BOURSIER.E.S, LE CROUS VEUT VOTRE THUNE : QUELQUES RÉFLEXES D’AUTODÉFENSE

Article de Solidaires Étudiant-e-s Lyon paru dans le journal Un Pavé Dans Ta Fac n°5 !

Cette année, pour la première fois, le CROUS cherche à effectuer deux contrôles d’assiduité des étudiant.e.s boursier.e.s dans l’année.

Affiche fédérale salariat étudiant nuit gravement à nos étudesEn clair, avant cette année, les contrôles avaient lieu (pour raisons budgétaires) juste une fois l’an, par l’envoi d’un questionnaire aux universités après le premier semestre. Les étudiant.e.s non-assidu.e.s étaient alors signalé.e.s et on leur réclamait le remboursement des versements du CROUS. Celles et ceux qui décrochaient après cette période passaient à travers les mailles, du moins jusqu’à ce qu’on leur demande de présenter, pour une démarche administrative quelconque, un relevé de notes.

Aujourd’hui -en l’absence de thunes pour payer les personnels administratifs, les vacataires, et les personnels de ménage-, on a enfin trouvé le budget pour vous contrôler deux fois plus ! Des questionnaires seront donc comme d’habitude envoyés aux facs après le premier semestre MAIS PROBABLEMENT AUSSI après le second semestre.

Face à ça, quelques réflexes d’autodéfense s’imposent :

  • Affiche fédérale organisons-nous PugracripoEssayer de négocier avec le/les chargé.e.s de TD, afin qu’ils ne vous notent pas absent.e en cours et vous préviennent pour passer les examens (ou conviennent avec vous d’autres modalités d’examen).
  • Se mettre le doyen et/ou le secrétariat de votre département dans la poche : lors du renvoi des questionnaires au CROUS, les déclarations des facs font foi et, à moins que vous n’ayez ultérieurement à présenter à nouveau un relevé de notes (alors on pourra éventuellement se rendre compte du contournement), on ne vous demandera pas de rembourser.
  • S’organiser collectivement pour obtenir des DISPENSES D’ASSIDUITÉ, y compris pour les étudiant.e.s boursier.e.s : à quelques-uns dans le même UFR, on peut avoir le rapport de force face au secrétariat, et obtenir la dispense salvatrice (par contre il faut se présenter aux examens terminaux).

En tout état de cause, en cas de pépin par rapport aux bourses, n’hésitez pas à contacter le syndicat LE PLUS TÔT POSSIBLE : tant que le dossier n’est pas sorti de la fac, c’est encore négociable (une fois transmis au CROUS, en général on peut juste négocier un échéancier) [1]. Pour beaucoup d’entre nous, garder cette thune est une simple question de survie : ça ne se légitime pas, ça ne se négocie pas.

Face à ceux qui rognent sur nos conditions de vie, on lutte, on s’organise !

[1] En particulier les boursier.e.s qui recevraient un ordre de reversement (= rembourser la thune), parce qu’ils ont été absents à un examen, doivent tenter par tous les moyens de justifier de leur absence afin d’obtenir un rectificatif d’assiduité. Si c’est impossible, on peut toujours essayer de prouver l’assiduité en cours jusqu’en décembre pour transformer un reversement total en reversement sur deux mois.

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Loi Macron, loi des patrons !

La loi Macron est un ensemble de mesures qui vise à déréglementer de nombreuses règles relatives au commerce, au droit des sociétés, au droit du travail, du transport, des professions réglementées (avocats, notaires, etc.). Elle prévoit également plusieurs privatisations et autorise le gouvernement à simplifier par ordonnance les procédures d’autorisation et d’enquête publique pour les projets de construction ayant une incidence environnementale… Elle se décline autour de trois « chapitres » : « Libérer l’activité », « Investir », « Travailler ». Il est donc impossible en quelques lignes d’en faire une lecture critique exhaustive. Nous nous limitons pour notre part à relever les principales conséquences de cette loi en matière de droit du travail dans le tract téléchargeable en bas de cette page.

Certaines dispositions prévues dans l’avant-projet de loi ont disparu du projet de loi présenté le 10 décembre 2014 en Conseil des ministres, notamment la réforme de la médecine du travail, qui sera incluse dans une loi sur la santé au printemps.

Enfin, cette loi ne peut se comprendre sans son pendant « dialogue social » en cours, le gouvernement ayant « invité » les partenaires sociaux à négocier sur les institutions représentatives du personnel dans les entreprises, la négociation devant s’achever en janvier 2015. Au menu de cette négociation contrainte : la disparition des délégués du personnel et du comité d’entreprise au profit d’un Conseil d’entreprise, la suppression des CHSCT au profit d’une simple commission hygiène-sécurité, la « simplification » des négociations et consultations des représentants du personnel…

Plus que jamais, il est nécessaire de se mobiliser pour défendre le droit du travail !

Télécharger et lire le tract :

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La présidence étouffe les associations !

Les temps sont durs ;  après les personnels privés de congés, les vacataires sans contrats, les étudiants sans chaises, les associations de l’université en font les frais. Coup sur coup, deux mesures de la présidence viennent entraver leur fonctionnement régulier : un durcissement des conditions d’attribution des subventions, et un plan de ré-attribution des locaux. Et l’ensemble des associations pour l’instant titulaires de locaux sont menacées par le nouveau plan, qui prévoit que seules les associations représentatives -élues à un conseil quelconque- puissent de droit bénéficier d’un local.

pendu nbCes mesures ne sont pas surprenantes : elles s’imbriquent dans la suite logique des mesures d’austérité. Les restrictions budgétaires et les orientations politiques générales impactent directement le tissu associatif. C’est depuis le processus de privatisation des facs que l’université est propriétaire de ses locaux et doit en faire un usage à « bon escient ». Bon escient ? À savoir : en lieu et place de leur occupation par des associations, louer ces salles, ou y organiser de la formation continue payante, source de revenus supplémentaires.

La complexification nouvelle des dossiers de subvention (elle date de cette année) permet à l’université de se conserver quelques bas de laine : les rallonges budgétaires tardant, les dotations de l’État en berne (20% de baisse sur le dernier trimestre 2014, menaçant directement les paies des personnels administratifs), l’université puise allègrement -quoique illégalement- dans le FSDIE, un fond destiné à soutenir les initiatives étudiantes et à aider les étudiants les moins favorisés.

Au-delà de l’aspect simplement économique, il n’est pas étonnant qu’en période de crise la présidence cherche à garder le contrôle sur l’expression au sein des campus. Il y a une portée répressive à l’évacuation des lieux de réunion. La présidence a ainsi donné huit jours à Solidaires Étudiant-e-s et deux autres associations pour évacuer leurs locaux de Bron. La nouvelle mode des subventions est aussi une modalité de contrôle : aux anciennes subventions de fonctionnement, qui servent de droit au fonctionnement régulier des associations, se sont substituées des subventions par projet, difficiles à justifier. Elles permettent à l’université un contrôle direct sur les projets qu’elle sélectionne.

Face à ces attaques, nous appelons l’ensemble des associations du campus à s’organiser pour obtenir :

  • Un local par association, par campus si nécessaire
  • Un retour aux anciennes procédures de subvention

Les associations dites représentatives ont d’ores et déjà été convoquées à une réunion qui se tiendra sans la majorité des associations, le 10 décembre, pour discuter avec le vice-président en charge du patrimoine du nouveau plan d’attribution des locaux.

Nous invitons l’ensemble des associations à s’inviter à cette réunion, pour refuser le dialogue entre pseudo-organisations représentatives et inverser le rapport de force pour faire valoir nos revendications.

Ils nous acculent, on les bouscule ! Journée d’action jeudi 20 novembre à Lyon 2

Lyon 2 Lutter ou subir il faut choisir 2

À Lyon 2, une Assemblée Générale a réuni une centaine de personnes de tous horizons. Nous avons discuté de la dégradation des conditions d’étude et de vie, des violences policières et de la répression. En effet, après l’annonce de l’amputation de 20% des dotations aux universités pour le dernier trimestre 2014 (soit 350 millions d’euros), et sachant qu’aujourd’hui déjà, Lyon 2 coupe les vivres aux différents départements, il est urgent d’agir.

De plus, suite à la mort de Rémi Fraisse, de nombreuses personnes protestant contre les violences policières lors de manifestations ont été violentées, arrêtées et condamnées (notamment, sur Lyon, à 6 mois ferme et 9 mois de sursis pour avoir lancé une canette). En conséquence, nous avons décidé de nous organiser pour établir un rapport de force. Nous soutenons toutes les facs et lycées en lutte, notamment Rennes, Toulouse, Nantes, Paris…

Nos revendications ont été votées :
  • Titularisation des vacataires,
  • TD à 30 maximum,
  • Refus de la gestion des services de ménage et informatique par des entreprises extérieures à l’Université,
  • Abolition de la sélection sociale à l’Université,
  • Abandon des charges et poursuites à l’encontre des personnes arrêtées dans le cadre de la manifestation contre les violences policières,
  • Désarmement et dissolution de la police.

 

La journée d’action a été actée pour jeudi 20 novembre, le jour des élections du CROUS. Ces élections n’ont pas de sens dans le contexte actuel de crise au sein de l’Université et de la société en général. Faisons entendre nos revendications directement, et non pas par des élus sur des taux de participation ridiculement bas !

Rendez-vous ce jeudi pour faire entendre une autre voix que celle des urnes !

Programme de la journée au campus de Bron :

  • Stand crêpes toute la journée en face de la MDE, en soutien aux personnes arrêtées lors de la manifestation du 6 novembre contre les violences policières.
  • Bouffe/boissons à prix libre à partir de 19h en Amphi G
  • Projections/débats à partir de 20h en Amphi G

 

 

Agenda du mois de novembre !

➢ Mardi 18, 19h place du Pont : Manifestation contre les violences policières.
➢ Samedi 29, 14h place Jean Macé : Manifestation contre la tenue du Congrès du FN sur Lyon.

JOURNÉE D’ACTION JEUDI 20/11

FAISONS ENTENDRE NOS VOIX !

 

Le comité de mobilisation réuni à Lyon 2 ce lundi

P.-S.

Page facebook : Université Lyon 2 en lutte

Plus d’infos sur Rebellyon.info !

Le rôle de l’université dans la société capitaliste

Texte d’analyse sur le rôle des universités dans la société capitaliste et sur la loi Fioraso publié dans le premier numéro du journal de Solidaires étudiant-e-s – Syndicat de Lutte Lyon « Un pavé dans ta fac ! »

affiche_esr copie l'université est une entreprise capitaliste

Les universités, comme toutes les composantes de la société, connaissent également des réformes et restructurations visant à l’amener à mieux servir les intérêts dominants.

En effet, pour survivre, le système capitaliste a besoin en permanence de réaliser plus de profits et pour cela de croissance. Mais aujourd’hui, arrivé à un tel niveau de développement, les sources de croissance potentielle sont rares. C’est là notamment qu’interviennent les universités.

Ainsi, loi Fioraso contre laquelle nous nous sommes battu-e-s (et que nous continuerons de combattre malgré la répression) imposée l’année dernière, vise globalement à orienter davantage « l’effort national » de recherche publique à des fins de satisfaction des intérêts des capitalistes français, cela dans l’objectif de favoriser les « innovations » capables de « relancer la croissance ». Les Universités, établissements d’État, se voient ainsi confiées comme mission de service public la production de ces connaissances, capables d’être transformés en « innovation » par les entreprises françaises.

