Réformes du droit d’asile et droit des étrangers : l’urgente nécessité de s’organiser et de construire la solidarité !

Analyse des réformes par le collectif des étudiant-e-s étrangers de Lyon, sans papiers et solidaires ( contacts : collectif.etudiants.etrangers.lyon@riseup.net  Téléphone: 07 68 25 59 86 )

L’État renforce ses moyens pour précariser, réprimer et expulser les étrangers : l’urgente nécessité de s’organiser et de construire la solidarité !

Le gouvernement PS, après avoir déjà battu un record d’expulsions de personnes sans papiers, a entériné fin juillet une réforme du « droit d’asile » qui va encore aggraver la situation pour les demandeurs d’asile. Le gouvernement discute également actuellement, en procédure accélérée, une réforme sur les« droits des étrangers ». Analyse par le collectif des étudiant-e-s étrangers de Lyon, sans papiers et solidaires. Article paru dans le journal du collectif.

Ces réformes vont durcir l’accès au droit d’asile et la possibilité d’obtenir une régularisation, elles vont encore augmenter les moyens législatifs et coercitifs de l’État pour accélérer les refus et intensifier les expulsions – quand le gouvernement préfère parler par euphémisme, « d’éloignement ».

Ce que change la loi concernant l’asile :

=> Création d’une « nouvelle procédure accélérée » pour les demandeurs d’asile, qui remplace la « procédure prioritaire » qui existait jusqu’à présent.

La nouvelle procédure accélérée prévoit désormais que, en cas de refus de l’asile devant « l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides » (OFPRA), le recours devant la Cour Nationale du Droit d’Asile (CNDA) est suspensif de l’expulsion – le demandeur d’asile a ainsi le droit au maintien sur le territoire tant que la CNDA n’a pas statué. Mais… le délai de préparation de l’appel est expéditif (moins de 5 semaines désormais, contre plusieurs mois jusqu’à maintenant, ce qui pouvait davantage permettre de se préparer, de réunir preuves et documents) et sera jugé par un juge unique (contre 3 jusqu’à maintenant).

La nouvelle loi prévoit par ailleurs une dizaine de situations (notamment le fait de provenir d’un pays considéré par l’OFPRA comme « sûr », le fait de s’être adressé tardivement à la préfecture ou d’avoir dissimulé son itinéraire avant d’arriver en France) dans lesquelles les demandeurs passeront d’office par cette procédure expéditive.

En plus de ces situations désormais prévues dans la loi, le pouvoir de contraindre une personne de passer par cette nouvelle procédure accélérée, défavorable aux demandeurs, n’appartiendra plus au seul préfet, puisque l’OFPRA aura également ce pouvoir. Ainsi, de manière arbitraire, l’administration pourra considérer, de prime abord et sans entretien, que la demande d’asile présentée par telle personne, ne semble pas sérieuse et la traiter selon cette procédure.

Cette procédure accélérée est d’ailleurs destinée selon le ministère à concerner davantage de demandeurs que l’ancienne procédure prioritaire. La loi crée également des cas d’irrecevabilités ou de clôture de la demande d’asile.

=> Création de « centres d’hébergement directifs » pour les demandeurs d’asile, qui sont concrètement conçus, selon la présentation du ministère de l’intérieur comme un « dispositif d’hébergement contraignant » ayant pour but « d’affecter le demandeur d’asile dans une autre région que celle où il se présente ». Le but est de répartir les demandeurs d’asile, pour « désengorger » les administrations et « empêcher la concentration » c’est-à-dire pour éparpiller sur le territoire et ainsi limiter la visibilité de ces indésirables.

