Victoire des enseignant-e-s vacataires de Lyon 2 et de leurs soutiens !

Communiqué du collectif des vacataires précaires de l’université Lyon 2 en date du 11 mars 2015, à lire dans notre journal Un Pavé Dans Ta Fac n°5 :

12.03.2015 Camping Lyon 2 FdQ

Hourra ! Après plus de six mois de mobilisation, six semaines de grèves et deux heures et demi de camping sur le campus des Quais, la mobilisation des enseignant.e.s vacataires précaires sort victorieuse du bras de fer avec la présidence de l’université.

Devant l’occupation de la cour ERRATO du 4 bis rue de l’Université à l’aide d’une quinzaine de tentes en signe de protestation contre l’absence de rémunération pour les heures effectuées et le racket aux frais d’inscription (l’équivalent de 12 heures de TD), la présidence a enfin plié et concédé :

  • Le remboursement des frais d’inscription (hors sécurité sociale) pour tou-te-s les étudiant-e-s enseignant-e-s vacataires de l’année 2014-2015
  • La création d’une commission tripartite composée pour un tiers de vacataires enseignant-e-s chargée de plancher sur les conditions de recrutement.

Nous nous félicitons de cette première victoire, annonçons que nous resterons vigilant-e-s sur l’application de ces engagements ainsi que sur la poursuite du règlement de la situation du point de vue des contrats et de la mise en paiement des heures, ainsi que sur la prise en compte de la revendication de pérennisation de la procédure d’exonération sur la base du service prévisionnel dès le premier TD pour les années qui suivront.

Nous resterons par ailleurs vigilant-e-s sur le fait que les personnes identifiées comme grévistes et mobilisées dans le cadre de ce mouvement ne fassent pas l’objet de répression de la part de l’université.

Nos revendications portent également sur d’autres aspects :

  • Limitation des effectifs en TD à 30 étudiant-e-s
  • Ouvertures de postes
  • Engagement ferme sur la tenue des TD un mois à l’avance
  • Revalorisation du taux horaire des TD au titre de la prise en compte de la charge correspondant aux tâches annexes ainsi qu’au titre de compensation pour la précarité induite par les conditions d’emploi.

Nous annonçons d’ores et déjà que nous porterons ces revendications devant les instances compétentes, à l’échelon local et national.

Nous profitons de ce communiqué pour remercier tous nos soutiens dans la lutte, étudiant-e-s, personnels de l’université (administratifs, techniques, sociaux, enseignants), syndicats, organisations de précaires, les soutiens venus d’autres universités ainsi que de diverses personnalités publiques et souhaitons réaffirmer à cette occasion que l’exaspération et la colère sont bien des vecteurs de mobilisation, et que les mobilisations payent.

Restons toutes et tous mobilisé-e-s pour défendre nos conditions d’études et de travail contre les politiques rapaces qui minent l’enseignement supérieur et la recherche !

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Action des vacataires précaires de Lyon 2 !

Nous, enseignant.e.s-vacataires de l’Université Lyon 2, entamons une sixième semaine de grève suite au constat de l’inaction et du mépris toujours plus grand de l’équipe présidentielle de l’Université face à nos revendications fondées, pour leur majeure partie, sur une simple application du droit du travail.

05.03.2015 journée d'action ESR Lyon 2À ce jour, des enseignant.e.s-vacataires attendent toujours leur contrat de travail. Il manque encore de nombreuses rémunérations dues pour des heures effectuées au premier semestre 2014-2015 ; d’autres encore n’ont toujours pas perçu leur paie pour l’année 2013-2014. Par ailleurs, le versement des paies du premier semestre n’est pas effectif pour l’ensemble des enseignant.e.s-vacataires ayant récemment signé un contrat ; pire, certain.e.s n’ont perçu qu’un acompte à hauteur de 50% lorsque d’autres ont reçu l’intégralité de leur paie pour le service d’enseignement déjà effectué.

De notre côté, c’est plus de 600 euros de frais d’inscription que nous avons toutes et tous versé à l’Université, notre employeur, pour s’y inscrire, y travailler et qui ont été encaissés en temps et en heure, alors que nous, nous sommes toujours en attente du versement de nos rémunérations depuis plusieurs mois !

Face à cette situation scandaleuse, nous réaffirmons notre détermination à obtenir :

  • Des contrats signés pour tou.te.s les enseignant.e.s-vacataires du premier et du second semestre,
  • Une mise en paiement immédiate pour tou.te.s les enseignant.e.s-vacataires ainsi que le paiement pour les enseignant.e.s-vacataires ayant effectué leur service au titre de l’exercice 2013-2014,
  • L’exonération des frais d’inscription pour les enseignant.e.s-vacataires et le remboursement des frais d’inscription pour tous les enseignant.e.s-vacataires étudiant.es pour l’année en cours.

Nos revendications portent également sur :

  • la mensualisation du paiement des heures effectuées pour tou.te.s les vacataires ;
  • le paiement de toutes les heures : service d’enseignement, surveillances et corrections d’examens, réunions pédagogiques etc., soit une revalorisation du taux horaire ;
  • l’augmentation du nombre de contrats statutaires : CDU, ATER et MCF ;
  • un engagement ferme sur la tenue des TD au moins un mois avant le début des cours, c’est à dire pas de fermeture de TD quelques jours avant le début du semestre ;
  • la limitation à 30 du nombre d’étudiant-e-s par TD.

Face au mépris et à la désinformation exercée par l’équipe présidentielle sur la situation des enseignant.e.s-vacataires, face à la précarité qui nous touche toutes et tous, face aux politiques d’austérité (appliquées sans vergogne par la présidence) qui dégradent les conditions de travail et d’études de tous les personnels de l’université et des étudiant.e.s, poursuivons la mobilisation ensemble et exigeons de l’équipe présidentielle qu’elle prenne enfin ses responsabilités !

Soyons nombreuses et nombreux, étudiant.e.s, personnels, titulaires, vacataires
mercredi 11 mars à 9h00

Pour une FLASH MOB
dans la cour du bâtiment CLIO (4 bis rue de l’Université) – Campus des Quais, Université Lyon 2

Réponse à la présidence lue au rassemblement devant la DRH le jeudi 12 février

Voici la réponse des vacataires-précaires en lutte lue à M. Péguy et à l’équipe présidentielle de l’université Lyon 2 présente au rassemblement de jeudi 12 février devant la DRH de l’établissement  :

Nous, vacataires précaires de l’Université Lyon2, sommes réuni-e-s en ce jour (jeudi 12 février 2015) devant les locaux de la présidence de l’université pour réagir à la lettre de l’équipe présidentielle qui se présente comme une réponse à nos revendications. Nous nous présentons ici fort du soutien d’une majorité d’étudiants et de personnels, preuve en est le courrier des titulaires que plusieurs départements vous ont adressé, la suspension des jurys dans 5 facultés, la popularité du mouvement chez les étudiants, et bien évidemment le nombre que nous sommes aujourd’hui.Vacataires rassemblement 12.02.2015

Pour commencer, nous prenons acte de votre réponse tardive que nous aurions souhaitée plus précoce. Votre diligence subite aboutit en bout de course à reporter la responsabilité de votre politique RH désastreuse sur les gestionnaires de composantes, contraints d’assumer en quelques jours le traitement de dossiers normalement échelonné sur plusieurs mois, avec qui plus est moitié moins de temps pour la saisie sur logiciel.

Concernant les derniers dossiers rejetés (1 sur 5), vous n’êtes pas sans savoir que vous avez vous même créé les conditions de leurs rejets par vos délais de traitement. Vous avez beau jeu de nous reprocher ensuite l’existence de justificatifs trop anciens dans ces dossiers (déposés à l’heure) pour justifier de vos délais anormalement longs…

La question aujourd’hui pour nous est de savoir quelles dispositions effectives vous allez prendre pour que cette situation ne se reproduise pas à la rentrée prochaine.

La lettre que nous avons reçue est signée par « l’équipe présidentielle ». Mais où est cette équipe quand il s’agit d’honorer les promesses faites par l’un ou l’autre de ses membres ? En octobre dernier, M. Jean-François Goux, votre Vice-président à la politique de l’emploi et à l’action sociale (sic), s’était engagé à rémunérer les surveillances de partiels pour lesquelles nous sommes ponctuellement réquisitionnés. Notre demande allait bien évidemment au-delà et portait sur l’ensemble des partiels que nous sommes amenés à surveiller, qu’il s’agisse de ceux d’autres enseignants ou bien ceux liés aux CM des TD que nous donnons, ainsi que sur les corrections de copies que les titulaires ne sont pas en capacité d’assurer eux-mêmes en raison de la charge monumentale de travail qui leur incombe déjà. M. Goux s’était, a minima, engagé sur la rémunération des surveillances de partiels concernant d’autres enseignements que les nôtres. Et voilà que vous revenez sur votre promesse en alléguant le manque de moyens ! A moins que Mr Goux ne fasse pas partie de « l’équipe présidentielle » ?

Mais le manque de moyens, que ce soit pour la réduction des effectifs en TD, le paiement des heures travaillées (toutes, même celles que vous faites passer en « tâches annexes ») ou bien encore l’ouverture de postes a bon dos. Même dans un contexte économique délicat, une gestion plus rigoureuse de certains crédits pourrait déjà permettre d’améliorer la situation. Pour exemple, une meilleure administration de la prime d’excellence au cours des dernières années, notamment concernant des personnels qui n’auraient pas assuré les 42h annuelles d’enseignement requises, aurait vraisemblablement permis de débloquer une partie des fonds nécessaires au paiement des vacataires qui, eux, assurent des heures de cours effectives.

Vous évoquez des ouvertures de postes : nous demandons à voir, car personne à ce jour n’est capable de dire où ils sont passés. S’agit-il de postes « pourvus et payés » ou seulement de postes « autorisés », c’est-à-dire dire des postes fantômes « qui n’existent pas » comme l’explique la présidente de l’Université Paul Valéry à Montpellier ? En pratique, vous avez surtout gelé un nombre au moins équivalent de postes mis au renouvellement et vous vous apprêtez à faire de même avec des postes Biatoss.

Plus largement, votre lettre ne constitue en rien une réponse satisfaisante à nos revendications. Nous ne sommes pas dupes de la stratégie qui consiste à tenter de faire passer pour disjoints les problèmes que nous soulevons, alors qu’ils relèvent tous de la politique de l’austérité appliquée à l’université et à l’organisation des priorités en son sein. Le problème ne vient sûrement pas, comme vous le suggérez indécemment, du nombre d’étudiants boursiers à Lyon2, qui n’est pas exceptionnel d’ailleurs puisque l’on retrouve, à peu de choses près, la même situation à Lyon3 (chiffres 2013-2014).

Vous prétextez la menace de la mise sous tutelle de l’université pour justifier les coupes que vous appliquez. Nous vous rassurons, pour nous, la mise sous tutelle existe déjà est déjà effective quand, au cours de ses tournées dans les départements, le vice-président aux finances, Pierre-Yves Péguy, nous explique que les budgets normalement alloués sont coupés. Alors pour nous, recteur ou équipe présidentielle, peu nous importe, la mise sous tutelle est déjà là effective.

