Non à la loi Macron, véritable CPE pour tous et toutes !

Alors que l’État restreint chaque jour un peu plus les libertés publiques et démocratiques -vote de la loi renseignement, répression généralisée (syndicalistes, quartiers, mouvements sociaux, migrants, déploiement militaire), le gouvernement pratique une guerre sociale éclair permanente ! La logique est simple : frapper vite, frapper partout, frapper fort !

En cette période historique de crise, où nous voyons chaque jour nos conditions de vie et de travail attaquées par gouvernement et patronat, dans le même temps, pour mieux régner, ils essaient de nous diviser. Ainsi, ils tentent d’opposer travailleurs aux chômeurs, chômeurs aux travailleurs, salariés du privé aux fonctionnaires, intérimaires aux CDI…

De la gauche à l’extrême droite, de mairies en préfectures, de TF1 à I-Télé, du gouvernement au Parlement jusqu’au plus haut sommet de l’État, la liberté d’exprimer son racisme est bien autorisée et les boucs émissaires nous sont désignés : migrants, musulman-e-s (ou supposé-e-s), Rroms… Et de la rue aux tribunaux, de la BAC, CRS ou Gendarmes Mobiles, aux juges et procureurs, tous les moyens sont déployés pour nous écraser !

Dans ce contexte, le gouvernement passe en force sur la loi Macron, en recourant en ce jeudi 9 Juillet une troisième fois au 49-3, permettant d’adopter une loi sans vote, ni débat et fait ainsi adopter « définitivement » cette attaque d’une ampleur incomparable. Ainsi, le pouvoir ne s’embarrasse plus de vernis démocratique pour imposer la loi du patronat, et c’est l’immense majorité des travailleurs qui en paient le prix !

Macron

Un CPE pour tous et toutes et pour toute la durée du contrat !

Alors qu’en 2006 le CPE prévoyait de donner le pouvoir aux patrons de licencier les jeunes travailleurs sans motif et sans recours possible pendant les 2 premières années du contrat, la loi Macron choisit un angle d’attaque différent, beaucoup plus destructeur.

Ainsi, la loi Macron fixe le principe de plafonds (dérisoires) aux indemnités perceptibles par le salarié qui contesterait devant les prud’hommes son licenciement abusif. Ainsi le salarié ne peut plus se faire indemniser l’intégralité du préjudice que son licenciement a engendré, mais surtout, les plafonds indemnitaires sont si dérisoires que les travailleurs auront désormais de moins en moins intérêt à contester leur licenciement devant les prud’hommes !

En clair, puisque les patrons ne risquent plus aucune sanction sérieuse, c’est le licenciement sans motif et permanent et pour tou-te-s les salarié-e-s qui est de fait légalisé !!!

Source :  Blog de David van der Vlist avocat en droit du travail

Source : Blog de David van der Vlist avocat en droit du travail


Les principales mesures contre les droits des travailleurs de la loi Macron

  • Dépénalisation du délit d’entrave à l’activité des représentants syndicaux dans une entreprise. Les patrons ne risqueront ainsi plus qu’une amende administrative, négociable avec la DIRRECTE (largement favorable au patronat). Objectif affiché : « Rationaliser les sanctions applicables au délit d’entrave pour ne pas dissuader les investisseurs étrangers. »
  • Création dans la loi de la notion (patronale) de « travail en soirée » (de 21h à 00h) « avec compensation» mais « sans plancher »… remplaçant ainsi sur ce créneau le travail de nuit censé garantir des compensations minimales.
  • instauration du travail gratuit pour les handicapés avec la création des « périodes de mise en situation professionnelle ».
  • Suppression des élections prud’homales. Désormais désigné-e-s par le président de la Cour d’appel sur proposition des syndicats, les conseillers peuvent être démis de leur fonction s’ils/elles sont jugé-e-s pas suffisamment « impartial » (en clair, s’ils défendent trop les salariés…).
  • Suppression de la deuxième partie de l’alinéa 2064 du code civil qui faisait du contrat de travail, un contrat de nature différente qu’un contrat civil. Cela nie la réalité de l’exploitation du salarié par le patron, que le code du travail était censé protéger a minima. Cela permet désormais la résolution de tout litige du travail par simple « accord » du salarié et alors aucun juge, prud’homal ou non, ne pourra venir troubler cet « accord » au nom d’un quelconque droit du travail. Travailler le dimanche, la nuit, 12h par jour, 60h par semaine, pour un demi-SMIC…du moment que le salarié est « d’accord ».

 

– davantage de possibilités de déroger au repos du dimanche (accorder jusqu’à 12 dimanche par an, contre 5 jusqu’à maintenant). Création de « zones touristiques internationales » (ZTI), les commerces de ces zones pourront ainsi ouvrir tous les dimanches de l’année et également les soirs jusqu’à minuit.

VallsCibleLecodeDutravail

   Pour le gouvernement – fidèle à la propagande patronale que l’on entend tous les jours, matin, midi et soir, à la radio, à la télé, dans les journaux – il faut « sécuriser » les patrons (!) et donc, flexibiliser les salariés. Il faudrait ainsi les faire travailler plus longtemps, supprimer leurs maigres droits, diminuer les salaires directs (nets) comme indirects (baisse des indemnités chômages, baisse des pensions retraites, etc), et assurer l’immunité juridique et l’impunité totale des patrons.

Plus globalement, la bourgeoisie attaque l’ensemble des institutions qui encadraient et limitaient (un peu) l’exploitation des travailleurs et travailleuses : inspection du travail, médecine du travail, justice du travail, droit pénal du travail, institutions représentatives du personnel, etc. Elle attaque aussi la sécurité sociale : entre le flicage et la criminalisation des allocataires, les déremboursements, la fermeture des centres d’accueil CAF, tout est fait pour réduire le droit social à de simples bonnes intentions et décourager les ayants droit de réclamer les prestations sociales. Ainsi, seulement la moitié des personnes ayant droit à des prestations sociales les perçoivent effectivement (soit 12 milliards non versés).

De quoi la loi Macron est-elle la suite ? 3 années de mesures antisociales du gouvernement PS

Après le Crédit d’Impôt Compétitivité et Emploi et ses 20 milliards de cadeaux fiscaux pour le patronat financés par une augmentation de la TVA dite sociale (payée par tou-te-s) ;

Après l’Accord National Interprofessionnel (ANI) permettant de faciliter les licenciements et la diminution des salaires -« Accords de Maintien dans l’Emploi »- et de conférer au patronat une quasi immunité juridique avec la réduction des délais de prescription pour tout litige du travail de 5 à 3 ans (après être passés de 30 à 5 ans en 2008) ;

Après la réforme des retraites (augmentation à 43 annuités de cotisations nécessaires pour toucher une retraite à taux plein), d’où baisse mécanique des pensions faute de pouvoir remplir les conditions donnant droit à une retraite à taux plein ;

Après le Pacte de responsabilité, ses 10 milliards supplémentaires d’exonération de cotisations « patronales » sur les bas salaires, ses 10 milliards de réduction de dépenses de l’assurance maladie et ses 11 milliards de réduction de dépenses pour la protection sociale ;

Après la nouvelle convention Unédic qui modifie les conditions d’indemnisation du chômage en diminuant les allocations chômage et en augmentant les différés d’indemnisation -les salarié.e.s quittant leur entreprise avec des indemnités de rupture doivent patienter plus longtemps avant de toucher une indemnisation du Pôle emploi (180 jours maximum contre 75 auparavant) ;

Après une nouvelle diminution des moyens pour logement et santé pour financer les milliards d’augmentation de budget pour l’armée

Le gouvernement continue son offensive avec la loi Macron dans sa version II.
ps et ump meme combat

Travailler plus, gagner moins, fermer sa gueule ou perdre son emploi

Au nom du dialogue social, de la compétitivité ou de l’emploi, gouvernement et patronat justifient toutes les attaques antisociales contre travailleurs, chômeurs et plus précaires.

La loi de 2013 dite – sans blague – « de sécurisation de l’emploi » permettait déjà la signature dans les entreprises « d’accords » pour une durée de 2 ans, selon la logique du chantage à l’emploi. Ainsi, les ouvriers et ouvrières sont contraint-e-s d’accepter de travailler plus longtemps pour le même salaire et/ou de gagner moins pour le même travail, de travailler dimanche, de nuit… S’ils/elles refusent, c’est tout bonnement le licenciement pour motif personnel (qui accorde des indemnités chômage beaucoup moins favorables qu’un licenciement économique). Avec la loi Macron, ces accords pourront désormais couvrir une période de 5 ans !

Le gouvernement a également déjà validé l’augmentation de la période d’essai pour les apprenti-e-s, le gel des seuils sociaux jusqu’en 2018, c’est-à-dire suppression de l’instauration de droits pour les travailleurs dans l’entreprise (élections de délégués du personnel, comité d’entreprise, etc).