Ces « centres d’hébergement directifs » sont en fait une assignation à résidence à peine déguisée puisque « les demandeurs d’asile qui renoncent à un hébergement ou abandonnent le lieu qui leur a été attribué ne percevront plus d’allocation. »

Pour que les migrants « acceptent » ces centres contraignants, l’État joue du système de la carotte (un hébergement, dont les conditions de salubrité ne sont pas précisées ; une allocation (équivalente à 11,45 euros par jour -soit environ 300 euros par mois pour une personne seule) et du bâton (la perte de ces « avantages matériels » en cas de refus). On le voit bien, le cadeau a un paquet bizarre…

En effet, en souhaitant confiner dans ces centres les demandeurs d’asile, l’État entend contrôler les migrants, en empêchant l’intégration et la création de contacts, de liens de solidarité ici sur le territoire (les demandeurs d’asile sont par exemple déjà interdits d’occuper un travail), pour pouvoir, une fois tous les recours juridiques épuisés (dans des délais désormais accélérés) rapidement exécuter l’expulsion, et que celle-ci soit le moins visible possible.

- En application de directives européennes, les demandeurs d’asile pourront désormais être assistés d’un avocat ou d’un représentant d’une association habilitée devant l’OFPRA.
Un objectif principal affiché par le gouvernement avec cette réforme est la réduction des délais.
Ainsi, les objectifs affichés de durée de traitement d’une demande, du dépôt jusqu’à épuisement des recours, sont de 3 mois pour une demande d’asile en procédure accélérée et de 9 mois en procédure normale (contre 2 ans aujourd’hui).

- Le délai de jugement d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) passe également de 5 mois à 1 mois ! Pour pouvoir respecter ces délais, le gouvernement annonce que des recrutements vont être opérés.
La logique est toujours la même, accélérer partout les délais pour aboutir le plus rapidement possible à l’épuisement des recours juridiques, afin de pouvoir procéder à l’expulsion !

Une autre réforme concernant les « droits des étrangers » est également actuellement en discussion au parlement, en procédure accélérée.

Cette réforme vise 3 objectifs selon le gouvernement :

- « améliorer l’accueil et l’intégration des étrangers régulièrement admis au séjour ». Cela doit passer par la délivrance d’un titre de séjour pluriannuel au bout d’un an de présence sur le territoire (pour éviter les passages répétés en préfecture). Cela a en fait pour objectif de libérer des moyens pour les affecter à de nouveaux contrôles. La délivrance de ce titre pluriannuel est en fait également associée à des exigences plus importantes en matière de maîtrise de la langue française notamment.

- « renforcer l’attractivité de la France en facilitant la mobilité des talents internationaux ». Selon la logique impérialiste « d’immigration choisie », en fonction des besoins en main d’œuvre ou compétences spécifiques du patronat ou de l’État, « afin de renforcer la position de la France dans l’accueil des mobilités internationales de l’excellence, de la création et de la connaissance », le gouvernement crée un passeport « talents » titre de séjour valable jusqu’à quatre ans pour l’étranger et sa famille, destiné à être un « titre unique ouvert aux investisseurs, aux chercheurs, aux artistes et aux salariés qualifiés »…

- « lutter plus efficacement contre l’immigration irrégulière ».
Ainsi, selon le communiqué du gouvernement, « l’assignation à résidence va devenir la mesure de droit commun en matière de privation de liberté des étrangers ». En fait, Cazeneuve ayant annoncé mi-juin que « les places de rétention dont dispose l’État devaient être utilisées à plein », le gouvernement de la sorte anticipe et multiplie en fait le nombre d’étrangers qu’il peut maintenir sous la contrainte en attendant de les expulser !
Et alors que l’enfermement en Centre de Rétention Administrative (CRA) ne peut légalement pas dépasser 45 jours, l’assignation à résidence (obligation de vivre au domicile connu de la préfecture, obligation de pointage tous les jours au commissariat et interdiction de circuler hors d’un territoire délimité) est de 45 jours, renouvelable. Elle peut donc aller jusqu’à 3 mois, légalement.

