L’Ord(u)re règne à Lyon 2. La présidence de Lyon 2 fait exclure deux syndicalistes de lutte de l’université !

Communiqué de Solidaires Étudiant-e-s Lyon – Syndicat de Lutte en date du 25 janvier, paru dans Un Pavé Dans Ta Fac n°4 :

Jeudi 18 décembre, la commission disciplinaire de l’Université Lyon 2 a prononcé l’exclusion de 2 militant-e-s de Solidaires Étudiant-e-s Lyon – Syndicat de lutte (ex-FSE).

Nos camarades étaient convoqué-e-s formellement pour « trouble à l’ordre et entrave au fonctionnement de l’établissement » suite à l’envahissement d’un conseil de la présidence le 21 novembre 2013 par une centaine de personnes dans le cadre de la mobilisation des étudiant-e-s et du personnel contre la loi Fioraso et les restrictions budgétaires¹.
Le président avait alors donné, pour seule réponse aux revendications des étudiant-e-s et personnel mobilisé-e-s ce jour, l’intervention des forces de l’ordre à l’intérieur même du campus afin de faire évacuer les bâtiments. Sur la centaine de manifestant-e-s, 6 étudiant-e-s, dont 4 syndicalistes seront interpellé-e-s et placé-e-s en garde à vue.
3 militant-e-s de Solidaires Étudiant-e-s sont finalement passé-e-s en procès en juin 2013, dont deux qui se sont fait condamner : la secrétaire de section syndicale et l’élu au Conseil d’Administration de l’université, condamné-e-s respectivement à 3 et 6 mois de prison avec sursis et plus de 5000 euros de dommages et intérêts et frais de justice.
Le jeudi 18, il/elle ont été condamné-e-s à une exclusion immédiate de l’université de 2 ans dont 18 mois avec sursis !

Cette condamnation est une menace par toutes celles et ceux qui n’entendent plus se résigner à accepter la dégradation de nos conditions d’études, de travail et de vie qui nous est chaque jour un peu plus imposée.
Mais insuffisamment content de la gravité de la peine infligée à nos camarades, Jean-Luc Mayaud, président de l’université, fait désormais appel de cette décision devant le CNESER et réclame 5 ans d’exclusion ferme de l’université.

Retour sur le déroulement de la commission disciplinaire

Le déroulement de cette commission de jugement nous aura confirmé qu’il n’était nullement question de l’envahissement du conseil. Il s’agit là d’une volonté politique cherchant n’importe quel prétexte afin de nous exclure. Ainsi, lors de ce simulacre de jugement, peu importait que la présidence soit incapable de présenter un début de preuve ou même de témoignage à charge provenant d’autres personnes que les accusateurs eux-mêmes pour étayer sa thèse des « violences ». Peu importaient les nombreux témoignages -bel et bien existants ceux-là- d’étudiant-e-s, de profs, d’agents administratifs présent-e-s au moment des faits qui attestent tous de l’absence de coups volontaires portés aux agents ce jour-là. Peu importait encore le contenu même des certificats médicaux fournis par les agents, qui attestent que les blessures de ces derniers résultent de la poussée collective pour rentrer dans l’amphi et non de coups volontaires ; blessures qui s’expliquent toutes par la résistance des agents devant l’entrée des étudiant-e-s alors que, selon la version officielle de la présidence² , ceux-ci « avaient pour ordre de s’effacer et ne pas susciter de violences ». Au vu des déclarations contradictoires des agents et de leur attitude le jour du conseil extraordinaire (en liaison téléphonique constante avec leurs supérieurs) il apparaît clairement que la présidence avait donné pour consigne aux agents (transformés en garde présidentielle personnelle pour l’occasion) de ne laisser rentrer aucun étudiant (qu’il/elle soit ou non élu-e).
Seul leur importait, derrière le motif vague de notre convocation pour  » trouble à l’ordre » de trouver une responsabilité pouvant nous être imputée. Ceci fut bien illustré, que ce soit lors de l’instruction ou du jugement, lorsque M. Landon (par ailleurs Vice-président, ayant à l’époque porté plainte à notre encontre, se retrouvant ainsi partie, instructeur, et juge !) et M. Gaillard présidents respectifs de chacune des commissions, n’hésitaient pas à modifier les motifs de notre comparution.
Ainsi, lorsque nous démontrions notre innocence vis-à-vis des soi-disant « coups » portés aux agents, ils invoquaient finalement l’annulation du Congrès. Mais dès lors, sous ce motif, pourquoi ne poursuivaient-ils pas les plusieurs dizaines d’étudiant-e-s ayant participé à l’envahissement ? Ils trouvèrent la parade… Dans la notification d’exclusion envoyée à nos camarades, la présidence justifie sa décision par le fait qu’il et elle avaient osé parler au mégaphone et qu »il est avéré qu’il/elle étaient les meneurs d’un mouvement visant à perturber le déroulement du Congrès ».
Ainsi se conçoit la « liberté d’expression » de la présidence, elle qui est pourtant si prompte à l’afficher fièrement… Une liberté où les syndicalistes qui refusent d’adhérer doivent dégager, où les étudiant-e-s qui se mobilisent sont brutalement expulsé-e-s du campus par les forces armées.

En réalité, c’est sa propre lâcheté que tente de faire oublier aujourd’hui le président, en faisant preuve d’une fermeté sans précédent. Lui qui, le jour du congrès abandonnait ses agents, les laissait pour seul interlocuteur aux personnes mobilisées, des agents de sécurité incendie à qui il donnait ainsi pour mission d’assumer seuls les conséquences de la politique qu’il mène.

Ce qu’ils appellent violence

Le président, prompt à user des moyens de communication dont il dispose (et abuse), avait alors qualifié l’envahissement de « violent ».
Rappelons par ailleurs qu’après la fuite du président devant les étudiant-e-s et personnels mobilisé-e-s, les étudiant-e-s qui occupaient le bâtiment de la présidence réclamaient de pouvoir envoyer un mail à l’ensemble des étudiant-e-s et personnels afin d’expliquer leur mouvement, la nécessité de s’organiser et de se mobiliser pour ne pas se laisser écraser.
Finalement, ce n’est pas un mail qui sera envoyé, mais une quarantaine de CRS et agents de la BAC à l’intérieur du bâtiment pour nous en faire dégager.
Ainsi la présidence est la seule à bénéficier d’une réelle liberté d’expression, dont elle use et abuse en envoyant régulièrement sa propagande (souvent mensongère et diffamatoire) par mail, à l’intégralité des étudiants et personnels.
Quant aux étudiants et personnel, eux, n’ont que la liberté de se faire matraquer s’ils essaient de s’exprimer.

