Le 9 avril, étudiant.e.s, vacataires, enseignant.e.s-chercheur.e.s, personnels et précaires des universités, dans la rue contre l’austérité !

Loi Macron Loi des Patrons Toutes et tous en grève 10.04.2015Tract du collectif des enseignant.e.s-vacataires :

Depuis de nombreuses années, les gouvernements successifs de droite comme de gauche ont orchestré, via des lois ultra-libérales, la lente mort de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche [ESR]. La loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités dite loi LRU (Loi Pécresse – 2007) puis la loi Fioraso (2013) ont forcé une restructuration de l’ESR par le bas. À force de coupes budgétaires et de désengagement financier de l’État, les établissements ferment des formations, gèlent des postes, licencient des contractuels, suppriment des postes d’ATER [Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche], externalisent des services et maintiennent dans la précarité nombre de ses salarié.e.s…

…Et cela n’est pas prêt de s’arrêter ! Le « Pacte de responsabilité » et ses 50 milliards d’euros d’économies ainsi que le projet de Loi Macron, sous les atours de la « croissance et [de l’] activité », ne sont rien d’autre qu’une énième manifestation de la volonté du gouvernement de nous engager dans la voie de l’austérité. À l’Université, comme dans n’importe quel secteur salarié, la possibilité de déroger au Code du travail (par des accords directs entre patrons et salarié.e.s par convention individuelle), impactera nécessairement les conditions de travail et d’emploi des contractuel.le.s, déjà précaires et fragilisés par une gestion irresponsable et délétère des ressources humaines au sein des établissements de formation.

À Lyon 2, la précarité et le non-respect du droit du travail : on connaît bien !

Depuis septembre 2014, les enseignant.e.s-vacataires, avec le soutien des étudiant.e.s, se mobilisent contre leurs conditions d’emploi et de travail inacceptables : embauche sur la base d’un mauvais support d’emploi ne correspondant pas à leurs missions effectives, contrats arrivés entre cinq et sept mois de retard, rémunérations versées au compte-gouttes et au bon vouloir de la DRH, T.D. surchargés où les étudiant.e.s, trop nombreux.ses, ne trouvent pas de chaises pour s’asseoir, racket aux frais d’inscription pour les doctorant.e.s-vacataires qui reversent une partie de leur rémunération à leur propre employeur, tâches « annexes » non rémunérées (correction, préparation des cours et surveillance des examens). Mais après six semaines de grève et la rétention des notes du premier semestre, l’équipe présidentielle de Lyon 2 ne propose aucune solution pérenne et viable pour résoudre ces problèmes. Ainsi, la mobilisation se poursuit et les enseignant.e.s-vacataires ne comptent pas lâcher l’affaire…

De Lyon à Paris : solidarité entre précaires des universités !

En France, les salarié.e.s précaires des universités se mobilisent contre la casse de l’Université et des conditions de travail toujours plus difficiles et inacceptables. Ainsi, les personnels de Paris 8 sont en grève depuis huit semaines pour exiger la revalorisation de leurs salaires. Au début du second semestre 2014-2015, à Paris-Sud (Orsay) et Paris 13, les enseignant.e.s ont mené une lutte pour protester contre les coupes budgétaires et le non-renouvellement de certains postes, résultats des restrictions budgétaires imposées par le gouvernement aux universités…

…Partout, l’austérité infligée aux universités mène les enseignant.e.s, les étudiant.e.s, les vacataires et les personnels BIATSS à se révolter contre des conditions d’études et de travail toujours plus précaires et insoutenables. Celles et ceux qui font tourner et vivre ces établissements ne cessent d’alerter depuis des années le gouvernement sur les impacts de ses lois et décisions délétères, ne leur permettant plus de fournir un enseignement de qualité…

Toutes et tous ensemble : refusons le désastre annoncé !