Les assignations à résidence sont d’ailleurs déjà censées être privilégiées pour les familles étrangères avec enfants mineurs (l’enfermement, avant expulsion, d’enfants étrangers, suscitant un peu trop d’indignation)… Selon un rapport de 5 associations intervenant en CRA, en2014 en France, et malgré la condamnation de la France par la cour Européenne des droits de l’homme, 5692enfants mineurs ont tout de même été enfermés en Centre ou Locaux de Rétention Administrative (sur l’île de Mayotte, colonie française de l’archipel des Comores, l’État français expulse également en toute illégalité, des enfants mineurs, seuls…)

Enfin, le projet de loi crée un « droit de communication » qui donne au préfet le pouvoir de demander « sans que s’y oppose le secret professionnel » des informations sur les personnes demandant ou possédant un titre de séjour auprès de toutes les institutions suivantes :

- Les établissements scolaires et d’enseignement supérieur.
- Les établissements de santé.
- Les banques et organismes financiers.
- Les fournisseurs d’énergie et les services de communications électroniques.
- Pôle emploi.
- Les services d’état civil
- La Sécurité sociale.
- Les tribunaux de commerce

Ainsi, profs, banquiers, secrétaires, médecins, etc., sont appelés à participer !
Ce n’est ni plus, ni moins qu’une obligation de collaboration à la politique raciste de contrôle, de traque et d’expulsion des étrangers pour tou-te-s les salarié-e-s des entreprises et agents de l’État des services concernés.

Les salarié-e-s et les agent-e-s doivent refuser de communiquer ces documents, leurs syndicats doivent les couvrir, dénoncer cette mesure et appeler largement à refuser de communiquer les documents demandés dans ce cadre par les préfectures.

L’article 8 doit en outre autoriser le préfet à contrôler « à tout moment » que, l’étranger qui dispose d’un titre de séjour « continue de satisfaire aux conditions fixées pour la délivrance de cette carte ». S’il ne peut le justifier, ou s’il ne se rend pas à la convocation, sa carte de séjour peut lui être retirée immédiatement.

En clair, c’est en sursis permanent que vont se retrouver TOUS ET TOUTES LES ETRANGERS, y compris les étrangers en situation régulière.

Par ailleurs, selon un amendement approuvé lors de l’examen en première lecture du projet de loi, les déboutés du droit d’asile, les étrangers ne pouvant justifier d’une entrée régulière en France, les étrangers s’étant maintenus au-delà de la durée de validité de leur visa, ou n’ayant pas demandé de renouvellement de titre de séjour n’auraient désormais plus que 15 jours pour contester devant le tribunal administratif leur décision « d’éloignement »(contre 30 jours pour les autres expulsions), et le tribunal administratif n’aura que six semaines pour statuer (au lieu de trois mois).
Pour Cazeneuve : « Nous favoriserons ainsi l’effectivité des mesures d’éloignement »… !

Qu’on ait ou non, la bonne nationalité, qu’on ait ou non le bon bout de papier, créer la solidarité, s’unir, échanger, se rencontrer, s’organiser, est une urgente nécessité !

solidaritéCar la précarisation et la répression des étranger-e-s, n’est qu’un aspect de la politique. Tous les salarié-e-s, travailleur-e-s du public et du privé, chômeurs, avec ou sans papiers, voyons nos conditions de vie et de travail attaquées et dégradées de jour en jour, par gouvernement et patronat. Le patronat, en profitant de la main d’œuvre sans papiers, en grande précarité, surexploitée, en imposant des conditions de travail des plus pénibles et mal payées – car isolés, sans la possibilité effective de refuser s’en sert pour contraindre tout le monde à davantage de misère et de précarité.

Et l’État, en fabriquant sans cesse davantage d’irrégulier-e-s, en traquant les étrangers, voudrait continuer de confiner les sans-papiers au silence et à
l’invisibilité.

Ils nous voudraient divisés pour mieux continuer de régner et de nous exploiter. Français-e-sou immigré-e-s, car notre destin est forcément lié, nous n’avons d’autre choix que de construire notre unité et ensemble nous organiser. 

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Non à la loi Macron, véritable CPE pour tous et toutes !