Nous sommes tous Charlie
Ce seul évènement est une illustration euphémisée de la violence sociale et symbolique quotidienne grâce à laquelle s’impose l’ordre dominant inégalitaire.
Comment qualifier les matraquages policiers au tonfa et à la télescopique, l’enfermement abusif de plusieurs personnes (garde-à-vue), la menace de l’enfermement carcéral (peine de prison avec sursis), les milliers d’euros d’amende pour des étudiant-e-s boursier-e-s salarié-e-s, l’interdiction de poursuivre ses études universitaires et, désormais, l’interdiction manu militari de pénétrer sur le campus ?
N’est-ce pas par l’usage de la force et de la violence que s’impose leur point de vue, c’est-à-dire leurs intérêts, leur conception de la démocratie et de la « liberté d’expression » ?

Par cet acharnement, nous constatons que ce qui insupportait la présidence était la force du mouvement étudiant de l’année dernière, menace pour une présidence vacillante et en perte d’influence (Jean-Luc Mayaud était alors contesté par sa propre majorité et largement déstabilisé par les démissions successives de plusieurs vice-présidents). Au sein même du cercle restreint des « représentant-e-s » dans les instances officielles, dont la composition est pourtant très loin d’avoir une quelconque proximité avec la notion de représentativité dont ils se réclament (pour ne prendre qu’un exemple, les personnels enseignants-vacataires qui entament une grève à partir de ce lundi 26 janvier 2015, ne disposent d’aucun siège au Conseil d’Administration alors même qu’ils assurent parfois jusqu’à 80 % des TD), l’obtention d’une majorité leur devient difficile.
Ainsi l’illustre le Conseil d’Administration de décembre dernier où la présidence n’est parvenue à obtenir une majorité qu’à 13 voix pour un budget d’austérité grâce aux 7 personnalités extérieures [!]), contre 12, budget dont les conséquences se paient au quotidien pour les personnels qui voient leurs primes gelées, l’intensité de leur travail augmentée, la précarité toujours plus s’installer ; et par les étudiant-e-s, qui voient les conditions d’études toujours plus se dégrader.A Lyon 2, il est temps de faire le ménage de la présidence
Mais dans cette période difficile pour la majorité, le président, lui, se permet de se verser une prime (à laquelle légalement il n’a pourtant pas droit) de plusieurs milliers d’euros, représentant le salaire annuel d’un agent d’entretien à temps partiel…

Nous devons par ailleurs dénoncer la collaboration de l’organisation étudiante GAELIS (FAGE) qui a participé par leurs votes à l’exclusion de nos camarades. Loin de l’apolitisme bienveillant dont ils/elles se revendiquent lors des diverses échéances électorales pour quémander les voix étudiantes, la FAGE participe de la répression des syndicalistes qui se battent au quotidien pour la gratuité des études, pour l’inscription de toutes et tous à l’université, avec ou sans papiers.

L’acharnement de la présidence et de la classe dominante en général pour faire taire celles et ceux qui luttent ne traduit que la peur de voir se développer la contestation sociale face aux ravages -à l’université comme dans le reste de la société- d’un système capitaliste raciste et patriarcal.

Loin de nous faire plier, ils ne font que renforcer notre détermination à combattre et vaincre cet ordre asservissant, qu’ils essaient de maintenir, nous le voyons encore aujourd’hui, par tous les moyens.

¹ Pour retrouver des analyses sur les motifs de la lutte : « LRU, loi Fioraso, privatisation, dégradation des conditions d’études, de travail et de vie : pourquoi nous nous battons ?! » et « Le rôle de l’université dans la société capitaliste ».

² Cf. le procès-verbal du Vice-président portant plainte pour « violences aggravées »

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La droite en rêvait, la gauche l’a fait : retour sur le Parti Solférinien

Après le retour au pouvoir du Parti Solférinien avec François Hollande en mai 2012 et l’intronisation ce 31 mars de Manuel Valls à la tête d’un « gouvernement de combat » (à comprendre la poursuite du combat CONTRE les classes populaires et POUR la défense les intérêts de la bourgeoisie via l’accentuation des offensives capitalistes), nous diffusons une vidéo des Mutins de Pangée (libre de circulation) dans laquelle le sociologue « critique » Jean-Pierre Garnier montre comment, à travers l’analyse du premier septennat de François Mitterrand, les « socialistes » ont accompli leur destin de parti réformateur en même temps que le programme de la première droite : adapter la société française au nouveau stade du capitalisme.

 

Compte rendu du Conseil d’Administration du 13 décembre 2013 qui a rejeté le budget

Le 13 décembre dernier avait lieu le dernier conseil d’administration (CA) de l’université de l’année 2013. Le C.A. c’est en théorie l’institution de l’université qui prend les décisions importantes et les grandes orientations politiques. Il est composé de 7 professeurs d’universités et 7 maîtres de conférences, 3 élus du personnels, 5 élus étudiants et personnalités extérieures.

Etudiants, personnels BIATOSS et personnels enseignant précaires (qui assurent plus de 70% des cours) sont donc sous-représentés voire pas représentés du tout. Les catégories supérieures (les professeurs d’université notamment) sont elles au contraire surreprésentées au C.A. Cette composition en fait donc une instance de fait particulièrement défavorable pour les plus précaires des personnels.

Le président commence la séance en annonçant qu’il convoquera un C.A. extraordinaire le 10 janvier pour remplacer le Conseil Élargi, conseil où les étudiants mobilisés s’étaient légitimement invités, et face auxquels le Président refusera de s’exprimer et préférera faire appel aux forces de l’ordre pour les évacuer des bâtiments occupés, et de procéder à l’arrestation de 6 personnes. Il reconnaît donc ici en clair que les « assemblées » qu’il a convoquées n’étaient qu’une façade démocratique puisque ce n’était pas le lieu où il souhaite s’exprimer.

Il n’avait de toute façon pas fallu bien longtemps aux personnes présentes à ces assemblées pour s’apercevoir qu’assez peu d’informations en ressortiraient, si ce n’est que la présidence était déterminée à appliquer la loi. Le lieu où seront « réellement » divulguées et discutées les applications de la loi Fioraso sera donc ce Conseil d’Administration extraordinaire.

En clair, face aux accusations d’opacité, la présidence restreint davantage le cercle des ayants droit à l’information !