Former une main-d’œuvre docile pour faire marcher l’économie

Ainsi, un des axes principaux des différentes réformes universitaires, et notamment de la loi Fioraso est de « redéfinir l’offre de formation », c’est-à-dire faire davantage correspondre l’offre de formation aux intérêts du patronat local.
Pour cela, le pouvoir des personnalités extérieures (représentants du patronat, dirigeants d’entreprises, élus) dans les instances décisionnelles est renforcé. Ainsi, ces personnalités peuvent faire valoir au mieux les intérêts qu’elles défendent en ayant un droit de regard sur le contenu des formations. Le but est toujours de conformer davantage la formation de la main-d’œuvre aux exigences du patronat. Ainsi, il faut acquérir certaines compétences, afin d’être compétitif et pour cela employable. Il faut savoir développer et valoriser notre « capital humain »…

La propagande dominante est par ailleurs toujours plus présente dans nos cours : « esprit d’entreprise », « entreprenariat », « flexibilité », « flexisécurité », « adaptabilité », « apprendre à se vendre », etc. Il s’agit de former une main-d’œuvre, non seulement employable, docile, mais également de légitimer idéologiquement un système économique et social assassin, injuste et inégalitaire auprès de ceux et celles qui seraient en principe destiné-e-s à devenir une main-d’œuvre plus ou moins encadrante.

Des cursus professionnalisés

Une formation utile ou « de qualité » pour le patronat passe par ailleurs par davantage de « professionnalisation » des cursus. Cela consiste essentiellement dans la généralisation des stages dans les cursus (auxquels il faut ajouter quelques modules où l’on apprend à se vendre, à se comporter, à faire un CV, à rechercher un stage, bref où on apprend à se conformer aux attentes des maîtres). Les stages, en plus de constituer du travail gratuit ou quasi gratuit qui permet aux entreprises de profiter d’une main-d’œuvre docile, précaire et corvéable, permettent de faire pression à la baisse sur les salaires en mettant en concurrence chômeurs, travailleurs, étudiants stagiaires et ainsi de tirer vers le bas les conditions de rémunération et de travail pour tous.

L’objectif étant toujours le même : former la main-d’œuvre pour les nécessités de l’appareil productif afin de réaliser un maximum de profits. Toute recherche ou enseignements qui ne seraient pas utiles au capital sont ainsi progressivement condamnés à disparaître.

Autre application concrète de la marchandisation des savoirs : la fusion de plusieurs centres d’enseignement supérieur.

Mutualisation des services et suppressions de formations

En effet, pour satisfaire les intérêts du patronat, les universités et établissements d’enseignement supérieur vont fusionner, et se regrouper sur une plus grande entité territoriale en une Communauté d’Universités et d’Établissements (COMUE). Cela, dans un contexte de restrictions budgétaires permet de réaliser des économies par la « mutualisation » de certains services et la suppression des formations dîtes « doublons ». Ainsi, du personnel va être licencié ou non remplacé, le personnel restant en poste voyant sa charge de travail toujours plus augmentée, et les conditions dans lesquelles le réaliser toujours plus dégradée.

De plus, la suppression de formations (licences, masters) conduit à limiter davantage encore les « capacités d’accueil », alors même que de nombreux-euses étudiant-e-s se voient déjà refuser l’inscription à l’université sous ce motif. Enfin, la « redéfinition de l’offre de formation » contraint par ailleurs les étudiant-e-s de s’éloigner davantage du domicile familial pour étudier et constitue ainsi une barrière supplémentaire – bien souvent infranchissable pour les étudiant-e-s issu-e-s des familles précaires -qui ne peuvent financer logement et déplacements.

Bref, comme ailleurs, ces réformes conduisent à dégrader les conditions d’études, de travail et de vie ; c’est à dire des conditions d’existence de la majorité d’entre nous : personnel de l’université, ou étudiant-e-s.

La recherche et la formation, si elle est réalisée et financée par de l’argent public – c’est-à-dire par tout le monde- coûte ainsi finalement moins cher aux entreprises.

Une autre possibilité existe pour réduire le coût de formation de la main-d’œuvre : ce serait d’élever les frais de scolarité à l’inscription à l’université. Cette option est déjà existante dans de nombreux pays, et le contexte de crise et de restrictions budgétaires a conduit de nombreux pays à y recourir (Québec, Grande Bretagne, Italie, etc) avec plus ou moins de réussite, il faut le dire, au vu des importantes luttes qui s’y sont opposées.

L’accès à l’université et à l’enseignement supérieur étant déjà de fait réservé à une minorité, l’augmentation des frais d’inscription constituerait une barrière supplémentaire, qui serait infranchissable pour les enfants issus de milieux populaires.

Nous n'aurons que ce que nous saurons prendre

Laissons à présent parler MEDEF, présidents d’université et le gouvernement :

Dans un communiqué récent sur son site, le MEDEF nous résumait le rôle assigné aux universités et leurs objectifs, et donc par conséquent le sens des différentes réformes à l’œuvre en se félicitant du renforcement de ses liens avec la CPU (la Conférence des Présidents d’Universités) regroupant tous les présidents d’universités.

Ainsi, pour Pierre GATTAZ, président du MEDEF :

« Aucun pays n’a réussi à construire ou reconstruire une croissance durable sans ses universités. L’innovation est un levier fondamental de la compétitivité et, plus que jamais, les universités françaises doivent accompagner l’émergence d’écosystèmes créatifs, c’est-à-dire un terreau fertile pour la créativité dont nos entreprises ont besoin pour se développer. Le MEDEF et la CPU partagent le souci de rendre plus lisible et plus accessible le système d’enseignement supérieur, notamment aux PME-PMI, et sont résolus à agir ensemble pour faciliter tout projet de fertilisation croisée entre les milieux professionnels et académiques. »

Pour Jean-Loup SALZMANN, président de la CPU :

« Notre pays possède tous les atouts pour rester parmi les nations qui comptent, dans les 20 prochaines années. Nos universités et nos entrepreneurs sont les acteurs de ce défi : nous formons dès aujourd’hui les professionnels de demain, et continuerons à leur permettre d’acquérir de nouvelles compétences, tout au long de leur vie. Le rôle de l’Université, c’est également la recherche, l’innovation et le transfert de technologie : grâce aux liens forts avec les entreprises, nous pouvons être leaders dans les domaines clés de l’économie de demain, comme le numérique ou la transition énergétique. Enfin, nos universités incitent, forment à l’entrepreneuriat : donnons-nous le goût de la création, de la conduite de projets, de l’initiative ! L’Université aime l’Entreprise, et l’Entreprise aime l’Université ! »

Dans son discours à l’université d’été du MEDEF fin août, Manuel Valls, premier ministre n’exprimait rien de différent :
« Les entreprises bénéficient des infrastructures construites par les collectivités ou l’État, de la main-d’œuvre locale formée dans nos écoles, nos universités, de l’environnement économique structuré par les élus. »

Par cette phrase du premier ministre, l’État rappelle bien qu’il n’est pas un arbitre qui serait neutre mais qu’il se place clairement du côté du capital. L’État prouve ainsi qu’il ne vise que la satisfaction des intérêts de la bourgeoisie, de ses capitaux, de ses entreprises. Notre solution ne passe donc pas par un « réengagement » de l’État au sein des universités. L’État est déjà présent au sein des universités : les universités de plus en plus hérétiques aux classes populaires, les universités qui dénoncent les sans papiers à la préfecture et répriment les mouvements syndicaux, c’est déjà l’État.

En somme État, patronat, présidents d’universités, partagent les mêmes intérêts : restructurer l’université publique pour la réduire à la recherche et à la formation au service des entreprises.

Par conséquent, notre intérêt, c’est-à-dire celui de la majorité de l’humanité, s’oppose aux profiteurs de ce système. Nos intérêts sont irréconciliables. Affirmer cela, c’est affirmer qu’il n’y a rien de négociable.
Autrement dit, il n’est pas question pour nous d’aménager l’exploitation : on s’organise, on la combat !

Et à présent, qu’est-ce qui va se passer ?

La crise c'est eux la solution c'est nousLe MEDEF annonçait récemment déjà les prochaines étapes : réaménager les 35h (d’autres en parlent plus franchement, il s’agit de repasser aux 39h payées 35) ce serait la baisse du salaire direct qui cette fois serait recherchée. Pour le MEDEF, il s’agit surtout semble-t-il de disposer de nouvelles possibilités pour flexibiliser la main-d’œuvre, c’est-à-dire pouvoir l’adapter au mieux à ses besoins : faire travailler moins si pas de ventes, surcharger de travail en sens inverse…). Le MEDEF voudrait également baisser le SMIC des chômeurs de longue durée : faire payer une partie du salaire par les subventions publiques, cela revient moins cher aux entreprises ; supprimer plusieurs jours fériés ; « simplification du code du travail » (suppression de droits pour les salariés) ; gel ou suppression des seuils sociaux (idem).

Si l’on fait aujourd’hui ce constat, ce n’est pas pour démoraliser ; mais bien pour exposer l’absence de choix qui nous est de toute façon laissé.
Parce que nous voulons vivre, nous n’avons pas d’autre choix que nous opposer à tous les niveaux à cette politique capitaliste de privatisation de l’université et d’exploitation des travailleurs-euses.

Car finalement, on le voit bien : c’est eux, ou nous ! Soit nous subissons et leurs privilèges seront préservés mais nos vies dévastées ; soit nous nous battons et leurs privilèges seront supprimés et nos conditions d’existence seront améliorées. La négociation n’est pas une solution, seule la lutte est une option !

Pour cela, nous devons nous regrouper, apprenti-e-s, étudiant-e-s, salarié-e-s, précaires, chômeurs-euses, sans papiers, afin de nous organiser et avancer ensemble pour mener les batailles décisives. Isolé-e-s, nous n’avons d’autre choix que de nous soumettre davantage ; Uni-e-s nos perspectives sont différentes et la reprise en main de nos vies est possible.

La bourgeoisie et les dirigeants ne cessent de clamer leur unité derrière les termes d’union sacrée et d’unité nationale. À nous maintenant de nous unir, et faire face avec nos frères et sœurs d’ici et d’ailleurs.

UNI-E-S, NOMBREUX-EUSES, ORGANISÉ-E-S, RIEN NE POURRA NOUS ARRÊTER !

Contact : FSE Lyon / Université Lyon 2 en lutte

À Lyon 2, malgré la répression, le combat continue !

Communiqué de Solidaires Étudiant-e-s Lyon :

Nous étions plus d’une cinquantaine réuni-e-s ce lundi 8 septembre au tribunal correctionnel de Lyon pour assister à la lecture publique du verdict du procès de trois étudiant-e-s syndicalistes de Lyon 2. Nos camarades étaient inculpé-e-s suite à la mobilisation des étudiant-e-s et des personnels en novembre 2013 sur l’université, au cours de laquelle un conseil de la présidence avait été perturbé. Le délibéré est tombé : 3 mois de prison avec sursis pour Myriam, 6 mois de prison avec sursis pour Vincent et 4 350 euros d’amendes, dommages et intérêts et remboursement des frais d’avocat pour 2 agents du service de sécurité incendie de l’université plaignants et les agents de la BAC ; soit la peine maximale requise. La troisième camarade a été relaxée. Nous allons discuter avec notre avocat de la possibilité de faire appel.

La sévérité du verdict s’explique par le fait que la juge ait strictement appliqué les réquisitions du procureur qui rappelaient lors du procès le caractère politique de l’inculpation. Rappelons également que Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, avait le soir même de l’intervention des forces de l’ordre sur le campus soutenu publiquement la répression.