Vous nous rappelez que le doctorat est un diplôme et présentez notre travail comme une chance de formation dans le cadre d’un projet professionnel. D’un côté, l’idée s’entend puisqu’un rapide calcul de nos heures de travail réelles (réunions pédagogiques, préparations de cours, cours, corrections de copies, surveillances d’examen) nous fait tomber à 3-4 euros net/heure, soit la rémunération des stages. D’un autre côté, ne serait-il pas gênant de considérer que 20 à 60 % des cours de licence 1 suivant les composantes sont donnés par des personnes non qualifiées ? Nous osons croire que vous nous recrutez aussi pour nos compétences, et pas seulement pour nous donner une chance de prétendue formation. Faute de quoi vous pourriez bien vous retrouver avec des milliers d’étudiants mécontents cherchant à faire valoir leur droit à un enseignement de qualité et réclamant, eux aussi, le remboursement de leurs frais d’inscription.

Par ailleurs, permettez nous de vous rappeler que le décret n° 87-889 du 29 octobre 1987 relatif aux conditions de recrutement et d’emploi des vacataires pour l’enseignement supérieur ne présente pas les vacations comme une possibilité de formation ou d’apprentissage. Mais, si vous souhaitiez faire évoluer le cadre légal et nous proposer, à tous, une requalification de nos activités en contrat doctoral, ou en contrat d’apprentissage, ou en contrat de professionnalisation, nous vous soutiendrions…

Pour l’heure, le décret  n°87-889 du 29 octobre 1987 qui statut sur notre condition établit clairement que les vacataires « sont engagés pour effectuer un nombre limité de vacations » (art. 4). Les dispositions générales applicables aux agents non titulaires de l’État, dans la circulaire n°1262 du 26 novembre 2007 (modifications du décret du 17 janvier 1986 introduites par le décret du 12 mars 2007), précisent qu’un vacataire « est une personne appelée, à la demande de l’administration, à réaliser un acte déterminé non susceptible de se répéter de façon régulière dans le temps (étude, expertise, etc.) et qui l’effectue sans lien de subordination directe à l’autorité administrative. » L’article 4. 1 relatif aux dispositions communes à l’ensemble des agents non titulaires expose en conséquence que « dès lors que leur activité présente une certaine continuité dans le temps et qu’il existe, dans l’exercice de cette activité, un lien de subordination à l’autorité administrative, ces agents sont des agents publics contractuels à part entière ».

Vu que nous assurons régulièrement et de façon renouvelée des besoins permanents d’enseignement, parfois depuis plusieurs années, dans le cadre d’une subordination administrative vis-à-vis des enseignants titulaires responsables pédagogiques de diplômes ou responsables de CM pour lesquels nous assurons des TD, il est plutôt malvenu de présenter notre exploitation comme une chance inespérée de nous former à l’enseignement par la pratique. Dans la pratique, vous vous trompez de support juridique d’emploi depuis des années et vous êtes à la merci d’une demande de requalification de nos embauches sous la forme de CDD contractuels auprès du Tribunal Administratif.

Ainsi, nos revendications sont loin de se résumer au rattrapage de vos retards de gestion administrative. C’est plus largement notre exploitation, le fait de faire porter le coût de la rigueur sur les plus précaires, la dégradation des conditions de travail et d’étude à l’université que nous dénonçons. Voulons-nous une université qui garantisse des conditions de travail correctes pour toutes et tous, ou bien qui maintienne dans la misère des travailleurs intellectuels précaires servant de variable d’ajustement dans un contexte de désengagement de l’État ? Voulons-nous une université ouverte à toutes et tous, ou bien seulement aux enfants des classes moyennes et supérieures ? Voulons-nous une université où s’élabore les conditions de possibilité de la critique sociale et politique, ou bien une université à la solde des entreprises et de la logique de marché ?

Nous vous rappelons donc la liste de nos revendications, que visiblement vous avez lue trop rapidement.

Nous exigeons :

  • un contrat signé avant de commencer les cours, non conditionné à l’inscription administrative ;
  • l’augmentation du nombre de contrats statutaires : CDU, ATER et MCF ;
  • le paiement mensualisé de toutes les heures effectuées (service d’enseignement, surveillances et corrections d’examens, réunions pédagogiques…) pour tous les personnels, avec bulletin de salaire correspondant ;
  • la simplification de la procédure d’inscription en doctorat et l’exonération des frais d’inscription pour tou-te-s les doctorant-e-s vacataires sur la base du service prévisionnel, avec effet rétroactif pour l’année en cours (remboursement immédiat). Si Bordeaux le faisait avant la catastrophe de la fusion et que Rennes 2 le fait depuis 2013, pourquoi Lyon 2, fac des humanités, ne le ferait pas ?
  • un engagement ferme sur la tenue des TD au moins un mois avant le début des cours, c’est à dire pas de fermeture de TD quelques jours avant le début du semestre ;
  • la limitation à 30 du nombre d’étudiant-e-s par TD.

Vous avez accepté de devenir l’artisan de l’austérité appliquée à l’université et de la casse de l’enseignement supérieur et de la recherche. Vous avez voulu « l’autonomie » quand nous n’en voulions pas. À présent, à vous de gérer vos contradictions, mais ne dites pas que le bon traitement des étudiants et du personnel de Lyon 2 est une priorité pour vous. À vous d’assumer les conséquences de votre bilan. Au besoin, tirez-en les conclusions qui s’imposent et démissionnez.

Le Collectif des précaires

Plus d’informations sur le site de la mobilisation des vacataires précaires de l’Université Lyon 2 et sur la page FB Université Lyon 2 en lutte.

Journées d’action sur Lyon 2 les 10 et 12 février !

Nous relayons le dernier tract issu du comité de mobilisation des étudiant.e.s de Lyon 2 en lutte :

Grève des enseignant.e.s vacataires de Lyon II

Lyon 2 en grèveDepuis lundi 26 janvier, des vacataires-enseignant.e.s de plusieurs disciplines sont en grève à l’appel du collectif des vacataires et précaires de l’Université Lyon 2. Nous, étudiant.e.s de Lyon II, dénonçons leurs conditions de travail et d’emploi, à savoir l’absence de contrat de travail depuis la rentrée de septembre 2014 et donc l’absence de paie.

Tou.te.s concerné.e.s, tou.te.s mobilisé.e.s !

Suite à un rassemblement le 29 janvier devant la DRH (Direction des Ressources Humaines) sur le campus des Quais, l’équipe présidentielle s’est fendue d’un communiqué envoyé par mail au collectif des vacataires. Cette réponse ne satisfait en aucune manière aux revendication exprimées (pas de frais d’inscription pour les étudiant.e.s vacataires, des contrats en bonne et due forme, paiement mensualisé immédiat). La présidence se justifie en invoquant le coût que représentent les 35% d’étudiant.e.s boursier.e.s à Lyon 2, à l’heure où l’on apprend que le président lui-même se serait octroyé une prime de quelques 26 800 €. La présidence tente de jouer le jeu de la division entre doctorant.e.s vacataires et étudiant.e.s, en stigmatisant particulièrement les boursier.e.s. Or la précarité nous concerne tous !

Lyon 2 ne représente pas un situation isolée, dans d’autres universités en France les mêmes problèmes se posent et les étudiant.e.s et travailleur.se.s s’organisent ; à Rennes 2, Montpellier 3 ou Paris 8 par exemple. L’Assemblée Générale de Lyon 2 a voté le soutien à la mobilisation de Paris 8 notamment.

Le manque de moyens met en péril nos conditions de travail et d’études.

Nous exigeons :

  • Des TD à moins de 30 personnes ;
  • Des contrats et salaires pour chaque vacataire ;
  • Abandon des poursuites contre les syndicalistes ;
  • Augmentation du budget (récupération des 6 milliards supprimés par l’État) dans le cadre d’une université gratuite, publique et ouverte à tous ;
  • Arrêt du contrôle des cartes étudiantes et des fouilles de sacs à l’entrée du campus des Quais.

Nous appelons l’ensemble des étudiant.e.s à se joindre à la mobilisation pour défendre nos intérêts communs. C’est tou.tes et tous ensemble, étudiant.e.s, enseignant.e.s et personnels, qu’il faut se battre pour obtenir des moyens pour des conditions d’études et de travail de qualité. Soyons nombreuses et nombreux aux journées d’action de mardi et jeudi prochains !

Journée d’action mardi 10 février, campus de Bron sur le Forum :

  • Stand d’infos
  • Crêpes/café à prix libre
  • Activité graffitis sur le forum (à partir de 11h)
  • Activité création d’affiches

Journée d’action jeudi 12 février, campus des Quais :

  • Rassemblement devant la DRH (86 rue Pasteur, 69007) à 10h

Tenez-vous informé.e.s !

Intervention à destination des membres du Conseil d’Administration et de la présidence de Lyon 2

Université Lumière Lyon 2À destination de l’ensemble des membres du Conseil d’Administration de l’université Lyon 2,

Ne pouvant malheureusement être présent en ce jour, j’ai toutefois un certain nombre de questions dont il serait, me semble-t-il, dûment souhaitable pour tout le monde d’obtenir des réponses de la part du Président.

Tout d’abord, en ce contexte de « contrainte budgétaire » que tout un chacun ici connaît bien, et alors même que nombre de vacataires enseignants ne sont pas payés par l’université depuis le mois de septembre, qu’ils connaissent une grande précarité, j’aurais aimé savoir pourquoi la présidence est capable d’embaucher de toute urgence des agents de sécurité privée, alors qu’elle n’est semble-t-il pas capable depuis maintenant près de 5 mois de remplacer 2 agents du service de la DRH en arrêt (prétexte invoqué hier par le DRH M. Fabre pour expliquer le retard dans la signature des contrats de travail et le versement des paies) chargés de ce travail ? Le président n’a semble-t-il pas conscience des conséquences financières et humaines catastrophiques pour les personnel concernés.

Je souhaite également interroger la présidence sur le coût que représente pour l’université la signature d’un contrat avec l’agence de sécurité privée afin d’épauler les agents de sécurité incendie à assurer le contrôle des entrées et la fouille des sacs sur le campus des Quais, de 7h30 le matin jusqu’à 21h le soir ?

J’aurais par ailleurs aimé connaître, si l’objet est bel et bien la protection des étudiants et personnel dans un contexte de « menace terroriste », pour quelles raisons l’instauration de ces contrôles et fouilles n’est effective sur le SEUL campus des Quais (sans par ailleurs présumer de l’efficacité d’un tel dispositif) ? Les étudiants et personnel du campus Porte des Alpes ne mériteraient-ils pas la même protection face à ladite menace invoquée ? Il s’agit d’une rupture d’égalité flagrante dans le traitement du personnel et des étudiants. Suite à nos interrogations sur ce dispositif, il nous a été répondu, je cite, que « le président n’est pas sur Bron ». Si une menace particulière existait à l’encontre de la personne du Président, cela nous semble inquiétant, et nous pensons que les administrateurs devraient en être informés. Nous demandons à ce que ce dispositif de contrôle soit levé immédiatement.

