L’Ord(u)re règne à Lyon 2. La présidence de Lyon 2 fait exclure deux syndicalistes de lutte de l’université !

Communiqué de Solidaires Étudiant-e-s Lyon – Syndicat de Lutte en date du 25 janvier, paru dans Un Pavé Dans Ta Fac n°4 :

Jeudi 18 décembre, la commission disciplinaire de l’Université Lyon 2 a prononcé l’exclusion de 2 militant-e-s de Solidaires Étudiant-e-s Lyon – Syndicat de lutte (ex-FSE).

Nos camarades étaient convoqué-e-s formellement pour « trouble à l’ordre et entrave au fonctionnement de l’établissement » suite à l’envahissement d’un conseil de la présidence le 21 novembre 2013 par une centaine de personnes dans le cadre de la mobilisation des étudiant-e-s et du personnel contre la loi Fioraso et les restrictions budgétaires¹.
Le président avait alors donné, pour seule réponse aux revendications des étudiant-e-s et personnel mobilisé-e-s ce jour, l’intervention des forces de l’ordre à l’intérieur même du campus afin de faire évacuer les bâtiments. Sur la centaine de manifestant-e-s, 6 étudiant-e-s, dont 4 syndicalistes seront interpellé-e-s et placé-e-s en garde à vue.
3 militant-e-s de Solidaires Étudiant-e-s sont finalement passé-e-s en procès en juin 2013, dont deux qui se sont fait condamner : la secrétaire de section syndicale et l’élu au Conseil d’Administration de l’université, condamné-e-s respectivement à 3 et 6 mois de prison avec sursis et plus de 5000 euros de dommages et intérêts et frais de justice.
Le jeudi 18, il/elle ont été condamné-e-s à une exclusion immédiate de l’université de 2 ans dont 18 mois avec sursis !

Cette condamnation est une menace par toutes celles et ceux qui n’entendent plus se résigner à accepter la dégradation de nos conditions d’études, de travail et de vie qui nous est chaque jour un peu plus imposée.
Mais insuffisamment content de la gravité de la peine infligée à nos camarades, Jean-Luc Mayaud, président de l’université, fait désormais appel de cette décision devant le CNESER et réclame 5 ans d’exclusion ferme de l’université.

Retour sur le déroulement de la commission disciplinaire

Le déroulement de cette commission de jugement nous aura confirmé qu’il n’était nullement question de l’envahissement du conseil. Il s’agit là d’une volonté politique cherchant n’importe quel prétexte afin de nous exclure. Ainsi, lors de ce simulacre de jugement, peu importait que la présidence soit incapable de présenter un début de preuve ou même de témoignage à charge provenant d’autres personnes que les accusateurs eux-mêmes pour étayer sa thèse des « violences ». Peu importaient les nombreux témoignages -bel et bien existants ceux-là- d’étudiant-e-s, de profs, d’agents administratifs présent-e-s au moment des faits qui attestent tous de l’absence de coups volontaires portés aux agents ce jour-là. Peu importait encore le contenu même des certificats médicaux fournis par les agents, qui attestent que les blessures de ces derniers résultent de la poussée collective pour rentrer dans l’amphi et non de coups volontaires ; blessures qui s’expliquent toutes par la résistance des agents devant l’entrée des étudiant-e-s alors que, selon la version officielle de la présidence² , ceux-ci « avaient pour ordre de s’effacer et ne pas susciter de violences ». Au vu des déclarations contradictoires des agents et de leur attitude le jour du conseil extraordinaire (en liaison téléphonique constante avec leurs supérieurs) il apparaît clairement que la présidence avait donné pour consigne aux agents (transformés en garde présidentielle personnelle pour l’occasion) de ne laisser rentrer aucun étudiant (qu’il/elle soit ou non élu-e).
Seul leur importait, derrière le motif vague de notre convocation pour  » trouble à l’ordre » de trouver une responsabilité pouvant nous être imputée. Ceci fut bien illustré, que ce soit lors de l’instruction ou du jugement, lorsque M. Landon (par ailleurs Vice-président, ayant à l’époque porté plainte à notre encontre, se retrouvant ainsi partie, instructeur, et juge !) et M. Gaillard présidents respectifs de chacune des commissions, n’hésitaient pas à modifier les motifs de notre comparution.
Ainsi, lorsque nous démontrions notre innocence vis-à-vis des soi-disant « coups » portés aux agents, ils invoquaient finalement l’annulation du Congrès. Mais dès lors, sous ce motif, pourquoi ne poursuivaient-ils pas les plusieurs dizaines d’étudiant-e-s ayant participé à l’envahissement ? Ils trouvèrent la parade… Dans la notification d’exclusion envoyée à nos camarades, la présidence justifie sa décision par le fait qu’il et elle avaient osé parler au mégaphone et qu »il est avéré qu’il/elle étaient les meneurs d’un mouvement visant à perturber le déroulement du Congrès ».
Ainsi se conçoit la « liberté d’expression » de la présidence, elle qui est pourtant si prompte à l’afficher fièrement… Une liberté où les syndicalistes qui refusent d’adhérer doivent dégager, où les étudiant-e-s qui se mobilisent sont brutalement expulsé-e-s du campus par les forces armées.

En réalité, c’est sa propre lâcheté que tente de faire oublier aujourd’hui le président, en faisant preuve d’une fermeté sans précédent. Lui qui, le jour du congrès abandonnait ses agents, les laissait pour seul interlocuteur aux personnes mobilisées, des agents de sécurité incendie à qui il donnait ainsi pour mission d’assumer seuls les conséquences de la politique qu’il mène.

Ce qu’ils appellent violence

Le président, prompt à user des moyens de communication dont il dispose (et abuse), avait alors qualifié l’envahissement de « violent ».
Rappelons par ailleurs qu’après la fuite du président devant les étudiant-e-s et personnels mobilisé-e-s, les étudiant-e-s qui occupaient le bâtiment de la présidence réclamaient de pouvoir envoyer un mail à l’ensemble des étudiant-e-s et personnels afin d’expliquer leur mouvement, la nécessité de s’organiser et de se mobiliser pour ne pas se laisser écraser.
Finalement, ce n’est pas un mail qui sera envoyé, mais une quarantaine de CRS et agents de la BAC à l’intérieur du bâtiment pour nous en faire dégager.
Ainsi la présidence est la seule à bénéficier d’une réelle liberté d’expression, dont elle use et abuse en envoyant régulièrement sa propagande (souvent mensongère et diffamatoire) par mail, à l’intégralité des étudiants et personnels.
Quant aux étudiants et personnel, eux, n’ont que la liberté de se faire matraquer s’ils essaient de s’exprimer.