Élection d’un nouveau Vice-Président dit « chargé de l’emploi et de l’action sociale » (VP chargé du personnel)
Lors de ce Conseil d’Administration devait être élu un nouveau Vice-Président en charge des personnels pour remplacer la Vice-présidente démissionnaire. Jean-François GOUX a été élu à ce poste.

Mais qui est donc Jean-François GOUX ?
Pendant les deux heures de débat et de présentation qui ont précédé son élection, Monsieur Goux s’est présenté comme un « homme de gauche » : ancien syndicaliste de l’UNEF, puis du SNESup, et actuel élu PS au conseil municipal de Vernaison.  Il tient à rappeler qu’il n’a « rien de commun avec ces jeunes qui sont dehors et veulent nous empêcher de travailler. » En somme, un parcours classique.

Interrogé à plusieurs reprises sur la politique qu’il comptait mener en tant que VP RH pour les enseignants-chercheurs d’une part, vis-à-vis des personnels BIATOSS d’autre part, M. GOUX a refusé de répondre en reconnaissant ne pas maîtriser les dossiers concernant les personnels non enseignants de l’université puis en s’étonnant d’être interrogé sur la politique qu’il souhaitait mettre en œuvre : « Je ne peux pas vous répondre de manière précise. Je n’ai pas de programme précis. » Élu sans mandat, sans programme, il est un simple gestionnaire « contraint », comme il le dit lui-même, par l’équipe présidentielle et le budget de l’Etat de poursuivre le travail de casse. Il a notamment avoué « n’être pas opposé à l’externalisation de certains services, au cas par cas » si cela était nécessaire (pour rappel l’externalisation est le transfert ou la sous-traitance de service par une entreprise privée, en clair c’est la privatisation d’un service, comme par exemple la tentative d’externalisation du service de ménage il y a deux ans, qui aurait conduit à licencier tout bonnement tout le personnel de ménage de l’université. Suite à une lutte et plusieurs envahissements de Conseil d’Administration, la présidence de l’époque avait abandonné le projet, rembauchant ces personnes à la condition qu’ils acceptent des contrats très précaires…). En somme, M. GOUX a admis être incapable de répondre aux légitimes attentes des personnels, et qu’il poursuivrait dans la direction souhaitée par la présidence et donc l’Etat.

Pour conclure ce nouvel épisode tragi-comique des Conseils d’Administration de Lyon 2, Gérard COMBE représentant du CESER (la région Rhône-Alpes), qui siège au C.A en qualité de personnalité extérieure -démontrant une nouvelle fois le caractère indispensable de ces intervenants- a affirmé que s’il votait en tenant compte des idées politiques du candidat, il n’aurait pas soutenu M. GOUX. Ce dernier avait auparavant affirmé être contre les politiques libérales d’austérité, mais était cependant prêt à occuper ce poste en respectant les contraintes : l’austérité…  Allez comprendre.

En réalité l’austérité à l’université accélère le processus de rapprochement des universités du secteur privé, processus de « professionnalisation » qu’il reconnaît être un objectif pleinement partagé avec la présidence actuelle. Voilà pourquoi peut-être est-il prêt à occuper le job. 

Mais Gérard COMBE soutiendra sa candidature (et par 2 voix, André VILLEMUS, le président de la MACIF Rhône-Alpes, non présent, lui ayant donné sa procuration de vote), lui reconnaissant une honorable motivation à agir en gestionnaire de l’Etat, privé de toute autonomie politique et de toute marge de manœuvre. Une belle illustration du cynisme des décisionnaires, pour dégrader définitivement les conditions d’étude et de travail à l’université.

La représentante du Rectorat -laquelle siège en qualité de personnalité extérieure au Conseil d’Administration de Lyon II- a également rappelé sa conception : « La politique d’un représentant de l’Etat s’exerce en deçà de la personne. Vous êtes tous des opérateurs de l’Etat. » (peu importe ses idées, ce sera un gestionnaire d’une politique qu’il ne décide pas)

« Si je me situais sur terrain politique vous n’auriez aucune chance d’avoir ma voix. Mais c’est une question technique. Seul importe d’avoir une vision, de redresser une image calamiteuse.   » Gérard COMBE

« Le budget n’est qu’une traduction chiffrée d’une politique » Jean François GOUX

Sur le rôle et la place prise par les personnalités extérieures
Ce Conseil d’Administration a été très instructif concernant le rôle et la place des personnalités extérieures en leur sein.

Aujourd’hui, ces personnalités extérieures -qui sont amenées à jouer un rôle toujours plus important dans les organes de décision- ont été mobilisées pour sauver l’équipe présidentielle. La présidence a pris soin de faire le plein de voix, et ce sont donc des personnes non élues, totalement extérieures à l’université, qui sont venues soutenir les candidatures proposées par la présidence c’est-à-dire venues décider à la place des personnels et des étudiants quelle politique leur sera appliquée.

Les objectifs des personnalités extérieures sont très clairs (ces dernières ne cherchent d’ailleurs absolument pas à les cacher), il s’agit de :

1- Faire correspondre l’offre de formation aux besoins des entreprises.
2- Adapter les étudiants aux attentes des employeurs.

À ceux-là s’associent d’autres, qui pensent encore que leurs intérêts convergent avec ceux des dominants. Ainsi, beaucoup se sont retrouvés pour déplorer la « mauvaise image » de Lyon 2. Le représentant du personnel de l’UNSA affirme ainsi : « On subit les moqueries de la presse. C ‘est les employeurs qui se détournent de nous ». En substance, le seul objectif valable est de leur redonner confiance. Et encore, nous dit-il, « on n’inversera pas le cours de l’Histoire, l’université soixante-huitarde est morte ». Mais il n’a pas fini : « En période de crise, il faut voter des budgets, s’habituer à ce qu’ils soient de plus en plus restreints, et faire avec ! »

En parlant de la mort de l’université soixante-huitarde, il ne faut pas se leurrer : ces gens attendent une purge des éléments contestataires de l’université. 

Quant aux contestations elles-mêmes, « c’est le corps électoral de Lyon II qu’il faut changer, pas les élus », selon Jean-François ARRUEE (représentant du Grand Lyon), pour qui Lyon 2 serait en « insurrection permanente ». Ils ne s’en cachent pas, ils veulent changer la « clientèle » !

On comprend ainsi mieux pourquoi la présidence a fait intervenir si rapidement les forces de l’ordre sur son campus, puisqu’il s’agit précisément d’adresser un message clair : la contestation n’est pas acceptée, est et sera combattue d’une main de fer. Un message d’ordre quoi.