Sans inversion du rapport de force, c’est la dégradation généralisée des conditions de travail, l’augmentation du temps de travail et la diminution des salaires pour tous et toutes qui nous menacent !

Le mercredi 17 juin 2015, au lendemain du deuxième recours au 49-3, Emmanuel Macron annonce dans Challenges que sa « prochaine cible c’est le code du travail », « qu’il est prêt pour mener cette bataille », « qu’il faut profiter du momentum favorable pour accélérer les réformes »… Ce Jeudi 9 Juillet, Valls dans son discours au parlement pour justifier le 3ème recours au 49-3 explique qu’« il faut poursuivre et amplifier ce mouvement de réforme. ». Et de fait, la loi Macron donne au gouvernement les pouvoirs pour légiférer par ordonnance pendant 9 mois – c’est-à-dire la possibilité de faire passer, quasi immédiatement, des mesures relevant du domaine de la loi – dans de nombreux domaines ayant trait au droit du travail…

Il est impossible de recenser et d’analyser toutes les attaques que l’on subit. Mais on comprend bien, tous les jours, que notre situation se dégrade, et que sans dynamique collective unitaire des apprentis, étudiants, chômeurs, travailleurs, précaires, retraités, la situation ne peut qu’empirer.

Gouvernement et patronat nous voudraient sans droits, dociles, flexibles et précaires, ne nous laissons pas faire !

C’est une guerre sociale totale que nous mènent gouvernements et patronat, notre détermination à les combattre doit être à la hauteur des enjeux de la situation !

 

49 3 DIC

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De la prison ferme pour Gaëtan : libérez notre camarade !

Vive le poulet grilléMercredi 1er avril a été rendu le verdict du jugement en appel de notre camarade Gaëtan, militant Solidaires Étudiant-e-s à Toulouse. Arrêté en novembre dernier dans un contexte de forte répression suite à l’assassinat de Rémi Fraisse pour avoir participé à une « manifestation interdite », Gaëtan avait été condamné à deux mois de prison avec sursis et une amende de 1 100 euros en  décembre. Suite à la procédure d’appel, Gaëtan se voit infliger une peine encore plus scandaleuse, qui s’explique notamment par le maintien d’un chef d’accusation de violences volontaires contre un agent de police. Gaëtan se voit ainsi condamné à deux mois de prison ferme, plus quatre mois de sursis et l’amende de 1 100 euros pour une affaire montée de toute pièce. D’autres manifestants ont eu, eux aussi, la confirmation des peines de prison ferme qui avaient été prononcées en décembre.

Solidaires Étudiant-e-s condamne fermement cette parodie de justice qui entend criminaliser quiconque exprime ou manifeste son désaccord face aux attaques que l’on subit. Nous refusons de jouer le jeu de ce gouvernement répressif qui voudrait mettre fin à tout mouvement social. Ce même gouvernement qui se vantait il y a encore quelques semaines de défendre la liberté d’expression, mais qui n’hésite pas à fouler aux pieds nos libertés fondamentales à la moindre occasion. Nous appelons l’ensemble des organisations syndicales, politiques et associatives à faire de même et à s’unir pour défendre nos droits démocratiques !

SIGNEZ LA PÉTITION !

Sur nos lieux de vie et de travail, luttons pour l’émancipation de tou-te-s !

Solidaires féminisme

Les luttes féministes ne sont pas secondaires. Tous les jours, et bien sûr pas seulement le 8 mars, dans nos villes et nos campagnes, jusque dans nos solidarités internationales, le féminisme est un combat primordial. Parce que les résistances féministes sont plurielles et transversales, les étudiant-e-s doivent porter ces luttes !

Solidaires Étudiant­-e­-s Syndicats de Lutte appelle, pour cette journée internationale des luttes des femmes, à soutenir d’une voix les résistances féministes et à les développer. À se battre pour un égal accès aux soins, aux études, au travail. À combattre les oppressions sexistes dans la société et à fortiori au sein de nos luttes. À apporter son soutien international à tout combat pour l’émancipation de toutes et tous !

Rejoignons les manifestations du 8 mars !

Quelques combats féministes portés par notre fédération :

Solidaires Étudiant-e-s Syndicats de Lutte soutient les combats féministes portés sur les lieux d’études. L’enseignement supérieur est un espace où les oppressions de sexe, genre, classe et races s’exercent. Les affiches sexistes pullulent sur les campus. Le harcèlement, sexuel ou non, est une agression invisibilisée extrêmement pratiquée des chercheurs vers les chercheuses, les personnels et étudiantes (dans les cas les plus fréquents) [voir guide du CLASCHES]. L’orientation est une question très genrée : suivant notre assignation biologique et sociale, des parcours et des formations nous correspondraient mieux que d’autres. Certaines formations n’ont comme public que des femmes, tandis que les formateurs sont essentiellement des hommes. On parle par ailleurs dans les universités de « plafond de verre », à savoir que les femmes sont plus nombreuses en licence, et sont minoritaires en doctorat et parmi les enseignant­e­s.

Aux côtés des salarié-e-s, notamment grâce à l’Union Syndicale Solidaires, nous souhaitons combattre les écarts que créent les dernières lois sur le travail. Le communiqué de l’Union Syndicale Solidaires.

En tant qu’internationalistes, nous construisons la solidarité avec le Kurdistan où les femmes se sont battues pour porter la lutte féministe au cœur de la révolution du Rojava et dans les luttes du reste du Kurdistan. La lutte des femmes kurdes s’est notamment fait connaître en France grâce aux combattantes armées pour la libération de Kobanê, regroupées dans les unités de protection du peuple, mixtes (YPG) et non ­mixtes (YPJ). Voir notre page sur la campagne de soutien international.

Poursuivons ces luttes et développons-en de nouvelles !

La secrétaire d’Etat aux droits des femmes évoque une nouvelle fois l’interdiction du voile à l’université : combattons une telle mesure !

Université pour toutes et tousCommuniqué de la fédération Solidaires Étudiant-e-s Syndicats de Lutte en date du 3 mars 2015 :

La secrétaire d’État aux droits des femmes, Pascale Boistard, a déclaré devant le Figaro ce lundi 2 mars qu’elle n’était pas « sûre que le voile fasse partie de l’enseignement supérieur », affirmant qu’il fallait « pouvoir discuter » de son interdiction. L’idée n’est pas nouvelle : elle avait déjà été évoquée au moment de la loi de 2004 prohibant le port du voile dans les établissements scolaires, et avait refait surface il y a deux ans à l’occasion d’un rapport du Haut Commissariat à l’Intégration.

La fédération Solidaires Étudiant-e-s Syndicats de Lutte, dénonce à nouveau la gravité d’une telle mesure, qui relève à la fois d’un racisme décomplexé et d’une méconnaissance de ce qu’est l’enseignement supérieur. Notre fédération annonce qu’elle s’opposera dans tous les établissements à la mise en place de cette interdiction.

Cette potentielle interdiction, tout comme celles de 2004 dans les écoles et de 2010 dans les lieux publics, ne sert qu’à nourrir les comportements discriminatoires et haineux. Comme le rappelait le Collectif féministe pour l’égalité dans un appel en 2014, ces lois sont des lois d’exclusion, et non de défense de la laïcité.

Aucune mesure ne doit servir d’intervention dans la vie privée des personnes, dans leurs choix, et imposer aux corps, et en premier lieu celui des femmes, une quelconque ligne de conduite. Aucune mesure ne doit servir la déscolarisation forcée, et l’exclusion de l’espace public.

L’université n’est pas « neutre ». Elle doit être, comme le reste des établissements scolaires, « laïque et indépendant[e] de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique » et également développer l’autonomisation des contenus de formation, l’indépendance de la pensée et la liberté des individu-es. Cela ne signifie pas que le voile n’a rien à faire dans l’enseignement supérieur, mais bien au contraire que cet espace pluriel en genres, origines, classes, sexualités, opinions etc. doit rester protégé de toute idéologie uniformisante et raciste.

Solidaires étudiant-e-s, syndicats de luttes / Porte-parolat : 06.86.80.24.45 /
http://www.solidaires-etudiant-e-s.org / contact@solidaires-etudiant-e-s.org

Journée de mobilisation le 5 mars 2015

La grève est étudiante la lutte est populaire

5 mars dans l’ESR : pour défendre les conditions de travail et d’études

Le désengagement de l’État du service public d’enseignement supérieur et de recherche a des conséquences directes et dramatiques sur nos conditions d’études et de travail.

Dans les établissements, ce sont des millions d’euros qui manquent pour pouvoir fonctionner correctement. Ponctionner les fonds de roulement ne peut en aucun cas être une solution.