Je tenais également à informer l’ensemble des administrateurs de certaines pratiques antisyndicales inédites de la présidence. En effet, suite à l’exclusion de 2 ans de l’université dont 18 mois avec sursis à caractère exécutoire et immédiat (impliquant qu’un appel devant le CNESER n’est pas suspensif) de 2 de mes camarades par la commission disciplinaire de l’établissement (décision de laquelle le Président de l’université fait par ailleurs lui-même appel devant le CNESER, exigeant une exclusion ferme de 5 ans de l’université) ; la DAJIM a adressé un mail aux agents de sécurité les enjoignant  d’empêcher physiquement nos camarades à pénétrer le campus (des Quais), joignant à ce mail une photo d’eux afin d’aider les agents à les identifier (copie dont les intéressés ont pu directement prendre connaissance, ainsi que plusieurs témoins, les agents leur ayant présenté le document afin de justifier du refus qui leur était fait).

Or, cette interdiction n’est fondée sur strictement aucune base juridique. En clair, elle est complètement illégale !
Le président, ou le service juridique, ne pourront par ailleurs pas prétexter de la présentation désormais nécessaire aux points de contrôles de la carte étudiante (ils en possèdent une), encore moins du refus fait désormais à toute personne extérieure à l’université de pénétrer sur le campus (si nos camarades exclus devaient être considérés comme « extérieurs »). En effet, ces deux derniers jours constituaient les « journées de l’enseignement supérieur ». À cet effet, toute personne extérieure à l’université pouvait entrer sur les campus (avec fouille du sac sur le campus des Quais). Or, malgré cela, l’interdiction a été maintenue à l’encontre d’un de nos camarades de pénétrer sur le campus ce mercredi (l’agent, à qui nous ne pouvons reprocher de faire son travail et d’obéir à sa hiérarchie, prétextant alors d’une situation différente leur étant réservée, en clair, d’exception, et parfaitement illégale).

Il nous a souvent été reproché de ne pas nous exprimer dans le cadre « démocratique institutionnel ». Ainsi, nous ne comprendrions pas qu’aujourd’hui ces questions restent sans réponses. Si d’aventure la présidence ne daignait toutefois pas donner réponse sur ces différents points considérant mon absence, un administrateur présent aurait très certainement la gentillesse de les soulever…

En vous priant d’excuser mon absence et en remerciant par avance pour les réponses qui seront apportées,

l’élu Solidaires Étudiant-e-s Lyon au Conseil d’Administration

Communiqué de presse des vacataires enseignant-e-s de Lyon 2 en lutte

Communiqué de presse des vacataires enseignant.e.s de Lyon 2 en lutte :

Unis contre la précaritéLes vacataires enseignant.e.s de science politique, d’arts du spectacle et d’anthropologie de l’Université Lumière Lyon 2 sont en grève depuis lundi 26 janvier afin d’attirer l’attention de la présidence de l’université sur leurs conditions de travail dramatiques.

Depuis le début des enseignements au mois de septembre, les vacataires n’ont pas de contrat de travail et, par conséquent, n’ont fait l’objet d’aucune rémunération. Certain.e.s de ces enseignant.e.s ne sont toujours pas payé.e.s pour des heures effectuées pour l’année universitaire 2013-2014.

Cette situation n’est plus tenable, elle doit désormais être connue de tou.te.s.

Aujourd’hui jeudi 29 janvier, près de 170 personnes, vacataires mobilisé.e.s et étudiant.e.s solidaires, se sont rassemblées devant la Présidence de Lyon 2 afin de manifester leur colère et d’exiger des réponses à leurs attentes.

Face à une énième promesse orale (après « des contrats signés pour tous les vacataires au 31 octobre », puis « régularisation de la situation au plus tard en janvier », nous avons cette fois-ci eu droit à : « les contrats de travail seront délivrés d’ici 15 jours »), au mépris, à la défiance et au rejet dont les enseignant.e.s vacataires ainsi que les étudiant.e.s font l’objet de la part de l’équipe présidentielle, les grévistes, soutenus par les étudiant.e.s, ont remis en main propre à M. Péguy, vice-président élu aux Finances, un courrier avec des revendications explicites, exprimées collectivement, exigeant une réponse écrite ainsi que des actes concrets d’ici mardi 3 février. Durant ce délai la mobilisation continuera, et elle se poursuivra tant que ces exigences n’auront pas été entendues.

Contact :

Site : mobprecvaclyon2.wordpress.com

fb : Page Université Lyon 2 en lutte

L’Ord(u)re règne à Lyon 2. La présidence de Lyon 2 fait exclure deux syndicalistes de lutte de l’université !

Communiqué de Solidaires Étudiant-e-s Lyon – Syndicat de Lutte en date du 25 janvier, paru dans Un Pavé Dans Ta Fac n°4 :

Jeudi 18 décembre, la commission disciplinaire de l’Université Lyon 2 a prononcé l’exclusion de 2 militant-e-s de Solidaires Étudiant-e-s Lyon – Syndicat de lutte (ex-FSE).

Nos camarades étaient convoqué-e-s formellement pour « trouble à l’ordre et entrave au fonctionnement de l’établissement » suite à l’envahissement d’un conseil de la présidence le 21 novembre 2013 par une centaine de personnes dans le cadre de la mobilisation des étudiant-e-s et du personnel contre la loi Fioraso et les restrictions budgétaires¹.
Le président avait alors donné, pour seule réponse aux revendications des étudiant-e-s et personnel mobilisé-e-s ce jour, l’intervention des forces de l’ordre à l’intérieur même du campus afin de faire évacuer les bâtiments. Sur la centaine de manifestant-e-s, 6 étudiant-e-s, dont 4 syndicalistes seront interpellé-e-s et placé-e-s en garde à vue.
3 militant-e-s de Solidaires Étudiant-e-s sont finalement passé-e-s en procès en juin 2013, dont deux qui se sont fait condamner : la secrétaire de section syndicale et l’élu au Conseil d’Administration de l’université, condamné-e-s respectivement à 3 et 6 mois de prison avec sursis et plus de 5000 euros de dommages et intérêts et frais de justice.
Le jeudi 18, il/elle ont été condamné-e-s à une exclusion immédiate de l’université de 2 ans dont 18 mois avec sursis !

Cette condamnation est une menace par toutes celles et ceux qui n’entendent plus se résigner à accepter la dégradation de nos conditions d’études, de travail et de vie qui nous est chaque jour un peu plus imposée.
Mais insuffisamment content de la gravité de la peine infligée à nos camarades, Jean-Luc Mayaud, président de l’université, fait désormais appel de cette décision devant le CNESER et réclame 5 ans d’exclusion ferme de l’université.

Retour sur le déroulement de la commission disciplinaire

Le déroulement de cette commission de jugement nous aura confirmé qu’il n’était nullement question de l’envahissement du conseil. Il s’agit là d’une volonté politique cherchant n’importe quel prétexte afin de nous exclure. Ainsi, lors de ce simulacre de jugement, peu importait que la présidence soit incapable de présenter un début de preuve ou même de témoignage à charge provenant d’autres personnes que les accusateurs eux-mêmes pour étayer sa thèse des « violences ». Peu importaient les nombreux témoignages -bel et bien existants ceux-là- d’étudiant-e-s, de profs, d’agents administratifs présent-e-s au moment des faits qui attestent tous de l’absence de coups volontaires portés aux agents ce jour-là. Peu importait encore le contenu même des certificats médicaux fournis par les agents, qui attestent que les blessures de ces derniers résultent de la poussée collective pour rentrer dans l’amphi et non de coups volontaires ; blessures qui s’expliquent toutes par la résistance des agents devant l’entrée des étudiant-e-s alors que, selon la version officielle de la présidence² , ceux-ci « avaient pour ordre de s’effacer et ne pas susciter de violences ». Au vu des déclarations contradictoires des agents et de leur attitude le jour du conseil extraordinaire (en liaison téléphonique constante avec leurs supérieurs) il apparaît clairement que la présidence avait donné pour consigne aux agents (transformés en garde présidentielle personnelle pour l’occasion) de ne laisser rentrer aucun étudiant (qu’il/elle soit ou non élu-e).
Seul leur importait, derrière le motif vague de notre convocation pour  » trouble à l’ordre » de trouver une responsabilité pouvant nous être imputée. Ceci fut bien illustré, que ce soit lors de l’instruction ou du jugement, lorsque M. Landon (par ailleurs Vice-président, ayant à l’époque porté plainte à notre encontre, se retrouvant ainsi partie, instructeur, et juge !) et M. Gaillard présidents respectifs de chacune des commissions, n’hésitaient pas à modifier les motifs de notre comparution.
Ainsi, lorsque nous démontrions notre innocence vis-à-vis des soi-disant « coups » portés aux agents, ils invoquaient finalement l’annulation du Congrès. Mais dès lors, sous ce motif, pourquoi ne poursuivaient-ils pas les plusieurs dizaines d’étudiant-e-s ayant participé à l’envahissement ? Ils trouvèrent la parade… Dans la notification d’exclusion envoyée à nos camarades, la présidence justifie sa décision par le fait qu’il et elle avaient osé parler au mégaphone et qu »il est avéré qu’il/elle étaient les meneurs d’un mouvement visant à perturber le déroulement du Congrès ».
Ainsi se conçoit la « liberté d’expression » de la présidence, elle qui est pourtant si prompte à l’afficher fièrement… Une liberté où les syndicalistes qui refusent d’adhérer doivent dégager, où les étudiant-e-s qui se mobilisent sont brutalement expulsé-e-s du campus par les forces armées.

En réalité, c’est sa propre lâcheté que tente de faire oublier aujourd’hui le président, en faisant preuve d’une fermeté sans précédent. Lui qui, le jour du congrès abandonnait ses agents, les laissait pour seul interlocuteur aux personnes mobilisées, des agents de sécurité incendie à qui il donnait ainsi pour mission d’assumer seuls les conséquences de la politique qu’il mène.

Ce qu’ils appellent violence

Le président, prompt à user des moyens de communication dont il dispose (et abuse), avait alors qualifié l’envahissement de « violent ».
Rappelons par ailleurs qu’après la fuite du président devant les étudiant-e-s et personnels mobilisé-e-s, les étudiant-e-s qui occupaient le bâtiment de la présidence réclamaient de pouvoir envoyer un mail à l’ensemble des étudiant-e-s et personnels afin d’expliquer leur mouvement, la nécessité de s’organiser et de se mobiliser pour ne pas se laisser écraser.
Finalement, ce n’est pas un mail qui sera envoyé, mais une quarantaine de CRS et agents de la BAC à l’intérieur du bâtiment pour nous en faire dégager.
Ainsi la présidence est la seule à bénéficier d’une réelle liberté d’expression, dont elle use et abuse en envoyant régulièrement sa propagande (souvent mensongère et diffamatoire) par mail, à l’intégralité des étudiants et personnels.
Quant aux étudiants et personnel, eux, n’ont que la liberté de se faire matraquer s’ils essaient de s’exprimer.