Alors que l’État restreint chaque jour un peu plus les libertés publiques et démocratiques -vote de la loi renseignement, répression généralisée (syndicalistes, quartiers, mouvements sociaux, migrants, déploiement militaire), le gouvernement pratique une guerre sociale éclair permanente ! La logique est simple : frapper vite, frapper partout, frapper fort !

En cette période historique de crise, où nous voyons chaque jour nos conditions de vie et de travail attaquées par gouvernement et patronat, dans le même temps, pour mieux régner, ils essaient de nous diviser. Ainsi, ils tentent d’opposer travailleurs aux chômeurs, chômeurs aux travailleurs, salariés du privé aux fonctionnaires, intérimaires aux CDI…

De la gauche à l’extrême droite, de mairies en préfectures, de TF1 à I-Télé, du gouvernement au Parlement jusqu’au plus haut sommet de l’État, la liberté d’exprimer son racisme est bien autorisée et les boucs émissaires nous sont désignés : migrants, musulman-e-s (ou supposé-e-s), Rroms… Et de la rue aux tribunaux, de la BAC, CRS ou Gendarmes Mobiles, aux juges et procureurs, tous les moyens sont déployés pour nous écraser !

Dans ce contexte, le gouvernement passe en force sur la loi Macron, en recourant en ce jeudi 9 Juillet une troisième fois au 49-3, permettant d’adopter une loi sans vote, ni débat et fait ainsi adopter « définitivement » cette attaque d’une ampleur incomparable. Ainsi, le pouvoir ne s’embarrasse plus de vernis démocratique pour imposer la loi du patronat, et c’est l’immense majorité des travailleurs qui en paient le prix !

Macron

Un CPE pour tous et toutes et pour toute la durée du contrat !

Alors qu’en 2006 le CPE prévoyait de donner le pouvoir aux patrons de licencier les jeunes travailleurs sans motif et sans recours possible pendant les 2 premières années du contrat, la loi Macron choisit un angle d’attaque différent, beaucoup plus destructeur.

Ainsi, la loi Macron fixe le principe de plafonds (dérisoires) aux indemnités perceptibles par le salarié qui contesterait devant les prud’hommes son licenciement abusif. Ainsi le salarié ne peut plus se faire indemniser l’intégralité du préjudice que son licenciement a engendré, mais surtout, les plafonds indemnitaires sont si dérisoires que les travailleurs auront désormais de moins en moins intérêt à contester leur licenciement devant les prud’hommes !

En clair, puisque les patrons ne risquent plus aucune sanction sérieuse, c’est le licenciement sans motif et permanent et pour tou-te-s les salarié-e-s qui est de fait légalisé !!!

Source :  Blog de David van der Vlist avocat en droit du travail

Source : Blog de David van der Vlist avocat en droit du travail


Les principales mesures contre les droits des travailleurs de la loi Macron

  • Dépénalisation du délit d’entrave à l’activité des représentants syndicaux dans une entreprise. Les patrons ne risqueront ainsi plus qu’une amende administrative, négociable avec la DIRRECTE (largement favorable au patronat). Objectif affiché : « Rationaliser les sanctions applicables au délit d’entrave pour ne pas dissuader les investisseurs étrangers. »
  • Création dans la loi de la notion (patronale) de « travail en soirée » (de 21h à 00h) « avec compensation» mais « sans plancher »… remplaçant ainsi sur ce créneau le travail de nuit censé garantir des compensations minimales.
  • instauration du travail gratuit pour les handicapés avec la création des « périodes de mise en situation professionnelle ».
  • Suppression des élections prud’homales. Désormais désigné-e-s par le président de la Cour d’appel sur proposition des syndicats, les conseillers peuvent être démis de leur fonction s’ils/elles sont jugé-e-s pas suffisamment « impartial » (en clair, s’ils défendent trop les salariés…).
  • Suppression de la deuxième partie de l’alinéa 2064 du code civil qui faisait du contrat de travail, un contrat de nature différente qu’un contrat civil. Cela nie la réalité de l’exploitation du salarié par le patron, que le code du travail était censé protéger a minima. Cela permet désormais la résolution de tout litige du travail par simple « accord » du salarié et alors aucun juge, prud’homal ou non, ne pourra venir troubler cet « accord » au nom d’un quelconque droit du travail. Travailler le dimanche, la nuit, 12h par jour, 60h par semaine, pour un demi-SMIC…du moment que le salarié est « d’accord ».