Nous sommes tous Charlie
Ce seul évènement est une illustration euphémisée de la violence sociale et symbolique quotidienne grâce à laquelle s’impose l’ordre dominant inégalitaire.
Comment qualifier les matraquages policiers au tonfa et à la télescopique, l’enfermement abusif de plusieurs personnes (garde-à-vue), la menace de l’enfermement carcéral (peine de prison avec sursis), les milliers d’euros d’amende pour des étudiant-e-s boursier-e-s salarié-e-s, l’interdiction de poursuivre ses études universitaires et, désormais, l’interdiction manu militari de pénétrer sur le campus ?
N’est-ce pas par l’usage de la force et de la violence que s’impose leur point de vue, c’est-à-dire leurs intérêts, leur conception de la démocratie et de la « liberté d’expression » ?

Par cet acharnement, nous constatons que ce qui insupportait la présidence était la force du mouvement étudiant de l’année dernière, menace pour une présidence vacillante et en perte d’influence (Jean-Luc Mayaud était alors contesté par sa propre majorité et largement déstabilisé par les démissions successives de plusieurs vice-présidents). Au sein même du cercle restreint des « représentant-e-s » dans les instances officielles, dont la composition est pourtant très loin d’avoir une quelconque proximité avec la notion de représentativité dont ils se réclament (pour ne prendre qu’un exemple, les personnels enseignants-vacataires qui entament une grève à partir de ce lundi 26 janvier 2015, ne disposent d’aucun siège au Conseil d’Administration alors même qu’ils assurent parfois jusqu’à 80 % des TD), l’obtention d’une majorité leur devient difficile.
Ainsi l’illustre le Conseil d’Administration de décembre dernier où la présidence n’est parvenue à obtenir une majorité qu’à 13 voix pour un budget d’austérité grâce aux 7 personnalités extérieures [!]), contre 12, budget dont les conséquences se paient au quotidien pour les personnels qui voient leurs primes gelées, l’intensité de leur travail augmentée, la précarité toujours plus s’installer ; et par les étudiant-e-s, qui voient les conditions d’études toujours plus se dégrader.A Lyon 2, il est temps de faire le ménage de la présidence
Mais dans cette période difficile pour la majorité, le président, lui, se permet de se verser une prime (à laquelle légalement il n’a pourtant pas droit) de plusieurs milliers d’euros, représentant le salaire annuel d’un agent d’entretien à temps partiel…

Nous devons par ailleurs dénoncer la collaboration de l’organisation étudiante GAELIS (FAGE) qui a participé par leurs votes à l’exclusion de nos camarades. Loin de l’apolitisme bienveillant dont ils/elles se revendiquent lors des diverses échéances électorales pour quémander les voix étudiantes, la FAGE participe de la répression des syndicalistes qui se battent au quotidien pour la gratuité des études, pour l’inscription de toutes et tous à l’université, avec ou sans papiers.

L’acharnement de la présidence et de la classe dominante en général pour faire taire celles et ceux qui luttent ne traduit que la peur de voir se développer la contestation sociale face aux ravages -à l’université comme dans le reste de la société- d’un système capitaliste raciste et patriarcal.

Loin de nous faire plier, ils ne font que renforcer notre détermination à combattre et vaincre cet ordre asservissant, qu’ils essaient de maintenir, nous le voyons encore aujourd’hui, par tous les moyens.

¹ Pour retrouver des analyses sur les motifs de la lutte : « LRU, loi Fioraso, privatisation, dégradation des conditions d’études, de travail et de vie : pourquoi nous nous battons ?! » et « Le rôle de l’université dans la société capitaliste ».

² Cf. le procès-verbal du Vice-président portant plainte pour « violences aggravées »

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SOLIDARITÉ FACE À LA RÉPRESSION ! RELAXE DES ÉTUDIANT-E-S INCULPÉ-E-S !

Banderole Soirée de soutien 23.05.2014

Le 21 novembre dernier, une violente intervention policière avait lieu à l’université Lyon II. Elle visait à réprimer un mouvement de lutte mené par les étudiantEs et les personnels qui protestaient contre les nouvelles orientations de l’université, dans le contexte de restrictions budgétaires et de la nouvelle réforme des universités (loi Fioraso). Six étudiantEs – dont quatre syndicalistes – étaient interpelléEs aux portes du campus des Berges du Rhône, après que la présidence ait ordonné l’évacuation des bâtiments et fait intervenir les forces de l’ordre au sein de l’université.

Aujourd’hui ce sont trois étudiantEs qui sont inculpéEs, touTEs militantEs de la FSE/Solidaires étudiant-e-s Lyon, et qui passeront en procès le 23 juin prochain.

Pour faire taire celles et ceux qui s’organisent pour combattre la dégradation des conditions de vie, d’études et de travail qu’imposent à la majorité des étudiantEs et personnels les réformes successives et les restrictions budgétaires, la présidence de l’université -immédiatemment soutenue par la ministre Fioraso – n’a offert comme seule réponse l’intervention des forces de l’ordre au sein même de l’université.

Nos 3 camarades, cibléEs par la présidence pour leur activité syndicale au sein de l’université – parmi eux figure l’élu au conseil d’administration de l’université Lyon II – sont ainsi poursuiviEs pour des chefs d’inculpation de « violences » et « rébellion ».

Mais qui sont les « violents » ?

Sont-ce celles et ceux qui se battent pour une université publique, gratuite, critique et réellement ouverte à toutes et tous qu’ils soient avec ou sans papiers ? Les personnels qui subissent contrats précaires à répétition, conditions de travail et de rémunération toujours plus dégradées ?
Ou celles et ceux qui orchestrent licenciements, externalisation, coupes budgétaires, suppressions de postes, de filières, privatisation et dégradent ainsi les conditions de travail, de vie et d’études de la majorité des étudiantEs et personnels et l’imposent avec la force des coups de matraques et des placements en garde à vue ?!

Un de nos camarades se trouve en outre convoqué ce même jour suite à une plainte déposée par l’UNI-Mét pour « arrachage » de tracts et « menaces ».