Nous sommes tous Charlie
Ce seul évènement est une illustration euphémisée de la violence sociale et symbolique quotidienne grâce à laquelle s’impose l’ordre dominant inégalitaire.
Comment qualifier les matraquages policiers au tonfa et à la télescopique, l’enfermement abusif de plusieurs personnes (garde-à-vue), la menace de l’enfermement carcéral (peine de prison avec sursis), les milliers d’euros d’amende pour des étudiant-e-s boursier-e-s salarié-e-s, l’interdiction de poursuivre ses études universitaires et, désormais, l’interdiction manu militari de pénétrer sur le campus ?
N’est-ce pas par l’usage de la force et de la violence que s’impose leur point de vue, c’est-à-dire leurs intérêts, leur conception de la démocratie et de la « liberté d’expression » ?

Par cet acharnement, nous constatons que ce qui insupportait la présidence était la force du mouvement étudiant de l’année dernière, menace pour une présidence vacillante et en perte d’influence (Jean-Luc Mayaud était alors contesté par sa propre majorité et largement déstabilisé par les démissions successives de plusieurs vice-présidents). Au sein même du cercle restreint des « représentant-e-s » dans les instances officielles, dont la composition est pourtant très loin d’avoir une quelconque proximité avec la notion de représentativité dont ils se réclament (pour ne prendre qu’un exemple, les personnels enseignants-vacataires qui entament une grève à partir de ce lundi 26 janvier 2015, ne disposent d’aucun siège au Conseil d’Administration alors même qu’ils assurent parfois jusqu’à 80 % des TD), l’obtention d’une majorité leur devient difficile.
Ainsi l’illustre le Conseil d’Administration de décembre dernier où la présidence n’est parvenue à obtenir une majorité qu’à 13 voix pour un budget d’austérité grâce aux 7 personnalités extérieures [!]), contre 12, budget dont les conséquences se paient au quotidien pour les personnels qui voient leurs primes gelées, l’intensité de leur travail augmentée, la précarité toujours plus s’installer ; et par les étudiant-e-s, qui voient les conditions d’études toujours plus se dégrader.A Lyon 2, il est temps de faire le ménage de la présidence
Mais dans cette période difficile pour la majorité, le président, lui, se permet de se verser une prime (à laquelle légalement il n’a pourtant pas droit) de plusieurs milliers d’euros, représentant le salaire annuel d’un agent d’entretien à temps partiel…

Nous devons par ailleurs dénoncer la collaboration de l’organisation étudiante GAELIS (FAGE) qui a participé par leurs votes à l’exclusion de nos camarades. Loin de l’apolitisme bienveillant dont ils/elles se revendiquent lors des diverses échéances électorales pour quémander les voix étudiantes, la FAGE participe de la répression des syndicalistes qui se battent au quotidien pour la gratuité des études, pour l’inscription de toutes et tous à l’université, avec ou sans papiers.

L’acharnement de la présidence et de la classe dominante en général pour faire taire celles et ceux qui luttent ne traduit que la peur de voir se développer la contestation sociale face aux ravages -à l’université comme dans le reste de la société- d’un système capitaliste raciste et patriarcal.

Loin de nous faire plier, ils ne font que renforcer notre détermination à combattre et vaincre cet ordre asservissant, qu’ils essaient de maintenir, nous le voyons encore aujourd’hui, par tous les moyens.

¹ Pour retrouver des analyses sur les motifs de la lutte : « LRU, loi Fioraso, privatisation, dégradation des conditions d’études, de travail et de vie : pourquoi nous nous battons ?! » et « Le rôle de l’université dans la société capitaliste ».

² Cf. le procès-verbal du Vice-président portant plainte pour « violences aggravées »

Quand Lyon 2 profite d’un évènement tragique pour durcir sa politique sécuritaire

Communiqué de Solidaires Étudiant-e-s Lyon – Syndicat de Lutte en date du 25 janvier 2015, paru dans Un Pavé Dans Ta Fac n°4 :

Suite à la tuerie au siège de Charlie Hebdo et aux événements qui s’ensuivirent, faisant 20 morts ; face à « l’unité nationale » décrétée, il est important de se positionner.

Je Suis Charlie moutonUne fois l’émotion passée, il est de notre devoir collectif de comprendre les conséquences politiques de cet évènement. Dans les jours qui suivirent, le ministre de la Défense a annoncé le déploiement sur les « lieux sensibles » du territoire national de 10 500 militaires supplémentaires pour mener une « opération intérieure », faisant écho aux (27) « opérations extérieures » menées par l’État français (terme euphémisé destiné à désigner les théâtres de guerre dans lesquels est déployée de manière plus ou moins permanente l’armée française).
Dans le sillage d’une communication politique alimentant la surenchère sécuritaire et identitaire, surfant sur la vague émotive provoquée par l’attentat, l’extrême droite française multiplie les passages à l’acte racistes. Chaque jour amène son flot d’explosions ou d’incendies de mosquée, d’agressions de « musulman-e-s » ou supposé-e-s comme tel-le-s, de menaces de morts et de tags racistes : les actes « antimusulmans » recensés ces deux dernières semaines atteignent le nombre total comptabilisé pour l’année 2014 !

Ainsi, ce climat politique, instrumentalisé de toute pièce par la classe dirigeante, n’est qu’un prétexte pour mettre en place des mesures liberticides et sécuritaires renforçant toujours plus le contrôle de la population et prévenant ainsi toute contestation sociale.
La conséquence politique immédiate, la soi-disant « unité nationale », illustrée par les marches massives du dimanche 11 janvier, où tous les leaders conservateurs et réactionnaires (de « gauche » comme d’extrême droite) sont venus défiler, accompagnés de dirigeants de pays étrangers où la liberté de la presse est toute relative. La classe possédante et ses relais (nationaux comme internationaux) se sont superbement affichés pour aller chercher le consentement de la classe qu’ils dominent, en occultant soigneusement leur propre violence économique et sociale. Y a-t-il en effet une quelconque « unité nationale » possible avec ceux qui cassent les droits sociaux et le code du travail, appliquent des politiques de rigueur, répriment les mouvements sociaux et expulsent toujours plus de sans-papiers ?

Cependant, si ces derniers jours ont vu la « libération » (!) de la parole et du passage à l’acte racistes, le racisme institutionnel est à l’œuvre depuis bien plus longtemps. Rappelons à Lyon II la pantalonnade autour du contrôle au faciès fin septembre d’un étudiant qui avait le malheur de porter une djellaba sur le campus des Quais.
De façon bien plus insidieuse, systémique, le racisme se manifeste dans la structure même de la société dont l’université n’est pas exclue. Ainsi, l’organisation de la production s’inscrit dans une logique de sur-exploitation d’une main-d’œuvre considérée comme « immigrée » (c’est à dire non-blanche), souvent dans l’incapacité matérielle de refuser de mauvaises conditions de travail. En effet, les tâches les plus pénibles, les moins valorisantes et les plus mal payées sont réalisées par des travailleurs majoritairement « issus de l’immigration« , et féminins pour prendre l’exemple des agents d’entretien.

Depuis les attentats de Paris, sous prétexte du renforcement du plan Vigipirate, le président de l’université Jean-Luc Mayaud a décrété un contrôle strict des identités de toute personne voulant entrer sur le campus des Quais. Pour ce faire, seuls certains accès sont ouverts, chaque étudiant-e devant présenter sa carte étudiante et montrer le contenu de son sac aux agents de sécurité incendie, épaulés dans cette mission par des agents salariés d’une entreprise de sécurité privée. Ainsi Jean-Luc Mayaud parvient à débloquer rapidement des fonds pour renforcer sa « sécurité », mais pas pour payer les chargés de TD… On peut par ailleurs le noter, la « menace terroriste » semble plus importante pour la vitrine du « campus des Quais », que sur Bron, où sont pourtant présent-e-s la plus grande majorité des étudiant-e-s et personnels. Face à la « menace terroriste », tous les publics ne méritent pas d’être « protégés » ? Nous n’en sommes plus à une absurdité près.

En plus d’entretenir un climat de haine de l’autre, de peur et de suspicion permanente, ces contrôles de cartes conduisent à isoler un peu plus encore l’université du reste de la société et contrarient de fait l’activité syndicale qui cherche justement à l’ouvrir en tissant des liens et convergences avec l’ensemble des étudiants et des travailleurs. La présidence consacre ainsi sa vision de l’université comme lieu de passage où l’étudiant consomme ses cours (et son sandwich à la pause) contre nos volontés d’en faire un lieu de vie, un lieu d’organisation, de construction de nos capacités de mobilisation ouvert à tous ceux et toutes celles qui s’opposent à la dégradation des conditions de travail, d’études et, plus globalement, de vie.

Cette décision s’ajoute à la longue liste de mesures attentatoires aux libertés démocratiques les plus élémentaires mises en place par la direction de l’université. Nous savions déjà la liberté d’association largement remise en cause par le durcissement des critères d’agrément des associations et d’attribution des subventions, par le contrôle accru de leurs activités, par la suppression de certains lieux collectifs de réunion (suppression de locaux associatifs) ce qui a pour effet direct de veiller matériellement à ce qu’elles ne puissent réellement s’opposer aux politiques de liquidation capitaliste du service public de l’enseignement supérieur ; on peut aussi citer la suppression, de locaux, de panneaux d’expression libre, l’arrachage systématique d’affiches syndicales, etc. À présent c’est la liberté de circulation même qui est menacée à Lyon II !

Sous couvert de « sécurité » et de « protection de la liberté d’expression », l’État et le président de l’université décrètent des mesures visant à contrôler toujours plus la population et les étudiant-e-s et, au-delà de ça, à étouffer toute contestation sociale dans l’œuf.

Quel crédit peut-on apporter à un homme qui organise des minutes de silence dans son établissement en commémoration des victimes de l’attentat et pour la liberté d’expression et qui, parallèlement à cela, n’hésite pas à faire condamner et exclure des étudiant-e-s syndicalistes ayant participé à un mouvement étudiant contre la dernière réforme structurelle de l’Université ?

À Lyon II comme partout, la liberté d’expression est à deux vitesses !

Nous ne les laisserons pas nous enchaîner, pour sauvegarder notre liberté d’action associative et syndicale !

Non aux contrôles à l’entrée des facs !

Libertés de circulation, d’étudier et d’expression !

Commission disciplinaire de jugement pour deux étudiant-e-s syndicalistes de Lyon 2 !

photo procès 1

Le 20 octobre dernier, deux de nos militant-e-s étaient convoqué-e-s, sur ordre du président de l’université, afin d’être auditionné-e-s par la commission disciplinaire. Une soixantaine de personnes s’était alors rassemblée en solidarité afin de dénoncer la répression syndicale dont il/elle font l’objet.

Le motif invoqué remonte à la lutte des étudiant-e-s et du personnel de novembre 2013 contre la loi Fioraso, et notamment l’envahissement par une centaine de personnes d’un conseil de la présidence. S’en était suivie l’autorisation donnée par le président aux forces de l’ordre d’intervenir au sein même du campus afin de faire évacuer les bâtiments et de procéder à l’interpellation et au placement en garde à vue de 6 étudiant-e-s.

La ministre de l’enseignement supérieur, Fioraso, avait alors soutenu immédiatement par voie de presse la répression de celles et ceux qui s’opposaient à sa politique. Finalement, le tribunal exaucera les vœux de Madame la Ministre en suivant à la lettre les réquisitions du procureur, en condamnant à 3 et 6 mois de prison avec sursis et 4000 euros d’amende 2 étudiant-e-s, choisi-e-s « tout à fait au hasard » : la secrétaire de section syndicale et l’élu étudiant au Conseil d’Administration.