Les interpellations n’avaient alors pas été faites au hasard. Elles étaient ciblées et réalisées sur ordre de plusieurs  agents du service de sécurité incendie dont certains acceptent de collaborer avec des membres du renseignement intérieur présents pour l’occasion sur les campus.

La présidence, par l’intermédiaire des agents de sécurité incendie, a désigné ce qu’elle considère comme les « leaders » du mouvement étudiant, en représailles de leur présence syndicale active quotidiennement sur les campus.

En effet, sur les 6 interpellé-e-s, 4 étaient organisé-e-s au sein du syndicat FSE/Solidaires étudiant-e-s et les 3 inculpé-e-s sont tous syndiqué-e-s. Quant aux condamné-e-s, il s’agit de Myriam, secrétaire générale de section, et Vincent, alors élu étudiant au Conseil d’Administration de Lyon 2.

Ainsi, d’une main, la présidence envoie les forces de l’ordre sur les campus pour déloger les étudiant-e-s et personnels en lutte, provoquant des gardes à vue pour ceux qu’elle croit pouvoir identifier comme des « meneurs/meneuses ». De l’autre, elle utilise son pouvoir de communication pour donner sa version mensongère des « faits » à 30 000 étudiant-e-s et personnels, pour désigner nos camarades comme « violent-e-s », parce qu’ils/elles se sont donné-e les moyens de porter leurs revendications dans un conseil où la Présidence entendait justifier sa politique de dégradation des conditions de vie de la majorité d’entre nous.

Mais la répression ne nous arrêtera pas !  La précarisation de nos conditions de vie et de travail, le triste sort qui nous est réservé dans le système capitaliste ne nous laisse d’autre choix que de lutter ! C’est uniquement dans l’union et la solidarité interprofessionnelle que nous pouvons gagner, seule l’organisation à la base nous permettra de reprendre en main nos vies !

Aujourd’hui, l’État et la présidence en s’acharnant sur 2 de nos camarades voudraient dissuader les précaires de s’organiser pour lutter. Au contraire nous devons être plus solidaires et nombreux que jamais pour continuer la lutte avec les camarades inculpés ! 

La présidence, soucieuse de conserver son hégémonie, cherche à diviser le front des précaires dont les personnels de sécurité incendie font partie intégrante. Loin de nous laisser enfermer dans le jeu d’une opposition stérile entre étudiants et personnels, et conscient-e-s que la lutte ne se gagne que dans l’union de classe, nous œuvrons et appelons à la  construction d’un vaste mouvement inter-professionnel.

Nous faisons un appel large à la solidarité des organisations syndicales et politiques pour nous soutenir financièrement (chèque à l’ordre de SOLIDAIRES Rhône, à envoyer au 125 rue Garibaldi 69006 LYON).

Malgré la répression, la résignation n’est pas pour nous une option !

Solidarité avec nos camarades !

Rejoignez la lutte !

Pour pouvoir gagner, nous n’avons pas d’autre choix -étudiant-e-s, salarié-e-s, personnel, précaires, chômeurs- que de nous regrouper et de nous organiser à la base, syndicalement, en comités, en collectifs, en assemblées générales, afin de reprendre nos vies en main !

Solidaires Étudiant-e-s Syndicat de Lutte Lyon (ex-FSE)

Facebook : FSE Lyon

 photo procès 1

LRU, loi Fioraso, dégradation des conditions d’études, de travail et de vie : pourquoi nous nous battons ?!

Les lois LRU et Fioraso constituent des réformes visant à restructurer l’université. La logique et les principales conséquences de ces réformes sont :

=> « redéfinir l’offre de formation » : c’est-à-dire regrouper diverses universités d’une grande échelle territoriale en une Communauté d’Universités et d’Établissements (COMUE). Ainsi, en fusionnant les établissements, elle supprime les formations « doublons ». Cela conduit tout simplement à supprimer des postes, c’est-à-dire licencier ou ne pas remplacer le personnel, réaliser des économies, et réduire les « capacités d’accueil », alors même que de nombreux étudiants se voient déjà refuser l’inscription à l’université sous ce motif. Cela renforce ainsi la sélection à l’entrée de l’université.

La « redéfinition de l’offre de formation » contraint ainsi les étudiants de s’éloigner davantage du domicile familial pour étudier et constitue ainsi une barrière bien souvent infranchissable pour les étudiants issus des familles précaires qui ne peuvent financer logement et déplacements.

=> La privatisation de l’université c’est également le renforcement du pouvoir des personnalités extérieures (représentants du patronat, dirigeants d’entreprises, élus)  dans les instances décisionnelles. Ainsi, ces personnalités peuvent faire valoir au mieux leurs intérêts en ayant un droit de regard sur le contenu des formations. La loi vise en effet à conformer davantage la formation de la main d’œuvre aux exigences du patronat. La propagande dominante est toujours plus présente dans nos cours : « esprit d’entreprise », « flexibilité », « flexisécurité », « adaptabilité », « apprendre à se vendre », « valorisation des compétences » etc. Bref, il s’agit de former une main d’œuvre, non seulement « employable », docile, mais également de légitimer idéologiquement un système économique et social assassin, injuste et inégalitaire.

=> « Professionnalisation » des cursus : de plus en plus le savoir à l’université se doit d’avoir une utilité marchande, l’université n’est plus un lieu de savoir mais de formation de travailleur-euse-s malléables. Ce procédé est à l’œuvre par exemple avec la généralisation des stages dans les cursus. Ceux-ci constituent du travail gratuit ou quasi gratuit qui permet aux entreprises de profiter d’une main d’œuvre docile, précaire et corvéable. Cela permet de faire pression à la baisse sur les salaires en mettant en concurrence chômeurs, travailleurs, étudiants stagiaires et de tirer vers le bas les conditions de rémunération et de travail pour tous.

Le « problème du chômage » est insoluble au sein du système capitaliste. Les capitalistes, devant la nécessité d’accroître leurs profits afin d’affronter la concurrence ont en effet développé des capacités productives énormes intégrant d’importantes connaissances technologiques et scientifiques (machinisme, mécanisation etc.) qui réduisent aujourd’hui la quantité de travail humain nécessaire pour la production à presque rien. Au lieu de nous libérer, nous sommes nombreux à voir nos vies et celles de nos proches se faire voler au travail, ou à essayer de le trouver, lui qui n’existe pas..

 

=> La loi vise globalement à orienter davantage « l’effort national » de recherche publique à des fins de satisfaction des intérêts des capitalistes français afin de favoriser les « innovations » capables de « relancer la croissance ».

C’est chaque jour ce système inhumain, barbare, meurtrier et destructeur qu’ils essaient de faire survivre en cherchant, au prix de nos conditions de vies – ou de nos vies tout court – à restaurer la « croissance » objectif auquel on voudrait continuer de nous faire adhérer et de nous associer contre l’humanité…

Si isolés nous n’avons d’autre choix que de nous soumettre davantage afin d’espérer avoir peut-être une place qui nous permette de vivre ou de survivre, collectivement, nos perspectives sont différentes et un avenir meilleur pour tous est possible.

Résolument, nous choisissons de lutter et de nous organiser afin de pouvoir gagner !

Solidarité avec les cheminots !

 

En tant qu’étudiant-e-s nous voulons adresser notre soutien à la lutte des cheminots contre la réforme ferroviaire. Celle-ci, visant à ouvrir à la concurrence le réseau ferroviaire afin d’accroître et de privatiser les profits par la dégradation des conditions de travail des agents en les alignant par le bas.

Cette attaque, durement soutenue -comme  toujours- par les médias dominants – qui ne veulent voir que les  conséquences immédiates pour quelques passagers « pris en otage » de la  grève, comme ils disent, sans jamais donner la parole aux grévistes,  sans jamais expliquer les réelles causes de la lutte – se fait au prix des droits sociaux des travailleurs, droits acquis par la lutte, ainsi qu’au prix de la sécurité des usagers (le déraillement de Brétigny-sur-Orge en 2013 ayant entraîné la mort de plusieurs personnes et fait de nombreux blessés ayant pour cause les  choix opérés par la direction de la SNCF de ne pas investir dans  l’entretien du réseau afin d’accroître les profits)

Par conséquent, en tant que travailleur en formation nous partageons les mêmes ennemis que les cheminots : le patronat et ses serviteurs, le gouvernement -qu’il soit de gauche ou de droite. Ce sont ces mêmes gouvernements, ce même patronat qui dégradent nos conditions d’études, en réduisant les budgets, qui dégradent les conditions de travail des agents de l’université en augmentant la charge de travail, en usant de contrats toujours plus précaires; qui privatisent l’université (à travers les lois LRU et Fioraso notamment), rendant son accès -et la possibilité de s’y maintenir- pour les enfants des classes populaires toujours plus difficile.

La réforme ferroviaire aura de plus des conséquences directes sur les étudiant-e-s. En  effet, nombre d’entre nous sommes usagers-ères de la SNCF, bien souvent contraints pour pouvoir poursuivre notre formation de nous éloigner de nos proches (formations de plus en plus restreintes par la dernière loi Fioraso visant faussement à « harmoniser l’offre de formation » en supprimant tout simplement des filières « doublon » en fusionnant et restructurant l’offre de formation sur une aire géographique agrandie). L’augmentation  des tarifs de transports et la baisse de l’offre touchera donc inévitablement les étudiant-e-s les plus précaires. 

Nous appelons donc les étudiant-e-s à ne pas se laisser embobiner par la propagande anti-grève des médias et du patronat, qui n’hésite pas à faire passer les cheminots pour des « privilégiés »! ou encore les responsables de la dette de la SNCF, ces médias ne font que défendre les seuls et réels privilégiés de notre société: les actionnaires, les bourgeois et les rentiers. Les droits des cheminots désignés à la vindicte réactionnaire ne sont que des acquis sociaux obtenus par la lutte et les vrais responsables de la dette de la SNCF sont le patronat (qui fait des milliards de bénéfices et qui détruit les acquis des travailleurs pour accroître ses profits) et le gouvernement (qui se désengage du financement du service public).

Enfin, nous sommes conscient-e-s que aujourd’hui pour faire reculer le gouvernement, l’ensemble des secteurs qui subissent les attaques du gouvernement doivent s’unir.

 

Pour ces raisons nous adressons notre entière solidarité à la lutte des cheminots et appelons l’ensemble des étudiants à soutenir leur grève, en participant à leurs actions, en les soutenant sur les piquets de grève. (gare de Perrache pour Lyon)

 

L’université est une entreprise capitaliste !

Communiqué de la liste Fédération Syndicale Etudiante et étudiant-e-s mobilisé-e-s relatif aux élections les 26 & 27 février prochains des soi-disant « représentants étudiants » aux conseils centraux de l’université Lyon 2 (vous trouverez notre profession de foi ici) :

Chaque jour les effets de la crise du système capitaliste se font toujours plus sentir.

En France, l’arrivée au pouvoir du Parti « Socialiste » (au socialisme parti) n’a pas, malgré les illusions entretenues, engendré un quelconque changement de politique. Bien au contraire, le PS a pu profiter de son étiquette de gauche pour accélérer les politiques de casse sociale mises en place par la droite.

Avec la complicité des « partenaires sociaux » aux ordres, la majorité « socialiste » a amplifié le saccage du droit du travail avec la transcription de l’Accord National Interprofessionnel l’an dernier, exigeant toujours plus de sacrifices des travailleurs (mobilité forcée, baisse des salaires et augmentation du temps de travail). Mais ce n’est pas tout : augmentation de la durée de cotisation à 44 annuités -d’où la baisse mécanique des pensions, la moyenne des cotisations validées étant de 37 ans- avec la dernière réforme des retraites, rétablissement de la dégressivité des allocations chômage qui se profile à l’issue des négociations Unedic en cours… À la détérioration des conditions d’accumulation de plus-value répondent les réformes structurelles pour maintenir les taux de profit capitalistes !