Partout, les personnels se précarisent, des postes sont gelés voire supprimés, et les formations rabotées. Cette situation n’est plus tenable. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités et mettre un terme à l’austérité qui asphyxie les établissements, universités comme organismes de recherche, afin d’assurer des conditions de travail et d’études décentes.

Dans plusieurs établissements, les personnels et les étudiants se mobilisent. À Paris Sud, ils luttent pour sauver leurs formations – avec le maintien du recrutement d’ATER- et leur budget. À Paris 13, personnels et étudiants agissent contre des suppressions de postes et à Paris 8 pour les salaires et les conditions de travail. À Lyon 2, tous s’élèvent pour défendre les conditions de travail des vacataires et par là même la qualité de la formation des étudiants. Les organismes de recherche sont soumis aux injonctions du ministère. Au CNRS, les organisations syndicales s’élèvent contre le futur contrat d’objectifs qui sera présenté au Conseil d’Administration du 26 mars. À l’IRSTEA, les personnels poursuivent, à l’appel de l’intersyndicale, une grève de la saisie de leurs indicateurs d’activités pour exiger de l’État qu’il remplisse ses obligations de financement des charges structurelles.

Les organisations syndicales signataires appellent les étudiants et les personnels à se rassembler, débattre et se mobiliser le jeudi 5 mars, sur l’ensemble du territoire national, pour défendre leurs conditions d’études et de travail.

En région parisienne, les organisations syndicales invitent les personnels et les étudiants de tous les établissements d’Île-de-France à participer au rassemblement décidé par l’AG de Paris Sud devant le ministère de l’ESR rue Descartes à 14h le jeudi 5 mars 2015.

Les organisations syndicales signataires revendiquent :

  • un accès libre et gratuit à l’enseignement supérieur public ;
  • un plan pluriannuel ambitieux de création d’emplois de titulaires d’enseignants-chercheurs et enseignants, de chercheurs, d’ingénieurs, administratifs et techniciens pour résorber la précarité et répondre aux besoins en matière d’enseignement supérieur et de recherche ;
  • une augmentation significative du financement de base de l’État pour les formations, les laboratoires et les services.

Organisations signataires : FSU (SNESUP, SNCS, SNASUB, SNEP, SNETAP) – CGT (SNTRS, FERC’ Sup) – CFDT (Fédération des SGEN CFDT – SGEN Recherche CFDT) – SNPTES – UNSA (Sup’ Recherche, A&I, ITRF.B.i.O) – Solidaires (Sud Recherche EPST – Sud Education – Solidaires étudiant-e-s) – UNEF

Soutenons les mobilisations à Paris Sud et Paris 13

Communiqué de la fédération Solidaires Étudiant-e-s Syndicats de Lutte en date du 22 février 2015 :

Après l’annonce de la suppression de tous les postes d’ATER pour l’an prochain, du gel du recrutement des personnel et la suppression de 10 000 heures d’enseignement, 400 étudiant-e-s et personnels se sont réuni-e-s en Assemblée Générale à l’université Paris Sud le 12 février pour dénoncer notamment la sélection à l’entrée de la première année d’université (L1), demander une rallonge budgétaire et la création de postes de titulaires.

Ces restrictions budgétaires et dégradations des conditions d’études et de travail se généralisent dans tout l’Enseignement Supérieur. Depuis deux ans, de nombreuses mobilisations ont eu lieu sur les universités (Pau, Montpellier, Clermont, Toulouse, Paris 8 etc.) pour lutter contre cette logique et défendre un autre projet d’Enseignement Supérieur et de Recherche.

Solidaires étudiant-e-s, syndicats de luttes apporte tout son soutien à cette lutte et appelle les étudiant-e-s, personnels et enseignants des autres universités et établissements à soutenir et relayer les luttes de Paris Sud et Paris 13. Seule une lutte collective et nationale permettra de nous sortir de cette situation et construire un autre enseignement supérieur.

Pour plus d’informations, infos et contacts :

http://www.orsayenlutte.info/
https://www.facebook.com/pages/Paris-Sud-en-lutte/1545327002394977
Twitter : @U_PSud_EnLutte

Solidaires étudiant-e-s, syndicats de luttes / Porte-parolat : 06.86.80.24.45 /
http://www.solidaires-etudiant-e-s.org / contact@solidaires-etudiant-e-s.org

L’Ord(u)re règne à Lyon 2. La présidence de Lyon 2 fait exclure deux syndicalistes de lutte de l’université !

Communiqué de Solidaires Étudiant-e-s Lyon – Syndicat de Lutte en date du 25 janvier, paru dans Un Pavé Dans Ta Fac n°4 :

Jeudi 18 décembre, la commission disciplinaire de l’Université Lyon 2 a prononcé l’exclusion de 2 militant-e-s de Solidaires Étudiant-e-s Lyon – Syndicat de lutte (ex-FSE).

Nos camarades étaient convoqué-e-s formellement pour « trouble à l’ordre et entrave au fonctionnement de l’établissement » suite à l’envahissement d’un conseil de la présidence le 21 novembre 2013 par une centaine de personnes dans le cadre de la mobilisation des étudiant-e-s et du personnel contre la loi Fioraso et les restrictions budgétaires¹.
Le président avait alors donné, pour seule réponse aux revendications des étudiant-e-s et personnel mobilisé-e-s ce jour, l’intervention des forces de l’ordre à l’intérieur même du campus afin de faire évacuer les bâtiments. Sur la centaine de manifestant-e-s, 6 étudiant-e-s, dont 4 syndicalistes seront interpellé-e-s et placé-e-s en garde à vue.
3 militant-e-s de Solidaires Étudiant-e-s sont finalement passé-e-s en procès en juin 2013, dont deux qui se sont fait condamner : la secrétaire de section syndicale et l’élu au Conseil d’Administration de l’université, condamné-e-s respectivement à 3 et 6 mois de prison avec sursis et plus de 5000 euros de dommages et intérêts et frais de justice.
Le jeudi 18, il/elle ont été condamné-e-s à une exclusion immédiate de l’université de 2 ans dont 18 mois avec sursis !

Cette condamnation est une menace par toutes celles et ceux qui n’entendent plus se résigner à accepter la dégradation de nos conditions d’études, de travail et de vie qui nous est chaque jour un peu plus imposée.
Mais insuffisamment content de la gravité de la peine infligée à nos camarades, Jean-Luc Mayaud, président de l’université, fait désormais appel de cette décision devant le CNESER et réclame 5 ans d’exclusion ferme de l’université.

Retour sur le déroulement de la commission disciplinaire

Le déroulement de cette commission de jugement nous aura confirmé qu’il n’était nullement question de l’envahissement du conseil. Il s’agit là d’une volonté politique cherchant n’importe quel prétexte afin de nous exclure. Ainsi, lors de ce simulacre de jugement, peu importait que la présidence soit incapable de présenter un début de preuve ou même de témoignage à charge provenant d’autres personnes que les accusateurs eux-mêmes pour étayer sa thèse des « violences ». Peu importaient les nombreux témoignages -bel et bien existants ceux-là- d’étudiant-e-s, de profs, d’agents administratifs présent-e-s au moment des faits qui attestent tous de l’absence de coups volontaires portés aux agents ce jour-là. Peu importait encore le contenu même des certificats médicaux fournis par les agents, qui attestent que les blessures de ces derniers résultent de la poussée collective pour rentrer dans l’amphi et non de coups volontaires ; blessures qui s’expliquent toutes par la résistance des agents devant l’entrée des étudiant-e-s alors que, selon la version officielle de la présidence² , ceux-ci « avaient pour ordre de s’effacer et ne pas susciter de violences ». Au vu des déclarations contradictoires des agents et de leur attitude le jour du conseil extraordinaire (en liaison téléphonique constante avec leurs supérieurs) il apparaît clairement que la présidence avait donné pour consigne aux agents (transformés en garde présidentielle personnelle pour l’occasion) de ne laisser rentrer aucun étudiant (qu’il/elle soit ou non élu-e).
Seul leur importait, derrière le motif vague de notre convocation pour  » trouble à l’ordre » de trouver une responsabilité pouvant nous être imputée. Ceci fut bien illustré, que ce soit lors de l’instruction ou du jugement, lorsque M. Landon (par ailleurs Vice-président, ayant à l’époque porté plainte à notre encontre, se retrouvant ainsi partie, instructeur, et juge !) et M. Gaillard présidents respectifs de chacune des commissions, n’hésitaient pas à modifier les motifs de notre comparution.
Ainsi, lorsque nous démontrions notre innocence vis-à-vis des soi-disant « coups » portés aux agents, ils invoquaient finalement l’annulation du Congrès. Mais dès lors, sous ce motif, pourquoi ne poursuivaient-ils pas les plusieurs dizaines d’étudiant-e-s ayant participé à l’envahissement ? Ils trouvèrent la parade… Dans la notification d’exclusion envoyée à nos camarades, la présidence justifie sa décision par le fait qu’il et elle avaient osé parler au mégaphone et qu »il est avéré qu’il/elle étaient les meneurs d’un mouvement visant à perturber le déroulement du Congrès ».
Ainsi se conçoit la « liberté d’expression » de la présidence, elle qui est pourtant si prompte à l’afficher fièrement… Une liberté où les syndicalistes qui refusent d’adhérer doivent dégager, où les étudiant-e-s qui se mobilisent sont brutalement expulsé-e-s du campus par les forces armées.