La commission disciplinaire d’instruction réunie le 20 octobre était notamment composée d’un membre de la présidence, Norbert Landon, ce même personnage qui le jour du conseil envahi avait déposé plainte au commissariat, toujours ce même personnage qui fera partie du jury, le 18 décembre prochain. Bref, partie, instructeur, juge. La présidence ne s’embarrasse pas de vernis démocratique quand il s’agit de réprimer les syndicalistes de lutte.

Pourquoi nous étions alors en lutte ?

La loi Fioraso, dans le prolongement des nombreuses réformes précédentes, vise à rapprocher toujours davantage universités et entreprises.

Ainsi, elle entend « redéfinir l’offre de formation » selon les besoins du patronat.
Ce qui passe notamment par la « professionnalisation » des cursus : qui est plus concrètement la généralisation des stages dans les cursus. Les stages constituent souvent du travail gratuit ou quasi gratuit, qui permet aux entreprises de profiter d’une main-d’œuvre docile, précaire et corvéable. Ça permet aux patrons de faire pression à la baisse sur les salaires en mettant en concurrence chômeurs, travailleurs, étudiants, stagiaires et de tirer vers le bas les conditions de rémunération et de travail pour toute et tous.

La loi Fioraso renforce également les pouvoirs des personnalités extérieures (représentants du patronat, dirigeants d’entreprise, élus) présentes dans les instances universitaires. Cela leur permet de défendre au mieux leurs intérêts, de définir directement ce que les travailleurs en formation doivent savoir, ce qui ne leur sera pas utile de savoir (du moins pour celui qui l’embauchera). Bref, il ne faut continuer de dispenser que ce qui peut permettre la réalisation de profits.

La loi présentait également un volet visant à orienter davantage « l’effort national » de recherche publique à des fins de satisfaction des intérêts des capitalistes français afin de favoriser les « innovations » capables de contenir les débouchés de demain.

Plus généralement, nous sommes nombreux/ses à assister au quotidien à la dégradation de nos conditions d’études comme de travail. Le personnel de l’université, ou ceux indirectement salariés par elle, sont toujours plus chargés de travail (par exemple: passage de la norme de 45 étudiants par TD), et soumis à des contrats précaires. La présidence, en bon patron, diminue ou gèle les primes des agents et menace plusieurs de leurs jours de congés…

Jeudi 18 décembre, nos camarades pourraient se faire exclure !

Bref, à l’université comme ailleurs, la démocratie (du capital) se porte bien !

Mais parce qu’on ne se laissera pas faire :

RASSEMBLEMENT DE SOLIDARITÉ JEUDI 18 DÉCEMBRE À 13H
(COUR CENTRALE DU CAMPUS DES QUAIS)

 

Contact : uselfse@yahoo.fr
Facebook : FSE Lyon / Université Lyon 2 en lutte

Commission disciplinaire de jugement pour deux étudiants syndicalistes de Lyon 2_page 1Commission disciplinaire de jugement pour deux étudiants syndicalistes de Lyon 2_page 2

Appel à rassemblement des vacataires-précaires en colère de Lyon 2

Appel à rassemblement des vacataires-précaires sous les fenêtres de la présidence mercredi 5 novembre à 10h pour que nos revendications soient entendues :

Nous exigeons que le droit du travail soit enfin respecté pour les vacataires de l’enseignement supérieur :

  • Exonération des frais d’inscription pour les vacataires employés à l’université (qui y sont également étudiants).
  • Rémunération prenant en compte les heures réelles de travail effectuées et paiement par l’université des cotisations sociales associées.
  • Paiement mensualisé des heures effectuées dans le mois à la fin du mois.
  • Augmentation massive du nombre de contrats statutaires (contrats doctoraux, ATER, MCF).
  • Signature d’un véritable contrat de travail à durée déterminée avant le début des cours.
  • Transparence sur les critères de recrutement et la publicité des offres.
  • Engagement ferme de l’employeur sur un volume horaire et un emploi du temps un mois avant le premier cours.
  • Prise en charge d’une couverture maladie par l’employeur.

Notre mobilisation est née d’un ras-le-bol concernant un non-respect du droit du travail dans le cadre de notre travail de vacataire à l’Université Lyon 2. Cette situation n’est pas pas nouvelle et c’est une situation présente dans bien d’autres universités.

Nous appelons donc à un rassemblement à l’AG des étudiantEs, personnels, enseignantEs, vacataires le jeudi 6 novembre à 12h à Bron pour discuter d’une réponse globale aux problèmes que traverse l’université.

Unis contre la précarité

Rappel :
Sans contrat, non payés et « oubliés » par la DRH…

À l’appel du collectif des précaires de Lyon 2, nous, enseignantE-vacataires qui travaillons depuis septembre sans contrat de travail et sans être payéEs, nous sommes renduEs à la Direction des Ressources Humaines mercredi 15 octobre. Nous avions fixé un rendez-vous avez le vice-président RH de Lyon 2 la semaine précédente, lors d’un premier rassemblement, pour être tenu au courant de l’avancée de la seule promesse qu’il nous avait fait : avoir des contrats de travail au plus tard le 30 octobre. Malheureusement, une fois là-bas nous avons appris que le VP RH n’était pas présent et que par conséquent il ne nous recevrait pas. Doit-on comprendre que pour la DRH la signature de contrats de travail pour des dizaines de vacataires enseignantEs n’est pas une priorité ? Ou alors peut-être que ses promesses n’étaient que du vent et le VP RH a préféré se défiler ?

Repas prix libre en soutien aux étudiant-e-s syndicalistes de Lyon 2 condamné-e-s !

Le délibéré est tombé : 3 mois de prison avec sursis pour Myriam, 6 mois de prison avec sursis pour Vincent et un total de 4 350 euros d’amendes, dommages et intérêts et remboursement des frais d’avocat pour 2 agents du service de sécurité incendie de l’université plaignants et les agents de la BAC ; soit la peine maximale requise. La troisième camarade a été relaxée.

Le Centre Social Autogéré Occupé (CSAO) organise donc un repas de soutien à prix libre ce samedi 13 septembre de 12h00 à 15h00 (fond du Passage Gonin, 1er arrondissement) afin de les aider à payer leurs amendes !

Venez nombreuses et nombreux passer un moment convivial et témoigner de votre solidarité !

CSAO bouffe de soutien

À Lyon 2, malgré la répression, le combat continue !

Communiqué de Solidaires Étudiant-e-s Lyon :

Nous étions plus d’une cinquantaine réuni-e-s ce lundi 8 septembre au tribunal correctionnel de Lyon pour assister à la lecture publique du verdict du procès de trois étudiant-e-s syndicalistes de Lyon 2. Nos camarades étaient inculpé-e-s suite à la mobilisation des étudiant-e-s et des personnels en novembre 2013 sur l’université, au cours de laquelle un conseil de la présidence avait été perturbé. Le délibéré est tombé : 3 mois de prison avec sursis pour Myriam, 6 mois de prison avec sursis pour Vincent et 4 350 euros d’amendes, dommages et intérêts et remboursement des frais d’avocat pour 2 agents du service de sécurité incendie de l’université plaignants et les agents de la BAC ; soit la peine maximale requise. La troisième camarade a été relaxée. Nous allons discuter avec notre avocat de la possibilité de faire appel.

La sévérité du verdict s’explique par le fait que la juge ait strictement appliqué les réquisitions du procureur qui rappelaient lors du procès le caractère politique de l’inculpation. Rappelons également que Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, avait le soir même de l’intervention des forces de l’ordre sur le campus soutenu publiquement la répression.

Les interpellations n’avaient alors pas été faites au hasard. Elles étaient ciblées et réalisées sur ordre de plusieurs  agents du service de sécurité incendie dont certains acceptent de collaborer avec des membres du renseignement intérieur présents pour l’occasion sur les campus.

La présidence, par l’intermédiaire des agents de sécurité incendie, a désigné ce qu’elle considère comme les « leaders » du mouvement étudiant, en représailles de leur présence syndicale active quotidiennement sur les campus.

En effet, sur les 6 interpellé-e-s, 4 étaient organisé-e-s au sein du syndicat FSE/Solidaires étudiant-e-s et les 3 inculpé-e-s sont tous syndiqué-e-s. Quant aux condamné-e-s, il s’agit de Myriam, secrétaire générale de section, et Vincent, alors élu étudiant au Conseil d’Administration de Lyon 2.

Ainsi, d’une main, la présidence envoie les forces de l’ordre sur les campus pour déloger les étudiant-e-s et personnels en lutte, provoquant des gardes à vue pour ceux qu’elle croit pouvoir identifier comme des « meneurs/meneuses ». De l’autre, elle utilise son pouvoir de communication pour donner sa version mensongère des « faits » à 30 000 étudiant-e-s et personnels, pour désigner nos camarades comme « violent-e-s », parce qu’ils/elles se sont donné-e les moyens de porter leurs revendications dans un conseil où la Présidence entendait justifier sa politique de dégradation des conditions de vie de la majorité d’entre nous.

Mais la répression ne nous arrêtera pas !  La précarisation de nos conditions de vie et de travail, le triste sort qui nous est réservé dans le système capitaliste ne nous laisse d’autre choix que de lutter ! C’est uniquement dans l’union et la solidarité interprofessionnelle que nous pouvons gagner, seule l’organisation à la base nous permettra de reprendre en main nos vies !

Aujourd’hui, l’État et la présidence en s’acharnant sur 2 de nos camarades voudraient dissuader les précaires de s’organiser pour lutter. Au contraire nous devons être plus solidaires et nombreux que jamais pour continuer la lutte avec les camarades inculpés ! 

La présidence, soucieuse de conserver son hégémonie, cherche à diviser le front des précaires dont les personnels de sécurité incendie font partie intégrante. Loin de nous laisser enfermer dans le jeu d’une opposition stérile entre étudiants et personnels, et conscient-e-s que la lutte ne se gagne que dans l’union de classe, nous œuvrons et appelons à la  construction d’un vaste mouvement inter-professionnel.

Nous faisons un appel large à la solidarité des organisations syndicales et politiques pour nous soutenir financièrement (chèque à l’ordre de SOLIDAIRES Rhône, à envoyer au 125 rue Garibaldi 69006 LYON).

Malgré la répression, la résignation n’est pas pour nous une option !

Solidarité avec nos camarades !

Rejoignez la lutte !

Pour pouvoir gagner, nous n’avons pas d’autre choix -étudiant-e-s, salarié-e-s, personnel, précaires, chômeurs- que de nous regrouper et de nous organiser à la base, syndicalement, en comités, en collectifs, en assemblées générales, afin de reprendre nos vies en main !

Solidaires Étudiant-e-s Syndicat de Lutte Lyon (ex-FSE)

Facebook : FSE Lyon

 photo procès 1

LRU, loi Fioraso, dégradation des conditions d’études, de travail et de vie : pourquoi nous nous battons ?!

