et largement déstabilisé par les démissions successives de plusieurs vice-présidents). Au sein même du cercle restreint des « représentant-e-s » dans les instances officielles, dont la composition est pourtant très loin d’avoir une quelconque proximité avec la notion de représentativité dont ils se réclament (pour ne prendre qu’un exemple, les personnels enseignants-vacataires qui entament une grève à partir de ce lundi 26 janvier 2015, ne disposent d’aucun siège au Conseil d’Administration alors même qu’ils assurent parfois jusqu’à 80 % des TD), l’obtention d’une majorité leur devient difficile.
Ainsi l’illustre le Conseil d’Administration de décembre dernier où la présidence n’est parvenue à obtenir une majorité qu’à 13 voix pour un budget d’austérité grâce aux 7 personnalités extérieures [!]), contre 12, budget dont les conséquences se paient au quotidien pour les personnels qui voient leurs primes gelées, l’intensité de leur travail augmentée, la précarité toujours plus s’installer ; et par les étudiant-e-s, qui voient les conditions d’études toujours plus se dégrader.A Lyon 2, il est temps de faire le ménage de la présidence
Mais dans cette période difficile pour la majorité, le président, lui, se permet de se verser une prime (à laquelle légalement il n’a pourtant pas droit) de plusieurs milliers d’euros, représentant le salaire annuel d’un agent d’entretien à temps partiel…

Nous devons par ailleurs dénoncer la collaboration de l’organisation étudiante GAELIS (FAGE) qui a participé par leurs votes à l’exclusion de nos camarades. Loin de l’apolitisme bienveillant dont ils/elles se revendiquent lors des diverses échéances électorales pour quémander les voix étudiantes, la FAGE participe de la répression des syndicalistes qui se battent au quotidien pour la gratuité des études, pour l’inscription de toutes et tous à l’université, avec ou sans papiers.

L’acharnement de la présidence et de la classe dominante en général pour faire taire celles et ceux qui luttent ne traduit que la peur de voir se développer la contestation sociale face aux ravages -à l’université comme dans le reste de la société- d’un système capitaliste raciste et patriarcal.

Loin de nous faire plier, ils ne font que renforcer notre détermination à combattre et vaincre cet ordre asservissant, qu’ils essaient de maintenir, nous le voyons encore aujourd’hui, par tous les moyens.

¹ Pour retrouver des analyses sur les motifs de la lutte : « LRU, loi Fioraso, privatisation, dégradation des conditions d’études, de travail et de vie : pourquoi nous nous battons ?! » et « Le rôle de l’université dans la société capitaliste ».

² Cf. le procès-verbal du Vice-président portant plainte pour « violences aggravées »

Quand Lyon 2 profite d’un évènement tragique pour durcir sa politique sécuritaire

Communiqué de Solidaires Étudiant-e-s Lyon – Syndicat de Lutte en date du 25 janvier 2015, paru dans Un Pavé Dans Ta Fac n°4 :

Suite à la tuerie au siège de Charlie Hebdo et aux événements qui s’ensuivirent, faisant 20 morts ; face à « l’unité nationale » décrétée, il est important de se positionner.

Je Suis Charlie moutonUne fois l’émotion passée, il est de notre devoir collectif de comprendre les conséquences politiques de cet évènement. Dans les jours qui suivirent, le ministre de la Défense a annoncé le déploiement sur les « lieux sensibles » du territoire national de 10 500 militaires supplémentaires pour mener une « opération intérieure », faisant écho aux (27) « opérations extérieures » menées par l’État français (terme euphémisé destiné à désigner les théâtres de guerre dans lesquels est déployée de manière plus ou moins permanente l’armée française).
Dans le sillage d’une communication politique alimentant la surenchère sécuritaire et identitaire, surfant sur la vague émotive provoquée par l’attentat, l’extrême droite française multiplie les passages à l’acte racistes. Chaque jour amène son flot d’explosions ou d’incendies de mosquée, d’agressions de « musulman-e-s » ou supposé-e-s comme tel-le-s, de menaces de morts et de tags racistes : les actes « antimusulmans » recensés ces deux dernières semaines atteignent le nombre total comptabilisé pour l’année 2014 !