On aura en outre pendant ce conseil beaucoup entendu parler « d’intérêt collectif », sans jamais trouver personne pour le définir : c’est un fait, cet  intérêt collectif n’existe pas. Il y a d’un côté nos intérêts, la condition des étudiants salariés et précaires de la fac, qui en sont de fait exclus, nos conditions d’études, les conditions de travail difficiles voire impossibles pour les personnels ; de l’autre, les intérêts des  investisseurs, que sert la privatisation.

Ils entendent faire de nous une main-d’œuvre docile et conforme. Ils entendent faire des économies sur les conditions de vie des personnels.

III) Rejet du budget : Une « victoire »? Quelle victoire?

Si les personnalités extérieures de l’université ont félicité la présidence pour sa présentation « extrêmement claire » du budget, il n’en est rien en réalité. La seule certitude qui ressort de ces heures de débat est qu’il s’agit d’un budget en restriction : la baisse des crédits annoncée est de 5%.

À l’heure du Conseil d’Administration bien peu de choses concrètes étaient arrêtées : l’opacité quasi totale subsiste sur les filières, matières sacrifiées du fait des réductions budgétaires, sur les nombres de personnels BIATSS non-renouvelés, ou encore sur le nombre de postes gelés.

La création de 22 « postes Fioraso » à Lyon 2 : une nouvelle arnaque

La présidence s’est auto-congratulée car le ministère aurait débloqué 22 « postes Fioraso » pour l’université Lyon 2. Ces postes devraient ouvrir droit à l’université de recruter 22 postes de professeurs supplémentaires. Si cela peut sembler être une bonne nouvelle en apparence, il s’agit en réalité d’une nouvelle arnaque du gouvernement que la présidence tente de faire passer pour une victoire.

En effet, la possibilité juridique de recruter ne s’accompagne pas des transferts financiers nécessaires. Comme l’a affirmé un élu au CA : « sans financements ces postes sont un jouet sans piles ».

De plus ces « postes Fioraso » permettent uniquement de recruter des enseignants avec le statut de « professeur d’université ». En clair, il s’agit de la catégorie la plus élevée des enseignants, au salaire le plus élevé.

Enfin, il est nécessaire de rappeler que l’an dernier déjà le gouvernement avait promis la création d’un certain nombre de postes supplémentaires pour Lyon 2 entre autres. La plupart de ces postes ont par la suite été « gelés » et donc jamais mis en place…

Le chantage aux subventions orchestré par la présidence

Le vice-président chargé des finances n’a pas hésité pas pour « convaincre » les membres à voter pour le budget de faire jouer la concurrence entre universités. En effet, il affirmait qu’un rejet du budget signifierait que plusieurs millions d’euros qui devait être alloué à l’université pour la rénovation des bâtiments de Bron se verraient du coup transférés aux universités de Saint Etienne ou Lyon III.

Cependant, malgré les tentatives de la présidence pour contraindre les élus à voter en faveur du budget présenté, celui-ci a été rejeté après plusieurs heures de débats.

Un rejet du budget pour des questions de forme ?

Mais ce rejet a des significations plurielles ; pour une majorité des personnes qui ont fait ce choix (et notamment pour une partie des ex-membres de l’équipe majoritaire), le sens est : « Vous (la présidence) devez composer avec nous (les profs) ». En clair, nous pourrions être en accord avec ce budget d’austérité, mais nous demandons à faire partie du processus de décision et prendre part aux choix sacrificielsPour eux, « la crise » à Lyon 2 n’est qu’un simple problème démocratique. Ce qu’ils rejettent, c’est désormais la seule personne de J-L MAYAUD et sa gestion autoritaire : l’absence de « dialogue » avant la mise en place des mesures de coupes budgétaires. 

Nous ne devons donc pas avoir d’illusions : les oppositions qui ont permis le rejet de ce budget ne sont qu’un concours de circonstances, et ne sont pas motivées par une opposition politique de fond, ou par un rejet du budget « de crise » lui-même, seulement par la méthode employée et l’absence de transparence. Il n’y a pas de divergences de fond : « on est prêts à mettre les mains dans le cambouis, mais il faut qu’on joue collectif », a affirmé Jean SOUBRIER ex-membre de l’équipe de J-L MAYAUD et désormais dissident.

La plupart des élus au CA sont donc prêts à gérer la misère, d’obliger les plus précaires d’entre nous à se serrer encore plus la ceinture tout en investissant des millions pour les filières d’élite. Tout ce qu’ils demandent c’est d’être associés à cette négociation, de choisir eux-mêmes quel membre du corps malade de l’université il est nécessaire d’amputer.

Le rejet du budget par l’instance ne doit donc pas être considéré comme une victoire. Ce n’est en tout cas pas la nôtre.

 

Par ailleurs, nous devons penser collectivement nos méthodes de lutte. Nos combats ne se mènent pas dans les instances, ou alors ils sont réduits à peu de choses.

Cela a été dit, en réponse aux personnalités extérieures inquiètes sur la signification du rejet de ce vote. Le prochain Conseil d’Administration qui présentera le budget verra le budget entériné, en tout cas, un partie des personnes s’étant opposées ont clairement signifié que ce choix n’était pas définitif, qu’il était simplement un « signal d’alarme ».

Communiqué suite au CA du 22 novembre

Face à la communication de la présidence : droit de réponse de la FSE

 

 « Congrès élargi » : le président fuit…

Dès l’entame du Conseil d’Administration ce vendredi 22 novembre, la présidence de l’université s’est montrée isolée et aux abois. Suite à un vote à bulletin secret, demandé par des élus, et contre la volonté du président Jean-Luc Mayaud, la majorité des présents a voté pour le bouleversement de l’ordre du jour, afin d’évoquer les événements du jeudi 21 novembre, qui ont fait l’objet d’une communication incontrôlée de la part de la présidence.

Devant les imprécisions factuelles et les attaques diffamatoires à l’encontre de notre organisation, répétées à nouveau lors de ce Conseil par le président, nous sommes intervenus fermement pour rappeler les faits, et l’interprétation politique que nous en faisons.

Jeudi 21 novembre, un rassemblement à l’appel d’un comité de mobilisation des étudiants de Lyon 2 – auquel nous prenons part, parmi d’autres étudiants – s’est tenu, afin de protester contre les manœuvres d’une présidence qui prétendait pouvoir résoudre une crise dont elle est un rouage, et ce autour d’un cercle restreint d’élus et de responsables. Nous soutenions pleinement cet appel.