En réalité, c’est sa propre lâcheté que tente de faire oublier aujourd’hui le président, en faisant preuve d’une fermeté sans précédent. Lui qui, le jour du congrès abandonnait ses agents, les laissait pour seul interlocuteur aux personnes mobilisées, des agents de sécurité incendie à qui il donnait ainsi pour mission d’assumer seuls les conséquences de la politique qu’il mène.

Ce qu’ils appellent violence

Le président, prompt à user des moyens de communication dont il dispose (et abuse), avait alors qualifié l’envahissement de « violent ».
Rappelons par ailleurs qu’après la fuite du président devant les étudiant-e-s et personnels mobilisé-e-s, les étudiant-e-s qui occupaient le bâtiment de la présidence réclamaient de pouvoir envoyer un mail à l’ensemble des étudiant-e-s et personnels afin d’expliquer leur mouvement, la nécessité de s’organiser et de se mobiliser pour ne pas se laisser écraser.
Finalement, ce n’est pas un mail qui sera envoyé, mais une quarantaine de CRS et agents de la BAC à l’intérieur du bâtiment pour nous en faire dégager.
Ainsi la présidence est la seule à bénéficier d’une réelle liberté d’expression, dont elle use et abuse en envoyant régulièrement sa propagande (souvent mensongère et diffamatoire) par mail, à l’intégralité des étudiants et personnels.
Quant aux étudiants et personnel, eux, n’ont que la liberté de se faire matraquer s’ils essaient de s’exprimer.

Nous sommes tous Charlie
Ce seul évènement est une illustration euphémisée de la violence sociale et symbolique quotidienne grâce à laquelle s’impose l’ordre dominant inégalitaire.
Comment qualifier les matraquages policiers au tonfa et à la télescopique, l’enfermement abusif de plusieurs personnes (garde-à-vue), la menace de l’enfermement carcéral (peine de prison avec sursis), les milliers d’euros d’amende pour des étudiant-e-s boursier-e-s salarié-e-s, l’interdiction de poursuivre ses études universitaires et, désormais, l’interdiction manu militari de pénétrer sur le campus ?
N’est-ce pas par l’usage de la force et de la violence que s’impose leur point de vue, c’est-à-dire leurs intérêts, leur conception de la démocratie et de la « liberté d’expression » ?

Par cet acharnement, nous constatons que ce qui insupportait la présidence était la force du mouvement étudiant de l’année dernière, menace pour une présidence vacillante et en perte d’influence (Jean-Luc Mayaud était alors contesté par sa propre majorité et largement déstabilisé par les démissions successives de plusieurs vice-présidents). Au sein même du cercle restreint des « représentant-e-s » dans les instances officielles, dont la composition est pourtant très loin d’avoir une quelconque proximité avec la notion de représentativité dont ils se réclament (pour ne prendre qu’un exemple, les personnels enseignants-vacataires qui entament une grève à partir de ce lundi 26 janvier 2015, ne disposent d’aucun siège au Conseil d’Administration alors même qu’ils assurent parfois jusqu’à 80 % des TD), l’obtention d’une majorité leur devient difficile.
Ainsi l’illustre le Conseil d’Administration de décembre dernier où la présidence n’est parvenue à obtenir une majorité qu’à 13 voix pour un budget d’austérité grâce aux 7 personnalités extérieures [!]), contre 12, budget dont les conséquences se paient au quotidien pour les personnels qui voient leurs primes gelées, l’intensité de leur travail augmentée, la précarité toujours plus s’installer ; et par les étudiant-e-s, qui voient les conditions d’études toujours plus se dégrader.A Lyon 2, il est temps de faire le ménage de la présidence
Mais dans cette période difficile pour la majorité, le président, lui, se permet de se verser une prime (à laquelle légalement il n’a pourtant pas droit) de plusieurs milliers d’euros, représentant le salaire annuel d’un agent d’entretien à temps partiel…

Nous devons par ailleurs dénoncer la collaboration de l’organisation étudiante GAELIS (FAGE) qui a participé par leurs votes à l’exclusion de nos camarades. Loin de l’apolitisme bienveillant dont ils/elles se revendiquent lors des diverses échéances électorales pour quémander les voix étudiantes, la FAGE participe de la répression des syndicalistes qui se battent au quotidien pour la gratuité des études, pour l’inscription de toutes et tous à l’université, avec ou sans papiers.

L’acharnement de la présidence et de la classe dominante en général pour faire taire celles et ceux qui luttent ne traduit que la peur de voir se développer la contestation sociale face aux ravages -à l’université comme dans le reste de la société- d’un système capitaliste raciste et patriarcal.

Loin de nous faire plier, ils ne font que renforcer notre détermination à combattre et vaincre cet ordre asservissant, qu’ils essaient de maintenir, nous le voyons encore aujourd’hui, par tous les moyens.

¹ Pour retrouver des analyses sur les motifs de la lutte : « LRU, loi Fioraso, privatisation, dégradation des conditions d’études, de travail et de vie : pourquoi nous nous battons ?! » et « Le rôle de l’université dans la société capitaliste ».

² Cf. le procès-verbal du Vice-président portant plainte pour « violences aggravées »

Le retard dans le versement des bourses augmente la précarité étudiante

Si les profs savaient que l'on révise le ventre creux

Communiqué de la fédération Solidaires Étudiant-e-s en date du 19 janvier 2015 :

Il a fallu attendre quinze jours pour que les étudiant.e.s boursier.e.s reçoivent leur bourse au mois de janvier, mois déjà particulièrement stressant dans le calendrier universitaire en raison notamment des partiels.

Les retards dans le versement des bourses ne font qu’ajouter aux difficultés des étudiant.e.s qui n’ont pas que celles « financières » à gérer. Pendant quinze jours, ils et elles ont dû, en plus de s’occuper de leurs études -souvent aussi de leur travail salarié- s’inquiéter de cette absence de versement. Ils et elles ont pu accumuler les agios et les découverts, ont dû renoncer à certaines activités, voire à des projets.

Quand on sait que la réussite d’études dépend en large partie de la possibilité d’étudier sereinement -cela relève de l’évidence- comment penser que ce retard de versement, à moins de croire que les bourses ne sont que de l’argent de poche, n’ait pas d’impact sur les conditions de vie et d’études ? Comment assurer les dépenses du quotidien quand on ne perçoit pas une de nos sources de revenus, sinon l’unique ? Alors que le coût de la vie est de plus en plus élevé (nourriture, logement, transport…), le gouvernement place de nombreuses et nombreux étudiant.e.s dans une situation inacceptable. Ne parlons même pas des inégalités culturelles provoquées par cette façon de les tenir à la gorge : comment aller au cinéma, au théâtre, à des concerts, acheter des livres ou faire de la musique quand il est déjà compliqué de payer son loyer ?

Tant que le versement des bourses à l’heure -et leurs augmentations massives- ne sera pas pris au sérieux par l’État, nous ne pourrons croire que la « jeunesse » et l’accès à l’éducation pour toutes et tous sont considérés comme une priorité.

Contre la précarité des étudiant.e.s, Solidaires Étudiant-e-s exige :

  • Le versement effectif des bourses dès le 1er du mois et leur augmentation en nombre et en montant ;
  • Un réengagement massif de l’État dans le financement des CROUS pour mener une véritable politique sociale ;
  • À plus long terme, l’instauration d’un salaire social pour l’ensemble des étudiant.e.s qui garantirait un revenu suffisant pour vivre et étudier dans de bonnes conditions.

Contact :

Solidaires étudiant-e-s, syndicats de luttes / Porte-parolat : 06.86.80.24.45 /
http://www.solidaires-etudiant-e-s.org / contact@solidaires-etudiant-e-s.org

Application du plan Vigipirate sur les universités

Université ouverte gratuite émancipatrice

Communiqué fédéral de Solidaires Étudiant-e-s en date du 15 janvier 2015 :

Solidaires Étudiant-e-s condamne les attentats qui ont coûté la vie à 20 personnes en région parisienne. Il n’est pas d’opinion politique qui puisse justifier une telle horreur, un tel déchaînement contre un organe de presse ou encore contre une communauté.

Les attentats et la recherche des coupables ont engendré un état de siège de la ville de Paris, et des banlieues proches. Des dizaines de policiers sont lourdement armés aux abords des établissements scolaires notamment.