Ainsi, ce climat politique, instrumentalisé de toute pièce par la classe dirigeante, n’est qu’un prétexte pour mettre en place des mesures liberticides et sécuritaires renforçant toujours plus le contrôle de la population et prévenant ainsi toute contestation sociale.
La conséquence politique immédiate, la soi-disant « unité nationale », illustrée par les marches massives du dimanche 11 janvier, où tous les leaders conservateurs et réactionnaires (de « gauche » comme d’extrême droite) sont venus défiler, accompagnés de dirigeants de pays étrangers où la liberté de la presse est toute relative. La classe possédante et ses relais (nationaux comme internationaux) se sont superbement affichés pour aller chercher le consentement de la classe qu’ils dominent, en occultant soigneusement leur propre violence économique et sociale. Y a-t-il en effet une quelconque « unité nationale » possible avec ceux qui cassent les droits sociaux et le code du travail, appliquent des politiques de rigueur, répriment les mouvements sociaux et expulsent toujours plus de sans-papiers ?

Cependant, si ces derniers jours ont vu la « libération » (!) de la parole et du passage à l’acte racistes, le racisme institutionnel est à l’œuvre depuis bien plus longtemps. Rappelons à Lyon II la pantalonnade autour du contrôle au faciès fin septembre d’un étudiant qui avait le malheur de porter une djellaba sur le campus des Quais.
De façon bien plus insidieuse, systémique, le racisme se manifeste dans la structure même de la société dont l’université n’est pas exclue. Ainsi, l’organisation de la production s’inscrit dans une logique de sur-exploitation d’une main-d’œuvre considérée comme « immigrée » (c’est à dire non-blanche), souvent dans l’incapacité matérielle de refuser de mauvaises conditions de travail. En effet, les tâches les plus pénibles, les moins valorisantes et les plus mal payées sont réalisées par des travailleurs majoritairement « issus de l’immigration« , et féminins pour prendre l’exemple des agents d’entretien.

Depuis les attentats de Paris, sous prétexte du renforcement du plan Vigipirate, le président de l’université Jean-Luc Mayaud a décrété un contrôle strict des identités de toute personne voulant entrer sur le campus des Quais. Pour ce faire, seuls certains accès sont ouverts, chaque étudiant-e devant présenter sa carte étudiante et montrer le contenu de son sac aux agents de sécurité incendie, épaulés dans cette mission par des agents salariés d’une entreprise de sécurité privée. Ainsi Jean-Luc Mayaud parvient à débloquer rapidement des fonds pour renforcer sa « sécurité », mais pas pour payer les chargés de TD… On peut par ailleurs le noter, la « menace terroriste » semble plus importante pour la vitrine du « campus des Quais », que sur Bron, où sont pourtant présent-e-s la plus grande majorité des étudiant-e-s et personnels. Face à la « menace terroriste », tous les publics ne méritent pas d’être « protégés » ? Nous n’en sommes plus à une absurdité près.

En plus d’entretenir un climat de haine de l’autre, de peur et de suspicion permanente, ces contrôles de cartes conduisent à isoler un peu plus encore l’université du reste de la société et contrarient de fait l’activité syndicale qui cherche justement à l’ouvrir en tissant des liens et convergences avec l’ensemble des étudiants et des travailleurs. La présidence consacre ainsi sa vision de l’université comme lieu de passage où l’étudiant consomme ses cours (et son sandwich à la pause) contre nos volontés d’en faire un lieu de vie, un lieu d’organisation, de construction de nos capacités de mobilisation ouvert à tous ceux et toutes celles qui s’opposent à la dégradation des conditions de travail, d’études et, plus globalement, de vie.

Cette décision s’ajoute à la longue liste de mesures attentatoires aux libertés démocratiques les plus élémentaires mises en place par la direction de l’université. Nous savions déjà la liberté d’association largement remise en cause par le durcissement des critères d’agrément des associations et d’attribution des subventions, par le contrôle accru de leurs activités, par la suppression de certains lieux collectifs de réunion (suppression de locaux associatifs) ce qui a pour effet direct de veiller matériellement à ce qu’elles ne puissent réellement s’opposer aux politiques de liquidation capitaliste du service public de l’enseignement supérieur ; on peut aussi citer la suppression, de locaux, de panneaux d’expression libre, l’arrachage systématique d’affiches syndicales, etc. À présent c’est la liberté de circulation même qui est menacée à Lyon II !