 

– davantage de possibilités de déroger au repos du dimanche (accorder jusqu’à 12 dimanche par an, contre 5 jusqu’à maintenant). Création de « zones touristiques internationales » (ZTI), les commerces de ces zones pourront ainsi ouvrir tous les dimanches de l’année et également les soirs jusqu’à minuit.

VallsCibleLecodeDutravail

   Pour le gouvernement – fidèle à la propagande patronale que l’on entend tous les jours, matin, midi et soir, à la radio, à la télé, dans les journaux – il faut « sécuriser » les patrons (!) et donc, flexibiliser les salariés. Il faudrait ainsi les faire travailler plus longtemps, supprimer leurs maigres droits, diminuer les salaires directs (nets) comme indirects (baisse des indemnités chômages, baisse des pensions retraites, etc), et assurer l’immunité juridique et l’impunité totale des patrons.

Plus globalement, la bourgeoisie attaque l’ensemble des institutions qui encadraient et limitaient (un peu) l’exploitation des travailleurs et travailleuses : inspection du travail, médecine du travail, justice du travail, droit pénal du travail, institutions représentatives du personnel, etc. Elle attaque aussi la sécurité sociale : entre le flicage et la criminalisation des allocataires, les déremboursements, la fermeture des centres d’accueil CAF, tout est fait pour réduire le droit social à de simples bonnes intentions et décourager les ayants droit de réclamer les prestations sociales. Ainsi, seulement la moitié des personnes ayant droit à des prestations sociales les perçoivent effectivement (soit 12 milliards non versés).

De quoi la loi Macron est-elle la suite ? 3 années de mesures antisociales du gouvernement PS

Après le Crédit d’Impôt Compétitivité et Emploi et ses 20 milliards de cadeaux fiscaux pour le patronat financés par une augmentation de la TVA dite sociale (payée par tou-te-s) ;

Après l’Accord National Interprofessionnel (ANI) permettant de faciliter les licenciements et la diminution des salaires -« Accords de Maintien dans l’Emploi »- et de conférer au patronat une quasi immunité juridique avec la réduction des délais de prescription pour tout litige du travail de 5 à 3 ans (après être passés de 30 à 5 ans en 2008) ;

Après la réforme des retraites (augmentation à 43 annuités de cotisations nécessaires pour toucher une retraite à taux plein), d’où baisse mécanique des pensions faute de pouvoir remplir les conditions donnant droit à une retraite à taux plein ;

Après le Pacte de responsabilité, ses 10 milliards supplémentaires d’exonération de cotisations « patronales » sur les bas salaires, ses 10 milliards de réduction de dépenses de l’assurance maladie et ses 11 milliards de réduction de dépenses pour la protection sociale ;

Après la nouvelle convention Unédic qui modifie les conditions d’indemnisation du chômage en diminuant les allocations chômage et en augmentant les différés d’indemnisation -les salarié.e.s quittant leur entreprise avec des indemnités de rupture doivent patienter plus longtemps avant de toucher une indemnisation du Pôle emploi (180 jours maximum contre 75 auparavant) ;

Après une nouvelle diminution des moyens pour logement et santé pour financer les milliards d’augmentation de budget pour l’armée

Le gouvernement continue son offensive avec la loi Macron dans sa version II.
ps et ump meme combat

Travailler plus, gagner moins, fermer sa gueule ou perdre son emploi

Au nom du dialogue social, de la compétitivité ou de l’emploi, gouvernement et patronat justifient toutes les attaques antisociales contre travailleurs, chômeurs et plus précaires.