Le patronat, lui, est évidemment bien loti : cadeaux fiscaux et exonérations de « charges » (baisses des salaires indirects) avec le Crédit d’impôt compétitivité emploi et le Pacte de responsabilité, le tout financé sur le dos de la majorité de la population !

Nous sommes contraints de nous serrer la ceinture. Les services publics, utiles à tous, sont sacrifiés pour augmenter les profits des entreprises.

L’université n’est pas épargnée par ces réformes structurelles nécessaires pour assurer la survie du système capitaliste. L’éducation et l’enseignement supérieur sont progressivement transformés en un marché, créant ainsi de nouveaux débouchés pour les entreprises.

L’université, fabrique d’une main-d’oeuvre conforme aux exigences du patronat

affiche_esr copie l'université est une entreprise capitalisteL’étudiant est par conséquent réduit à son rôle de « capital humain » par le biais de la professionnalisation. En tant que futur travailleur, il faut le façonner aux besoins des entreprises du bassin local. C’est la liquidation programmée de la production et de la transmission de savoirs critiques, « inutiles » d’un point de vue économique, mis en œuvre notamment par les lois LRU et Fioraso.

L’important est donc d’inculquer les savoir-faire, les savoir-être et de posséder des « compétences » que chacun devra faire valoir individuellement face à son employeur. Outre la soumission du contenu pédagogique des formations aux intérêts du patronat, la professionnalisation c’est également concrètement l’instauration de stages obligatoires dans les cursus. Les entreprises disposent ainsi d’une main-d’œuvre gratuite ou quasi-gratuite, docile et corvéable.

Ce sont des centaines de milliers d’étudiants qui sont contraints, pour obtenir leur diplôme, de trouver une place sur un marché du travail qui en a si peu à offrir. Faute de posséder les réseaux ou pistons indispensables, ces stages créent ainsi une sélection de fait pour nombre d’entre nous qui ne parviennent pas à en trouver. 

Mais surtout, les étudiants-stagiaires sont contraints d’entrer en concurrence avec les travailleurs-chômeurs, conduisant chacun à devoir accepter des conditions de travail et de salaire dégradées de peur de voir sa place occupée par un plus précaire que lui.

L’étudiant : une marchandise en formation

 Le système capitaliste a eu besoin pour prospérer de massifier l’accès à l’enseignement supérieur pour augmenter la qualification générale de la main-d’œuvre. L’État, sous la pression des luttes sociales, a alors concédé des systèmes de bourses, de cités U, de restauration à prix subventionné etc. Ces aides sociales ont permis un accès un peu plus équitable à l’enseignement supérieur.

 Alors que la sélection sociale est déjà violente -nombre d’enfants des classes populaires n’accèdent jamais à l’enseignement supérieur, le système éducatif ayant opéré sa sélection bien en amont en « orientant » vers des filières courtes, par le développement de l’apprentissage (toujours plus tôt) notamment ou encore au regard du nombre important d’abandons et d’échecs dès les premières années de fac- celle-ci s’accentue toujours plus. On veut désormais faire de l’étudiant un client-consommateur. La clientèle non solvable n’est donc pas la bienvenue.  Tout est fait pour que le moment de formation soit un moment d’intériorisation de la logique marchande.

 Il faut en finir avec les études subventionnées par l’État, ce sont désormais aux familles d’étudiants qui le peuvent de financer leur formation, l’austérité accélérant le processus de privatisation : la baisse des financements engendre ainsi l’augmentation des frais d’inscription. Cette réalité est déjà à l’œuvre pour les Diplômes Universitaires (DU), les Masters spécialisés, l’inscription en Doctorat.

Cette volonté de faire du profit sur le dos des étudiants gagne du terrain : mise en place de prêts étudiants pour contrebalancer l’insuffisance des bourses (et préparer l’augmentation prévisible des frais d’inscription), multiplication de résidences étudiantes privées hors de prix etc.

 Les universités, en véritables entreprises soumises à la concurrence, se doivent de faire valoir leur image de marque pour se distinguer. Ainsi, le renforcement de la sélection dans les filières, du contrôle des présences (obligation d’assiduité -particulièrement difficile à tenir pour les étudiants salariés- sous menace de défaillance, entraînant la suppression des bourses pour les boursiers), le renforcement des instances internes de répression (saisines de la commission disciplinaire multipliées par 10 en 1 an !), et le recours aux forces de l’ordre sur les campus (6 étudiants faisant toujours l’objet de poursuites) afin de réprimer les résistances participent d’une même logique : la volonté des universités (et de leurs dirigeants) de collaborer activement à la mise en marche -et donc en ordre- de l’université pour satisfaire les exigences des dominants. Doivent donc être écartés de celles-ci ceux qui ne pourraient pas consacrer l’intégralité de leur temps à étudier, contraints de se salarier car bénéficiant de bourses ou d’aides familiales insuffisantes, ce qui entraîne pour 62% d’entre eux l’échec aux examens de fin de semestre.

L’université n’est pas un univers isolé

 La soumission de l’université et donc des étudiants, toujours plus précaires, aux intérêts du patronat s’inscrit dans un mouvement plus large d’austérité touchant tous les secteurs : le nombre de chômeurs s’accroît, face à des conditions de recherche d’emploi toujours plus dures et à un marché de l’emploi toujours plus exigeant. Quant aux travailleurs, la précarité de leurs conditions de travail et de leurs emplois est sans précédent. Au-delà de la responsabilité d’une classe dirigeante, c’est tout un système économique et social, le capitalisme, qui est ici en cause ; la tendance inéluctable à la baisse des taux de profits pousse toujours davantage à la destruction des acquis sociaux et des services publics pour dégager plus de marges pour les employeurs. Cette situation délétère conduit aujourd’hui à stigmatiser les plus démunis pour nous diviser davantage. Ainsi, comme d’autres avant lui, Manuel Valls, en expulsant toujours plus de sans -papiers, en réprimant Rroms et banlieusards, poursuit et aggrave la dynamique du racisme d’État.

 Corrélativement, l’Europe tout entière connaît l’émergence d’une lame de fond réactionnaire, remettant en question là aussi des acquis fondamentaux (IVG) et stigmatisant également les minorités (musulmans, juifs, LGBT) et notamment les plus précarisées et opprimées (femmes, sans-papiers, chômeurs…). Ces mouvements (Manif Pour Tous, FN, Dieudosphère, groupuscules fascistes pour ne pas les nommer) permettent à la bourgeoisie de maintenir ses privilèges en effectuant un chantage sur le prolétariat. En nous divisant par la désignation d’ennemis pratiques insaisissables, par la construction de fausses cibles (complots de toutes sortes, « théorie du genre », immigrés…), on entend nous détourner des véritables questions sociales, pour ainsi épargner les dominants.

Cette politique étant mise en place aussi bien par la gauche institutionnelle que par la droite, il est illusoire de croire en un salut venant de ces partis ; il nous faut compter sur nos propres forces. Les étudiants étant directement concernés par la précarisation, le racisme et le patriarcat, il est urgent de mettre en place une convergence des luttes avec les travailleurs, chômeurs, sans-papiers, seule à même de briser l’exploitation capitaliste.

Liste Fédération Syndicale Etudiante & étudiant-e-s mobilisé-e-s

C’est quoi cette liste ?

La FSE-Lyon est un syndicat étudiant de lutte, membre de la fédération Solidaires Etudiant-e-s (issue de la fusion entre SUD Etudiant et la FSE). Nos positions découlent du combat que nous menons contre les rapports de domination de genre (antipatriarcat)de classe (anticapitalisme) et de race [prise comme construction sociale] (antiracisme / anti-impérialisme).

Nous défendons les intérêts des étudiants contre les atteintes à leurs conditions de vie et d’étude par la mise en place d’un rapport de force collectif.

Nous fonctionnons selon des principes de démocratie directe, ce qui signifie que toutes et tous les militants participent aux débats et à la prise de décisions de manière égale. Dans le mouvement nous visons à l’auto-organisation des luttes, par la mise en place d’AG et de comités de mobilisation souverains.

En tant que syndicat partageant une analyse de la société comme étant divisée en classes sociales aux intérêts antagonistes, nous défendons les étudiants rencontrant des difficultés au cours de leurs études, notamment les plus précaires qui subissent les conséquences de leurs origines sociales, souvent financièrement. Nous défendons ainsi une université ouverte à toutes et tous, sans sélection, gratuite, laïque, critique et populaire.

Ces élections se déroulent dans un contexte tendu de mobilisation étudiante importante contre la rigueur budgétaire qui accélère le processus de restructuration et de privatisation des universités, que poursuivent les lois Pécresse et Fioraso (entre autres). En tant qu’organisation de lutte, nous avons participé à la mise en place de la mobilisation contre la dégradation de nos conditions de vie, de travail et d’études. Des centaines d’étudiants se sont mobilisées en AG, lors d’actions et en manif’. Nous partageons les mêmes combats et nos listes sont donc ouvertes aux étudiants en lutte.

APPEL DE LA COORDINATION NATIONALE ETUDIANTE DU 25 JANVIER

À la suite de l’appel de Montpellier 3 ayant donné naissance à la première coordination étudiante, les étudiant­E­s en lutte des universités françaises se sont réuniEs au sein d’une nouvelle coordination à Lyon le 25 janvier 2014.

Dans un contexte global international de crise économique, sociale et politique du système capitaliste, les mêmes problèmes persistent : difficultés à finir le mois, casse du service public, accès aux soins et au logement mis à mal…

Ces difficultés au quotidien ne sont que la conséquence de politiques d’austérité volontaires, évitables et coordonnées à l’échelle internationale. Les universités ne sont pas épargnées et pratiquent également des coupes budgétaires. Le processus de Bologne, les lois LRU puis la loi FIORASO qui en découlent, ont étranglé financièrement certains établissements universitaires relégués au statut de « facs poubelles », détruisant petit à petit l’enseignement supérieur et la recherche.

Aujourd’hui, c’est une quinzaine d’universités en France qui sont en déficit et mettent en place progressivement une politique d’austérité passant par la suppression d’antennes locales, l’aggravation de la sélection sociale des étudiant­E­s notamment par tirage au sort et par la hausse des frais d’inscription, le gel ou la suppression de postes, la fusion d’universités, la fusion ou la suppression de filières etc.

Face à cette situation, des mobilisations ont lieu dans des dizaines d’universités et dans les Instituts de Formation du Travail Social (IFTS).

Dans ce contexte, il est urgent et nécessaire de coordonner nos luttes. C’est pourquoi des délégations de plusieurs universités se sont une nouvelle fois réunies en table ronde dans le but de s’organiser et d’établir une base commune de revendications, et des perspectives concrètes.

Nous revendiquons une université publique, gratuite, laïque, critique et populaire.

Ainsi nous exigeons :

  • L’abrogation du processus de Bologne, ainsi que des lois LRU et FIORASO qui en découlent,
  • Un réengagement financier de l’État dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR) à hauteur des besoins réels des personnels et des étudiants,
  • Un vrai cadrage national des diplômes (pas de concurrence entre les universités),
  • La titularisation de toutes et tous les précaires de l’ESR (enseignant­eEs, personnel administratif et technique etc.),
  • Un retrait immédiat des personnalités extérieures (représentantEs du secteur privé, collectivités territoriales…) des Conseils universitaires,
  • L’arrêt des poursuites et la cessation immédiate de toute forme de répression (policière, administrative, disciplinaire etc.),
  • L’arrêt immédiat de toutes les pressions économiques sur les étudiant­E­s boursierEs et sur les précaires (demande de remboursement des bourses en cas de défaillance).