9 AVRIL MACRON ACHEVE BIEN LES PROLOS…En juin 2014, Geneviève Fioraso avait annoncé vouloir réaliser une économie de 1,6 milliards d’euros sur les budgets 2015-2017 de l’Enseignement supérieur et la recherche. Parallèlement, le gouvernement déshabille l’Université mais renfloue les poches du patronat sur le dos du service public de l’ESR grâce au Crédit Impôt Recherche [CIR]. Véritable niche fiscale pour les entreprises privées, le CIR leur permet de déduire de l’impôt sur les sociétés 30% de leurs investissements recherche et développement, atteignant alors la somme de 6 milliards d’euros en 2015 à charge pour les finances publiques.

Le « Pacte de responsabilité », la Loi Macron (avec ses multiples cadeaux au patronat et le démantèlement de droits et d’acquis sociaux), les lois austéritaires qui touchent l’Université (LRU, Fioraso), le « déverrouillage » du CDI… Tout cela signe la mort du service public et l’avènement d’une précarisation de l’ensemble des salarié.e.s des secteurs publics et privés.

Le 9 avril, mobilisons-nous toutes et tous
pour faire entendre la colère qui gronde
contre la précarisation généralisée et l’austérité !

GRÈVE ET MANIFESTATION INTERPROFESSIONNELLE
10h30 – Place Jean Macé – Lyon

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Journées d’action sur Lyon 2 les 10 et 12 février !

Nous relayons le dernier tract issu du comité de mobilisation des étudiant.e.s de Lyon 2 en lutte :

Grève des enseignant.e.s vacataires de Lyon II

Lyon 2 en grèveDepuis lundi 26 janvier, des vacataires-enseignant.e.s de plusieurs disciplines sont en grève à l’appel du collectif des vacataires et précaires de l’Université Lyon 2. Nous, étudiant.e.s de Lyon II, dénonçons leurs conditions de travail et d’emploi, à savoir l’absence de contrat de travail depuis la rentrée de septembre 2014 et donc l’absence de paie.

Tou.te.s concerné.e.s, tou.te.s mobilisé.e.s !

Suite à un rassemblement le 29 janvier devant la DRH (Direction des Ressources Humaines) sur le campus des Quais, l’équipe présidentielle s’est fendue d’un communiqué envoyé par mail au collectif des vacataires. Cette réponse ne satisfait en aucune manière aux revendication exprimées (pas de frais d’inscription pour les étudiant.e.s vacataires, des contrats en bonne et due forme, paiement mensualisé immédiat). La présidence se justifie en invoquant le coût que représentent les 35% d’étudiant.e.s boursier.e.s à Lyon 2, à l’heure où l’on apprend que le président lui-même se serait octroyé une prime de quelques 26 800 €. La présidence tente de jouer le jeu de la division entre doctorant.e.s vacataires et étudiant.e.s, en stigmatisant particulièrement les boursier.e.s. Or la précarité nous concerne tous !

Lyon 2 ne représente pas un situation isolée, dans d’autres universités en France les mêmes problèmes se posent et les étudiant.e.s et travailleur.se.s s’organisent ; à Rennes 2, Montpellier 3 ou Paris 8 par exemple. L’Assemblée Générale de Lyon 2 a voté le soutien à la mobilisation de Paris 8 notamment.

Le manque de moyens met en péril nos conditions de travail et d’études.

Nous exigeons :

  • Des TD à moins de 30 personnes ;
  • Des contrats et salaires pour chaque vacataire ;
  • Abandon des poursuites contre les syndicalistes ;
  • Augmentation du budget (récupération des 6 milliards supprimés par l’État) dans le cadre d’une université gratuite, publique et ouverte à tous ;
  • Arrêt du contrôle des cartes étudiantes et des fouilles de sacs à l’entrée du campus des Quais.

Nous appelons l’ensemble des étudiant.e.s à se joindre à la mobilisation pour défendre nos intérêts communs. C’est tou.tes et tous ensemble, étudiant.e.s, enseignant.e.s et personnels, qu’il faut se battre pour obtenir des moyens pour des conditions d’études et de travail de qualité. Soyons nombreuses et nombreux aux journées d’action de mardi et jeudi prochains !