La loi de 2013 dite – sans blague – « de sécurisation de l’emploi » permettait déjà la signature dans les entreprises « d’accords » pour une durée de 2 ans, selon la logique du chantage à l’emploi. Ainsi, les ouvriers et ouvrières sont contraint-e-s d’accepter de travailler plus longtemps pour le même salaire et/ou de gagner moins pour le même travail, de travailler dimanche, de nuit… S’ils/elles refusent, c’est tout bonnement le licenciement pour motif personnel (qui accorde des indemnités chômage beaucoup moins favorables qu’un licenciement économique). Avec la loi Macron, ces accords pourront désormais couvrir une période de 5 ans !

Le gouvernement a également déjà validé l’augmentation de la période d’essai pour les apprenti-e-s, le gel des seuils sociaux jusqu’en 2018, c’est-à-dire suppression de l’instauration de droits pour les travailleurs dans l’entreprise (élections de délégués du personnel, comité d’entreprise, etc).

Sans inversion du rapport de force, c’est la dégradation généralisée des conditions de travail, l’augmentation du temps de travail et la diminution des salaires pour tous et toutes qui nous menacent !

Le mercredi 17 juin 2015, au lendemain du deuxième recours au 49-3, Emmanuel Macron annonce dans Challenges que sa « prochaine cible c’est le code du travail », « qu’il est prêt pour mener cette bataille », « qu’il faut profiter du momentum favorable pour accélérer les réformes »… Ce Jeudi 9 Juillet, Valls dans son discours au parlement pour justifier le 3ème recours au 49-3 explique qu’« il faut poursuivre et amplifier ce mouvement de réforme. ». Et de fait, la loi Macron donne au gouvernement les pouvoirs pour légiférer par ordonnance pendant 9 mois – c’est-à-dire la possibilité de faire passer, quasi immédiatement, des mesures relevant du domaine de la loi – dans de nombreux domaines ayant trait au droit du travail…

Il est impossible de recenser et d’analyser toutes les attaques que l’on subit. Mais on comprend bien, tous les jours, que notre situation se dégrade, et que sans dynamique collective unitaire des apprentis, étudiants, chômeurs, travailleurs, précaires, retraités, la situation ne peut qu’empirer.

Gouvernement et patronat nous voudraient sans droits, dociles, flexibles et précaires, ne nous laissons pas faire !

C’est une guerre sociale totale que nous mènent gouvernements et patronat, notre détermination à les combattre doit être à la hauteur des enjeux de la situation !

 

49 3 DIC

La droite en rêvait, la gauche l’a fait : retour sur le Parti Solférinien

Après le retour au pouvoir du Parti Solférinien avec François Hollande en mai 2012 et l’intronisation ce 31 mars de Manuel Valls à la tête d’un « gouvernement de combat » (à comprendre la poursuite du combat CONTRE les classes populaires et POUR la défense les intérêts de la bourgeoisie via l’accentuation des offensives capitalistes), nous diffusons une vidéo des Mutins de Pangée (libre de circulation) dans laquelle le sociologue « critique » Jean-Pierre Garnier montre comment, à travers l’analyse du premier septennat de François Mitterrand, les « socialistes » ont accompli leur destin de parti réformateur en même temps que le programme de la première droite : adapter la société française au nouveau stade du capitalisme.

 

RÉFORME DES RETRAITES : ILS ATTAQUENT NOS SALAIRES ET NOS CONDITIONS DE VIE ? LUTTONS DÈS À PRÉSENT !

La crise actuelle du capitalisme pousse la classe dominante à mener des offensives importantes contre les travailleur.se.s pour maintenir son taux de profit.