Avec l’élévation du niveau d’alerte du plan Vigipirate, des contrôles de carte étudiante et de sacs ont lieu toute la journée à l’entrée des universités franciliennes depuis le 8 janvier. Plusieurs personnes ni étudiantes ni personnels venant à l’université pour des raisons diverses et variées se sont vues refuser l’entrée, notamment à Paris 8. La Bibliothèque inter-universitaire de la Sorbonne a quant à elle contacté ses adhérent-e-s, leur expliquant qu’une carte étudiante ou professionnelle serait nécessaire pour entrer, et que la carte de la bibliothèque ne suffirait pas.

Un étudiant de Paris 8, à qui on avait refusé l’accès à l’université car il n’avait pas sa carte étudiante, a été violemment molesté à l’entrée de l’établissement par les forces de l’ordre et arrêté, avec le concours du personnel de sécurité de l’université, pour des motifs pour l’instant très flous.

Solidaires Étudiant-e-s dénonce l’utilisation de ce type de dispositif par la direction des universités et plus généralement le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. La présence massive de vigiles, le contrôle des cartes étudiantes, et la fouille systématique ne font qu’ajouter au climat de peur et de suspicion généralisée, en plus de fermer encore un peu plus l’université à celles et ceux qui y ont déjà d’habitude difficilement accès.

L’université est un lieu public et doit rester ouverte à toutes et tous, et ne pas se transformer en forteresse, quelles que soient les circonstances.

Notre syndicat demande la levée immédiate des contrôles de carte étudiante et la fin de l’état de siège du pays.

Contact :
Solidaires Étudiant-e-s, syndicats de luttes / Porte-parolat : 06.86.80.24.45 /
http://www.solidaires-etudiant-e-s.org / contact@solidaires-etudiant-e-s.org

Pourquoi Solidaires étudiant-e-s ENS ne marchera pas dimanche

Solidaires contre tous les fascismes

Communiqué de Solidaires Étudiant-e-s ENS en date du 10 janvier 2015 :

Alors que Marc Mézard (directeur de l’école) vient d’annoncer par mail que l’ENS participera officiellement à la « marche républicaine » de dimanche, nous, Solidaires étudiant-e-s ENS, tenons à faire entendre aujourd’hui une voix différente. Nous ne marcherons pas dimanche.

Croyez bien qu’il ne s’agit pas là d’une simple provocation cynique, motivée par une quelconque volonté d’être coûte que coûte à contre-courant. Comme vous, nous avons été choqué-e-s par les assassinats qui ont coûté la vie à douze personnes dans les locaux de Charlie Hebdo et causé de nombreux/ses blessé-e-s, par la fusillade de Montrouge, ainsi que par la prise d’otage dans une épicerie casher qui a fait quatre morts. Nous tenons à apporter notre solidarité aux victimes et à leurs proches. Nous condamnons sans réserve ces actes horribles. La liberté d’expression et la liberté de culte sont des libertés publiques fondamentales. En s’y attaquant avec cette violence meurtrière, ces actes relèvent bien du fascisme et de l’antisémitisme. Les rassemblements spontanés qui se sont organisés partout en France témoignent de la très forte émotion que cette atrocité a suscitée et d’une grande aspiration à la solidarité.

Toutefois, cette émotion qui submerge aujourd’hui le pays, si elle est bien évidemment nécessaire, peut rapidement se retourner en un mécanisme des plus pervers, dès lors que les intérêts politiques viennent faire leur commerce sur son dos. Et c’est ainsi que la légitime indignation collective vient à se transformer en « unité nationale », nécessaire à la défense des « valeurs de la République ». Mais que se cache-t-il derrière ces grands mots ? Avec ces appels à l’union sacrée, c’est un immense chantage que nous voyons se mettre en place, autour d’une rhétorique manichéenne proclamant haut et fort : « tous ceux qui ne sont pas avec nous sont avec les islamistes ». Nous sommes alors placés devant un ultimatum : soit vous marchez avec nous, avec le gouvernement – qui a décidé de cette manifestation – avec l’UMP, peut-être même avec le FN, soit vous cautionnez les attentats qui ont eu lieu.

Non, nous refusons les termes de l’alternative. Nous ne cautionnons pas plus que quiconque ces assassinats, et nous ne marcherons pas pour autant aux côtés de l’UMP ou du FN dans une marche qu’ils présentent déjà comme notre réponse à une guerre de civilisation. L’union sacrée, que cette marche républicaine doit consacrer, est un instrument dangereux, destiné à effacer perversement toutes les lignes de fracture entre les tenants de l’islamophobie et celles et ceux qui la combattent. Elle vise à ouvrir la porte à toutes les lois antiterroristes, xénophobes et répressives, étouffant toute voix dissonante sous le besoin d’unité. Elle cherche à disqualifier d’avance toute critique des discours et des politiques islamophobes qui commencent déjà à émerger, en faisant de ceux et celles qui la tiendront les allié-e-s des djihadistes. Elle dissout la dénonciation de l’islamophobie d’État et du système médiatique dans, au mieux, la mise en garde contre les amalgames, au pire, l’appel au réalisme face à cet islam qui nous attaque. Le jeu est décidément trop dangereux, qui consiste à suivre dans leur marche le gouvernement, la droite et l’extrême-droite, feignant de ne pas voir que cette manifestation soi-disant silencieuse porte déjà avec elle tous les discours que nos politiques ont tenu ces derniers jours. Nous avons pleinement conscience que de très nombreux gens très bien iront marcher de bonne foi : mais que toutes ces personnes le veuillent ou non, le sens de cette manifestation a déjà été défini, et ne peut que participer à la mise en place de la logique néfaste que nous venons de décrire. Rappelons nous que les attentats du 11 septembre aux États-Unis ont été l’occasion pour le gouvernement américain de faire passer des lois extrêmement liberticides en termes d’espionnage et de répression, avec le renforcement d’une législation d’exception, et l’ouverture de zones de non-droits telles que Guantanamo. Ne commettons pas deux fois les mêmes erreurs : en défilant de bonne foi pour la liberté de la presse, on risque de participer à démanteler d’autres libertés fondamentales, en cautionnant le renforcement de l’espionnage et la brutalisation des méthodes de répression.

La solidarité avec les victimes doit s’accompagner du combat contre tous les fascismes, religieux ou nationalistes et contre tous les racismes. La marche républicaine de dimanche, et l’unité nationale qu’elle vise à promouvoir ne peut que l’empêcher. Bien au contraire, il s’agit de faire taire la conflictualité sociale et d’unir la population derrière les dirigeant-e-s qui mènent des politiques extérieures impérialistes et des politiques intérieures antisociales, de stigmatisation raciste et anti-immigré-e-s, de chasse aux sans-papiers et de harcèlement des Roms. Dans un contexte où le racisme a déjà le vent en poupe, que les personnes cataloguées « arabes » ou « musulmanes » subissent tout particulièrement, nous devons nous opposer à toute stigmatisation qui pourrait résulter d’une volonté politique d’assimiler à cet acte atroce des personnes sous prétexte de leur culture ou de leur religion, réelles ou supposées. Dès le lendemain du massacre, tandis que l’ENS elle-même voyait ses murs recouverts de tags tels que « non à l’islam(isme) », plusieurs attaques ont eu lieu contre des lieux de culte musulmans, avec grenades et armes à feu. Nous condamnons fermement ces attentats, qui visent à créer eux aussi un climat de terreur et à activer une guerre raciste. Et, quitte à briser l’union sacrée, nous rappelons que ces politiques portent une lourde responsabilité dans le climat actuel et dans ses effets délétères. Ce n’est pas en le taisant au cours d’une marche silencieuse que nous ferons régresser les fanatismes et les fascismes. Se ranger derrière le gouvernement dans le cadre d’une union sacrée qui nous condamnerait à ravaler toute critique ne permettra pas de mieux lutter contre le fondamentalisme religieux, mais ne conduira qu’à nous empêcher de lutter efficacement contre ce qui fait son terreau : la stigmatisation systématique des populations musulmanes dont l’État, ces dernières années, s’est largement fait le complice.