Sous couvert de « sécurité » et de « protection de la liberté d’expression », l’État et le président de l’université décrètent des mesures visant à contrôler toujours plus la population et les étudiant-e-s et, au-delà de ça, à étouffer toute contestation sociale dans l’œuf.

Quel crédit peut-on apporter à un homme qui organise des minutes de silence dans son établissement en commémoration des victimes de l’attentat et pour la liberté d’expression et qui, parallèlement à cela, n’hésite pas à faire condamner et exclure des étudiant-e-s syndicalistes ayant participé à un mouvement étudiant contre la dernière réforme structurelle de l’Université ?

À Lyon II comme partout, la liberté d’expression est à deux vitesses !

Nous ne les laisserons pas nous enchaîner, pour sauvegarder notre liberté d’action associative et syndicale !

Non aux contrôles à l’entrée des facs !

Libertés de circulation, d’étudier et d’expression !

Manifestation pour l’arrêt des expulsions ! Un logement pour tou-te-s !

Alors que le droit à un toit est un droit vital et fondamental, des milliers de femmes, d’hommes, d’enfants de la région Rhône-Alpes, étrangers ou français, sont à la rue ou menacés d’y être jetés à tout moment. Comme dans le reste de la France.

logement-web

Tract pour la manif du 15 novembre

Les Causes ?

  • La politique de l’État et des collectivités locales qui n’assument pas leur obligation absolue d’hébergement d’urgence été comme hiver de toute personne quelle que soit son origine, alors que l’article 345-2-2 du Code de l’Action Sociale et des Familles (CASF) énonce que toute personne quelle qu’elle soit doit pouvoir être accueillie dans un lieu décent.

Pire : ces institutions n’hésitent pas parfois à poursuivre les familles -notamment les Roms- et les personnes isolées jusque dans leurs squats ou « pauvres » campements et à les expulser !

  • La cherté des loyers, la spéculation immobilière qui ont permis aux banques, à une minorité de riches bailleurs, privés ou publics, de spéculer, de s’enrichir (les profits spéculatifs ont grimpé de 70% depuis 10 ans…). Pourtant en France, il y a 2,4 millions de logements vides pour 3,6 millions de mal-logés.
  • La complicité des gouvernements qui ont laissé faire, précipitant les personnes et familles aux revenus modestes dans les impayés et le logement précaire, parfois dans la rue !

NOUS EXIGEONS :

  • L’ouverture de structures d’hébergement d’urgence, et l’amélioration des conditions d’accueil, sans condition d’accès, été comme hiver,
  • L’arrêt des expulsions sans relogement, pour tout type d’habitation, des fermetures des places d’hébergement et des coupures de fluides (eau, électricité, gaz…),
  • L’arrêt du harcèlement de la part des administration et bailleurs sociaux sur les locataires et les usager-e-s (contentieux, lettres menaçantes…) et le gel des loyers impayés,
  • Une application des lois DALO et ALUR qui prévoient un très large accès de toute personne ou famille à un logement décent,
  • La RÉQUISITION des logements vides, la construction massive de logements réellement sociaux (PLAI : Prêt Locatif Aidé d’Intégration) et la baisse des loyers,
  • L’arrêt de la criminalisation de la migration et de la criminalisation des actions de solidarité avec les migrants,
  • La régularisation de tous les sans-papiers et l’arrêt des expulsions du territoire français,
  • Un logement pérenne et décent pour toutes et tous !

Manifestation régionale Place des Terreaux SAMEDI 15 NOVEMBRE À 14H
Puis cortège en direction de la Préfecture de Région…

Nous appelons aussi tous ceux et toutes celles qui luttent pour leur survie ou par solidarité à organiser des manifestations et actions décentralisées partout en France afin de rendre visibles les invisibles. C’est par la création d’un rapport de force que nous ferons reculer la misère et ceux qui la produisent.