Ce rassemblement visait expressément à faire surgir dans un congrès en fait bien restreint la voix des étudiants mobilisés.

Les étudiants présents ont envahi successivement le grand amphithéâtre, puis le bâtiment administratif. Ils n’ont à aucun moment rencontré de réponse à leurs demandes, et ont fait face au jusqu’au-boutisme d’un président qui a refusé de s’exprimer devant les étudiants, préférant coûte-que-coûte maintenir son congrès restreint en se réfugiant en catimini dans une salle du bâtiment administratif.

 

 … et déchaîne la brutalité policière

Nous avons occupé ce bâtiment, et nous sommes assis afin de discuter de la manière dont nous souhaitions organiser la suite de la mobilisation à Lyon II. Nous formulions notamment comme revendication à la présidence la possibilité de communiquer auprès de l’ensemble des étudiants et personnel au nom des étudiants mobilisés présents.

Les personnels présents, qui ont amorcé une discussion avec nous, et les membres du conseil qui sont passés parmi les étudiants peuvent témoigner du calme qui régnait, en totale contradiction avec le discours du président, qui décrit un sentiment de peur généralisé, censé avoir été provoqué par des slogans et des tambourinements sur la porte menant à la présidence (!).

Lyon 2 CRS commissaireNous souhaitons dénoncer la violence de l’intervention policière déclenchée sur demande expresse de Jean-Luc Mayaud, via un appel téléphonique au préfet Carenco. Dans les minutes qui ont vraisemblablement suivi cet appel, une quinzaine de camions de police ont encerclé l’université, et une quarantaine de policiers en tenue anti-émeute sont entrés dans le campus, avant de surgir simultanément des différents étages du bâtiment où nous étions réunis. Il nous a immédiatement été ordonné de nous disperser.

L’intervention a eu lieu alors que les présents terminaient de voter le communiqué à adresser aux étudiants et personnels, qui venait d’être discuté une heure durant. Nous avions commencé à nous disperser dès la première sommation. En bas du bâtiment, une véritable souricière avait été mise en place. De nombreux agents de la BAC et de la police nationale nous attendaient dans la cour de l’université, et nous avons été escortés jusqu’à la sortie. Dès lors que la police était parvenue à nous pousser dehors, à l’abri des regards des étudiants présents sur le campus, les coups se sont mis à pleuvoir. Des étudiants ont été insultés, frappés, tirés par les cheveux, mis à terre, et 6 d’entre eux interpellés. Nous sommes actuellement en train de rassembler témoignages, photos, vidéos et certificats médicaux rendant compte de cette violence répressive.

 La défense des personnels, vraiment ?

Monsieur Mayaud a beau jeu de prétendre défendre le personnel, dont ses agents « hygiène et sécurité » : c’est lui qui les met dans la position de seuls interlocuteurs face aux étudiants en lutte. Il a été demandé à plusieurs reprises de parler à un représentant de la présidence, ce qui nous a toujours été refusé. Nous réaffirmons que les vigiles n’ont pas à être les médiateurs politiques d’une présidence qui n’assume pas ses responsabilités, et les maintient dans la précarité en multipliant les embauches de contractuels sans titularisations.

Pour cette raison, les témoignages d’une partie des personnels « sécurité incendie », en contrat précaire et subordonnés à la Présidence, doivent être considérés avec précaution, à la lumière de l’insistance de Jean-Luc Mayaud à attribuer au plus vite un ensemble de faits à notre organisation.

 

 La FSE, cible de la répression (?)

Parmi les 6 personnes interpellées figurent entre autres l’élu FSE au Conseil d’Administration, la présidente et la secrétaire de la FSE. Ce « ciblage » pose un certain nombre de questions quant au déroulé des arrestations.

Il semble s’agir clairement d’une répression ciblée, d’arrestations antisyndicales dont l’unique but est d’intimider les étudiants mobilisés et de casser l’opposition à la politique du gouvernement. Le soutien immédiat de la ministre de l’enseignement supérieur Geneviève Fioraso au président de l’Université en est l’illustration. Cette attaque en règle contre les libertés démocratiques et le syndicalisme à l’Université doit être mise en échec !

Monsieur le Président ne peut par ailleurs en aucun cas évoquer des « faits » auxquels il n’a pas pu assister, puisqu’il a fui le débat et  les étudiants à deux reprise, et a choisi de se barricader dans une salle avec le cercle réduit de ses derniers fidèles. Monsieur le Président a tu la brutalité qu’il a déchaînée, sous les yeux d’enseignants, de personnels, d’étudiants et de passants. Monsieur le Président a fait le choix d’attaquer par voie de presse, puis lors du Conseil d’Administration, notre organisation syndicale.

Il n’a pas eu la décence de se taire, préférant répandre une version biaisée des événements de jeudi. Jean-Luc Mayaud a perdu tout sang-froid. Nous en prenons acte.

 

 Moments de solitude

Nous relevons par ailleurs l’isolement grandissant de Jean-Luc Mayaud, fortement critiqué par ses anciens soutiens.

Nous ne nous prononcerons pas sur les enjeux politiques que ces critiques expriment. Nous ne croyons pas qu’un changement de majorité, de président, changera quoi que ce soit à la dégradation de nos conditions de vie et d’étude, que nous constatons au quotidien.

Les sinueuses interventions des derniers soutiens du président, fébriles face aux critiques, montrent bien que l’équipe présidentielle est, sous sa forme présente, en sursis.

Nous avons évoqué la responsabilité individuelle de M. Mayaud, bien qu’il ne soit pas seul : sa responsabilité est cependant celle d’un relais d’une politique de crise et de rigueur budgétaire ; elle est celle d’un président qui a choisi d’imposer par la force sa politique en envoyant les flics contre les étudiants de Lyon II. Elle sera demain celle de celui ou celle qui choisira de servir la politique réclamée par les gouvernements successifs

 

Nous combattrons sans relâche les véritables dégradations, commises par cette politique, et qui frappent nos conditions de vie, d’étude et de travail !

 

 

Les tentatives de museler l’opposition ne nous arrêterons pas !

Tous en Assemblée Générale !

Ils privatisent on rend public !

S’ils ferment les portes, nous les ouvrirons !

La vraie violence c’est nos conditions de vie, d’étude et de travail misérables !

La vraie violence c’est leur pseudo-démocratie qui nous est imposée par des policiers armés !

En ce qui nous concerne, nous n’avons que notre force collective !