Il apparaît ainsi que l’extrême-droite et la présidence se rencontrent inévitablement quand il s’agit de réprimer les étudiantEs en lutte. Ils ont en effet en commun la défense des mêmes intérêts de la classe dominante, des mêmes réformes de privatisation faisant, entre autres, de l’université une institution toujours plus sélective socialement. Ils partagent ainsi les mêmes ennemis.

Ces méthodes intolérables ne se retrouvent pas qu’à Lyon. Partout les mêmes procédés sont employés par l’Etat afin de casser les mobilisations collectives, seule issue à un système en restructuration qui menace chaque jour un nombre toujours plus grand d’entre nous. 

Loin de ne frapper que nos seulEs militantEs, la répression s’abat sur touTEs celles et ceux qui relèvent la tête pour se défendre. Ainsi, à Caen, le directeur de l’hôpital a fait appel aux forces de l’ordre contre le personnel gréviste en lutte contre les suppressions de postes et les réductions budgétaires. À Amiens Nord, ce sont plusieurs syndicalistes CGT de Goodyear, en lutte contre plus de 1200 licenciements, qui ont été condamnés à de la prison avec sursis, tandis que d’autres ont été placés 39 heures en garde à vue suite à une plainte pour « menaces » d’un syndicat de cadres, avant de ressortir libres sans convocation. En Espagne, ce sont récemment plusieurs années d’emprisonnement qui ont été requises contre des salariéEs d’Airbus qui avaient participé à la grève générale en 2010…

Contre la répression politique et syndicale nous appelons donc à nous rassembler le lundi 23 juin à 14h00 au Tribunal de Grande Instance de Lyon et à venir soutenir nos camarades à l’audience (8ème chambre correctionnelle) afin de défendre la seule décision juste : la relaxe !
 
Afin de couvrir les frais d’avocat et autres frais de justice, une soirée de soutien aux inculpé.e.s de Lyon 2 se tiendra le vendredi 23 mai à partir de 20h30 sur Villeurbanne (métro Gratte-ciel) !

Appel à témoignages ! Soutenons nos camarades qui subissent la répression !

Lyon 2 Arrestations sortie NB

Suite à la tentative de participation au Conseil Élargi convoqué par la Présidence de l’Université le 21 novembre dernier, qui fut violemment réprimée par un nombre impressionnant de membres des forces de l’ordre, TROIS DE NOS CAMARADES SONT ENCORE POURSUIVI-E-S EN JUSTICE. Nous ne devons pas les laisser seul-e-s face à une justice au service de la Présidence !

Si vous étiez présent-e, vous pouvez les aider en témoignant de ce qu’il s’est passé ce jour-là. Les témoignages doivent pour être valables devant la justice être rédigés sur un formulaire officiel (CERFA n°11527*02), et accompagnés d’une photocopie d’un document d’identité.

Rendez-vous sur le stand FSE/Solidaires Étudiant-e-s Lyon pendant le Forum des Associations, pour trouver des formulaires et donner vos témoignages ! De 10h à 15h, le mardi 15 avril sur le campus des Quais et les mercredi 16 et jeudi 17 avril sur Bron.

Voici le formulaire d’attestation pour témoignage en justice : Form11527v02

Communiqué suite au CA du 22 novembre

Face à la communication de la présidence : droit de réponse de la FSE

 

 « Congrès élargi » : le président fuit…

Dès l’entame du Conseil d’Administration ce vendredi 22 novembre, la présidence de l’université s’est montrée isolée et aux abois. Suite à un vote à bulletin secret, demandé par des élus, et contre la volonté du président Jean-Luc Mayaud, la majorité des présents a voté pour le bouleversement de l’ordre du jour, afin d’évoquer les événements du jeudi 21 novembre, qui ont fait l’objet d’une communication incontrôlée de la part de la présidence.

Devant les imprécisions factuelles et les attaques diffamatoires à l’encontre de notre organisation, répétées à nouveau lors de ce Conseil par le président, nous sommes intervenus fermement pour rappeler les faits, et l’interprétation politique que nous en faisons.

Jeudi 21 novembre, un rassemblement à l’appel d’un comité de mobilisation des étudiants de Lyon 2 – auquel nous prenons part, parmi d’autres étudiants – s’est tenu, afin de protester contre les manœuvres d’une présidence qui prétendait pouvoir résoudre une crise dont elle est un rouage, et ce autour d’un cercle restreint d’élus et de responsables. Nous soutenions pleinement cet appel.

Ce rassemblement visait expressément à faire surgir dans un congrès en fait bien restreint la voix des étudiants mobilisés.

Les étudiants présents ont envahi successivement le grand amphithéâtre, puis le bâtiment administratif. Ils n’ont à aucun moment rencontré de réponse à leurs demandes, et ont fait face au jusqu’au-boutisme d’un président qui a refusé de s’exprimer devant les étudiants, préférant coûte-que-coûte maintenir son congrès restreint en se réfugiant en catimini dans une salle du bâtiment administratif.

 

 … et déchaîne la brutalité policière

Nous avons occupé ce bâtiment, et nous sommes assis afin de discuter de la manière dont nous souhaitions organiser la suite de la mobilisation à Lyon II. Nous formulions notamment comme revendication à la présidence la possibilité de communiquer auprès de l’ensemble des étudiants et personnel au nom des étudiants mobilisés présents.

Les personnels présents, qui ont amorcé une discussion avec nous, et les membres du conseil qui sont passés parmi les étudiants peuvent témoigner du calme qui régnait, en totale contradiction avec le discours du président, qui décrit un sentiment de peur généralisé, censé avoir été provoqué par des slogans et des tambourinements sur la porte menant à la présidence (!).

Lyon 2 CRS commissaireNous souhaitons dénoncer la violence de l’intervention policière déclenchée sur demande expresse de Jean-Luc Mayaud, via un appel téléphonique au préfet Carenco. Dans les minutes qui ont vraisemblablement suivi cet appel, une quinzaine de camions de police ont encerclé l’université, et une quarantaine de policiers en tenue anti-émeute sont entrés dans le campus, avant de surgir simultanément des différents étages du bâtiment où nous étions réunis. Il nous a immédiatement été ordonné de nous disperser.

L’intervention a eu lieu alors que les présents terminaient de voter le communiqué à adresser aux étudiants et personnels, qui venait d’être discuté une heure durant. Nous avions commencé à nous disperser dès la première sommation. En bas du bâtiment, une véritable souricière avait été mise en place. De nombreux agents de la BAC et de la police nationale nous attendaient dans la cour de l’université, et nous avons été escortés jusqu’à la sortie. Dès lors que la police était parvenue à nous pousser dehors, à l’abri des regards des étudiants présents sur le campus, les coups se sont mis à pleuvoir. Des étudiants ont été insultés, frappés, tirés par les cheveux, mis à terre, et 6 d’entre eux interpellés. Nous sommes actuellement en train de rassembler témoignages, photos, vidéos et certificats médicaux rendant compte de cette violence répressive.