La Coordination Nationale appelle :

  • Toutes les universités à s’inscrire dans le mouvement, à la grève étudiante, les luttes étudiantes à soutenir et à s’impliquer avec celles des travailleurs.
  • Les Assemblées Générales à participer à la prochaine Coordination Nationale qui aura lieu courant mars dont la date et le lieu seront seront fixés ultérieurement.
  • À la solidarité internationale avec tous et toutes les étudiant­E­s et les universités en lutte contre l’austérité dans leur pays.
  • À la solidarité avec les travailleurs en lutte.

Nous invitons donc les étudiant­E­s, les personnels, les enseignant­E­s à se joindre à la mobilisation, à l’impulser partout où elle n’est pas encore lancée, à la consolider et à la renforcer partout où elle existe.
Dans nos vies, dans nos lieux d’études, sur nos lieux de travail, refusons l’avenir de misère que nous impose le système capitaliste !

La coordination appelle donc à trois dates:

  • Le 13 février à une journée d’action nationale.
  • Le 20 février à une journée nationale anti­-répression.

Construisons l’unité des luttes et poursuivons notre mouvement.

Soutien à la grève nationale dans les CROUS le 4 février !

Communiqué de la fédération Solidaires Étudiant-e-s Syndicats de Luttes (SESL) en date du 19 janvier :

   Ce 4 février, la CGT du réseau des Œuvres Universitaires et Scolaires (CGT-CROUS) appelle à une journée de grève nationale face à la dégradation des conditions de travail des personnels ouvriers et administratifs des CROUS. Solidaires Etudiant-e-s Syndicats de Luttes soutient pleinement cette mobilisation.

   La diminution des subventions de fonctionnement des CROUS (10 millions cette année), le gel de postes et la diminution drastique du nombre de CDI avec le non remplacement des départs participent à la dégradation des conditions de travail des personnels. Tout cela se fait au détriment des missions de service public [1] des CROUS. Rappelons que pour nombre d’entre nous, étudiantEs, le CROUS est un service public qui nous aide financièrement (bourses sur critères sociaux, Fond National d’Aide d’Urgence) et matériellement (logements étudiants à bas loyers).

   En tant que syndicat étudiant, nous considérons que la situation inacceptable dont souffrent les personnels du CROUS et la réduction des subventions de fonctionnement affaiblit fortement le service public des Œuvres Universitaires et Scolaires. Alors que le Ministère annonce quelques mesures sur les aides sociales, il poursuit la politique du gouvernement précédent en matière de démantèlement progressif des missions de service public des CROUS, qui, loin d’être parfaites, restent nécessaires pour nombre d’entre nous.

 Solidaires des revendications salariales des personnels du CROUS, nous demandons notamment :

  • Des subventions de fonctionnement à hauteur des missions de service public des CROUS (restauration, logement, culture, aides sociales…).
  • La fin des gels de postes, l’intégration des personnels à un véritable statut de la Fonction Publique, et le recrutement de personnels titulaires nécessaires au service des étudiantEs, au bon fonctionnement des CROUS et à l’amélioration des conditions de travail des personnels.
  • Le retour à un financement paritaire (État/étudiantEs) du ticket RU et la construction massive de logements dignes, à bas loyers, gérés par les CROUS.

Tract de la CGT-CROUS :

tract_crous_4_fevrier_2014

Note :
[1] Lire Tom Thomas, Étatisme contre libéralisme ?, 2011 : « Lutter « pour la défense des services publics » reste surtout une lutte pour la défense des conditions de travail, des statuts juridiques particuliers de ces organismes. Si une telle lutte est légitime et nécessaire, elle n’en reste pas moins souvent de nature plus ou moins corporatiste, et comme toute lutte bornée au rapport salarial, seulement défensive, incapable d’empêcher à terme le capital d’imposer ses conditions. Or la caractéristique essentielle d’un service public (et toute activité devrait y répondre) est celle de sa qualité: qu’il s’agisse d’une activité voulue par le peuple en réponse à des besoins jugés par lui prioritaires, répondant qualitativement à ces besoins, et utilisant une quantité de travail contrôlée par lui de telle sorte qu’elle corresponde à la moyenne sociale.« 

Compte rendu du Conseil d’Administration du 13 décembre 2013 qui a rejeté le budget

Le 13 décembre dernier avait lieu le dernier conseil d’administration (CA) de l’université de l’année 2013. Le C.A. c’est en théorie l’institution de l’université qui prend les décisions importantes et les grandes orientations politiques. Il est composé de 7 professeurs d’universités et 7 maîtres de conférences, 3 élus du personnels, 5 élus étudiants et personnalités extérieures.

Etudiants, personnels BIATOSS et personnels enseignant précaires (qui assurent plus de 70% des cours) sont donc sous-représentés voire pas représentés du tout. Les catégories supérieures (les professeurs d’université notamment) sont elles au contraire surreprésentées au C.A. Cette composition en fait donc une instance de fait particulièrement défavorable pour les plus précaires des personnels.

Le président commence la séance en annonçant qu’il convoquera un C.A. extraordinaire le 10 janvier pour remplacer le Conseil Élargi, conseil où les étudiants mobilisés s’étaient légitimement invités, et face auxquels le Président refusera de s’exprimer et préférera faire appel aux forces de l’ordre pour les évacuer des bâtiments occupés, et de procéder à l’arrestation de 6 personnes. Il reconnaît donc ici en clair que les « assemblées » qu’il a convoquées n’étaient qu’une façade démocratique puisque ce n’était pas le lieu où il souhaite s’exprimer.

Il n’avait de toute façon pas fallu bien longtemps aux personnes présentes à ces assemblées pour s’apercevoir qu’assez peu d’informations en ressortiraient, si ce n’est que la présidence était déterminée à appliquer la loi. Le lieu où seront « réellement » divulguées et discutées les applications de la loi Fioraso sera donc ce Conseil d’Administration extraordinaire.

En clair, face aux accusations d’opacité, la présidence restreint davantage le cercle des ayants droit à l’information !

Élection d’un nouveau Vice-Président dit « chargé de l’emploi et de l’action sociale » (VP chargé du personnel)
Lors de ce Conseil d’Administration devait être élu un nouveau Vice-Président en charge des personnels pour remplacer la Vice-présidente démissionnaire. Jean-François GOUX a été élu à ce poste.

Mais qui est donc Jean-François GOUX ?
Pendant les deux heures de débat et de présentation qui ont précédé son élection, Monsieur Goux s’est présenté comme un « homme de gauche » : ancien syndicaliste de l’UNEF, puis du SNESup, et actuel élu PS au conseil municipal de Vernaison.  Il tient à rappeler qu’il n’a « rien de commun avec ces jeunes qui sont dehors et veulent nous empêcher de travailler. » En somme, un parcours classique.

Interrogé à plusieurs reprises sur la politique qu’il comptait mener en tant que VP RH pour les enseignants-chercheurs d’une part, vis-à-vis des personnels BIATOSS d’autre part, M. GOUX a refusé de répondre en reconnaissant ne pas maîtriser les dossiers concernant les personnels non enseignants de l’université puis en s’étonnant d’être interrogé sur la politique qu’il souhaitait mettre en œuvre : « Je ne peux pas vous répondre de manière précise. Je n’ai pas de programme précis. » Élu sans mandat, sans programme, il est un simple gestionnaire « contraint », comme il le dit lui-même, par l’équipe présidentielle et le budget de l’Etat de poursuivre le travail de casse. Il a notamment avoué « n’être pas opposé à l’externalisation de certains services, au cas par cas » si cela était nécessaire (pour rappel l’externalisation est le transfert ou la sous-traitance de service par une entreprise privée, en clair c’est la privatisation d’un service, comme par exemple la tentative d’externalisation du service de ménage il y a deux ans, qui aurait conduit à licencier tout bonnement tout le personnel de ménage de l’université. Suite à une lutte et plusieurs envahissements de Conseil d’Administration, la présidence de l’époque avait abandonné le projet, rembauchant ces personnes à la condition qu’ils acceptent des contrats très précaires…). En somme, M. GOUX a admis être incapable de répondre aux légitimes attentes des personnels, et qu’il poursuivrait dans la direction souhaitée par la présidence et donc l’Etat.

Pour conclure ce nouvel épisode tragi-comique des Conseils d’Administration de Lyon 2, Gérard COMBE représentant du CESER (la région Rhône-Alpes), qui siège au C.A en qualité de personnalité extérieure -démontrant une nouvelle fois le caractère indispensable de ces intervenants- a affirmé que s’il votait en tenant compte des idées politiques du candidat, il n’aurait pas soutenu M. GOUX. Ce dernier avait auparavant affirmé être contre les politiques libérales d’austérité, mais était cependant prêt à occuper ce poste en respectant les contraintes : l’austérité…  Allez comprendre.

En réalité l’austérité à l’université accélère le processus de rapprochement des universités du secteur privé, processus de « professionnalisation » qu’il reconnaît être un objectif pleinement partagé avec la présidence actuelle. Voilà pourquoi peut-être est-il prêt à occuper le job. 

Mais Gérard COMBE soutiendra sa candidature (et par 2 voix, André VILLEMUS, le président de la MACIF Rhône-Alpes, non présent, lui ayant donné sa procuration de vote), lui reconnaissant une honorable motivation à agir en gestionnaire de l’Etat, privé de toute autonomie politique et de toute marge de manœuvre. Une belle illustration du cynisme des décisionnaires, pour dégrader définitivement les conditions d’étude et de travail à l’université.

La représentante du Rectorat -laquelle siège en qualité de personnalité extérieure au Conseil d’Administration de Lyon II- a également rappelé sa conception : « La politique d’un représentant de l’Etat s’exerce en deçà de la personne. Vous êtes tous des opérateurs de l’Etat. » (peu importe ses idées, ce sera un gestionnaire d’une politique qu’il ne décide pas)

« Si je me situais sur terrain politique vous n’auriez aucune chance d’avoir ma voix. Mais c’est une question technique. Seul importe d’avoir une vision, de redresser une image calamiteuse.   » Gérard COMBE

« Le budget n’est qu’une traduction chiffrée d’une politique » Jean François GOUX

Sur le rôle et la place prise par les personnalités extérieures
Ce Conseil d’Administration a été très instructif concernant le rôle et la place des personnalités extérieures en leur sein.

Aujourd’hui, ces personnalités extérieures -qui sont amenées à jouer un rôle toujours plus important dans les organes de décision- ont été mobilisées pour sauver l’équipe présidentielle. La présidence a pris soin de faire le plein de voix, et ce sont donc des personnes non élues, totalement extérieures à l’université, qui sont venues soutenir les candidatures proposées par la présidence c’est-à-dire venues décider à la place des personnels et des étudiants quelle politique leur sera appliquée.

Les objectifs des personnalités extérieures sont très clairs (ces dernières ne cherchent d’ailleurs absolument pas à les cacher), il s’agit de :

1- Faire correspondre l’offre de formation aux besoins des entreprises.
2- Adapter les étudiants aux attentes des employeurs.