Journée d’action mardi 10 février, campus de Bron sur le Forum :

  • Stand d’infos
  • Crêpes/café à prix libre
  • Activité graffitis sur le forum (à partir de 11h)
  • Activité création d’affiches

Journée d’action jeudi 12 février, campus des Quais :

  • Rassemblement devant la DRH (86 rue Pasteur, 69007) à 10h

Tenez-vous informé.e.s !

L’Ord(u)re règne à Lyon 2. La présidence de Lyon 2 fait exclure deux syndicalistes de lutte de l’université !

Communiqué de Solidaires Étudiant-e-s Lyon – Syndicat de Lutte en date du 25 janvier, paru dans Un Pavé Dans Ta Fac n°4 :

Jeudi 18 décembre, la commission disciplinaire de l’Université Lyon 2 a prononcé l’exclusion de 2 militant-e-s de Solidaires Étudiant-e-s Lyon – Syndicat de lutte (ex-FSE).

Nos camarades étaient convoqué-e-s formellement pour « trouble à l’ordre et entrave au fonctionnement de l’établissement » suite à l’envahissement d’un conseil de la présidence le 21 novembre 2013 par une centaine de personnes dans le cadre de la mobilisation des étudiant-e-s et du personnel contre la loi Fioraso et les restrictions budgétaires¹.
Le président avait alors donné, pour seule réponse aux revendications des étudiant-e-s et personnel mobilisé-e-s ce jour, l’intervention des forces de l’ordre à l’intérieur même du campus afin de faire évacuer les bâtiments. Sur la centaine de manifestant-e-s, 6 étudiant-e-s, dont 4 syndicalistes seront interpellé-e-s et placé-e-s en garde à vue.
3 militant-e-s de Solidaires Étudiant-e-s sont finalement passé-e-s en procès en juin 2013, dont deux qui se sont fait condamner : la secrétaire de section syndicale et l’élu au Conseil d’Administration de l’université, condamné-e-s respectivement à 3 et 6 mois de prison avec sursis et plus de 5000 euros de dommages et intérêts et frais de justice.
Le jeudi 18, il/elle ont été condamné-e-s à une exclusion immédiate de l’université de 2 ans dont 18 mois avec sursis !

Cette condamnation est une menace par toutes celles et ceux qui n’entendent plus se résigner à accepter la dégradation de nos conditions d’études, de travail et de vie qui nous est chaque jour un peu plus imposée.
Mais insuffisamment content de la gravité de la peine infligée à nos camarades, Jean-Luc Mayaud, président de l’université, fait désormais appel de cette décision devant le CNESER et réclame 5 ans d’exclusion ferme de l’université.