 La défense des personnels, vraiment ?

Monsieur Mayaud a beau jeu de prétendre défendre le personnel, dont ses agents « hygiène et sécurité » : c’est lui qui les met dans la position de seuls interlocuteurs face aux étudiants en lutte. Il a été demandé à plusieurs reprises de parler à un représentant de la présidence, ce qui nous a toujours été refusé. Nous réaffirmons que les vigiles n’ont pas à être les médiateurs politiques d’une présidence qui n’assume pas ses responsabilités, et les maintient dans la précarité en multipliant les embauches de contractuels sans titularisations.

Pour cette raison, les témoignages d’une partie des personnels « sécurité incendie », en contrat précaire et subordonnés à la Présidence, doivent être considérés avec précaution, à la lumière de l’insistance de Jean-Luc Mayaud à attribuer au plus vite un ensemble de faits à notre organisation.

 

 La FSE, cible de la répression (?)

Parmi les 6 personnes interpellées figurent entre autres l’élu FSE au Conseil d’Administration, la présidente et la secrétaire de la FSE. Ce « ciblage » pose un certain nombre de questions quant au déroulé des arrestations.

Il semble s’agir clairement d’une répression ciblée, d’arrestations antisyndicales dont l’unique but est d’intimider les étudiants mobilisés et de casser l’opposition à la politique du gouvernement. Le soutien immédiat de la ministre de l’enseignement supérieur Geneviève Fioraso au président de l’Université en est l’illustration. Cette attaque en règle contre les libertés démocratiques et le syndicalisme à l’Université doit être mise en échec !

Monsieur le Président ne peut par ailleurs en aucun cas évoquer des « faits » auxquels il n’a pas pu assister, puisqu’il a fui le débat et  les étudiants à deux reprise, et a choisi de se barricader dans une salle avec le cercle réduit de ses derniers fidèles. Monsieur le Président a tu la brutalité qu’il a déchaînée, sous les yeux d’enseignants, de personnels, d’étudiants et de passants. Monsieur le Président a fait le choix d’attaquer par voie de presse, puis lors du Conseil d’Administration, notre organisation syndicale.

Il n’a pas eu la décence de se taire, préférant répandre une version biaisée des événements de jeudi. Jean-Luc Mayaud a perdu tout sang-froid. Nous en prenons acte.

 

 Moments de solitude

Nous relevons par ailleurs l’isolement grandissant de Jean-Luc Mayaud, fortement critiqué par ses anciens soutiens.

Nous ne nous prononcerons pas sur les enjeux politiques que ces critiques expriment. Nous ne croyons pas qu’un changement de majorité, de président, changera quoi que ce soit à la dégradation de nos conditions de vie et d’étude, que nous constatons au quotidien.

Les sinueuses interventions des derniers soutiens du président, fébriles face aux critiques, montrent bien que l’équipe présidentielle est, sous sa forme présente, en sursis.

Nous avons évoqué la responsabilité individuelle de M. Mayaud, bien qu’il ne soit pas seul : sa responsabilité est cependant celle d’un relais d’une politique de crise et de rigueur budgétaire ; elle est celle d’un président qui a choisi d’imposer par la force sa politique en envoyant les flics contre les étudiants de Lyon II. Elle sera demain celle de celui ou celle qui choisira de servir la politique réclamée par les gouvernements successifs

 

Nous combattrons sans relâche les véritables dégradations, commises par cette politique, et qui frappent nos conditions de vie, d’étude et de travail !

 

 

Les tentatives de museler l’opposition ne nous arrêterons pas !

Tous en Assemblée Générale !

Ils privatisent on rend public !

S’ils ferment les portes, nous les ouvrirons !

La vraie violence c’est nos conditions de vie, d’étude et de travail misérables !

La vraie violence c’est leur pseudo-démocratie qui nous est imposée par des policiers armés !

En ce qui nous concerne, nous n’avons que notre force collective !

 

 

Fédération Syndicale Etudiante – Lyon, membre de Solidaires Etudiant-e-s Syndicats de Lutte

 

 

Pour plus d’informations :

Site internet : fselyon.wordpress.com

Facebook : « Université Lyon 2 en lutte » / « FSE Lyon« 

LA RÉPRESSION NE NOUS ARRÊTERA PAS ! MARDI TOUS EN ASSEMBLÉE GÉNÉRALE !

Appel du comité des étudiant-e-s mobilisé-e-s de Lyon 2 :

La crise c'est eux la solution c'est nous

 

Ce jeudi 21 novembre, la seule réponse aux revendications des étudiant-e-s qui ont investi le Congrès « élargi » convoqué ce même jour, a été la répression policière commanditée par la direction.

La répression des étudiant-e-s mobilisé-e-s ne nous arrêtera pas !

Mardi 26/11 TOUS en Assemblée Générale à 12H (amphi C – bâtiment K – campus de Bron)

 

En effet, la présidence de l’université devant ce qu’elle a elle-même désigné comme une « crise » avait appelé à un conseil élargi (qui semblait n’exclure personne) censé trouver des solutions autour d’un petit nombre de responsables et d’élu-e-s. Le mail envoyé dimanche dernier à l’ensemble des étudiant-e-s et des personnels expliquait que la crise dépassait largement le cadre de l’université Lyon 2. Dès lors, pourquoi prétendre la résoudre dans une réunion interne à l’université où sont convoqués seulement les élu-e-s des conseils ?

 

Quand la Démocratie sauce Mayaud tourne au vinaigre…

 

Près d’une centaine d’étudiants ont tenté de participer légitimement à un conseil opaque qui prétendait décider pour eux sans eux, alors qu’ils sont les usagers de ce service public. Il faut savoir que la LRU a réduit de 25% la représentation étudiante déjà étiolée auparavant, au sein de ces Conseils. L’accès au Congrès nous a été refusé par un barrage des agents de sécurité incendie, sous ordre de la direction, exposés alors malgré leur fonction, à la foule désireuse de rentrer. C’est en effet désormais une technique assumée de la présidence d’utiliser ces agents de sécurité incendie comme une véritable milice. Aucun coup n’a été porté sur ces agents (contrairement au communiqué officiel de la présidence). Les éventuelles blessures sur les agents alléguées par Jean-Luc Mayaud sont donc purement accidentelles. Notre seule « violence » que le président et les médias ne cessent de mettre en avant fut une poussée collective pour rentrer dans l’amphithéâtre… Ce ne serait pas produit si la Présidence n’avait pas refusé notre participation au congrès qui était très clairement annoncé.