À ceux-là s’associent d’autres, qui pensent encore que leurs intérêts convergent avec ceux des dominants. Ainsi, beaucoup se sont retrouvés pour déplorer la « mauvaise image » de Lyon 2. Le représentant du personnel de l’UNSA affirme ainsi : « On subit les moqueries de la presse. C ‘est les employeurs qui se détournent de nous ». En substance, le seul objectif valable est de leur redonner confiance. Et encore, nous dit-il, « on n’inversera pas le cours de l’Histoire, l’université soixante-huitarde est morte ». Mais il n’a pas fini : « En période de crise, il faut voter des budgets, s’habituer à ce qu’ils soient de plus en plus restreints, et faire avec ! »

En parlant de la mort de l’université soixante-huitarde, il ne faut pas se leurrer : ces gens attendent une purge des éléments contestataires de l’université. 

Quant aux contestations elles-mêmes, « c’est le corps électoral de Lyon II qu’il faut changer, pas les élus », selon Jean-François ARRUEE (représentant du Grand Lyon), pour qui Lyon 2 serait en « insurrection permanente ». Ils ne s’en cachent pas, ils veulent changer la « clientèle » !

On comprend ainsi mieux pourquoi la présidence a fait intervenir si rapidement les forces de l’ordre sur son campus, puisqu’il s’agit précisément d’adresser un message clair : la contestation n’est pas acceptée, est et sera combattue d’une main de fer. Un message d’ordre quoi.

On aura en outre pendant ce conseil beaucoup entendu parler « d’intérêt collectif », sans jamais trouver personne pour le définir : c’est un fait, cet  intérêt collectif n’existe pas. Il y a d’un côté nos intérêts, la condition des étudiants salariés et précaires de la fac, qui en sont de fait exclus, nos conditions d’études, les conditions de travail difficiles voire impossibles pour les personnels ; de l’autre, les intérêts des  investisseurs, que sert la privatisation.

Ils entendent faire de nous une main-d’œuvre docile et conforme. Ils entendent faire des économies sur les conditions de vie des personnels.

III) Rejet du budget : Une « victoire »? Quelle victoire?

Si les personnalités extérieures de l’université ont félicité la présidence pour sa présentation « extrêmement claire » du budget, il n’en est rien en réalité. La seule certitude qui ressort de ces heures de débat est qu’il s’agit d’un budget en restriction : la baisse des crédits annoncée est de 5%.

À l’heure du Conseil d’Administration bien peu de choses concrètes étaient arrêtées : l’opacité quasi totale subsiste sur les filières, matières sacrifiées du fait des réductions budgétaires, sur les nombres de personnels BIATSS non-renouvelés, ou encore sur le nombre de postes gelés.

La création de 22 « postes Fioraso » à Lyon 2 : une nouvelle arnaque

La présidence s’est auto-congratulée car le ministère aurait débloqué 22 « postes Fioraso » pour l’université Lyon 2. Ces postes devraient ouvrir droit à l’université de recruter 22 postes de professeurs supplémentaires. Si cela peut sembler être une bonne nouvelle en apparence, il s’agit en réalité d’une nouvelle arnaque du gouvernement que la présidence tente de faire passer pour une victoire.

En effet, la possibilité juridique de recruter ne s’accompagne pas des transferts financiers nécessaires. Comme l’a affirmé un élu au CA : « sans financements ces postes sont un jouet sans piles ».

De plus ces « postes Fioraso » permettent uniquement de recruter des enseignants avec le statut de « professeur d’université ». En clair, il s’agit de la catégorie la plus élevée des enseignants, au salaire le plus élevé.

Enfin, il est nécessaire de rappeler que l’an dernier déjà le gouvernement avait promis la création d’un certain nombre de postes supplémentaires pour Lyon 2 entre autres. La plupart de ces postes ont par la suite été « gelés » et donc jamais mis en place…

Le chantage aux subventions orchestré par la présidence

Le vice-président chargé des finances n’a pas hésité pas pour « convaincre » les membres à voter pour le budget de faire jouer la concurrence entre universités. En effet, il affirmait qu’un rejet du budget signifierait que plusieurs millions d’euros qui devait être alloué à l’université pour la rénovation des bâtiments de Bron se verraient du coup transférés aux universités de Saint Etienne ou Lyon III.

Cependant, malgré les tentatives de la présidence pour contraindre les élus à voter en faveur du budget présenté, celui-ci a été rejeté après plusieurs heures de débats.

Un rejet du budget pour des questions de forme ?

Mais ce rejet a des significations plurielles ; pour une majorité des personnes qui ont fait ce choix (et notamment pour une partie des ex-membres de l’équipe majoritaire), le sens est : « Vous (la présidence) devez composer avec nous (les profs) ». En clair, nous pourrions être en accord avec ce budget d’austérité, mais nous demandons à faire partie du processus de décision et prendre part aux choix sacrificielsPour eux, « la crise » à Lyon 2 n’est qu’un simple problème démocratique. Ce qu’ils rejettent, c’est désormais la seule personne de J-L MAYAUD et sa gestion autoritaire : l’absence de « dialogue » avant la mise en place des mesures de coupes budgétaires. 

Nous ne devons donc pas avoir d’illusions : les oppositions qui ont permis le rejet de ce budget ne sont qu’un concours de circonstances, et ne sont pas motivées par une opposition politique de fond, ou par un rejet du budget « de crise » lui-même, seulement par la méthode employée et l’absence de transparence. Il n’y a pas de divergences de fond : « on est prêts à mettre les mains dans le cambouis, mais il faut qu’on joue collectif », a affirmé Jean SOUBRIER ex-membre de l’équipe de J-L MAYAUD et désormais dissident.

La plupart des élus au CA sont donc prêts à gérer la misère, d’obliger les plus précaires d’entre nous à se serrer encore plus la ceinture tout en investissant des millions pour les filières d’élite. Tout ce qu’ils demandent c’est d’être associés à cette négociation, de choisir eux-mêmes quel membre du corps malade de l’université il est nécessaire d’amputer.

Le rejet du budget par l’instance ne doit donc pas être considéré comme une victoire. Ce n’est en tout cas pas la nôtre.

 

Par ailleurs, nous devons penser collectivement nos méthodes de lutte. Nos combats ne se mènent pas dans les instances, ou alors ils sont réduits à peu de choses.

Cela a été dit, en réponse aux personnalités extérieures inquiètes sur la signification du rejet de ce vote. Le prochain Conseil d’Administration qui présentera le budget verra le budget entériné, en tout cas, un partie des personnes s’étant opposées ont clairement signifié que ce choix n’était pas définitif, qu’il était simplement un « signal d’alarme ».

Retour sur la manifestation du 14 décembre !

Lyon 2 Manifestation 14.12.13

Nous étions plus de 400 étudiantEs et profs rassembléEs place Jean Macé ce 14 décembre pour protester contre la loi Fioraso !

Lyon 2 Manifestation 14.12.13 05

C’est sous un beau soleil, pour bien moti­ver les trou­pes, que la mani­fes­ta­tion s’est élancée vers 14h45.

Lyon 2 Manifestation 14.12.13 02

Sono et slo­gans ont retenti avec force dans les rues de Lyon et notam­ment la rue de l’Université pour rejoin­dre la place Bellecour.

Lyon 2 Manifestation 14.12.13 04

Plusieurs belles banderoles étaient pré­sen­tes, ainsi que diverses pan­car­tes, pour bien faire passer le mes­sage : non à la marchandisation du savoir, non à la loi Fioraso !

Lyon 2 Manifestation 14.12.13 08

Lyon 2 Manifestation 14.12.13 09

Parmi les slogans entendus :
« PS ou UMP, rien n’a changé : ils privatisent les universités ! »

« Education gratuite, laïque, critique et populaire ! »

« Fac ouverte aux enfants d’ouvriers, fac fermée aux intérêts privés ! »

« Classes populaires à l’université : on est d’jà pas nombreux, on s’laissera pas virer ! »

« Etudiants en colère, on va pas se laisser faire ! »

« Amiante et patrons sont les deux cancers de Bron ! »

On ne s’arrête pas là ! La lutte continue !


Pour plus d’informations :

Site internet : fselyon.wordpress.com

Facebook : « Université Lyon 2 en lutte » / « FSE Lyon« 

NON A LA LOI FIORASO ! MANIFESTONS CONTRE LA DÉGRADATION DE NOS CONDITIONS DE VIE ET D’ÉTUDE !


Lyon 2 Manifestation 14 décembre

Appel du comité de mobilisation des étudiantEs de Lyon en lutte :

Après plusieurs semaines de mobilisation sur Lyon II des étudiantEs et personnels contre la loi Fioraso, la présidence a convoqué ce vendredi à 13h30 un Conseil d’Administration pour entériner un budget austéritaire. Suite aux différentes AG et actions dans les facultés, nous appelons à manifester samedi 14h, place Jean Macé, contre les réformes universitaires.

Alors que les condi­tions de tra­vail et d’études à l’uni­ver­sité sont déjà misé­ra­bles ( pré­ca­rité géné­ra­li­sée, TD sur­char­gés, manque de per­son­nel … ) les res­tric­tions bud­gé­tai­res ne feront qu’aggra­ver la casse du ser­vice public que devrait être l’uni­ver­sité. Ce nou­veau désen­ga­ge­ment de l’État n’a qu’un seul but : accé­lé­rer le pro­ces­sus de restruc­tu­ra­tion de l’ensei­gne­ment supé­rieur et de pri­va­ti­sa­tion de nos uni­ver­si­tés. Celui-ci vise uni­que­ment à sou­met­tre davan­tage la pro­duc­tion du savoir aux inté­rêts économiques. La recher­che de la ren­ta­bi­lité conduit un peu plus chaque jour à exclure les clas­ses popu­lai­res de l’uni­ver­sité et aggra­vera le pro­ces­sus de sélec­tion sociale déjà à l’œuvre (hausse des frais d’ins­crip­tion, dimi­nu­tion des capa­ci­tés d’accueil,etc).

Leur illé­gi­ti­mité ne leur laisse qu’une seule option, impo­ser le pro­ces­sus de force en recou­rant à la répres­sion de notre mouvement, comme c’était le cas le 21 novem­bre.

Nous, étudiantEs, ne serons pas un réser­voir de main d’œuvre docile.

Nous sommes déter­mi­néEs à conti­nuer la lutte pour une uni­ver­sité gra­tuite, ouverte à tous, cri­ti­que et émancipatrice.

Nous appelons à manifester samedi 14 décem­bre à 14 h, Place Jean Macé !

Pour plus d’informations :

Site internet : fselyon.wordpress.com

Facebook : « Université Lyon 2 en lutte » / « FSE Lyon »

Retour sur la manif interpro du 29 novembre !

Lyon 2 manif interpro 29.11.2013 ElPuebloUnidOO

Nous étions 500 personnes lors de la manifestation interprofessionnelle d’hier, dont 150 étudiantEs !

Lyon 2 manif interpro 29.11.2013 ElPuebloUnidOO 3

Poursuivons et amplifions la mobilisation dès la semaine prochaine !

Venons nombreuSESx et déterminéEs à l’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE INTER-FACS JEUDI 5 DÉCEMBRE 12H SUR LE CAMPUS DE BRON (Hall des sports) !

Lyon 2 manif interpro 29.11.2013 dos

LA MOBILISATION NE FAIT QUE COMMENCER… AMPLIFIONS LE MOUVEMENT !

Tract issu du Comité de mobilisation du 27 novembre :

En France et dans le monde, étudiantEs et travailleurSEs connaissent précarisation des conditions de vie, du travail, et des études. À Lyon II comme dans de nombreuses universités, on s’organise contre cette précarisation. Ainsi, malgré la répression policière de la mobilisation naissante, la dernière Assemblée Générale a réuni plus de 500 personnes.Lyon 2 AG 27.11.13 6

ENSEMBLE, NOUS POUVONS AGIR !