Retour sur le déroulement de la commission disciplinaire

Le déroulement de cette commission de jugement nous aura confirmé qu’il n’était nullement question de l’envahissement du conseil. Il s’agit là d’une volonté politique cherchant n’importe quel prétexte afin de nous exclure. Ainsi, lors de ce simulacre de jugement, peu importait que la présidence soit incapable de présenter un début de preuve ou même de témoignage à charge provenant d’autres personnes que les accusateurs eux-mêmes pour étayer sa thèse des « violences ». Peu importaient les nombreux témoignages -bel et bien existants ceux-là- d’étudiant-e-s, de profs, d’agents administratifs présent-e-s au moment des faits qui attestent tous de l’absence de coups volontaires portés aux agents ce jour-là. Peu importait encore le contenu même des certificats médicaux fournis par les agents, qui attestent que les blessures de ces derniers résultent de la poussée collective pour rentrer dans l’amphi et non de coups volontaires ; blessures qui s’expliquent toutes par la résistance des agents devant l’entrée des étudiant-e-s alors que, selon la version officielle de la présidence² , ceux-ci « avaient pour ordre de s’effacer et ne pas susciter de violences ». Au vu des déclarations contradictoires des agents et de leur attitude le jour du conseil extraordinaire (en liaison téléphonique constante avec leurs supérieurs) il apparaît clairement que la présidence avait donné pour consigne aux agents (transformés en garde présidentielle personnelle pour l’occasion) de ne laisser rentrer aucun étudiant (qu’il/elle soit ou non élu-e).
Seul leur importait, derrière le motif vague de notre convocation pour  » trouble à l’ordre » de trouver une responsabilité pouvant nous être imputée. Ceci fut bien illustré, que ce soit lors de l’instruction ou du jugement, lorsque M. Landon (par ailleurs Vice-président, ayant à l’époque porté plainte à notre encontre, se retrouvant ainsi partie, instructeur, et juge !) et M. Gaillard présidents respectifs de chacune des commissions, n’hésitaient pas à modifier les motifs de notre comparution.
Ainsi, lorsque nous démontrions notre innocence vis-à-vis des soi-disant « coups » portés aux agents, ils invoquaient finalement l’annulation du Congrès. Mais dès lors, sous ce motif, pourquoi ne poursuivaient-ils pas les plusieurs dizaines d’étudiant-e-s ayant participé à l’envahissement ? Ils trouvèrent la parade… Dans la notification d’exclusion envoyée à nos camarades, la présidence justifie sa décision par le fait qu’il et elle avaient osé parler au mégaphone et qu »il est avéré qu’il/elle étaient les meneurs d’un mouvement visant à perturber le déroulement du Congrès ».
Ainsi se conçoit la « liberté d’expression » de la présidence, elle qui est pourtant si prompte à l’afficher fièrement… Une liberté où les syndicalistes qui refusent d’adhérer doivent dégager, où les étudiant-e-s qui se mobilisent sont brutalement expulsé-e-s du campus par les forces armées.

En réalité, c’est sa propre lâcheté que tente de faire oublier aujourd’hui le président, en faisant preuve d’une fermeté sans précédent. Lui qui, le jour du congrès abandonnait ses agents, les laissait pour seul interlocuteur aux personnes mobilisées, des agents de sécurité incendie à qui il donnait ainsi pour mission d’assumer seuls les conséquences de la politique qu’il mène.

Ce qu’ils appellent violence

Le président, prompt à user des moyens de communication dont il dispose (et abuse), avait alors qualifié l’envahissement de « violent ».
Rappelons par ailleurs qu’après la fuite du président devant les étudiant-e-s et personnels mobilisé-e-s, les étudiant-e-s qui occupaient le bâtiment de la présidence réclamaient de pouvoir envoyer un mail à l’ensemble des étudiant-e-s et personnels afin d’expliquer leur mouvement, la nécessité de s’organiser et de se mobiliser pour ne pas se laisser écraser.
Finalement, ce n’est pas un mail qui sera envoyé, mais une quarantaine de CRS et agents de la BAC à l’intérieur du bâtiment pour nous en faire dégager.
Ainsi la présidence est la seule à bénéficier d’une réelle liberté d’expression, dont elle use et abuse en envoyant régulièrement sa propagande (souvent mensongère et diffamatoire) par mail, à l’intégralité des étudiants et personnels.
Quant aux étudiants et personnel, eux, n’ont que la liberté de se faire matraquer s’ils essaient de s’exprimer.

Nous sommes tous Charlie
Ce seul évènement est une illustration euphémisée de la violence sociale et symbolique quotidienne grâce à laquelle s’impose l’ordre dominant inégalitaire.
Comment qualifier les matraquages policiers au tonfa et à la télescopique, l’enfermement abusif de plusieurs personnes (garde-à-vue), la menace de l’enfermement carcéral (peine de prison avec sursis), les milliers d’euros d’amende pour des étudiant-e-s boursier-e-s salarié-e-s, l’interdiction de poursuivre ses études universitaires et, désormais, l’interdiction manu militari de pénétrer sur le campus ?
N’est-ce pas par l’usage de la force et de la violence que s’impose leur point de vue, c’est-à-dire leurs intérêts, leur conception de la démocratie et de la « liberté d’expression » ?