Les lois LRU et Fioraso constituent des réformes visant à restructurer l’université. La logique et les principales conséquences de ces réformes sont :

=> « redéfinir l’offre de formation » : c’est-à-dire regrouper diverses universités d’une grande échelle territoriale en une Communauté d’Universités et d’Établissements (COMUE). Ainsi, en fusionnant les établissements, elle supprime les formations « doublons ». Cela conduit tout simplement à supprimer des postes, c’est-à-dire licencier ou ne pas remplacer le personnel, réaliser des économies, et réduire les « capacités d’accueil », alors même que de nombreux étudiants se voient déjà refuser l’inscription à l’université sous ce motif. Cela renforce ainsi la sélection à l’entrée de l’université.

La « redéfinition de l’offre de formation » contraint ainsi les étudiants de s’éloigner davantage du domicile familial pour étudier et constitue ainsi une barrière bien souvent infranchissable pour les étudiants issus des familles précaires qui ne peuvent financer logement et déplacements.

=> La privatisation de l’université c’est également le renforcement du pouvoir des personnalités extérieures (représentants du patronat, dirigeants d’entreprises, élus)  dans les instances décisionnelles. Ainsi, ces personnalités peuvent faire valoir au mieux leurs intérêts en ayant un droit de regard sur le contenu des formations. La loi vise en effet à conformer davantage la formation de la main d’œuvre aux exigences du patronat. La propagande dominante est toujours plus présente dans nos cours : « esprit d’entreprise », « flexibilité », « flexisécurité », « adaptabilité », « apprendre à se vendre », « valorisation des compétences » etc. Bref, il s’agit de former une main d’œuvre, non seulement « employable », docile, mais également de légitimer idéologiquement un système économique et social assassin, injuste et inégalitaire.

=> « Professionnalisation » des cursus : de plus en plus le savoir à l’université se doit d’avoir une utilité marchande, l’université n’est plus un lieu de savoir mais de formation de travailleur-euse-s malléables. Ce procédé est à l’œuvre par exemple avec la généralisation des stages dans les cursus. Ceux-ci constituent du travail gratuit ou quasi gratuit qui permet aux entreprises de profiter d’une main d’œuvre docile, précaire et corvéable. Cela permet de faire pression à la baisse sur les salaires en mettant en concurrence chômeurs, travailleurs, étudiants stagiaires et de tirer vers le bas les conditions de rémunération et de travail pour tous.

Le « problème du chômage » est insoluble au sein du système capitaliste. Les capitalistes, devant la nécessité d’accroître leurs profits afin d’affronter la concurrence ont en effet développé des capacités productives énormes intégrant d’importantes connaissances technologiques et scientifiques (machinisme, mécanisation etc.) qui réduisent aujourd’hui la quantité de travail humain nécessaire pour la production à presque rien. Au lieu de nous libérer, nous sommes nombreux à voir nos vies et celles de nos proches se faire voler au travail, ou à essayer de le trouver, lui qui n’existe pas..

 

=> La loi vise globalement à orienter davantage « l’effort national » de recherche publique à des fins de satisfaction des intérêts des capitalistes français afin de favoriser les « innovations » capables de « relancer la croissance ».

C’est chaque jour ce système inhumain, barbare, meurtrier et destructeur qu’ils essaient de faire survivre en cherchant, au prix de nos conditions de vies – ou de nos vies tout court – à restaurer la « croissance » objectif auquel on voudrait continuer de nous faire adhérer et de nous associer contre l’humanité…

Si isolés nous n’avons d’autre choix que de nous soumettre davantage afin d’espérer avoir peut-être une place qui nous permette de vivre ou de survivre, collectivement, nos perspectives sont différentes et un avenir meilleur pour tous est possible.

Résolument, nous choisissons de lutter et de nous organiser afin de pouvoir gagner !

APPEL À PRÉSENCE LE LUNDI 8 SEPTEMBRE À 13H30 AU TRIBUNAL POUR LE VERDICT DU PROCÈS DES ÉTUDIANT-E-S SYNDICALISTES DE LYON II RÉPRIMÉ-E-S PAR LA PRÉSIDENCE

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Le 21 novembre 2013, une violente intervention policière avait lieu à l’université Lyon II. Elle visait à réprimer un mouvement de lutte qui, mené par les étudiant-e-s et les personnel-le-s qui protestaient contre les nouvelles orientations de l’université, dans le contexte de restrictions budgétaires et de la nouvelle réforme des universités (loi Fioraso) avaient envahi un conseil convoqué par la présidence et avaient fini par occuper les bâtiments. Six étudiant-e-s – dont quatre syndicalistes – étaient interpellé-e-s aux portes du campus des Berges du Rhône, après que la présidence ait ordonné l’évacuation des bâtiments et fait intervenir les forces de l’ordre au sein de l’université.

 

Pour faire taire celles et ceux qui s’organisent pour combattre la dégradation des conditions de vie, d’études et de travail qu’imposent à la majorité des étudiant-e-s et personnel-les les réformes successives et les restrictions budgétaires, la présidence de l’université – alors immédiatement soutenue par la ministre Fioraso – n’a offert comme seule réponse l’intervention des forces de l’ordre au sein même de l’université.

Le 23 Juin ce sont ainsi trois étudiant-e-s, tou-te-s militant-e-s de la FSE/Solidaires étudiant-e-s Lyon qui étaient poursuivi-e-s pour des chefs d’inculpation de « violences » et « rébellion » et comparaissaient devant le tribunal correctionnel soutenu-e-s par de nombreux-ses étudiant-e-s, organisations politiques et syndicales afin d’exiger leur relaxe.

Le parquet requerra de 2, 3 à 6 mois de prison avec sursis (ou 60, 90 à 120 heures de Travaux d’Intérêt Général) à l’encontre de nos 3 camarades, ciblé-e-s pour leur activité syndicale. Le réquisitoire du procureur n’ayant laissé aucune ambiguïté sur le caractère ciblé et politique de la répression. La gradation des peines se justifiait en effet – pour le procureur – selon que les étudiant-e-s aient été désigné-e-s par l’université comme étant supposément plus ou moins « meneur-ses » au sein de cette mobilisation.

Deux agents du personnel de sécurité incendie plaignants – accompagnés pour l’occasion de leurs responsables du service juridique de l’université ainsi que de membres de la présidence – ont quant à eux demandé 2 000 euros chacun au titre de dommages et intérêts. Les agents de la BAC ont également demandé à être indemnisés.

Mais qui sont les violents ?!

Est-ce celles et ceux qui se battent pour une université publique, gratuite, critique et réellement ouverte à toutes et tous qu’ils et elles soient avec ou sans papiers ?

Les personnel-le-s qui subissent contrats précaires à répétition, conditions de travail et de rémunération toujours plus dégradées ?

Ou celles et ceux qui orchestrent licenciements, externalisation, coupes budgétaires, suppressions de postes, de filières, de jours de congés, privatisent et dégradent ainsi les conditions de travail, de vie et d’études de la majorité des étudiant-e-s et personnel-les et l’imposent avec la force des coups de matraques et des placements en garde à vue ?!…

Les tentatives d’intimidations ne nous feront pas taire ! Nous appelons en conséquence de nouveau à se rassembler au tribunal ce lundi 8 septembre à 13h30 pour le rendu public du verdict à 14h00 à la 8ème chambre correctionnelle du TGI de Lyon afin d’exprimer notre entière solidarité à nos camarades.

Il est pour nous, étudiant-e-s, salarié-e-s, stagiaires, précaires, personnel, chômeur ou en devenir, aujourd’hui plus qu’hier, encore plus que jamais nécessaire, partout où nous sommes, de nous regrouper, de nous organiser collectivement afin de combattre la dégradation de nos conditions d’études, de travail et de vie qui nous est imposée, à l’université comme ailleurs !

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LRU, loi Fioraso, privatisation, dégradation des conditions d’études, de travail et de vie : pourquoi nous nous battons?!

Les lois LRU et Fioraso constituent des réformes visant à restructurer l’université. La logique et les principales conséquences de ces réformes sont :

 
=> « redéfinir l’offre de formation » : c’est-à-dire regrouper diverses universités d’une grande échelle territoriale en une Communauté d’Universités et d’Établissements (COMUE). Ainsi, en fusionnant les établissements, elle supprime les formations « doublons ». Cela conduit tout simplement à supprimer des postes, c’est-à-dire licencier ou ne pas remplacer le personnel, réaliser des économies, et réduire les « capacités d’accueil », alors même que de nombreux étudiants se voient déjà refuser l’inscription à l’université sous ce motif. Cela renforce ainsi la sélection à l’entrée de l’université.

La « redéfinition de l’offre de formation » contraint ainsi les étudiants de s’éloigner davantage du domicile familial pour étudier et constitue ainsi une barrière bien souvent infranchissable pour les étudiants issus des familles précaires qui ne peuvent financer logement et déplacements.

 

=> La privatisation de l’université c’est également le renforcement du pouvoir des personnalités extérieures (représentants du patronat, dirigeants d’entreprises, élus)  dans les instances décisionnelles. Ainsi, ces personnalités peuvent faire valoir au mieux leurs intérêts en ayant un droit de regard sur le contenu des formations. La loi vise en effet à conformer davantage la formation de la main d’œuvre aux exigences du patronat. La propagande dominante est toujours plus présente dans nos cours : « esprit d’entreprise », « flexibilité », « flexisécurité », « adaptabilité », « apprendre à se vendre », « valorisation des compétences » etc. Bref, il s’agit de former une main d’œuvre, non seulement « employable », docile, mais également de légitimer idéologiquement un système économique et social assassin, injuste et inégalitaire.

=> « Professionnalisation » des cursus : de plus en plus le savoir à l’université se doit d’avoir une utilité marchande, l’université n’est plus un lieu de savoir mais de formation de travailleur-euse-s malléables. Ce procédé est à l’œuvre par exemple avec la généralisation des stages dans les cursus. Ceux-ci constituent du travail gratuit ou quasi gratuit qui permet aux entreprises de profiter d’une main d’œuvre docile, précaire et corvéable. Cela permet de faire pression à la baisse sur les salaires en mettant en concurrence chômeurs, travailleurs, étudiants stagiaires et de tirer vers le bas les conditions de rémunération et de travail pour tous.

Le « problème du chômage » est insoluble au sein du système capitaliste. Les capitalistes, devant la nécessité d’accroître leurs profits afin d’affronter la concurrence ont en effet développé des capacités productives énormes intégrant d’importantes connaissances technologiques et scientifiques (machinisme, mécanisation etc.) qui réduisent aujourd’hui la quantité de travail humain nécessaire pour la production à presque rien. Au lieu de nous libérer, nous sommes nombreux à voir nos vies et celles de nos proches se faire voler au travail, ou à essayer de le trouver, lui qui n’existe pas..

 

=> La loi vise globalement à orienter davantage « l’effort national » de recherche publique à des fins de satisfaction des intérêts des capitalistes français afin de favoriser les « innovations » capables de « relancer la croissance ».

 

C’est chaque jour ce système inhumain, barbare, meurtrier et destructeur qu’ils essaient de faire survivre en cherchant, au prix de nos conditions de vies – ou de nos vies tout court – à restaurer la « croissance » objectif auquel on voudrait continuer de nous faire adhérer et de nous associer contre l’humanité…

Si isolés nous n’avons d’autre choix que de nous soumettre davantage afin d’espérer avoir peut-être une place qui nous permette de vivre ou de survivre, collectivement, nos perspectives sont différentes et un avenir meilleur pour tous est possible.