Une destruction programmée des universités

Nous condamnons fermement le processus de privatisation déguisée des universités qui, en organisant la pénurie de financements publics (aggravée par les mesures d’austérité), contraint les universités à chercher des financements dans le privé.
Depuis plusieurs semaines la mobilisation se construit à Lyon II et dans de nombreuses autres facs (Montpellier III est occupée par 1 500 étudiants-tes, des AG à Caen, Paris, Toulouse, Rennes..)
Au sein de nos universités le processus de Bologne (UE et appliqué par l’État) s’illustre par l’application des lois LRU et Fioraso.

Ces lois entérinent « l’autonomie des universités » : en clair, les facs doivent gérer leur personnel et les formations avec des budgets très insuffisants.

Dans ce contexte, les universités sont contraintes de faire appel à des partenaires privés qui financent les filières « rentables » à leurs yeux. Les filières jugés économiquement non rentables sont vouées à disparaître ( par-exemple, à Lyon II, l’art du spectacle a perdu 60% de budget cette année).

Des connaissances au service des entreprises ! 

Les restrictions budgétaires appliquées par l’Université s’inscrivent dans un processus plus large de soumission de la production du savoir aux intérêts économiques. Par exemple, à Lyon 2 un master de géographie dépend des sociétés Veolia et Lafarge. Comment parler d’indépendance scientifique dans une telle situation ?

Cette marchandisation du savoir implique également une offre de formation adaptée aux besoins des entreprises. L’université devient un réservoir de main d’œuvre docile pour les entreprises (stages professionnels rémunérés au lance-pierre par-exemple). Cette casse du service public entraîne donc en réalité une totale dépendance aux intérêts économiques, et on ne nous apprend plus à acquérir un esprit critique mais les seules « compétences » utiles aux entreprises.

Facs poubelles pour la majorité, filières d’excellence pour une minorité !

En définitive, c’est une université à deux vitesses qui est créée : les moyens se concentrent dans les filières dites d’excellence (ultra-sélectives) et marginalisent les filières dites peu rentables ou inutiles économiquement.

La sélection s’opère déjà à l’Université : limitation des « capacités d’accueil », abandon forcé des études de par l’impossibilité de concilier celles-ci avec un job sélection par le découragement orchestré des étudiants dans certains cursus ou encore par l’échec dès les premières années.
Ce processus aggravé par la loi FIORASO engendrera une hausse des frais d’inscription, (déjà à l’œuvre pour certains Diplômes Universitaires, Doctorat ou pour les reprises d’études) qui pénalisera les étudiantEs les plus précaires, particulièrement les enfants des classes populaires qui seront de fait évincés de l’accès à l’enseignement supérieur et n’auront plus le choix de leurs formations.

Conséquences directes des lois Fioraso et LRU :

– Précarisation des personnels, suppression et gels de postes, surcroît de travail pour les personnels.

– Dégradation des conditions d’étude : TD surchargés, réduction du nombre d’heure de cours, refus d’inscription pour motif de capacité d’accueil, hausse des frais d’inscription…

– Création de grands pôles régionaux universitaires (CUE) regroupant facs publiques et privées avec pour conséquence la suppression des filières en doublon et la fermeture pure et simple d’antennes locales (Béziers, Bourg-en-Bresse). Les étudiantEs les plus pauvres, qui n’ont pas la possibilité de déménager en seront les premières victimes : la sélection sociale s’aggrave.

CONTRE LA RÉGRESSION SOCIALE, MOBILISONS-NOUS !

Lyon 2 en grèveL’appel du 26 novembre a été entendu.
Les étudiants ont affirmé leur ras-le-bol par le vote majoritaire de la GRÈVE lors de l’assemblée générale. Pour permettre l’amplification du mouvement nous exigeons désormais la suppression du contrôle des présences en TD ainsi que la banalisation des cours pour la prochaine Assemblée Générale INTER-FACS Lyonnaises le 5 décembre 2013 à 12h

Venez participer en masse à l’Assemblée générale INTER-FACS (Lyon I, Lyon II, Lyon III, IEP, ENS…) le 5 décembre 2013 12h HALLE DES SPORTS DE BRON

Notre mobilisation est nécessaire ! Ne rien faire c’est cautionner !

Ils veulent nous imposer par la force la privatisation et la marchandisation du savoir : à coup d’ intervention de CRS s’il le faut, comme l’a commanditée le Président Mayaud jeudi 21 novembre lors d’un rassemblement à Lyon II.

Une casse sociale généralisée à combattre dans l’unité !

Ces restructurations n’ont pas uniquement lieu dans les Universités, mais c’est bien l’ensemble de la société qui est précarisée. Les nombreux plans de licenciement l’illustrent quotidiennement. Le dernier en date étant celui de l’entreprise Maury-Ducros qui supprime 5000 emplois en France, dont 300 dans le Rhône.
La réforme des retraites est une autre illustration des dégradations des conditions de vie et de travail qu’on impose à la majorité !

Alors qu’on nous parle d’austérité, les inégalités économiques et sociales n’ont jamais été aussi importantes et ne cessent de s’aggraver.

Il y a pourtant bien assez de richesses dans ce monde pour satisfaire les besoins de tous et toutes ! A nous de les reprendre !

Nous savons que seule la lutte conjointe des étudiants-tes, enseignantEs-chercheurSEs, personnels de l’université et des travailleurSEs nous permettra d’être entendus. Au-delà du Président Mayaud, c’est au gouvernement à qui l’on s’adresse !

L’Assemblée Générale de Lyon 2 appelle :

A rejoindre la MANIFESTATION DES TRAVAILLEURS EN LUTTE !
VENDREDI 29 NOVEMBRE 2013 A 10 h place BELLECOUR 
(Rendez-vous à 9h à l’arrêt Parilly-Université à Bron et à 09h30 devant la cafet’ des quais pour un départ collectif).

ASSEMBLEE GENERALE INTER-FACS (LYON I, II, III, IEP,ENS…)
JEUDI 5 DÉCEMBRE 12H SUR LE CAMPUS DE BRON (Hall des sports)

Communiqué suite au CA du 22 novembre

Face à la communication de la présidence : droit de réponse de la FSE

 

 « Congrès élargi » : le président fuit…

Dès l’entame du Conseil d’Administration ce vendredi 22 novembre, la présidence de l’université s’est montrée isolée et aux abois. Suite à un vote à bulletin secret, demandé par des élus, et contre la volonté du président Jean-Luc Mayaud, la majorité des présents a voté pour le bouleversement de l’ordre du jour, afin d’évoquer les événements du jeudi 21 novembre, qui ont fait l’objet d’une communication incontrôlée de la part de la présidence.

Devant les imprécisions factuelles et les attaques diffamatoires à l’encontre de notre organisation, répétées à nouveau lors de ce Conseil par le président, nous sommes intervenus fermement pour rappeler les faits, et l’interprétation politique que nous en faisons.

Jeudi 21 novembre, un rassemblement à l’appel d’un comité de mobilisation des étudiants de Lyon 2 – auquel nous prenons part, parmi d’autres étudiants – s’est tenu, afin de protester contre les manœuvres d’une présidence qui prétendait pouvoir résoudre une crise dont elle est un rouage, et ce autour d’un cercle restreint d’élus et de responsables. Nous soutenions pleinement cet appel.

Ce rassemblement visait expressément à faire surgir dans un congrès en fait bien restreint la voix des étudiants mobilisés.

Les étudiants présents ont envahi successivement le grand amphithéâtre, puis le bâtiment administratif. Ils n’ont à aucun moment rencontré de réponse à leurs demandes, et ont fait face au jusqu’au-boutisme d’un président qui a refusé de s’exprimer devant les étudiants, préférant coûte-que-coûte maintenir son congrès restreint en se réfugiant en catimini dans une salle du bâtiment administratif.

 

 … et déchaîne la brutalité policière

Nous avons occupé ce bâtiment, et nous sommes assis afin de discuter de la manière dont nous souhaitions organiser la suite de la mobilisation à Lyon II. Nous formulions notamment comme revendication à la présidence la possibilité de communiquer auprès de l’ensemble des étudiants et personnel au nom des étudiants mobilisés présents.

Les personnels présents, qui ont amorcé une discussion avec nous, et les membres du conseil qui sont passés parmi les étudiants peuvent témoigner du calme qui régnait, en totale contradiction avec le discours du président, qui décrit un sentiment de peur généralisé, censé avoir été provoqué par des slogans et des tambourinements sur la porte menant à la présidence (!).

Lyon 2 CRS commissaireNous souhaitons dénoncer la violence de l’intervention policière déclenchée sur demande expresse de Jean-Luc Mayaud, via un appel téléphonique au préfet Carenco. Dans les minutes qui ont vraisemblablement suivi cet appel, une quinzaine de camions de police ont encerclé l’université, et une quarantaine de policiers en tenue anti-émeute sont entrés dans le campus, avant de surgir simultanément des différents étages du bâtiment où nous étions réunis. Il nous a immédiatement été ordonné de nous disperser.

L’intervention a eu lieu alors que les présents terminaient de voter le communiqué à adresser aux étudiants et personnels, qui venait d’être discuté une heure durant. Nous avions commencé à nous disperser dès la première sommation. En bas du bâtiment, une véritable souricière avait été mise en place. De nombreux agents de la BAC et de la police nationale nous attendaient dans la cour de l’université, et nous avons été escortés jusqu’à la sortie. Dès lors que la police était parvenue à nous pousser dehors, à l’abri des regards des étudiants présents sur le campus, les coups se sont mis à pleuvoir. Des étudiants ont été insultés, frappés, tirés par les cheveux, mis à terre, et 6 d’entre eux interpellés. Nous sommes actuellement en train de rassembler témoignages, photos, vidéos et certificats médicaux rendant compte de cette violence répressive.

 La défense des personnels, vraiment ?

Monsieur Mayaud a beau jeu de prétendre défendre le personnel, dont ses agents « hygiène et sécurité » : c’est lui qui les met dans la position de seuls interlocuteurs face aux étudiants en lutte. Il a été demandé à plusieurs reprises de parler à un représentant de la présidence, ce qui nous a toujours été refusé. Nous réaffirmons que les vigiles n’ont pas à être les médiateurs politiques d’une présidence qui n’assume pas ses responsabilités, et les maintient dans la précarité en multipliant les embauches de contractuels sans titularisations.

Pour cette raison, les témoignages d’une partie des personnels « sécurité incendie », en contrat précaire et subordonnés à la Présidence, doivent être considérés avec précaution, à la lumière de l’insistance de Jean-Luc Mayaud à attribuer au plus vite un ensemble de faits à notre organisation.

 

 La FSE, cible de la répression (?)

Parmi les 6 personnes interpellées figurent entre autres l’élu FSE au Conseil d’Administration, la présidente et la secrétaire de la FSE. Ce « ciblage » pose un certain nombre de questions quant au déroulé des arrestations.

Il semble s’agir clairement d’une répression ciblée, d’arrestations antisyndicales dont l’unique but est d’intimider les étudiants mobilisés et de casser l’opposition à la politique du gouvernement. Le soutien immédiat de la ministre de l’enseignement supérieur Geneviève Fioraso au président de l’Université en est l’illustration. Cette attaque en règle contre les libertés démocratiques et le syndicalisme à l’Université doit être mise en échec !