 

 

Fédération Syndicale Etudiante – Lyon, membre de Solidaires Etudiant-e-s Syndicats de Lutte

 

 

Pour plus d’informations :

Site internet : fselyon.wordpress.com

Facebook : « Université Lyon 2 en lutte » / « FSE Lyon« 

LA RÉPRESSION NE NOUS ARRÊTERA PAS ! MARDI TOUS EN ASSEMBLÉE GÉNÉRALE !

Appel du comité des étudiant-e-s mobilisé-e-s de Lyon 2 :

La crise c'est eux la solution c'est nous

 

Ce jeudi 21 novembre, la seule réponse aux revendications des étudiant-e-s qui ont investi le Congrès « élargi » convoqué ce même jour, a été la répression policière commanditée par la direction.

La répression des étudiant-e-s mobilisé-e-s ne nous arrêtera pas !

Mardi 26/11 TOUS en Assemblée Générale à 12H (amphi C – bâtiment K – campus de Bron)

 

En effet, la présidence de l’université devant ce qu’elle a elle-même désigné comme une « crise » avait appelé à un conseil élargi (qui semblait n’exclure personne) censé trouver des solutions autour d’un petit nombre de responsables et d’élu-e-s. Le mail envoyé dimanche dernier à l’ensemble des étudiant-e-s et des personnels expliquait que la crise dépassait largement le cadre de l’université Lyon 2. Dès lors, pourquoi prétendre la résoudre dans une réunion interne à l’université où sont convoqués seulement les élu-e-s des conseils ?

 

Quand la Démocratie sauce Mayaud tourne au vinaigre…

 

Près d’une centaine d’étudiants ont tenté de participer légitimement à un conseil opaque qui prétendait décider pour eux sans eux, alors qu’ils sont les usagers de ce service public. Il faut savoir que la LRU a réduit de 25% la représentation étudiante déjà étiolée auparavant, au sein de ces Conseils. L’accès au Congrès nous a été refusé par un barrage des agents de sécurité incendie, sous ordre de la direction, exposés alors malgré leur fonction, à la foule désireuse de rentrer. C’est en effet désormais une technique assumée de la présidence d’utiliser ces agents de sécurité incendie comme une véritable milice. Aucun coup n’a été porté sur ces agents (contrairement au communiqué officiel de la présidence). Les éventuelles blessures sur les agents alléguées par Jean-Luc Mayaud sont donc purement accidentelles. Notre seule « violence » que le président et les médias ne cessent de mettre en avant fut une poussée collective pour rentrer dans l’amphithéâtre… Ce ne serait pas produit si la Présidence n’avait pas refusé notre participation au congrès qui était très clairement annoncé.

 

Le dialogue version Mayaud, c’est porte fermée, matraque et garde à vue pour les étudiant-e-s mobilisé-e-s !

 

Nous avons donc pu rentrer dans le grand amphithéâtre, lieu du congrès « élargi », celui-ci n’avait pas commencé et nous nous sommes tous installés. En attendant l’arrivée du Président nous avons chanté quelques slogans tels que « N’ayez pas peur de la démocratie ».

Le président a refusé de venir s’exprimer devant nous. Une demi-heure plus tard un membre de l’administration a demandé aux élus du congrès de sortir du Grand Amphi afin de réaliser la réunion dans le bâtiment de la présidence, pour exclure les étudiants mobilisé-e-s. Nous avons donc suivis les invités autorisés et avons dû forcer l’ouverture de la porte du bâtiment présidentiel.

Une fois dans le bâtiment, nous avons réclamé audience auprès du président Jean-Luc Mayaud, retranché dans son bureau. Tandis que nous étions dans l’attente d’un interlocuteur de l’administration (autre que les vigiles) nous avons décidés de tenir dans le couloir, assis et dans le calme, une assemblée élargie, spontanée, avec l’ensemble des étudiants et du personnel qui refusaient le simulacre de démocratie organisé par Mayaud. Mais c’est alors, que le président donna, très rapidement, l’ordre à plusieurs dizaines de CRS d’intervenir violemment pour nous déloger et nous soumettre à une souricière, savamment organisée. S’en sont suivis des coups de matraque (dont certains réitérés sur des étudiant-e-s à terre), 6 interpellations effectuées avec une grande violence, ciblant entre autres des syndicalistes étudiant-e-s connu-e-s, et répondant à des identifications opérées par des agents de sécurité incendie.

Lire sur Rue89Lyon, le témoignage d’un étudiant.

Mayaud croit pouvoir réduire aujourd’hui notre mouvement à un groupe de « meneurs », qui serait orchestré par un syndicat étudiant. S’il pense qu’en réprimant ceux qu’il identifie comme les « meneurs » du mouvement, ce dernier s’éteindra, la Présidence commet une grave erreur d’analyse.

Nous ne sommes manipulé-e-s par personne, notre combat est légitime et continuera malgré la répression !

 

La crise de la présidence ? Un symptôme de la destruction massive de l’Université par les réformes Pécresse-Fioraso

 

Cette réaction, les démissions consécutives de vice-présidents et l’intervention policière traduisent un processus politique de liquidation de l’université publique et la volonté de l’imposer par la force si nécessaire. La démarche de marchandisation du savoir depuis l’instauration du processus de Bologne (européen), des lois LRU (Pécresse) et Fioraso encourage ces pratiques autoritaires et antidémocratiques.

Elle prépare à court terme maintenant, si nous nous laissons faire, l’alternative entre la faillite budgétaire des universités, et des augmentations de droits d’inscriptions pour tou-te-s les étudiant-e-s.

Par la présidentialisation des universités et l’introduction de personnalités extérieures toujours plus nombreuses dans les conseils elle tend à transformer les établissements d’enseignement supérieur en université-entreprise dirigées par un comité de pilotage restreint et autocratique.

Lyon 2 Lutter ou subir il faut choisirIls privatisent on rend public ! S’ils ferment les portes, nous les ouvrirons !

La VRAIE violence c’est nos conditions de vie, d’étude et de travail misérables ! La vraie violence c’est leur pseudo-démocratie qui nous est imposée par des flics armés !

En ce qui nous concerne, nous n’avons que notre force collective !

Leur répression ne stoppera pas notre mobilisation ! Les arrestations ciblées, violentes et injustifiées, renforcent notre détermination autour d’un rassemblement plus que jamais nécessaire.