Nous tenons enfin à signaler que c’est à notre connaissance la première fois que l’ENS participe officiellement à une initiative telle que cette marche. Quoi que nous pensions de cette dernière, il pourrait être légitime que l’ENS s’engage dans ce genre de démarches. Il y a néanmoins de quoi s’étonner de cette indignation à géométrie variable. Jusqu’ici, ce n’était pas la politique de l’École que de s’afficher pour défendre des causes telles que la liberté d’expression ou la solidarité vis-à-vis des victimes du fascisme. En 2010, la direction de l’ENS défendait la liberté d’expression en interdisant plusieurs conférences sur la Palestine (dont une avec Stéphane Hessel), et a été condamnée par le tribunal administratif avant de faire appel devant le conseil d’État. De même, pourquoi l’ENS n’a-t-elle pas participé en 2013 aux manifestations qui ont fait suite au meurtre par des fascistes néo-nazis d’un étudiant de Sciences Po ? Nous espérons qu’à l’avenir l’École saura s’engager sans attendre les ordres du ministère et des médias. Mais cette difficulté à s’indigner dès lors que l’islam n’est pas en cause ne touche bien sûr pas que l’ENS. Il y a en moyenne tous les ans 120 victimes occidentales du terrorisme islamiste (Mathias Delori, chercheur CNRS), qui sont la plupart du temps – à juste titre – dénoncées. Mais qu’en est-il de ces autres morts que nous ne pleurons pas et qui sont invisibilisées par les médias : 148 femmes tuées par leur conjoint en France en 2012, 3 militantes Kurdes assassinées en plein Paris en 2013 probablement par les services secrets turcs, 3072 migrants morts en Méditerranée en 2014, une dizaine de victimes de la police tous les ans, plus de deux milles morts Palestiniens cet été et des manifestations de soutien interdites par le gouvernement, mais aussi la majorité des victimes des attentats islamistes qui restent dans l’anonymat le plus complet, parce qu’elles sont afghanes, syriennes, irakiennes, yéménites… Il ne s’agit évidemment pas de relativiser un crime en en brandissant d’autres, mais seulement de souligner combien il est préoccupant que « l’union sacrée » n’ait à se faire que quand l’islam entre en jeu. Comment croire que cette « unité nationale », dès lors, ne tend pas déjà, consciemment ou non, dans le sens d’une logique islamophobe ?

À Lyon 2, malgré la répression, le combat continue !

Communiqué de Solidaires Étudiant-e-s Lyon :

Nous étions plus d’une cinquantaine réuni-e-s ce lundi 8 septembre au tribunal correctionnel de Lyon pour assister à la lecture publique du verdict du procès de trois étudiant-e-s syndicalistes de Lyon 2. Nos camarades étaient inculpé-e-s suite à la mobilisation des étudiant-e-s et des personnels en novembre 2013 sur l’université, au cours de laquelle un conseil de la présidence avait été perturbé. Le délibéré est tombé : 3 mois de prison avec sursis pour Myriam, 6 mois de prison avec sursis pour Vincent et 4 350 euros d’amendes, dommages et intérêts et remboursement des frais d’avocat pour 2 agents du service de sécurité incendie de l’université plaignants et les agents de la BAC ; soit la peine maximale requise. La troisième camarade a été relaxée. Nous allons discuter avec notre avocat de la possibilité de faire appel.

La sévérité du verdict s’explique par le fait que la juge ait strictement appliqué les réquisitions du procureur qui rappelaient lors du procès le caractère politique de l’inculpation. Rappelons également que Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, avait le soir même de l’intervention des forces de l’ordre sur le campus soutenu publiquement la répression.

Les interpellations n’avaient alors pas été faites au hasard. Elles étaient ciblées et réalisées sur ordre de plusieurs  agents du service de sécurité incendie dont certains acceptent de collaborer avec des membres du renseignement intérieur présents pour l’occasion sur les campus.

La présidence, par l’intermédiaire des agents de sécurité incendie, a désigné ce qu’elle considère comme les « leaders » du mouvement étudiant, en représailles de leur présence syndicale active quotidiennement sur les campus.

En effet, sur les 6 interpellé-e-s, 4 étaient organisé-e-s au sein du syndicat FSE/Solidaires étudiant-e-s et les 3 inculpé-e-s sont tous syndiqué-e-s. Quant aux condamné-e-s, il s’agit de Myriam, secrétaire générale de section, et Vincent, alors élu étudiant au Conseil d’Administration de Lyon 2.

Ainsi, d’une main, la présidence envoie les forces de l’ordre sur les campus pour déloger les étudiant-e-s et personnels en lutte, provoquant des gardes à vue pour ceux qu’elle croit pouvoir identifier comme des « meneurs/meneuses ». De l’autre, elle utilise son pouvoir de communication pour donner sa version mensongère des « faits » à 30 000 étudiant-e-s et personnels, pour désigner nos camarades comme « violent-e-s », parce qu’ils/elles se sont donné-e les moyens de porter leurs revendications dans un conseil où la Présidence entendait justifier sa politique de dégradation des conditions de vie de la majorité d’entre nous.

Mais la répression ne nous arrêtera pas !  La précarisation de nos conditions de vie et de travail, le triste sort qui nous est réservé dans le système capitaliste ne nous laisse d’autre choix que de lutter ! C’est uniquement dans l’union et la solidarité interprofessionnelle que nous pouvons gagner, seule l’organisation à la base nous permettra de reprendre en main nos vies !

Aujourd’hui, l’État et la présidence en s’acharnant sur 2 de nos camarades voudraient dissuader les précaires de s’organiser pour lutter. Au contraire nous devons être plus solidaires et nombreux que jamais pour continuer la lutte avec les camarades inculpés ! 

La présidence, soucieuse de conserver son hégémonie, cherche à diviser le front des précaires dont les personnels de sécurité incendie font partie intégrante. Loin de nous laisser enfermer dans le jeu d’une opposition stérile entre étudiants et personnels, et conscient-e-s que la lutte ne se gagne que dans l’union de classe, nous œuvrons et appelons à la  construction d’un vaste mouvement inter-professionnel.

Nous faisons un appel large à la solidarité des organisations syndicales et politiques pour nous soutenir financièrement (chèque à l’ordre de SOLIDAIRES Rhône, à envoyer au 125 rue Garibaldi 69006 LYON).

Malgré la répression, la résignation n’est pas pour nous une option !

Solidarité avec nos camarades !

Rejoignez la lutte !

Pour pouvoir gagner, nous n’avons pas d’autre choix -étudiant-e-s, salarié-e-s, personnel, précaires, chômeurs- que de nous regrouper et de nous organiser à la base, syndicalement, en comités, en collectifs, en assemblées générales, afin de reprendre nos vies en main !

Solidaires Étudiant-e-s Syndicat de Lutte Lyon (ex-FSE)

Facebook : FSE Lyon

 photo procès 1

Soutien aux luttes au Maroc face à la répression de l’Etat !

Mouvement du 20 février

Communiqué sur l’arrestation de jeunes activistes lors de la manifestation syndicale du 6 avril 2014 à Casablanca et pour la libération de tous les détenus politiques au Maroc :

Le dimanche 6 avril 2014, onze manifestants ont été arrêtés lors d’une marche pacifique et légale à Casablanca, organisée par les trois principales centrales syndicales marocaines (UMT, CDT et FDT). Alors que la marche avançait sans incident, les forces de « l’ordre » ont agressé et kidnappé des jeunes du Mouvement du 20 février, lorsqu’ils ont commencé à scander des slogans contre la corruption et le despotisme du régime en place. Ces personnes arrêtées sont accusées de violence envers les forces de l’ordre et d’organisation de marche non autorisée (une vidéo montre pourtant que ce sont les policiers qui ont agressé les jeunes). Les détenus affirment avoir fait l’objet de violence verbale et physique au cours de la manifestation ainsi que dans les estafettes qui les a acheminés au commissariat. Ceux qui ont été blessés par les policiers n’ont pas été soignés. Quant aux familles des détenus, elles n’ont pas été avisées des arrestations, contrairement à ce que stipule la loi.

Ces jeunes se rajoutent à la liste des prisonniers politiques qui croupissent dans les geôles du régime marocain dont plusieurs activistes du Mouvement du 20 février, des syndicalistes de l’Union Nationale des Etudiants du Maroc – UNEM et d’autres militantEs (vous pouvez consulter la liste régulièrement actualisée des prisonniers ainsi qu’une campagne de parrainage sur le site de l’ASDHOM).

Depuis trois ans, le Mouvement du 20 février (M20F) au Maroc est sorti dans les rues de plusieurs villes et villages pour exiger la Liberté, la Dignité, la Démocratie, la Justice Sociale et l’Égalité. Les activistes de ce mouvement démocrate ainsi que les syndicalistes et d’autres militantEs persévèrent dans le combat pour l’émancipation.

À l’occasion de la fête des travailleuses et des travailleurs :

Nous exigeons la libération immédiate de tous les prisonniers politiques marocains et l’annulation de toutes les charges retenues contre eux.

Nous appelons à participer aux défilés du 1er Mai organisés dans les villes européennes pour la libération des détenus de la marche ouvrière du 6 avril ainsi que tous les détenus politiques.

Nous soutenons les luttes des travailleuses et travailleurs marocainEs et tous les courants démocratiques et de lutte pour une émancipation réelle.