 

Le dialogue version Mayaud, c’est porte fermée, matraque et garde à vue pour les étudiant-e-s mobilisé-e-s !

 

Nous avons donc pu rentrer dans le grand amphithéâtre, lieu du congrès « élargi », celui-ci n’avait pas commencé et nous nous sommes tous installés. En attendant l’arrivée du Président nous avons chanté quelques slogans tels que « N’ayez pas peur de la démocratie ».

Le président a refusé de venir s’exprimer devant nous. Une demi-heure plus tard un membre de l’administration a demandé aux élus du congrès de sortir du Grand Amphi afin de réaliser la réunion dans le bâtiment de la présidence, pour exclure les étudiants mobilisé-e-s. Nous avons donc suivis les invités autorisés et avons dû forcer l’ouverture de la porte du bâtiment présidentiel.

Une fois dans le bâtiment, nous avons réclamé audience auprès du président Jean-Luc Mayaud, retranché dans son bureau. Tandis que nous étions dans l’attente d’un interlocuteur de l’administration (autre que les vigiles) nous avons décidés de tenir dans le couloir, assis et dans le calme, une assemblée élargie, spontanée, avec l’ensemble des étudiants et du personnel qui refusaient le simulacre de démocratie organisé par Mayaud. Mais c’est alors, que le président donna, très rapidement, l’ordre à plusieurs dizaines de CRS d’intervenir violemment pour nous déloger et nous soumettre à une souricière, savamment organisée. S’en sont suivis des coups de matraque (dont certains réitérés sur des étudiant-e-s à terre), 6 interpellations effectuées avec une grande violence, ciblant entre autres des syndicalistes étudiant-e-s connu-e-s, et répondant à des identifications opérées par des agents de sécurité incendie.

Lire sur Rue89Lyon, le témoignage d’un étudiant.

Mayaud croit pouvoir réduire aujourd’hui notre mouvement à un groupe de « meneurs », qui serait orchestré par un syndicat étudiant. S’il pense qu’en réprimant ceux qu’il identifie comme les « meneurs » du mouvement, ce dernier s’éteindra, la Présidence commet une grave erreur d’analyse.

Nous ne sommes manipulé-e-s par personne, notre combat est légitime et continuera malgré la répression !

 

La crise de la présidence ? Un symptôme de la destruction massive de l’Université par les réformes Pécresse-Fioraso

 

Cette réaction, les démissions consécutives de vice-présidents et l’intervention policière traduisent un processus politique de liquidation de l’université publique et la volonté de l’imposer par la force si nécessaire. La démarche de marchandisation du savoir depuis l’instauration du processus de Bologne (européen), des lois LRU (Pécresse) et Fioraso encourage ces pratiques autoritaires et antidémocratiques.

Elle prépare à court terme maintenant, si nous nous laissons faire, l’alternative entre la faillite budgétaire des universités, et des augmentations de droits d’inscriptions pour tou-te-s les étudiant-e-s.

Par la présidentialisation des universités et l’introduction de personnalités extérieures toujours plus nombreuses dans les conseils elle tend à transformer les établissements d’enseignement supérieur en université-entreprise dirigées par un comité de pilotage restreint et autocratique.

Lyon 2 Lutter ou subir il faut choisirIls privatisent on rend public ! S’ils ferment les portes, nous les ouvrirons !

La VRAIE violence c’est nos conditions de vie, d’étude et de travail misérables ! La vraie violence c’est leur pseudo-démocratie qui nous est imposée par des flics armés !

En ce qui nous concerne, nous n’avons que notre force collective !

Leur répression ne stoppera pas notre mobilisation ! Les arrestations ciblées, violentes et injustifiées, renforcent notre détermination autour d’un rassemblement plus que jamais nécessaire.

 

Nos revendications :

  • Abrogation des lois LRU et Fioraso
  • Abandon des poursuites contre les interpellés et retrait des plaintes de la présidence
  • Banalisation des cours du mardi 26/11 dès 12h
  • Droit de réponse du comité de mobilisation à travers la diffusion d’un mail à l’ensemble des membres de Lyon 2.

 

TOUS EN ASSEMBLÉE GÉNÉRALE MARDI 26/11 sur le campus de Bron 12h amphi C (bâtiment K)

 

Ordre du jour proposé : 

  • Retour sur la manifestation de jeudi 21 novembre et sur les lois. Pourquoi nous sommes en lutte.
  • Les revendications, les perspectives de transformation sociale.
  • La mobilisation à venir
  • Vote sur les propositions

 

Le comité des étudiant-e-s mobilisé-e-s de Lyon 2

 

P.-S.

Plus d’infos : page facebook « Université Lyon 2 en lutte »

QUAND LA PRÉSIDENCE DE L’UNIVERSITÉ FAIT ARRÊTER DES ÉTUDIANTS

Alors que la crise de l’université va en s’empirant, des étudiants de Lyon 2 rassemblés jeudi 21 novembre ont été arrêtés.

Ils étaient plus d’une centaine à protester contre l’opacité du congrès élargi convoqué par le président de l’université, Jean-Luc Mayaud, congrès qui devait examiner les possibilités de « dépasser » la crise institutionnelle. Une manifestation avait été appelée par le comité de lutte de l’université, mandaté par l’Assemblée générale des étudiants (qui avait réuni 150 personnes), afin d’empêcher la tenue du congrès jugé non-démocratique.

Arrestations lyon 2La BAC et la police nationale ont été appelées par la direction et ont violemment chargé les étudiants qui occupaient le Congrès élargi.

Après cela, comment Jean-Luc Mayaud qui évoquait dans son dernier mail l’université où convergent les intérêts de tous -étudiants, personnels, enseignants, équipe présidentielle- nous fera t-il croire à l’université-sanctuaire ? Monsieur Mayaud organise avec son équipe restreinte la gestion de pénurie qui conduit à la privatisation de l’université : il sait que cette privatisation ne peut qu’aggraver les conditions de travail des personnels les plus précaires et lisser des programmes déjà bien consensuels. Il sait qu’elle ne répond qu’aux intérêt du patronat.