Monsieur le Président ne peut par ailleurs en aucun cas évoquer des « faits » auxquels il n’a pas pu assister, puisqu’il a fui le débat et  les étudiants à deux reprise, et a choisi de se barricader dans une salle avec le cercle réduit de ses derniers fidèles. Monsieur le Président a tu la brutalité qu’il a déchaînée, sous les yeux d’enseignants, de personnels, d’étudiants et de passants. Monsieur le Président a fait le choix d’attaquer par voie de presse, puis lors du Conseil d’Administration, notre organisation syndicale.

Il n’a pas eu la décence de se taire, préférant répandre une version biaisée des événements de jeudi. Jean-Luc Mayaud a perdu tout sang-froid. Nous en prenons acte.

 

 Moments de solitude

Nous relevons par ailleurs l’isolement grandissant de Jean-Luc Mayaud, fortement critiqué par ses anciens soutiens.

Nous ne nous prononcerons pas sur les enjeux politiques que ces critiques expriment. Nous ne croyons pas qu’un changement de majorité, de président, changera quoi que ce soit à la dégradation de nos conditions de vie et d’étude, que nous constatons au quotidien.

Les sinueuses interventions des derniers soutiens du président, fébriles face aux critiques, montrent bien que l’équipe présidentielle est, sous sa forme présente, en sursis.

Nous avons évoqué la responsabilité individuelle de M. Mayaud, bien qu’il ne soit pas seul : sa responsabilité est cependant celle d’un relais d’une politique de crise et de rigueur budgétaire ; elle est celle d’un président qui a choisi d’imposer par la force sa politique en envoyant les flics contre les étudiants de Lyon II. Elle sera demain celle de celui ou celle qui choisira de servir la politique réclamée par les gouvernements successifs

 

Nous combattrons sans relâche les véritables dégradations, commises par cette politique, et qui frappent nos conditions de vie, d’étude et de travail !

 

 

Les tentatives de museler l’opposition ne nous arrêterons pas !

Tous en Assemblée Générale !

Ils privatisent on rend public !

S’ils ferment les portes, nous les ouvrirons !

La vraie violence c’est nos conditions de vie, d’étude et de travail misérables !

La vraie violence c’est leur pseudo-démocratie qui nous est imposée par des policiers armés !

En ce qui nous concerne, nous n’avons que notre force collective !

 

 

Fédération Syndicale Etudiante – Lyon, membre de Solidaires Etudiant-e-s Syndicats de Lutte

 

 

Pour plus d’informations :

Site internet : fselyon.wordpress.com

Facebook : « Université Lyon 2 en lutte » / « FSE Lyon« 

LA RÉPRESSION NE NOUS ARRÊTERA PAS ! MARDI TOUS EN ASSEMBLÉE GÉNÉRALE !

Appel du comité des étudiant-e-s mobilisé-e-s de Lyon 2 :

La crise c'est eux la solution c'est nous

 

Ce jeudi 21 novembre, la seule réponse aux revendications des étudiant-e-s qui ont investi le Congrès « élargi » convoqué ce même jour, a été la répression policière commanditée par la direction.

La répression des étudiant-e-s mobilisé-e-s ne nous arrêtera pas !

Mardi 26/11 TOUS en Assemblée Générale à 12H (amphi C – bâtiment K – campus de Bron)

 

En effet, la présidence de l’université devant ce qu’elle a elle-même désigné comme une « crise » avait appelé à un conseil élargi (qui semblait n’exclure personne) censé trouver des solutions autour d’un petit nombre de responsables et d’élu-e-s. Le mail envoyé dimanche dernier à l’ensemble des étudiant-e-s et des personnels expliquait que la crise dépassait largement le cadre de l’université Lyon 2. Dès lors, pourquoi prétendre la résoudre dans une réunion interne à l’université où sont convoqués seulement les élu-e-s des conseils ?

 

Quand la Démocratie sauce Mayaud tourne au vinaigre…

 

Près d’une centaine d’étudiants ont tenté de participer légitimement à un conseil opaque qui prétendait décider pour eux sans eux, alors qu’ils sont les usagers de ce service public. Il faut savoir que la LRU a réduit de 25% la représentation étudiante déjà étiolée auparavant, au sein de ces Conseils. L’accès au Congrès nous a été refusé par un barrage des agents de sécurité incendie, sous ordre de la direction, exposés alors malgré leur fonction, à la foule désireuse de rentrer. C’est en effet désormais une technique assumée de la présidence d’utiliser ces agents de sécurité incendie comme une véritable milice. Aucun coup n’a été porté sur ces agents (contrairement au communiqué officiel de la présidence). Les éventuelles blessures sur les agents alléguées par Jean-Luc Mayaud sont donc purement accidentelles. Notre seule « violence » que le président et les médias ne cessent de mettre en avant fut une poussée collective pour rentrer dans l’amphithéâtre… Ce ne serait pas produit si la Présidence n’avait pas refusé notre participation au congrès qui était très clairement annoncé.

 

Le dialogue version Mayaud, c’est porte fermée, matraque et garde à vue pour les étudiant-e-s mobilisé-e-s !

 

Nous avons donc pu rentrer dans le grand amphithéâtre, lieu du congrès « élargi », celui-ci n’avait pas commencé et nous nous sommes tous installés. En attendant l’arrivée du Président nous avons chanté quelques slogans tels que « N’ayez pas peur de la démocratie ».

Le président a refusé de venir s’exprimer devant nous. Une demi-heure plus tard un membre de l’administration a demandé aux élus du congrès de sortir du Grand Amphi afin de réaliser la réunion dans le bâtiment de la présidence, pour exclure les étudiants mobilisé-e-s. Nous avons donc suivis les invités autorisés et avons dû forcer l’ouverture de la porte du bâtiment présidentiel.

Une fois dans le bâtiment, nous avons réclamé audience auprès du président Jean-Luc Mayaud, retranché dans son bureau. Tandis que nous étions dans l’attente d’un interlocuteur de l’administration (autre que les vigiles) nous avons décidés de tenir dans le couloir, assis et dans le calme, une assemblée élargie, spontanée, avec l’ensemble des étudiants et du personnel qui refusaient le simulacre de démocratie organisé par Mayaud. Mais c’est alors, que le président donna, très rapidement, l’ordre à plusieurs dizaines de CRS d’intervenir violemment pour nous déloger et nous soumettre à une souricière, savamment organisée. S’en sont suivis des coups de matraque (dont certains réitérés sur des étudiant-e-s à terre), 6 interpellations effectuées avec une grande violence, ciblant entre autres des syndicalistes étudiant-e-s connu-e-s, et répondant à des identifications opérées par des agents de sécurité incendie.

Lire sur Rue89Lyon, le témoignage d’un étudiant.

Mayaud croit pouvoir réduire aujourd’hui notre mouvement à un groupe de « meneurs », qui serait orchestré par un syndicat étudiant. S’il pense qu’en réprimant ceux qu’il identifie comme les « meneurs » du mouvement, ce dernier s’éteindra, la Présidence commet une grave erreur d’analyse.

Nous ne sommes manipulé-e-s par personne, notre combat est légitime et continuera malgré la répression !

 

La crise de la présidence ? Un symptôme de la destruction massive de l’Université par les réformes Pécresse-Fioraso

 

Cette réaction, les démissions consécutives de vice-présidents et l’intervention policière traduisent un processus politique de liquidation de l’université publique et la volonté de l’imposer par la force si nécessaire. La démarche de marchandisation du savoir depuis l’instauration du processus de Bologne (européen), des lois LRU (Pécresse) et Fioraso encourage ces pratiques autoritaires et antidémocratiques.

Elle prépare à court terme maintenant, si nous nous laissons faire, l’alternative entre la faillite budgétaire des universités, et des augmentations de droits d’inscriptions pour tou-te-s les étudiant-e-s.

Par la présidentialisation des universités et l’introduction de personnalités extérieures toujours plus nombreuses dans les conseils elle tend à transformer les établissements d’enseignement supérieur en université-entreprise dirigées par un comité de pilotage restreint et autocratique.

Lyon 2 Lutter ou subir il faut choisirIls privatisent on rend public ! S’ils ferment les portes, nous les ouvrirons !

La VRAIE violence c’est nos conditions de vie, d’étude et de travail misérables ! La vraie violence c’est leur pseudo-démocratie qui nous est imposée par des flics armés !

En ce qui nous concerne, nous n’avons que notre force collective !

Leur répression ne stoppera pas notre mobilisation ! Les arrestations ciblées, violentes et injustifiées, renforcent notre détermination autour d’un rassemblement plus que jamais nécessaire.

 

Nos revendications :

  • Abrogation des lois LRU et Fioraso
  • Abandon des poursuites contre les interpellés et retrait des plaintes de la présidence
  • Banalisation des cours du mardi 26/11 dès 12h
  • Droit de réponse du comité de mobilisation à travers la diffusion d’un mail à l’ensemble des membres de Lyon 2.

 

TOUS EN ASSEMBLÉE GÉNÉRALE MARDI 26/11 sur le campus de Bron 12h amphi C (bâtiment K)

 

Ordre du jour proposé : 

  • Retour sur la manifestation de jeudi 21 novembre et sur les lois. Pourquoi nous sommes en lutte.
  • Les revendications, les perspectives de transformation sociale.
  • La mobilisation à venir
  • Vote sur les propositions

 

Le comité des étudiant-e-s mobilisé-e-s de Lyon 2

 

P.-S.

Plus d’infos : page facebook « Université Lyon 2 en lutte »

QUAND LA PRÉSIDENCE DE L’UNIVERSITÉ FAIT ARRÊTER DES ÉTUDIANTS

Alors que la crise de l’université va en s’empirant, des étudiants de Lyon 2 rassemblés jeudi 21 novembre ont été arrêtés.

Ils étaient plus d’une centaine à protester contre l’opacité du congrès élargi convoqué par le président de l’université, Jean-Luc Mayaud, congrès qui devait examiner les possibilités de « dépasser » la crise institutionnelle. Une manifestation avait été appelée par le comité de lutte de l’université, mandaté par l’Assemblée générale des étudiants (qui avait réuni 150 personnes), afin d’empêcher la tenue du congrès jugé non-démocratique.

Arrestations lyon 2La BAC et la police nationale ont été appelées par la direction et ont violemment chargé les étudiants qui occupaient le Congrès élargi.

Après cela, comment Jean-Luc Mayaud qui évoquait dans son dernier mail l’université où convergent les intérêts de tous -étudiants, personnels, enseignants, équipe présidentielle- nous fera t-il croire à l’université-sanctuaire ? Monsieur Mayaud organise avec son équipe restreinte la gestion de pénurie qui conduit à la privatisation de l’université : il sait que cette privatisation ne peut qu’aggraver les conditions de travail des personnels les plus précaires et lisser des programmes déjà bien consensuels. Il sait qu’elle ne répond qu’aux intérêt du patronat.

Nous ne nous apitoyons pas sur ces arrestations car nous ne sommes pas dupes : évidemment l’université n’est pas un sanctuaire, évidemment les intérêts de la présidence et les nôtres sont antagoniques. Lorsqu’un tel antagonisme s’exprime -dans la mobilisation croissante des étudiants, dans les récentes démissions qui ont affecté l’administration-, il n’est plus surprenant qu’un président d’université fasse appel aux matraques pour faire régner l’ordre.

Nous exigeons la libération immédiate des camarades qui ont été arrêtés et nous appelons l’ensemble des organisations syndicales et politiques à adresser leur soutien en relayant et signant ce communiqué. Nous appelons également à témoignages, photos et vidéos de la répression et des arrestations.