Ainsi, les réformes antisociales se succèdent. Si, en 2010, la droite avait lancé une attaque violente contre les travailleur.se.s avec la précédente réforme des retraites, force est de constater que la droite n’a pas le monopole de ce type de mesure brutale.

lutter ou subir il faut choisir

De l’ANI à la réforme des retraites

Ainsi, dès son arrivée au pouvoir, Hollande et son gouvernement PS-écologistes a repris et poursuivi le processus de casse des acquis sociaux. Au service de la classe bourgeoise, les dirigeants français de « gauche » ont attaqué les droits des travailleur.se.s en faisant signer les accords sur l’emploi. L’Accord national interprofessionnel (ANI) a ainsi fait de l’idéologie de la « flexi-sécurité » – flexibilité du salarié, sécurité de l’entreprise – un principe légal. Les conséquences désastreuses de ces accords commencent à se faire sentir : des chefs d’entreprise en profitent pour fermer des sites « non rentables » et déplacer de force les travailleur.se.s, avec comme épée de Damoclès la menace du licenciement, facilité par les mesures contenues dans les accords. Les restructurations, qui depuis des années mettent des milliers de salarié.e.s sur la paille, sont encore plus simples à imposer avec l’ANI.

Mais le gouvernement ne compte pas s’arrêter là. Le PS et ses alliés, qui avaient -par pur électoralisme- fait mine de s’opposer à la réforme des retraites menée par l’UMP en 2010, font probablement pire que la droite pour maintenir ce système qui, dans sa chute structurelle, nous pousse toujours plus vers la régression et la barbarie.

La réforme des retraites c’est la dégradation immédiate de nos conditions de vie !

Le gouvernement a donc annoncé en quoi consiste son projet de nouvelle réforme des retraites. Ce projet inclut, entre autres mesures, une hausse de la durée de cotisation -celle-ci atteindra progressivement 43 annuités (là où il y en avait 37,5 en 1993 ); un aménagement de la baisse des pensions de retraites (par l’absence de revalorisation et l’augmentation du nombre d’annuités nécessaire pour toucher une retraite à taux plein) et une baisse des salaires nets par l’augmentation des cotisations, dans la plus pure tradition capitaliste de socialisation des pertes. Ces mesures touchent notamment les seniors -dont la moitié est déjà au chômage avant 60 ans avec peu de perspectives de retour à l’emploi- et les retraité.e.s -avec la baisse des pensions de retraites ; mais elles touchent surtout les jeunes actifs, dont plus d’un sur quatre est encore au chômage à 25 ans, et qui ne commencent en moyenne à cotiser qu’à 22,5 ans. L’allongement de la durée de cotisation à 43 annuités concernera la génération des moins de 40 ans. Comme étudiant.e.s, cette réforme nous concerne à double-titre : comme l’ANI, elle aménage la destruction de nos conditions de travail à la sortie de l’université, mais elle pénalise déjà les 50% d’entre nous qui travaillent à côté de leurs études, entraînant une baisse de salaires. La combinaison ANI/réforme des retraites rend quasiment impossible l’accès à un emploi stable, et contribue à renforcer le rapport de domination qu’est le salariat comme horizon professionnel indépassable.

L’objectif affiché de la réforme est clair : il s’agit de réaliser 20 milliards d’économies. Ces économies seront réalisées par la baisse pure et simple de nos futures retraites et de nos salaires. Le gouvernement et les partisans de la réforme veulent en effet rendre quasiment impossible la réalisation de toutes les conditions pour avoir droit à une retraite à taux plein. Ce qu’on nous impose, à travers cette réforme comme à travers les précédentes, c’est la précarité pour norme de vie. Et ce d’autant plus que la renégociation de la convention Unédic (laquelle fixe les conditions d’indemnisation du chômage) prévue pour cet automne va très certainement rétablir la dégressivité des allocations soi-disant pour encourager les chômeurs à « trouver du travail » [sic], niant le caractère structurel du chômage ! 

Lutter maintenant ; s’opposer à l’infrastructure capitaliste

Nous n’avons pas d’illusions sur la stratégie adoptée par les directions et bureaucraties syndicales, qui ont fait la preuve de leur apathie lors de la mise en place de l’ANI en début d’année, et ont freiné le précédent mouvement contre la réforme des retraites de 2010, qui bénéficiait pourtant d’un élan relayé par la base des syndiqué.e.s. La fonction des bureaucrates syndicaux les plus en vue reste de pacifier les relations sociales, voire d’accompagner les mesures anti-sociales du gouvernement. Parce que nous n’avons pas d’illusions sur la stratégie perdante des grandes centrales syndicales, nous faisons le choix de militer dès à présent, là où nous le pouvons, pour que le mouvement à venir se dote d’expressions autonomes, capables de garantir l’indépendance de classe et d’assurer un véritable rapport de force face au gouvernement.  