Nous ne nous apitoyons pas sur ces arrestations car nous ne sommes pas dupes : évidemment l’université n’est pas un sanctuaire, évidemment les intérêts de la présidence et les nôtres sont antagoniques. Lorsqu’un tel antagonisme s’exprime -dans la mobilisation croissante des étudiants, dans les récentes démissions qui ont affecté l’administration-, il n’est plus surprenant qu’un président d’université fasse appel aux matraques pour faire régner l’ordre.

Nous exigeons la libération immédiate des camarades qui ont été arrêtés et nous appelons l’ensemble des organisations syndicales et politiques à adresser leur soutien en relayant et signant ce communiqué. Nous appelons également à témoignages, photos et vidéos de la répression et des arrestations.

CRISE À LYON II : INVITONS-NOUS AU CONSEIL ÉLARGI DE LA PRÉSIDENCE !

Appel du comité de mobilisation mandaté par l’Assemblée Générale de Lyon II réuni le 18 novembre :

La crise du capitalisme pousse les gouvernements partout dans le monde à pratiquer une politique d’austérité qui frappe un nombre toujours plus grand d’entre nous. Politique dont nous ressentons les conséquences avec dans l’enseignement supérieur les lois LRU et la récente loi Fioraso qui vient la compléter. Ces lois participent du processus de privatisation déguisée des universités qui, organisant la pénurie de financements publics – et aggravée par les mesures d’austérité – contraignent les universités à chercher des financements dans le privé.

Face à la dégradation de nos conditions de vie, de travail et d’études, déjà bien misérables pour un grand nombre d’entre nous (bourses insuffisantes voire inexistantes, obligation de se salarier pour poursuivre ses études, difficulté pour se loger, contrats précaires, difficultés à joindre les deux bouts…) depuis plusieurs semaines la mobilisation se construit à Lyon II -où la dernière Assemblée Générale a réuni 150 personnes – comme dans de nombreuses autres universités.

La situation de la fac n’est que le reflet d’une situation plus globale de crise du capitalisme, et est rendue visible aujourd’hui par une crise interne au sein de la présidence de Lyon 2. Entre la gestion de la pénurie et le développement de la mobilisation, le sol semble se dérober sous les pieds de la direction, comme l’illustre le mail du président envoyé dimanche soir à tous les personnels et étudiants de l’université. Celui-ci cherche des ultimes soutiens afin de sauver sa politique de rigueur et sa place par la même occasion. Il en appelle donc ce jeudi à un congrès extraordinaire où il convoque tous les élus des conseils centraux, qui prétendent représenter ceux et celles qui étudient et travaillent à l’université.

La direction de l’université entend décider de notre avenir sans nous?

Puisque nous n’avons pas été conviés, nous prenons donc l’initiative de nous inviter à ce congrès extraordinaire qui se tiendra dès lors avec nous, ou ne se tiendra pas !!

Nous invitons donc logiquement l’ensemble des étudiants, personnels et enseignants à se rassembler ce jeudi sur le campus de la fac des quais !

Pour permettre la participation du plus grand nombre au congrès extraordinaire, nous appelons les enseignants, chargés de TD à ne pas assurer leurs cours et à ne pas prendre en compte les absences à partir de 10h et ce jusqu’à la fin de la journée.

Dans l’objectif de poursuivre et d’intensifier la mobilisation, nous appelons également à une nouvelle Assemblée Générale mardi 26 Novembre à 12h00 (amphi C bâtiment K – campus de Bron)

DÉLOGEONS TOUS LES PANTINS DU POUVOIR !

Jeudi 21 novembre Lyon 2

L’Université Lyon II en crise !

Conscient que le monde qui l’entourait jusqu’alors est en train de s’écrouler, le président de l’université cherche à tout prix à se sauver.

Les quatre démissions récentes de vice-présidents de sa propre équipe, mais surtout, des premières Assemblées Générales étudiantes à Lyon II -comme dans de nombreuses autres facs- exprimant la colère contre la dégradation de nos conditions de vie et d’études ont fini par faire douter le président de son avenir.

« Dépasser la crise », c’est donc la proposition que nous fait Jean-Luc Mayaud, président de l’université, dans un mail envoyé dimanche 17 novembre au soir à tous les étudiants et personnels de l’université.

Tentatives maladroites de se justifier, références à la crise du capitalisme et envolées qui se veulent rassembleuses, cette tribune prétend pompeusement dépasser une crise qui dépasse pourtant largement la seule personne du président Mayaud, comme la seule université Lyon II.

Mayaud n’est pas le seul : tous les responsables doivent partir !

Selon lui « Notre université traverse une crise interne d’autant plus vive qu’elle se produit en écho d’une crise générale du pays. » Il se refuse à être « le chef sacrificiel » et à assumer seul la responsabilité de la crise à Lyon 2.

Le président a peur. Peur d’être seul dans la chute. S’il est vrai qu’il ne saurait être tenu pour seul responsable de tous les problèmes rencontrés au sein de cette université, Jean-Luc Mayaud est cependant coupable de s’être fait l’instrument volontaire d’une politique -de l’UMP comme du PS- qui a mené à la situation qui est aujourd’hui celle de Lyon 2, et de beaucoup de secteurs de la société.

La « défiance » qui est la nôtre n’a pas pour seul objet un individu, un « chef sacrificiel ». Nous savons que ce ne sont pas seulement les chefs qui doivent être sacrifiés, mais toute leur politique, menée au profit des chefs pour un monde de chefs.

Mais pour ne pas endosser seul la responsabilité de la crise à Lyon 2, Mayaud en appelle aujourd’hui à l’unité autour de son projet.

Appel est donc lancé au regroupement de tous les vautours carriéristes de Lyon 2, avides de pouvoir, en vue de défendre un soi-disant « intérêt général ».

Mais le pseudo intérêt général c’est en fait l’application d’une politique de rigueur budgétaire. C’est se faire le relais de l’intérêt des dominants, en faisant payer la grande majorité de la population pour permettre à une minorité de continuer d’accumuler les richesses.

Pour éviter la rigueur à Lyon 2… appliquons la rigueur à Lyon 2… !