Nous appelons les organisations militantes ici et ailleurs à apporter leur soutien à cette lutte pour la libération de tous les prisonniers politiques au Maroc.

Comité de soutien du Mouvement du 20 février Montpellier, Solidaires Etudiant-e-s, Mouvement marocain du 20 février Paris/IDF, La Coordination Belgique de soutien au mouvement du 20 février, L’Association Marocaine des Droits Humains – Paris/IDF, AMDH Belgique, le Forum des solidarités euro-méditerranéennes (FORSEM), La Voie Démocratique Paris, AMDH-Nord/France

Suppression des aides au logement pour les étudiant-e-s ? Mobilisons-nous !

Suite au démenti de deux membres du gouvernement lundi 14 avril, il nous paraît tout de même important, dans un contexte où priment les économies budgétaires, de souligner le fait que la possibilité d’une suppression des APL pour les non-boursierEs a été évoquée au sein du même gouvernement. Il s’agit donc de rester vigilantEs.

La suppression pure et simple des aides au logement (APL et ALS) pour l’ensemble des étudiantEs non-boursierEs a été évoquée par le gouvernement. Rappelons que 75% des étudiantEs ne sont pas boursierEs, et que 550 000 d’entre elles et eux bénéficient déjà de ces aides qui varient entre 90 et plus de 400 euros et constituent souvent leur seul et unique revenu.

Le gouvernement refuse de répondre à la précarisation du milieu étudiant : nous sommes de plus en plus nombreux-ses à être contraintEs de nous salarier pour payer nos études, d’autres sont contraintEs d’arrêter leurs études faute de moyens financiers suffisants et les bourses, qui concernent moins de 25% des étudiantEs, sont loin d’être suffisantes.

Mais la suppression des aides au logement n’est pas la seule attaque. Pour rester sur les questions sociales, rappelons que le gouvernement poursuit la privatisation rampante des CROUS qui seront financés non plus selon leurs besoins réels mais selon leur rentabilité et selon leur capacité à trouver des financements non publics. Les CROUS ne se gênent pas pour augmenter leurs loyers et tous les prix non réglementés au niveau national, pour dégrader les conditions de travail de leurs salariéEs ou pour se transformer en agence immobilière au service du logement privé dont les dérives sont nombreuses (loyers excessifs, « marchands de sommeil », logements insalubres, agences « vendeuses de listes »…).

Le gouvernement cherche à « économiser » 50 milliards sur le dos des salariéEs, retraitéEs, étudiantEs et privéEs d’emploi, en démantelant les services publics et la protection sociale. Il offre, en parallèle, des exonérations de cotisations sociales au patronat sans aucune contrepartie, affaiblissant de ce fait notre système de protection sociale, de retraites et de santé basé en les privant de leur source de financement.

La fédération Solidaires Étudiant-e-s considère qu’étudier est un travail à temps plein. Nous ne devrions pas être contraintEs de nous salarier pour financer nos études, au contraire !

Sur la question du logement, Solidaires Étudiant-e-s revendique dans l’immédiat le maintien des aides au logement (APL et ALS) pour l’ensemble des étudiantEs. De plus, afin que celles-ci bénéficient effectivement aux locataires, et ne soient pas un outil qui permettrait l’augmentation des loyers, nous revendiquons également l’encadrement du prix des loyers. À plus long terme, nous exigeons un plan massif de construction et de réhabilitation de logements étudiants publics dignes et à bas loyer afin de répondre à la crise du logement, ainsi que la réquisition des logements vides.

Pour lutter contre la précarité étudiante d’une manière générale, nous revendiquons :

L’instauration d’un salaire pour touTEs les étudiantEs se déclarant fiscalement indépendantEs de leurs parents, financé par les cotisations sociales ;
La gratuité totale de l’enseignement supérieur et la disparition des frais d’inscription, y compris dans les établissements publics à statut dérogatoire.

CONTRE L’AUSTÉRITÉ ET LA PRÉCARITÉ
Étudier et se loger sont des droits, pas des privilèges !

APPEL DE LA COORDINATION NATIONALE ETUDIANTE DU 25 JANVIER

À la suite de l’appel de Montpellier 3 ayant donné naissance à la première coordination étudiante, les étudiant­E­s en lutte des universités françaises se sont réuniEs au sein d’une nouvelle coordination à Lyon le 25 janvier 2014.

Dans un contexte global international de crise économique, sociale et politique du système capitaliste, les mêmes problèmes persistent : difficultés à finir le mois, casse du service public, accès aux soins et au logement mis à mal…

Ces difficultés au quotidien ne sont que la conséquence de politiques d’austérité volontaires, évitables et coordonnées à l’échelle internationale. Les universités ne sont pas épargnées et pratiquent également des coupes budgétaires. Le processus de Bologne, les lois LRU puis la loi FIORASO qui en découlent, ont étranglé financièrement certains établissements universitaires relégués au statut de « facs poubelles », détruisant petit à petit l’enseignement supérieur et la recherche.

Aujourd’hui, c’est une quinzaine d’universités en France qui sont en déficit et mettent en place progressivement une politique d’austérité passant par la suppression d’antennes locales, l’aggravation de la sélection sociale des étudiant­E­s notamment par tirage au sort et par la hausse des frais d’inscription, le gel ou la suppression de postes, la fusion d’universités, la fusion ou la suppression de filières etc.

Face à cette situation, des mobilisations ont lieu dans des dizaines d’universités et dans les Instituts de Formation du Travail Social (IFTS).

Dans ce contexte, il est urgent et nécessaire de coordonner nos luttes. C’est pourquoi des délégations de plusieurs universités se sont une nouvelle fois réunies en table ronde dans le but de s’organiser et d’établir une base commune de revendications, et des perspectives concrètes.

Nous revendiquons une université publique, gratuite, laïque, critique et populaire.

Ainsi nous exigeons :

  • L’abrogation du processus de Bologne, ainsi que des lois LRU et FIORASO qui en découlent,
  • Un réengagement financier de l’État dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR) à hauteur des besoins réels des personnels et des étudiants,
  • Un vrai cadrage national des diplômes (pas de concurrence entre les universités),
  • La titularisation de toutes et tous les précaires de l’ESR (enseignant­eEs, personnel administratif et technique etc.),
  • Un retrait immédiat des personnalités extérieures (représentantEs du secteur privé, collectivités territoriales…) des Conseils universitaires,
  • L’arrêt des poursuites et la cessation immédiate de toute forme de répression (policière, administrative, disciplinaire etc.),
  • L’arrêt immédiat de toutes les pressions économiques sur les étudiant­E­s boursierEs et sur les précaires (demande de remboursement des bourses en cas de défaillance).

La Coordination Nationale appelle :

  • Toutes les universités à s’inscrire dans le mouvement, à la grève étudiante, les luttes étudiantes à soutenir et à s’impliquer avec celles des travailleurs.
  • Les Assemblées Générales à participer à la prochaine Coordination Nationale qui aura lieu courant mars dont la date et le lieu seront seront fixés ultérieurement.
  • À la solidarité internationale avec tous et toutes les étudiant­E­s et les universités en lutte contre l’austérité dans leur pays.
  • À la solidarité avec les travailleurs en lutte.

Nous invitons donc les étudiant­E­s, les personnels, les enseignant­E­s à se joindre à la mobilisation, à l’impulser partout où elle n’est pas encore lancée, à la consolider et à la renforcer partout où elle existe.
Dans nos vies, dans nos lieux d’études, sur nos lieux de travail, refusons l’avenir de misère que nous impose le système capitaliste !

La coordination appelle donc à trois dates:

  • Le 13 février à une journée d’action nationale.
  • Le 20 février à une journée nationale anti­-répression.

Construisons l’unité des luttes et poursuivons notre mouvement.

Soutien à la grève nationale dans les CROUS le 4 février !

Communiqué de la fédération Solidaires Étudiant-e-s Syndicats de Luttes (SESL) en date du 19 janvier :

   Ce 4 février, la CGT du réseau des Œuvres Universitaires et Scolaires (CGT-CROUS) appelle à une journée de grève nationale face à la dégradation des conditions de travail des personnels ouvriers et administratifs des CROUS. Solidaires Etudiant-e-s Syndicats de Luttes soutient pleinement cette mobilisation.

   La diminution des subventions de fonctionnement des CROUS (10 millions cette année), le gel de postes et la diminution drastique du nombre de CDI avec le non remplacement des départs participent à la dégradation des conditions de travail des personnels. Tout cela se fait au détriment des missions de service public [1] des CROUS. Rappelons que pour nombre d’entre nous, étudiantEs, le CROUS est un service public qui nous aide financièrement (bourses sur critères sociaux, Fond National d’Aide d’Urgence) et matériellement (logements étudiants à bas loyers).