 

Nos revendications :

  • Abrogation des lois LRU et Fioraso
  • Abandon des poursuites contre les interpellés et retrait des plaintes de la présidence
  • Banalisation des cours du mardi 26/11 dès 12h
  • Droit de réponse du comité de mobilisation à travers la diffusion d’un mail à l’ensemble des membres de Lyon 2.

 

TOUS EN ASSEMBLÉE GÉNÉRALE MARDI 26/11 sur le campus de Bron 12h amphi C (bâtiment K)

 

Ordre du jour proposé : 

  • Retour sur la manifestation de jeudi 21 novembre et sur les lois. Pourquoi nous sommes en lutte.
  • Les revendications, les perspectives de transformation sociale.
  • La mobilisation à venir
  • Vote sur les propositions

 

Le comité des étudiant-e-s mobilisé-e-s de Lyon 2

 

P.-S.

Plus d’infos : page facebook « Université Lyon 2 en lutte »

Contre la nouvelle Licence, SUD Étudiant et la FSE appellent à la mobilisation dès la rentrée !

Paru au Journal Officiel le 11 août 2011, l’arrêté Licence dont l’application commencera à la rentrée 2012 s’inscrit directement dans la continuité des réformes de ces dernières années mises en place au niveau européen : assujettir l’université aux intérêts du patronat.
La Fédération SUD étudiant et la Fédération Syndicale Etudiante dénoncent l’augmentation du nombre d’heures d’enseignement, la généralisation du contrôle continu, la régionalisation des formations, et l’accélération de la « professionnalisation » par la soumission des diplômes aux exigences du patronat.
En effet, la hausse du nombre d’heures d’enseignement par étudiant-e (1500 heures sur 3 ans), sans augmentation de postes, va pousser à des fusions de filières (processus favorisé par la mise en place des Pôles de recherche et d’enseignement supérieur) et/ou à des TD surchargés. Les enseignant-e-s comme les personnel-le-s BIATOSS, toujours confronté-e-s à une pénurie de postes, vont voir leur charge de travail encore augmenter, et de nouveaux contrats précaires verront le jour. Couplée à la généralisation du contrôle continu comme contrôle de connaissances prioritaire sur les 3 années du diplôme, ces mesures vont limiter un peu plus l’accès à l’enseignement supérieur et la réussite aux examens des enfants des classes populaires, qui se salarient durant leurs études (plus d’un-e étudiant-e sur deux). La précarité étudiante (et son corollaire, le salariat étudiant) est la première cause de l’échec universitaire (taux de réussite divisé par deux) !
La réforme aggrave encore l’asservissement du monde universitaire au monde de l’entreprise («la professionnalisation ») en diminuant l’enseignement des connaissances fondamentales liées à une discipline au profit des fameuses « compétences » professionnelles. Les stages en entreprises peuvent devenir obligatoires en fonction des filières. Ces derniers, sous payés ou non payés, ne servent qu’à fournir une main-d’œuvre bon marché au patronat, et ne permettent en rien aux étudiant-e-s de « trouver un emploi », dans une économie qui n’en crée pas ! De plus, les « représentants du monde socioprofessionnels » seront désormais associés à la conception des formations et pourront participer aux enseignements ! Cela conduira à adapter les formations aux besoins du bassin d’emploi local et à démanteler le cadrage national des diplômes.
La mise en place d’un « référentiel de compétences », centré sur des compétences managériales et non les connaissances disciplinaires, et basé sur l’évaluation des formations (et donc des enseignant-e-s), va dévaluer de manière intolérable le contenu disciplinaire du diplôme.
N’oublions pas que l’objectif du gouvernement est de créer une dizaine de Pôles universitaires d’« excellence » (les PRES), et de cantonner le reste des universités à des Licences ultra professionnalisantes et coupées de toute possibilité de recherches fondamentales dans des PUP (Pôles universitaires de proximité), ce qui renforcera encore davantage l’inégalité entre les universités.
Les organisations étudiantes présentes au CNESER, qui ont voté pour ce texte au prétexte des quelques avancées sur les modalités de contrôle de connaissances concédées par le gouvernement, portent une lourde responsabilité dans la dévalorisation de la Licence.
C’est pourquoi les organisations syndicales de lutte SUD Étudiant et la FSE appellent dès aujourd’hui les étudiant-e-s, les lycéen-e-s et les personnels à s’organiser à travers la création de cadres unitaires locaux et nationaux, en vue d’une contestation d’ampleur à la rentrée 2011.

    

Contre la hausse des frais d’inscriptions !! Contre le projet de nouvelle Licence !!

Une fois de plus, ce sont les étudiant-e-s qui vont trinquer à la rentrée universitaire. Après l’annonce de la hausse des prix des repas aux Restaurants Universitaires de 1,7% à la rentrée, le nouveau ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Laurent Wauquiez, a annoncé une nouvelle hausse pour les étudiant-e-s : les frais d’inscriptions. 1,7% pour la Licence, 3,4% pour les Master, et 3,6 % pour les doctorats. Pendant ce temps, la sécurité sociale augmente de 3 euros, passant ainsi la barre des 200 euros.

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Contre la dévalorisation de la Licence, SUD Étudiant et la FSE appellent dès aujourd’hui à la mobilisation

La réouverture de l’arrêté Licence qui doit survenir avant cet été, en vue d’une application dès la rentrée 2011, provoque dès aujourd’hui l’inquiétude chez les étudiant-e-s et les personnels des universités. Il s’agira pour Valérie Pécresse, de rendre obligatoires les mesures jusque-là facultatives prévues dans le Plan licence de 2007.