Ce rapport de force, même s’il a pour origine la défense du peu de conquêtes sociales que la classe dirigeante a daigné maintenir jusqu’à présent, doit nous permettre de reprendre l’offensive et de renforcer la capacité d’organisation des classes populaires face à un système économique injuste. Nous devons dès à présent nous renforcer pour faire face à un capitalisme en crise, dont les gestionnaires cherchent aujourd’hui à nous faire payer les failles en aggravant nos conditions de vie. C’est pourquoi nous appelons à rejoindre la manifestation du 10 septembre, et toutes celles qui suivront, avec la volonté d’élargir les revendications au-delà de la seule défense de nos conditions actuelles de vie et de travail.

Retrait immédiat du projet de loi sur les retraites ! Retrait de l’ANI ! Unissons-nous et organisons-nous pour conquérir de meilleures conditions de vie !

RDV mardi 10 septembre à 10h30 à la Manufacture des tabacs (Métro D Sans Souci)

 

Contre ce quotidien de misère ! Appel du comité de mob de Lyon II

Contrats précaires, mi-temps imposés, salaires et bourses de misère, dégradation de nos conditions de travail, galère de logement, loyers exorbitants ; stigmatisation des pauvres, des minorités, des étrangers comme bouc émissaire de leur crise..

Aujourd’hui le quotidien pour beaucoup d’entre nous c’est déjà la galère !

Demain ça sera pas mieux : ce qui nous attend c’est au pire le chô­mage de masse, la misère ou le cani­veau.
Au mieux, on aura le pri­vi­lège de perdre notre temps à occu­per des bou­lots pour­ris, pré­cai­res, payés des miet­tes.
Les plus chan­ceux, eux, par­vien­dront peut-être à deve­nir des petits cadres, à être des petits chefs rému­né­rés pour exploi­ter leurs subal­ter­nes.

Ce cons­tat là, même nos poli­ti­ques sont capa­bles de le faire. Mais au lieu de remet­tre en cause et de s’atta­quer au sys­tème capi­ta­liste en lui-même, on nous vend aujourd’hui des poli­ti­ques dites d’aus­té­rité.
On va donc couper tou­jours plus dans les finan­ce­ments publics, l’éducation, le social, tout ce qui n’est pas ren­ta­ble aux yeux des gou­ver­nants.
Au final, il s’agit de pau­pé­ri­ser un peu plus encore les plus pré­cai­res, pour sauver un sys­tème économique et poli­ti­que qui a déjà prouvé qu’il était inca­pa­ble de répon­dre aux besoins vitaux de la popu­la­tion.

Sous cou­vert de « sau­ve­garde de la com­pé­ti­ti­vité » aux relents natio­na­lis­tes, les der­niè­res mesu­res gou­ver­ne­men­ta­les (baisse du coût du tra­vail, hausse de la TVA…) ne font que répon­dre aux injonc­tions du MEDEF et autres Pigeons capi­ta­lis­tes. Ce phé­no­mène n’est pas propre à la France ou à l’Europe, les mêmes mesu­res s’abat­tent sur les peu­ples du monde entier. Faire des « efforts » afin de pro­lon­ger la durée de vie d’un sys­tème qui nous condamne et nous exploite intel­lec­tuel­le­ment et phy­si­que­ment ne cons­ti­tue pas une issue viable pour notre émancipation.

Si les capi­ta­lis­tes veu­lent sauver leur sys­tème, notre tâche est de le ren­ver­ser !

Manif le mer­credi 14 novem­bre à 11h Jean Macé.
Départ col­lec­tif de Bron. RDV à 10h30 sous le forum.
Assemblée Générale suite à la manif sur le campus des quais.