Dans son mail Mayaud défend politiquement l’application d’une « logique comptable » afin dit-il « d’éviter une mise sous tutelle de son budget » Cette politique absurde peut se traduire en ces termes : puisqu’on menace de nous couper un bras, commençons par nous couper la main. Mayaud ne peut remettre en cause une politique d’économies qui constitue le socle de sa présidence : il n’a pour lui que la satisfaction d’avoir retrouvé un budget « à l’équilibre », et d’avoir pour cela déséquilibré peu à peu nos conditions d’études et les conditions de travail des personnels. Suppressions de TD, postes non pourvus, campus laissé à sa vétusté, budgets découpés à la hache…Il y a de quoi faire un blocage, en effet.

Classes en lutte ?

Selon Mayaud « Les personnels de l’Université Lyon 2 ne sont pas un prolétariat, et l’équipe présidentielle n’est pas un patronat. Nos intérêts et nos responsabilités sont les mêmes, ou alors l’Université n’existe plus. »

Face à une situation de crise, le Président nous propose en fait une solution bien connue : celle de l’union sacrée, en prétendant nier les divergences d’intérêts qui existent au sein de l’Université et dans la société.

La « communauté universitaire » n’a pas de sens, car l’université n’est pas le sanctuaire que semble rêver Jean-Luc Mayaud, à l’heure où Lyon 2 refuse de titulariser les personnels précaires, à l’heure où de nombreux étudiants travaillent pour financer leurs études, galèrent au quotidien et cumulent les heures sans parvenir à joindre les deux bouts. Le président de l’université est bien ce qui se rapproche le plus d’un patron pour une partie des personnels de Lyon 2.

Nous proposons à Monsieur Mayaud de sortir de ses bureaux feutrés et d’aller assumer sur le terrain les conséquences de la politique qu’il applique. Nous l’invitons à comparer l’état de son compte en banque avec celui d’un étudiant boursier, d’une femme de ménage de l’université payée 600 euros par mois, ou avec celui de vacataire payé une fois par semestre, ou encore avec celui d’un des employés de la fac en temps partiel contraints de cumuler deux boulots pour payer leurs loyers ou nourrir leurs gosses !

Il ne pourra dès lors plus faire semblant d’ignorer que la soi-disant communauté qu’il cherche par tous les moyens à sauver, ne profite en réalité, qu’à une bien petite minorité !

L’ordre dominant crève : l’université devrait accourir pour le sauver ?

Si la FSE a rarement l’occasion d’exprimer un « diagnostic partagé » avec la direction de l’Université, nous devons cependant avouer être en accord sur le constat de « l’épuisement historique d’un certain modèle de croissance, de prospérité et d’ordre social ». En bref, l’effondrement annoncé de l’ordre établi capitaliste.

Cependant, si nous ne pouvons que nous réjouir de cette situation, M. Mayaud semble quant à lui tout faire pour chercher à sauver un ordre inégalitaire qui jusqu’ici l’avait bien nourri.

Il essaie donc de convaincre les profs de Lyon 2 de se contenter du rôle que la société leur a assigné de production de connaissances dans l’objectif de reproduction et de perpétuation de l’ordre établi.

Il invite donc à continuer d’enseigner « les vertus de la distanciation et du sens des responsabilités » à des étudiants destinés à devenir des petits cadres dociles, adaptés aux besoins de la machine capitaliste.

Faisons-les dérailler !

« Ne nous voilons pas la face : Lyon 2 ne peut plus regarder pAbrogation de la loi sur l'autonomie des universitésasser les trains. Il ne s’agit pas d’une quelconque « capitulation » face à l’ordre dominant, mais au contraire de reprendre confiance dans notre potentiel pour agir sur cet ordre dominant. »

Puisque Mayaud le « chef sacrificiel » est friand de métaphores, nous lui proposons de poursuivre celle qu’il a lui-même introduite : Lyon 2 ne peut pas regarder passer les trains, en effet. Les étudiants et personnels de Lyon 2 peuvent en revanche commencer à dresser des barricades sur les rails pour faire dérailler ces trains qui menacent chaque jour un peu plus de nous écraser sur leur passage !

Ce train que le président se refuse à nommer, c’est celui des réformes capitalistes. Il a fait le choix de le prendre en marche à tout prix.

Nous disons qu’il n’est plus possible d’accepter la politique des gouvernements successifs, tant à l’université que dans le reste de la société. Gérer la crise en la faisant payer à tous, c’est s’exposer à la colère légitime. Nous ne voulons pas « agir » sur l’ordre dominant, mais bien le renverser.

Monsieur Mayaud,

À votre « congrès élargi », qui prétend solutionner une crise qui a pourtant des origines systémiques qui dépassent votre seul rôle, nous proposons le seul « congrès » qui vaille : celui des étudiants et travailleurs de l’université en lutte, contre l’ensemble des politiques dont vous vous êtes piteusement fait le relais.

10ème et dernier congrès de la Fédération Syndicale Etudiante en vue de la recomposition du syndicalisme étudiant de lutte

Ce week-end s’est tenu le 10ème et dernier congrès de la FSE.
Créée en 2003, cette structure, issue notamment du refus de la réunification des Unef-SE et Unef-ID en 2000, et donc du refus de la bureaucratie et de la cogestion, a traversé 9 années de marchandisation accélérée de l’enseignement supérieur et de la recherche, de libéralisation de la fonction publique et de casse du droit du travail. Pendant cette période, de nombreux conflits sociaux ont éclaté (2003, 2006, 2007, 2009, 2010), qu’ils soient spécifiquement étudiants ou intercatégoriels.

En tant que syndicat de lutte, nous avons activement participé et appelé à ces luttes, indispensables pour freiner le rouleau compresseur néolibéral et pour essayer de gagner de nouveaux droits sociaux. En tant que syndicat étudiant de lutte, nous avons particulièrement lutté contre le LMD et la loi LRU, socles indispensables à la mise en compétition des universités et à leur sujétion au système capitaliste, et contre la loi « d’égalité des chances » (dont faisait partie le CPE) et la réforme des retraites, symboles de la dégradation du droit du travail. Nous luttons encore et toujours pour plus de droits et d’égalité entre les étudiant-e-s, quelque soit leur nationalité, leur sexe, leur sexualité, leur origine sociale, etc.

En parallèle à la FSE, s’est développée une autre structure syndicale de lutte, Sud étudiant, avec qui nous n’avons que très peu de désaccords. Nous avons combattu ensemble les mêmes réformes, les mêmes inégalités, et pensons communément que seule la lutte et la grève générale sont à même de venir à bout du système capitaliste.

C’est pourquoi, depuis plusieurs années, un processus de réunification du syndicalisme étudiant de lutte est en marche, dont la finalisation aura lieu en cette fin d’année 2012. Notre congrès de fusion aura lieu en septembre 2012, et notre congrès de fondation en décembre 2012.