A travers une première année généraliste et pluridisciplinaire, la nouvelle Licence sera réduite à une secondarisation du lycée. La pluridisciplinarité, n’est efficiente qu’au sein des filières d’élite où seul-e-s ces étudiant-e-s reçoivent une formation fondamentale de qualité dans chaque matière. Elle ne saurait être la solution à l’abandon des étudiant-e-s en Licence car elle ne se réduirait qu’à un saupoudrage incohérent des matières, aggravant la différenciation des parcours.
Un semestre en deuxième année serait consacré à un stage obligatoire en entreprise. Cette mesure est censée contrer le chômage accru des jeunes et les préparer à l’entrée sur le marché du travail. Cependant, aucun stage, par définition peu ou pas rémunéré, déconnecté du cursus universitaire et seulement applicable au bassin d’emploi local déjà fluctuant, ne permettra d’assurer une re-qualification décente du diplôme de la Licence. Car ce n’est pas à l’Université de fournir aux entreprises des travailleur/ses formé-e-s selon leurs besoins spécifiques et corvéables à merci, mais bien aux entreprises elles mêmes de financer la formation de leurs employé-e-s.
La ministre préconise par ailleurs une augmentation du volume horaire généralisée, ainsi que le contrôle continu intégral, sans tenir compte du fait que la moitié des étudiant-e-s, en partie issu-e-s des classes populaires, est toujours contrainte de se salarier pour financer ses études et que les enseignant-e-s comme les personnels BIATOSS sont toujours confrontés à une pénurie de postes, ce qui entraînera une nouvelle augmentation de la charge de travail, voire le recrutement instable de nouveaux précaires.
D’autre part, l’expérience de la mise en place de telles mutations réglementaires dans l’urgence est néfaste. Alors que ces nouvelles maquettes sont d’ores et déjà discutées au sein des UFR, cela va encore aggraver les conditions de travail des personnels des universités, et désorienter les étudiant-e-s.
La Licence se métamorphosera en une coquille vide. D’après un référentiel de compétences centré sur les besoins du bassin d’emploi local, sur les compétences et non les connaissances, la réouverture de l’arrêté Licence n’augure en rien un recadrage national, mais une dévaluation inédite du contenu disciplinaire du diplôme, et représente, en ce sens, une régression majeure.

A l’initiative de la FSE et SUD Etudiant, les organisations syndicales étudiantes et politiques se réunissent d’ores et déjà pour opposer aux projets du Ministère une nouvelle direction pour la Licence et revendiquent des diplômes de qualité, reconnus nationalement dans leurs intitulés et leurs contenus, et dans les conventions collectives ; le réengagement social et financier de l’État ; l’accès de toutes et tous à l’Université, et l’égalité des étudiant-e-s face aux modalités de contrôle des connaissances grâce à un cadrage national.

La fédération SUD Étudiant et la FSE appellent dès aujourd’hui les étudiant-e-s et les lycéen-e-s et les personnels à s’organiser à travers la création de cadres unitaires locaux et nationaux, en vue d’une contestation d’ampleur à la rentrée 2011, si la Ministre persiste dans cette voie, apportant des modifications constituant une attaque contre la Licence.

     

Appel à une mobilisation étudiante massive contre la réforme des retraites !

Appel à tous les étudiants à se réunir en assemblée générale pour discuter et décider collectivement des moyens à mettre en œuvre face à la réforme des retraites. Assemblées Générales à Lyon 2 mercredi 29 septembre à 14H sur les Quais (rdv dans la cour) et jeudi 30 septembre à 14H amphi F (Bron). A Lyon 1 Jeudi 30 septembre à 12h30 réunion d’info sur les retraites amphi 2 du déambulatoire.

 

L’attaque du gouvernement contre les retraites est largement rejetée dans le pays : les manifestations du 7 et du 23 le prouvent. Les effets de cette réforme seront immédiats pour l’ensemble des salariés, et y compris pour la jeunesse. Dans un contexte d’escalade raciste et liberticide décidé pour casser toute résistance sociale, l’intervention massive, unie et organisée des étudiants sera décisive pour mettre un coup d’arrêt définitif à cette politique, pour les années à venir.

 

« Il faut à tout prix éviter une mobilisation des jeunes. Pour un gouvernement, il n’y a pas pire qu’une jonction social-éducation. Je ne parle pas des profs qui font grève dès leur retour de vacances, mais des lycéens et des étudiants. Il faut les surveiller comme le lait sur le feu. » Nicolas Sarkozy, après les manifestations du 7 septembre

Les conséquences de la réforme lancée par le gouvernement seront immédiates. Elles concernent autant les salariés que la jeunesse étudiante. Le non renouvellement des employés qui devaient prendre le chemin de la retraite va bloquer la nouvelle génération dans le chômage et la précarité. L’impossibilité de cotiser assez longtemps pour accéder à une retraite à taux plein, au vu de l’âge auquel les étudiants entrent dans le monde du travail, mais aussi, et plus encore la conjoncture liée à la crise du capitalisme font que l’avenir s’assombrit de plus en plus, tant pour la jeunesse que pour l’ensemble de la société.

• 1 000 000 d’emplois disparus, en plus de ceux perdus par la crise du capitalisme. • Des cotisations impossibles à tenir, donc une menace de travailler du berceau au tombeau. En effet, l’objectif à court terme pour le gouvernement, c’est que les travailleurs partent à la retraites plus tôt et donc avec une retraite plus faible, comblée ou non par des fonds de pensions privées, que seuls les salaires élevées pourront alimenter • Une situation générale catastrophique au niveau de l’emploi. • Une attaque concentrée avec les menaces sur la sélection sociale dans les université, les bourses, les APL…etc Cette réforme nous concerne et nous frappera dès son application, combattons la !

Pour les travailleurs et les masses populaires, la lutte contre cette réforme est une lutte fondamentale. Elle est tant une lutte pour la sauvegarde d’acquis antérieurs, maintes fois attaqués, mais également une sauvegarde de l’avenir. La retraite représente le seul moment de notre vie qui échappe à l’exploitation capitaliste. Cela nous sera retiré si nous ne triomphons pas. Le fond de cette réforme signifie : « aucun départ à la retraite à taux plein », c’est à dire la misère, la destruction physique et psychologique des anciens, les travaux forcés ou le chômage jusqu’à 67 ans !

Cette réforme est à rejeter en bloc. Parler de négociations, ne pas exiger le retrait pur et simple, c’est capituler.


La crise du capitalisme financier se paie sur le dos des travailleurs. C’est cette crise, et la volonté de faire résorber les dettes de l’état par la liquidation de tous les acquis sociaux, sous couvert d’austérité, qui mène à la décision par la bourgeoisie et son émanation gouvernementale de mettre en œuvre une autre bataille contre les droits des travailleurs et futurs travailleurs. Certains prétendent que réforme est nécessaire, qu’il y a un problème démographique et un problème financier. Cet argument est mensonger ! Les richesses produites n’ont jamais été aussi grandes, la productivité du travail a doublé en quelques décennies, tandis que la part de ces richesses qui vont dans la poche des travailleurs s’est réduite comme peau de chagrin.

La Fédération syndicale étudiante exige le retrait pur et simple de cette réforme. Dans un contexte d’avalanche de déclarations et de mesures racistes, xénophobes et liberticides destinées à diviser la population et à réprimer les résistances sociales, la lutte menée actuellement contre les réformes du gouvernement conditionnera le rapport de force pour de nombreuses années. C’est aujourd’hui que nous devons nous mobiliser et de ce de manière unie et déterminée.