Tract Logement 15 novembre 1_2Tract Logement 15 Novembre 2_2

À L’APPEL DE :

Enfants sans toits, CISEM [Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants], Centre d’Information Inter-Peuple, Même droits pour tous et toutes, Confédération Nationale du Logement 38, Collectif Logement/hébergement, CRSA, La Patate chaude, Un Toit pour Tous, ASTI Vienne, Bassin d’Annonay et Montélimar [Association de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s], AC ! Isère (Agir Ensemble contre le chômage), RESF Rhône, Collectif urgence Roms 74, SIAD Valence, Coordination régionale de soutien aux sans-papiers , Defends-toit, Planning Familial Rhône, La voix des femmes, Femmes en Luth Valence, LDH 38, LDH Fédération Rhône, MRAP 69, NPA 38 et 69, Solidaires 38 et 69, Sud Education 38 et 69, Solidaires étudiant-e-s Lyon et Grenoble, CNT/AIT Valence, CNT 38, Ras l’front, UPC, Les Alternatifs, Coordination des Groupes Anarchistes-Lyon, OCML-Voie Prolétarienne, Alternative Libertaire Lyon, Groupe FA Graine d’Anar, Sud Télécom, Solidaires Météo, ADARDAP, OCL-Lyon…

Lycées bloqués, manifs réprimées, politiciens paniqués… MAIS QU’EST-CE QU’ON ATTEND ?!

Une Assemblée générale a eu lieu à Lyon 2 ce jeudi 6 novembre.

Elle est née de la nécessité de constater l’ampleur de la crise à l’université, de nous organiser en conséquence. Étudiant.e.s, déjà travailleurs pour beaucoup, vacataires, personnels précaires : à différents titres nous connaissons la dégradation des conditions d’études ou de travail. Ce sont les TD surchargés, les filières amputées de 60% de leur budget, les vacataires qui travaillent encore sans contrat, les services comme le ménage ou l’informatique externalisés, les jobs mcdo.

Ce dont nous nous rendons compte à l’université Lyon 2 n’est pas un phénomène local : il traverse l’ensemble des universités en France. Et les problèmes que nous soulevons ne sont pas des problèmes de gestion isolés, des questions de rallonges budgétaires à débloquer : c’est un unique problème politique. Nos conditions d’études dégradées parlent de ce que le capitalisme en crise nous promet.

Lyon 2 La crise c'est eux la solution c'est nousLa crise du capitalisme se manifeste sous plusieurs formes : la restructuration brutale des universités, le démantèlement du code du travail, des retraites, la casse des services publics, la réorganisation du territoire dans une perspective de relance et d’intégration économique. Si les formes sont multiples, la fébrilité est la même. Les instances gouvernantes chargées d’appliquer les mesures toujours plus extrêmes de ce plan de maintien du capitalisme craignent l’étincelle. Cette fébrilité a conduit à la mort d’un camarade, Rémi, en lutte au Testet ; à Lyon 2, deux syndicalistes sont condamné.e.s à du sursis et passent en commission disciplinaire. Dans les quartiers -qui ont toujours été un espace de tension pour le gouvernement- elle entraîne depuis longtemps une répression de la vie quotidienne, des provocations constantes, des assassinats réguliers.


À Paris, une trentaine de lycées ont été bloqués jeudi 6 novembre : les lycéen.ne.s soulèvent la question des violences policières et celle du sort réservé à leurs camarades sans-papiers, expulsé.e.s ou en centre de rétention. À Toulouse, 600 étudiant.e.s de l’université du Mirail ont voté la grève pour jeudi prochain. Le fond de l’air est rouge, la situation est mûre : il ne tient qu’à nous de faire de même à Lyon.

L’Assemblée de jeudi appelle à une nouvelle assemblée générale la semaine prochaine.


ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
JEUDI 13 NOVEMBRE
CAMPUS DE BRON, 12H, AMPHI B

 
Plus d’infos sur facebook : Université Lyon 2 en lutte
Ainsi que sur Rebellyon.info