A ce 10ème et dernier congrès de la Fédération Syndicale Etudiante, nous avons définitivement acté cette fusion. Nous avons également décidé de continuer la lutte en ce qui concerne la marchandisation de l’enseignement supérieur et de la recherche (les PRES, les IDEX, etc.), que le gouvernement socialiste souhaite évidemment continuer, notamment en accentuant « l’autonomie des universités », et également de s’organiser pour tenter de contrer la « rigueur socialiste », qui n’est et ne sera ni plus ni moins qu’un copié-collé édulcoré de la rigueur du gouvernement précédent.

De juillet 2012 à décembre 2012, la FSE garde son entité fédérale. A partir de décembre 2012, nous ne formerons plus qu’une seule organisation avec Sud étudiant (le nouveau nom est en débat), afin de mutualiser nos forces et nos connaissances, et avoir ainsi une cohérence et une organisation nationale et fédérative beaucoup plus solides.

Seule la lutte paye !!!

Processus de fusion SUD – FSE De nouvelles échéances dans le syndicalisme de lutte étudiant

Communiqué de presse

Le 18 février 2012

Le week-end des 11 et 12 février s’est tenue à Poitiers une nouvelle rencontre commune entre la fédération SUD étudiant et la Fédération Syndicale Etudiante.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du processus de fusion entre les deux fédérations pour aboutir à une nouvelle organisation syndicale étudiante de lutte. Les discussions de ce week-end ont permis d’avancer sur les points faisant débat entre les deux organisations, tels que la relation à l’interprofessionnel et aux autres organisations, le rapport aux élections universitaires, ou encore les structurations fédérales respectives.

Elles ont également permis de lancer des travaux communs, tels que la préparation de l’échéance du 17 mars, manifestation contre le racisme et le colonialisme dans le cadre de la lutte pour les droits des étudiant-e-s étranger-e-s, lutte dans laquelle les deux fédérations sont fortement engagées, portant les mots d’ordre d’abrogation des lois racistes et xénophobes et du CESEDA, de régularisation de tou- te-s les sans-papiers, et de la revendication « une carte d’étudiant = un titre de séjour ». Nous comptons également contester aux côtés de la CGT-Crous le nouveau projet Crous 2020 qui propose l’application d’une partie du rapport Lambert, étape décisive dans la privatisation partielle ou totale future des Crous. Ce projet a pour but de renforcer la mise en compétition et la décentralisation des Crous, a qui l’on demande toujours plus de resserrer les budgets et de créer des profits, notamment en se tournant vers des « prestations » en direction du monde non étudiant, en défaveur des personnels et des services originellement sociaux et non marchand des Crous.

L’unification du syndicalisme étudiant de lutte est une urgence dans le contexte actuel de multiplication des attaques contre les droits étudiants, notamment pour les plus précaires d’entre eux/elles, contre la casse des services publics et du droit du travail. Sans illusions sur un hypothétique changement de politique via les élections, SUD étudiant et la Fédération Syndicale Etudiante cherchent à construire dès aujourd’hui une internationale des syndicats étudiants de lutte, et le plus vite possible un rapport de force capable de mettre à mal les politiques gouvernementales antisociales. Les discussions se poursuivront sur les modalités de la fusion entre les deux fédérations en mars et avril, pour un éventuel congrès de fusion en juin 2012.

Communiqué du 9ème congrès de la Fédération Syndicale Etudiante

La Fédération Syndicale Etudiante (FSE) a tenu son neuvième congrès à Caen les 10, 11 et 12 juin 2011 réunissant sur ces trois jours plus de vingt délégué-e-s, représentant les sections syndicales des villes où a FSE est présente et active sur les universités.

Ce congrès a réaffirmé l’attachement de la FSE à mettre en avant un syndicalisme de lutte offensif s’attaquant pieds-à-pieds aux logiques de sélections sociales à l’université, à la capitalisation de l’enseignement supérieur, sa professionnalisation et la précarité étudiante présente plus que jamais sur nos campus, s’illustrant par le recours contraint et massif des étudiant-e-s, et en particulier celle et ceux issu-e-s des classes populaires, au salariat pendant leurs études.

La FSE a par ailleurs alerté de l’intensification de ces logiques, matérialisées cette année à travers la loi Adnot et la convention CPU-Medef. L’année prochaine la réouverture prévue de l’arrêté Licence est la suite logique de ces reformes, accompagnée d’une série de propositions du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, basées sur les préconisations de la Convention CPU-Medef, aggravant de fait la sélection sociale et la casse des diplômes nationaux.

Les délégué-e-s du 9ème congrès de la Fédération Syndicale Etudiante ont unanimement exprimé-e-s la nécessité de continuer d’informer et de mobiliser les étudiant-e-s avec les autres syndicats et organisations qui s’opposeront à ces logiques, et ce dès cet été, avec la volonté entre autre de mettre un coup d’arrêt au projet de « nouvelle licence » avancé aujourd’hui par le ministère et le patronat. Les délégué-e-s ont également mandaté-e-s un-e délégué-e pour répondre présent à l’invitation de nos camarades de la CGT-Crous lors de leur congrès national à Lyon les 21, 22 et 23 Juin 2011, dans l’optique d’une convergence étudiant-e-s/travailleur-euse-s. Dans ce contexte de casse des Crous et d’attaques contre les conditions de travail et d’étude, nous promouvons la solidarité et la lutte.

Les débats ont de plus porté sur le processus de rapprochement et le travail commun avec le syndicat SUD-étudiant, entamé et poursuivit depuis plusieurs années dans la perspective éventuelle d’une fusion de nos deux organisations. Nous avons aussi discuté de la lutte contre l’oppression spécifique des femmes, le sexisme et le patriarcat, les corporations à l’université, l’antifascisme, le mutualisme étudiant, les travailleur-euse-s du sexe , le nucléaire et son monde, la psychiatrie, ou la laïcité également, thèmes multiples nourrissants nos analyses et nos pratiques syndicales.

La FSE appelle l’ensemble des étudiant-e-s a s’informer et s’organiser dans le syndicalisme de lutte et de classe pour combattre la capitalisation de l’enseignement supérieur et lutter efficacement contre la précarité et la sélection sociale, et mettra toute ses forces, dès cet été, pour organiser la riposte collective !

Pour une université publique, gratuite, laïque, critique et populaire !