Résolument, nous choisissons de lutter et de nous organiser afin de pouvoir gagner !

Procès des inculpéEs de Lyon 2 : de 2 à 6 mois de prison avec sursis requis à l’encontre de nos camarades

Lundi, près d’une centaine de personnes, étudiantEs, amiEs, famille, militantEs, syndicalistes – est venu soutenir nos camarades.
Le parquet a requis trois peines différentes – 2 mois de prison avec sursis (ou 60 heures de TIG) ; 3 mois de prison avec sursis (ou 90 heures de TIG) ; 6 mois de prison avec sursis (ou 120 heures de TIG) – à l’encontre des 3 militantEs de la FSE/Solidaires étudiant-e-s poursuiviEs.photo procès 2

Le réquisitoire du procureur confirme sans aucune ambiguïté le caractère politique de la répression.

La gradation des peines se justifierait selon que les étudiantEs ont été désignéEs par l’Université comme étant supposément plus ou moins « meneurSEs » de cette mobilisation.

Ce critère est bel et bien un critère politique : il n’a, en droit, aucune espèce de valeur. En effet, lorsqu’un jugement porte sur des violences volontaires ayant entraîné des blessures constatées, le critère qui doit primer est celui de la gravité des blessures infligées, et l’implication avérée du prévenu.

En aucun cas, le fait d’être ou non prétendument « à la tête » d’une mobilisation ne permet de fournir une échelle susceptible de décider de l’ampleur d’une peine.

En introduisant ce critère politique, le procureur reconnaît à demi-mot qu’il est impossible d’imputer à nos camarades, de manière individuelle et indiscutable, des faits précis : il propose donc de condamner en raison d’un engagement qu’il croit pouvoir mesurer et juger, avec l’aide de l’Université.

Les deux agents du personnel de sécurité incendie plaignants – accompagnés pour l’occasion de leur responsable du service juridique de l’université ainsi que d’une membre de la présidence – ont quant à eux demandé 2 000 euros chacun au titre de dommages et intérêts.

Les agents de la BAC ont également demandé à être indemnisés pour un montant que nous ne connaissons pas encore.

Le verdict a été mis en délibéré. Il sera connu le 8 septembre.

Nous tenons à remercier l’ensemble des personnes et organisations qui nous ont apporté leur soutien.

Les tentatives d’intimidations ne nous feront pas taire !

Aujourd’hui comme hier, il est toujours nécessaire de s’organiser pour combattre la dégradation qu’on nous impose de nos conditions d’études, de travail et de vie, à l’université comme ailleurs.

RDV dès la rentrée sur le campus pour continuer la lutte !photo procès 1

Lettre ouverte d’anciens étudiants de l’Université Lyon 2 sur les pratiques répressives des présidences successives

Ancien-ne-s étudiant-e-s de l’Université Lyon 2, nous avons eu à connaître, dans le cadre d’activités militantes, plusieurs des équipes présidentielles qui se sont succédé dans la période des dix dernières années à la tête de l’institution. Nous avons eu à subir, à des moments différents, et à l’initiative de responsables différents, des méthodes de surveillance et de répression qui se sont, à chaque fois, soldées par un nouveau discrédit pour les dirigeants du moment.

Vidéos, articles de presse, jugements des tribunaux relaxant des personnes mises en cause injustement et divers autres documents en attestent : ni la destruction de locaux associatifs et syndicaux, ni la destruction du matériel d’autrui, ni le fichage illégal, ni la prise d’arrêtés visant à proscrire l’entrée du campus à une étudiante sans respecter le principe du contradictoire, ni l’emploi brutal de la force par des agents de sécurité privés lourdement armés, ni le signalement aux services de police sur la base de faits imputés calomnieusement à telle ou tel militant-e connu-e n’ont par le passé fait reculer les présidences successives. Ces faits répétés, qui témoignent du climat très particulier de l’Université Lyon 2, ne doivent pas être passées sous silence. Nous sommes prêts à en constituer l’historique, documents à l’appui. Car ce climat, cet historique, éclairent d’une lumière toute différente les allégations de la Présidence en matière de répression.

Il est primordial que ces pièces soient consultées par toute autorité, qu’elle soit judiciaire ou administrative qui aurait à traiter de « plaintes » émanant de cette Université, ainsi que par tout journaliste qui aurait à en relater les suites : Leur dévoilement, ne laissant aucune place pour le doute, a en effet conduit à la crise chacune des présidences successives. L’ancienne se voyant toujours évincé par une nouvelle, a promis la main sur le cœur d’être à l’écoute du mouvement social et d’abandonner les pratiques illégales – pour renouer quelques mois plus tard avec celles-ci.

non a la criminalisation du mvt syndicaleIl y a visiblement, de ce point de vue, un problème structurel au sein de cette Université – allant bien au-delà de la personnalité changeante du président du moment. Nous apprenons maintenant que trois militant-e-s syndicalistes sont à nouveau mis en cause pour une action collective visant à dénoncer l’application de la réforme Fioraso, s’étant déroulé le 21 novembre 2013. Ces dernier-e-s sont accusées des habituels faits de « violence » qu’on reproche usuellement aux syndicalistes investis, auxquels s’ajoutent parfois l’incrimination pour « rébellion » dont les études statistiques et de nombreuses enquêtes journalistiques montrent qu’elle est devenue récurrente chez certains agents de police sur la base de motivations très discutables, et, bien souvent, arbitraire.

Nous souhaitons indiquer par cette tribune ouverte que nous nous tenons à disposition pour apporter les précisions utiles sur chacune des affaires mentionnées ci-dessus, au cours desquelles les représentants de l’institution se sont non seulement départis en toute occasion de la probité normalement attachée à leur fonction, mais encore ont contrevenu à de nombreuses reprises à la loi. Nous pensons quoi qu’il en soit utile à l’autorité judiciaire de connaître ces éléments, de sorte à ce qu’elle traite des plaintes formulées par l’Université Lyon 2 à l’égard d’étudiant-e-s avec toute la circonspection nécessaire s’agissant d’une situation institutionnelle de récidive dans le mensonge, la violence et la répression des libertés syndicales.

Signataires :

Alexandre Maupin militant FSE, ancien élu au conseil de faculté de droit et science politique, poursuivi en 2009 par l’université à l’occasion de la mobilisation étudiante contre la LRU. Relaxé. Syndicaliste CGT.

Tayeb Tounsi : militant FSE, poursuivi par l’université en 2009 à l’occasion de la mobilisation étudiante contre la LRU. Relaxé. Syndicaliste CGT.

Florent Pénicaut : militant FSE, ancien porte-parole à l’international pour la Fédération, ancien élu suppléant au Conseil d’Administration de l’Université, convoqué au commissariat en 2013 sur la base d’un dossier fournie par les services juridiques de l’université. Jamais poursuivi.

Rémi Pages : militant et ancien président de la FSE, ancien élu au Conseil d’Administration de Lyon 2, convoqué au commissariat en 2010 sur plainte du Directeur Général des Services de l’Université et témoignages des agents de sécurité incendie pour avoir « fumé dans l’enceinte de l’université ». Interrogé pour ses activités syndicales. Non fumeur. Classé sans suite.

Samy Dichy : ancien élu FSE au Conseil d’Administration de Lyon 2, convoqué en 2007 devant le Conseil de Discipline en raison de ses activités syndicales. « Avertissement ».

Florian Marcellin : militant FSE, inculpé en 2007 à l’occasion de la première mobilisation étudiante contre la LRU. Relaxé.

Face à la répression : solidarité! Rassemblement au Tribunal pour nos camarades de l’Université Lyon 2 qui passent en procès lundi 23 Juin!

Le 21 novembre dernier, une violente intervention policière avait lieu à l’université Lyon II. Elle visait à réprimer un mouvement de lutte mené par les étudiant-e-s et les personnel-le-s qui protestaient contre les nouvelles orientations de l’université, dans le contexte de restrictions budgétaires et de la nouvelle réforme des universités (loi Fioraso). Six étudiant-e-s – dont quatre syndicalistes – étaient interpellé-e-s aux portes du campus des Berges du Rhône, après que la présidence ait ordonné l’évacuation des bâtiments et fait intervenir les forces de l’ordre au sein de l’université.

Aujourd’hui ce sont trois étudiant-e-s qui sont inculpé-e-s, tou-te-s militant-e-s de la FSE/Solidaires étudiant-e-s Lyon, et qui passeront en procès le 23 juin prochain.

Pour faire taire celles et ceux qui s’organisent pour combattre la dégradation des conditions de vie, d’études et de travail qu’imposent à la majorité des étudiant-e-s et personnel-les les réformes successives et les restrictions budgétaires, la présidence de l’université -immédiatement soutenue par la ministre Fioraso – n’a offert comme seule réponse l’intervention des forces de l’ordre au sein même de l’université.

Nos 3 camarades, ciblé-e-s par la présidence pour leur activité syndicale au sein de l’université – parmi eux figure l’élu au conseil d’administration de l’université Lyon II – sont ainsi poursuivi-e-s pour des chefs d’inculpation de « violences » et « rébellion ».

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Banderole des étudiant-e-s en lutte lors de la manifestation du 29 Novembre dernier
à Lyon en solidarité avec les travailleurs-ses de SITL qui se battaient alors contre
les licenciements et pour le versement de leurs salaires impayés.Mais qui sont les « violents » ?!Sont-ce celles et ceux qui se battent pour une université publique, gratuite, critique et réellement ouverte à toutes et tous qu’ils et elles soient avec ou sans papiers ? Les personnel-le-s qui subissent contrats précaires à répétition, conditions de travail et de rémunération toujours plus dégradées ?Ou celles et ceux qui orchestrent licenciements, externalisation, coupes budgétaires, suppressions de postes, de filières, privatisation et dégradent ainsi les conditions de travail, de vie et d’études de la majorité des étudiant-e-s et personnel-les et l’imposent avec la force des coups de matraques et des placements en garde à vue ?!

Un de nos camarades se trouve en outre convoqué ce même jour suite à une plainte déposée par l’UNI-Mét pour « arrachage » de tracts et « menaces ».

Il apparaît ainsi que l’extrême-droite et la présidence se rencontrent inévitablement quand il s’agit de réprimer les étudiant-e-s en lutte. Ils ont en effet en commun la défense des mêmes intérêts de la classe dominante, des mêmes réformes de privatisation faisant, entre autres, de l’université une institution toujours plus sélective socialement. Ils partagent ainsi les mêmes ennemis.

Ces méthodes intolérables ne se retrouvent pas qu’à Lyon. Partout les mêmes procédés sont employés par l’État afin de casser les mobilisations collectives, seule issue à un système en restructuration qui menace chaque jour un nombre toujours plus grand d’entre nous.