   En tant que syndicat étudiant, nous considérons que la situation inacceptable dont souffrent les personnels du CROUS et la réduction des subventions de fonctionnement affaiblit fortement le service public des Œuvres Universitaires et Scolaires. Alors que le Ministère annonce quelques mesures sur les aides sociales, il poursuit la politique du gouvernement précédent en matière de démantèlement progressif des missions de service public des CROUS, qui, loin d’être parfaites, restent nécessaires pour nombre d’entre nous.

 Solidaires des revendications salariales des personnels du CROUS, nous demandons notamment :

  • Des subventions de fonctionnement à hauteur des missions de service public des CROUS (restauration, logement, culture, aides sociales…).
  • La fin des gels de postes, l’intégration des personnels à un véritable statut de la Fonction Publique, et le recrutement de personnels titulaires nécessaires au service des étudiantEs, au bon fonctionnement des CROUS et à l’amélioration des conditions de travail des personnels.
  • Le retour à un financement paritaire (État/étudiantEs) du ticket RU et la construction massive de logements dignes, à bas loyers, gérés par les CROUS.

Tract de la CGT-CROUS :

tract_crous_4_fevrier_2014

Note :
[1] Lire Tom Thomas, Étatisme contre libéralisme ?, 2011 : « Lutter « pour la défense des services publics » reste surtout une lutte pour la défense des conditions de travail, des statuts juridiques particuliers de ces organismes. Si une telle lutte est légitime et nécessaire, elle n’en reste pas moins souvent de nature plus ou moins corporatiste, et comme toute lutte bornée au rapport salarial, seulement défensive, incapable d’empêcher à terme le capital d’imposer ses conditions. Or la caractéristique essentielle d’un service public (et toute activité devrait y répondre) est celle de sa qualité: qu’il s’agisse d’une activité voulue par le peuple en réponse à des besoins jugés par lui prioritaires, répondant qualitativement à ces besoins, et utilisant une quantité de travail contrôlée par lui de telle sorte qu’elle corresponde à la moyenne sociale.« 

Agression fasciste à l’arme à feu à Clermont-Ferrand

Communiqué de la fédération Solidaires Étudiant-e-s Syndicats de Luttes en date du 19 janvier :

Vendredi soir avait lieu à Clermont-Ferrand un concert de soutien aux personnes sans papiers, organisé par RESF (Réseau Éducation Sans Frontières), RUSF (Réseau Universités Sans Frontières) et l’Hôtel des Vil-e-s (association locale). Vers 23h, plusieurs individus sont arrivés en voiture, un homme en est sorti et a commencé à tirer sur les personnes rassemblées devant la salle, avec ce qui semblerait être un fusil à canon scié. 2 personnes ont été touchées et emmenées aux urgences par les pompiers. Heureusement, leur état n’est pas critique.

L’identité des agresseurs est depuis certifiée, et leur appartenance à l’extrême-droite clermontoise ne fait aucun doute.

Cette attaque, ici contre un concert de soutien aux sans-papiers, est la suite d’une longue séries d’agressions et menaces de la part de ces groupes, et dont ont été victimes des personnes non-blanches, des femmes voilées, des couples homosexuels, des militant-e-s politiques et plusieurs de nos camarades. Cela est encore une fois significatif des idées racistes, islamophobes, sexistes et homophobes de ces groupe fascistes. Ils s’inscrivent dans un contexte de montée d’idées réactionnaires, ces groupes n’ayant plus peur d’agir comme le prouvent ce genre d’actions.

En tant que syndicat étudiant défendant les droits et libertés de toutes et tous, nous ne pouvons que nous insurger devant de tels actes. Solidaires Étudiant-e-s Syndicats de Luttes appelle toutes les organisations et individu-e-s qui luttent pour une transformation sociale à se mobiliser contre la montée du fascisme.

La fédération Solidaires Étudiant-e-s apporte tout son soutien aux camarades blessé-e-s et aux militant-e-s clermontois-e-s dans leurs luttes contre le fascisme.

Nous rappelons encore une fois que nous ne nous laisserons pas intimider par ces attaques !

Solidaires Étudiant-e-s Syndicats de Luttes

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Appel à la marche du 7 décembre

Communiqué de la fédération Solidaires Etudiant-e-s Syndicats de Luttes en date du 30 novembre 2013 :

 

Il y a trente ans, 100 000 personnes manifestaient à Paris, concluant une Marche pour l’égalité et contre le racisme partie de Marseille pour dénoncer les crimes et discriminations racistes, les violences policières, et une campagne électorale marquée par la xénophobie et l’idéologie sécuritaire qui vit, comme à Dreux, des alliances avec le Front national.

Marche des beurs

Depuis trente ans, cette Marche fait l’objet de récupération politicienne, dévoyant son message originel au profit d’un antiracisme vidé de son contenu politique et coupé des réalités. Rien, ou presque n’a changé depuis : les gouvernements successifs des partis majoritaires de droite et de gauche ont au contraire repris à leur compte les idées de l’extrême droite, et sont venus renforcer le climat raciste, sexiste et élitiste, par leurs discours et par les politiques qu’ils continuent à appliquer. Le gouvernement « socialiste » au pouvoir aujourd’hui s’inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs, en enfermant et expulsant les immigré-e-s à qui l’on refuse de donner des papiers, en stigmatisant les Rroms, les musulman-e-s ou les habitant-e-s des quartier populaires, et en appliquant scrupuleusement une politique libérale qui vient accroître toujours plus les inégalités.

Après le meurtre de notre ami et camarade Clément, qui s’est fait tuer parce qu’il a fait le choix de rejoindre celles et ceux qui luttent sans compromissions contre une société raciste, sexiste, homophobe et inégalitaire, ce gouvernement a annoncé à grand renfort de communication médiatique la dissolutions purement symbolique de groupuscules d’extrême-droite. Nous ne sommes pas dupes de cette nouvelle instrumentalisation, alors que le 6 juin, lendemain du meurtre de Clément, la police organisait une rafle sans précédent visant les sans-papiers dans le quartier populaire de la Goutte d’Or à paris. Ni les meurtres, ni les agressions quotidiennes ne sont venus bousculer le confortable immobilisme de celles et ceux qui, par leur silence, renforcent la confiance grandissante des fascistes, qui du FN à Troisième Voie, sont de plus en plus présents dans l’espace médiatique et, surtout, dans la rue.

On ne combat pas l’extrême-droite et ses idées avec des mots mais avec des actes.

Il est donc urgent de reprendre la rue, nos droits et notre confiance. Trente ans après la marche pour l’égalité et contre le racisme, ses mots d’ordre sont plus que jamais d’actualité : montrons notre opposition à un état et une police raciste, à la marginalisation et à la stigmatisation des minorités, à une société de plus en plus inégalitaire et à la banalisation de l’extrême droite. Soyons toujours plus nombreux-se-s à nous lever face aux injustices et aux inégalités que nous observons et subissons, à être solidaires les un-e-s des autres, à rejoindre les initiatives portées par celles et ceux qui se battent pour leurs droits et leur dignité.


Rappelons leur en défilant à Paris le samedi 7 décembre que s’ils sont puissants, nous sommes déterminé-e-s.

Solidarité avec les mouvements progressistes en Inde

Communiqué de la fédération Solidaires Etudiant-e-s Syndicats de Luttes en date du 23 novembre 2013 :

Depuis cet automne, le gouvernement fédéral indien a lancé une nouvelle vague de répression contre le mouvement démocratique qui se développe dans les universités du pays.

Mouvement étudiant IndeLa capitale New Delhi est particulièrement visée, puisqu’elle est considérée comme un enjeu stratégique, un centre du pouvoir que la contestation ne doit pas toucher. Dans ce contexte les militantEs pour les droits démocratiques osant se lever contre l’injustice et la misère dans la soi-disant « plus grande démocratie du monde » se retrouvent en première ligne, et paient souvent de leur liberté (quand ce n’est pas de leur vie) leur engagement.

Ainsi, en septembre, c’est le professeur progressiste G.N. Saibaba qui a été perquisitionné et qui fait l’objet d’une campagne de harcèlement de la part des forces de répression pour ses activités. Ce n’est que le dernier d’une longue liste, puisqu’il a lui-même été ciblé en raison des aveux (probablement extorqués sous la torture) de l’étudiant Hem Mishra, condamné à une lourde peine de prison en raison de son engagement. Celui-ci est membre du Comité pour la libération des prisonniers politiques, et étudiant à l’université Jawaharlal Nehru.

Rappelons que des milliers de prisonnierEs politiques, et parmi eux des militantEs étudiantEs, croupissent dans les geôles indiennes, et que la torture ainsi que les assassinats de syndicalistes y sont courants.

Nous exprimons par ce communiqué notre solidarité avec les mouvements populaires progressistes en Inde et demandons la libération de G.N. Saibaba et des autres prisonniers et prisonnières détenus pour leur engagement.