Loin de ne frapper que nos seul-e-s militant-e-s, la répression s’abat sur tou-te-s celles et ceux qui relèvent la tête pour se défendre. Ainsi, à Caen, le directeur de l’hôpital a fait appel aux forces de l’ordre contre le personnel gréviste en lutte contre les suppressions de postes et les réductions budgétaires. À Amiens Nord, ce sont plusieurs syndicalistes CGT de Goodyear, en lutte contre plus de 1200 licenciements, qui ont été condamné-e-s à de la prison avec sursis, tandis que d’autres ont été placé-e-s 39 heures en garde à vue suite à une plainte pour « menaces » d’un syndicat de cadres, avant de ressortir libres sans convocation. En Espagne, ce sont récemment plusieurs années d’emprisonnement qui ont été requises contre des salarié-e-s d’Airbus qui avaient participé à la grève générale en 2010…

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Intervention des forces de l’ordre sur le campus pour évacuer les bâtiments de la présidence occupés

Contre la répression politique et syndicale nous appelons donc à nous rassembler le lundi 23 juin à 14h00 au Tribunal de Grande Instance de Lyon et à venir soutenir nos camarades à l’audience (8ème chambre correctionnelle) afin de défendre la seule décision juste : la relaxe.

Premiers signataires:
FSE/Solidaires étudiant-e-s syndicat de lutte Lyon ; Alternative Libertaire ; CGT Educ’Action; CGT Privés d’Emplois et Précaires; Coordination des Groupes Anarchistes ; Ligue des Droits de l’Homme – Villeurbanne Est Lyonnais ; Mouvement des Jeunes Communistes de France ; Nouveau Parti Anticapitaliste ; OCML-Voie prolétarienne ; Organisation Communiste – Futur Rouge ; Organisation Communiste Libertaire ; Parti Communiste Français ; Parti de Gauche 69 ; Union Syndicale Solidaires rhône ; Sud Éducation Université Lyon 2 ; Sud ENS Lyon ; Union des Étudiants Communistes ; Union pour le communisme

Compte rendu critique non-exhaustif du Conseil d’Administration de l’Université Lyon II du 8 Mars

solidarité sans papiersÉtudiant-e-s sans papiers

Ce Vendredi 8 Mars le Réseau Universités Sans Frontières et la Fédération Syndicale Étudiante appelaient à un rassemblement pendant la tenue du Conseil d’Administration pour soutenir la présentation de la motion ci-dessous afin d’obtenir de la Présidence qu’elle soutienne la demande de régularisation des étudiant-e-s sans-papiers et s’engage sur la question.

Motion présentée par le RUSF et la FSE au conseil d’administration de Lyon 2

«Le Réseau Universités Sans Frontières déposera une demande de régularisation collective auprès de la Préfecture pour le mois d’Avril. 

Nous, Conseil d’Administration de l’Université Lumière – Lyon 2 réuni ce vendredi 8 mars apportons notre soutien à la demande de régularisation de ces étudiant-e-s et demandons à la préfecture de répondre favorablement à leur légitime demande.

      Nous ne pouvons plus tolérer que certain-e-s de nos étudiant-e-s vivent dans la peur permanente du contrôle de police, du placement en rétention administrative et de l’expulsion.

      Nous condamnons la politique de criminalisation et d’enfermement des étudiant-e-s sans-papiers.

   Nous refusons de participer à la collaboration forcée avec la préfecture, notre rôle n’est pas de contrôler les titres de séjour des étudiant-e-s, nous n’acceptons pas de mener cette politique discriminatoire.

       Nous nous élevons contre le durcissement des critères d’attribution du titre de séjour étudiant, et notamment contre l’élévation des conditions de ressources, qui créent une sélection sociale inacceptable.

     Les étudiant-e-s étranger-e-s sont des étudiant-e-s à part entière et doivent pouvoir bénéficier des mêmes conditions d’études que les étudiant-e-s de nationalité française. 

En conséquence nous inviterons les étudiant-e-s, les personnels et les enseignant-e-s de l’Université à se joindre aux prochains rassemblements organisés pour demander la régularisation des étudiant-e-s sans-papiers.»

Finalement seul le paragraphe souligné a été adopté par le Conseil d’Administration ! Une majorité de votes contre l’emportant sur le vote de la motion présentée ! (A noter les oppositions pour les organisations étudiantes de la Confédération étudiante et de GAELIS !)

Il s’agit là de la part de la Présidence d’une bien frileuse prise de position ! Celle-ci ne l’engage en effet strictement en rien et, une fois de plus, elle refuse de s’engager sur des aspects concernant des pouvoirs qu’elle détient effectivement !

Le refus de prendre nettement position en faveur des étudiant-e-s sans-papiers doit donc être interprété comme un tacite cautionnement des politiques discriminatoires de chasse aux sans-papiers !

  • La lutte continue pour la régularisation de tous et toutes les sans-papiers, et ne se gagnera de toute manière pas dans leurs conseils !

Par ailleurs, nous ne pouvons que rendre publiques les pratiques de la présidence qui menace de poursuivre en justice l’élu FSE dans le cas où les prises de position des membres du Conseil seraient rendues publiques !

Contrairement à ce que souhaiterait le président nous ne nous sentons absolument pas tenu à un quelconque « devoir de réserve » ! La seule raison de notre présence dans ces conseils étant de rendre à la vue de tous les informations qui peuvent y être récoltées. 

Se soumettre à un devoir de réserve serait pour nous cautionner, par notre silence ce qui peut se dérouler à l’intérieur des conseils. Si certains n’ont pas le courage d’assumer publiquement les positions qu’ils adoptent dans l’entre soi des conseils nous n’hésiterons pas à les rendre publique afin qu’ils prennent leur responsabilités.

  Les menaces du Président, les ordres donnés aux agents de sécurité d’arracher systématiquement les affiches de la FSE, les convocations de militants au commissariat, sont des tentatives de museler la contestation politique à l’intérieur de l’Université et ne peuvent en aucun cas être acceptées !

    • Nous ne céderons pas face aux menaces de poursuites du Président de l’Université !
    • Nous ne nous tairons pas malgré les tentatives d’intimidation !
    • À la fac comme partout, régularisation de tou-te-s les sans-papiers ! 

Privatisation de l’université

   Lors du même conseil, était entérinée une convention de formation « conseiller clientèle expert » entre la BNP Paribas et l’Université. Ce partenariat prévoit que la fac d’éco dispense une formation commanditée et financée par la BNP. Le contenu pédagogique est ainsi décidé par la BNP et les personnes pouvant bénéficier de cette formation seront proposées par la BNP. 

Il est donc là assez évident qu’il s’agit tout bonnement d’une vente de services, en l’espèce une formation.

Mais à en croire le doyen de la faculté d’économie, il s’agit là d’un « contrat bien négocié » par l’Université (autrement dit, le prix de vente est bénéficiaire).


Bref, la logique de marchandisation du savoir, de privatisation des universités et de soumission du contenu pédagogique des formations semble ici être remplie. 

Et le rôle de l’université est ici très clair : il s’agit de former les petits cadres des banques à prodiguer à leur clientèle fortunée (« conseiller clientèle expert ») les conseils aguerris pour accumuler toujours plus de capital, pour « faire travailler » leur argent. Des prolétaires de tous les coins du globe seront « invités » à être toujours plus productifs – il le faut ! – si on ne veut pas perdre son emploi qui permet déjà si difficilement de boucler les fins de mois, mais finalement, surtout être plus compétitifs pour faire plaisir à ceux qui ont le bonheur d’avoir en banque une épargne qui comme par magie, travaille pour eux..  


En conclusion de ce Conseil d’Administration, l‘université préfère se vendre à la BNP plutôt que de s’engager pour les étudiant-e-s sans-papiers !

Qui sont les violent-e-s ? Droit de réponse à la présidence de Lyon 2.

La présidence – après avoir une nouvelle fois censuré nos communiqués – a envoyé ce lundi 5 décembre un communiqué à l’ensemble les étudiant-e-s, personnels et enseignant-e-s dans lequel elle vend ses plans récemment enterinés de privatisation de l’Université, et où elle dénonce la « violence » de la FSE, et le caractère antidémocratique de ses actions..

Nous l’interrogeons: qui exerce la violence à l’Université et dans la société? Qui est antidémocratique?
Qui exerce la violence quand les décisions adoptées au Conseil d’Administration voient enterriner la privatisation de l’Université, privatisation qui aggravera la sélection sociale, et conduira à ce que des milliers d’étudiant-e-s se voient refuser l’accès à l’Université ?
Qui exerce la violence quand la Présidence entend mettre à  la porte l’ensemble des personnels d’entretien pour de basses manipulations comptables ?
La Présidence, si prompte à dénoncer la violence, n’hésite cependant pas à l’employer pour faire passer ses décisions..
 Ainsi, elle n’a pas hésité à donner l’autorisation à la police nationale d’intervenir dans l’Université. Elle n’a, encore une fois pas hésité à embaucher des vigiles privés armés pour réprimer les étudiant-es – déterminé-e-s à empêcher que leur Université ne passe plus encore entre les mains du privé – les gazer et les frapper!
Qui est antidémocratique quand la composition de leurs conseils leur assure l’adoption – sans trop de difficultés- des décisions gouvernementales ? Quand siègent au CA des personnalités extérieures, que, listes étudiant-e-s, personnels et enseignant-e-s réunies ne peuvent avoir une minorité de blocage tellement elles y sont sous représentées..?

Mais ne nous trompons pas! Les luttes ne se gagnent pas et ne se gagneront jamais dans leurs conseils, qu’elle qu’en soit la composition plus ou moins défavorable !

Car les conseils universitaires ne sont que les chambres d’enregistrement des réformes capitalistes du gouvernement. Nous ne servirons pas de caution démocratique au Président/Tiran et à sa clique!
Qui est antidémocratique quand la Présidence entérine des réformes ayant fait l’objet de deux mouvements nationaux à son encontre, qu’enseignant-e-s, personnels et étudiant-e-s y sont opposé-e-s?
Encore une fois qui est antidémocratique quand l’élu étudiant FSE est empêché de siéger au Conseil d’Administration par les agents de sécurité incendie, transformé-e-s en vigiles à la solde de la Présidence et quand nos communiqués sont censurés en haut lieu?
Alors si la Présidence n’a d’autre choix que de se barricader dans ses locaux pour faire passer ses décisions, ce n’est que parce qu’elle est consciente de son illégitimité, et des décisions profondément injustes qu’elle fait voter.
Alors que voudrait nous faire croire la Présidence avec son communiqué? Que nous sommes violent-e-s?.. Que nous ne sommes pas légitimes?..
De qui se fout la présidence lorsqu’elle affirme que « Le respect de la démocratie, dans et hors les murs de l’université, implique le refus de la violence comme moyen d’imposer ses idées. » ?!
Ne nous trompons pas! La violence au quotidien c’est celle de l’exploitation salariée, celle du système capitaliste qui jette des milliers de gens dans la misère du chômage et de la précarité ! 
Et face à nos exploiteurs et à leurs larbins notre violence est légitime ! 
La FSE réafirme que seule une lutte déterminée permettra de faire plier la présidence au service du patronat.
Notre détermination à faire entendre notre voix viendra à bout de leurs mensonges et de la répression !
Nous continuerons à nous battre pour une université gratuite, laïque, critique et populaire !
Pour combattre ce système qui nous oppresse et tous ses sbires, rejoins la FSE!

uselfse@yahoo.fr