Par cet acharnement, nous constatons que ce qui insupportait la présidence était la force du mouvement étudiant de l’année dernière, menace pour une présidence vacillante et en perte d’influence (Jean-Luc Mayaud était alors contesté par sa propre majorité et largement déstabilisé par les démissions successives de plusieurs vice-présidents). Au sein même du cercle restreint des « représentant-e-s » dans les instances officielles, dont la composition est pourtant très loin d’avoir une quelconque proximité avec la notion de représentativité dont ils se réclament (pour ne prendre qu’un exemple, les personnels enseignants-vacataires qui entament une grève à partir de ce lundi 26 janvier 2015, ne disposent d’aucun siège au Conseil d’Administration alors même qu’ils assurent parfois jusqu’à 80 % des TD), l’obtention d’une majorité leur devient difficile.
Ainsi l’illustre le Conseil d’Administration de décembre dernier où la présidence n’est parvenue à obtenir une majorité qu’à 13 voix pour un budget d’austérité grâce aux 7 personnalités extérieures [!]), contre 12, budget dont les conséquences se paient au quotidien pour les personnels qui voient leurs primes gelées, l’intensité de leur travail augmentée, la précarité toujours plus s’installer ; et par les étudiant-e-s, qui voient les conditions d’études toujours plus se dégrader.A Lyon 2, il est temps de faire le ménage de la présidence
Mais dans cette période difficile pour la majorité, le président, lui, se permet de se verser une prime (à laquelle légalement il n’a pourtant pas droit) de plusieurs milliers d’euros, représentant le salaire annuel d’un agent d’entretien à temps partiel…

Nous devons par ailleurs dénoncer la collaboration de l’organisation étudiante GAELIS (FAGE) qui a participé par leurs votes à l’exclusion de nos camarades. Loin de l’apolitisme bienveillant dont ils/elles se revendiquent lors des diverses échéances électorales pour quémander les voix étudiantes, la FAGE participe de la répression des syndicalistes qui se battent au quotidien pour la gratuité des études, pour l’inscription de toutes et tous à l’université, avec ou sans papiers.

L’acharnement de la présidence et de la classe dominante en général pour faire taire celles et ceux qui luttent ne traduit que la peur de voir se développer la contestation sociale face aux ravages -à l’université comme dans le reste de la société- d’un système capitaliste raciste et patriarcal.

Loin de nous faire plier, ils ne font que renforcer notre détermination à combattre et vaincre cet ordre asservissant, qu’ils essaient de maintenir, nous le voyons encore aujourd’hui, par tous les moyens.

¹ Pour retrouver des analyses sur les motifs de la lutte : « LRU, loi Fioraso, privatisation, dégradation des conditions d’études, de travail et de vie : pourquoi nous nous battons ?! » et « Le rôle de l’université dans la société capitaliste ».

² Cf. le procès-verbal du Vice-président portant plainte pour « violences aggravées »

Le rôle de l’université dans la société capitaliste

Texte d’analyse sur le rôle des universités dans la société capitaliste et sur la loi Fioraso publié dans le premier numéro du journal de Solidaires étudiant-e-s – Syndicat de Lutte Lyon « Un pavé dans ta fac ! »

affiche_esr copie l'université est une entreprise capitaliste

Les universités, comme toutes les composantes de la société, connaissent également des réformes et restructurations visant à l’amener à mieux servir les intérêts dominants.

En effet, pour survivre, le système capitaliste a besoin en permanence de réaliser plus de profits et pour cela de croissance. Mais aujourd’hui, arrivé à un tel niveau de développement, les sources de croissance potentielle sont rares. C’est là notamment qu’interviennent les universités.

Ainsi, loi Fioraso contre laquelle nous nous sommes battu-e-s (et que nous continuerons de combattre malgré la répression) imposée l’année dernière, vise globalement à orienter davantage « l’effort national » de recherche publique à des fins de satisfaction des intérêts des capitalistes français, cela dans l’objectif de favoriser les « innovations » capables de « relancer la croissance ». Les Universités, établissements d’État, se voient ainsi confiées comme mission de service public la production de ces connaissances, capables d’être transformés en « innovation » par les entreprises françaises.

Former une main-d’œuvre docile pour faire marcher l’économie

Ainsi, un des axes principaux des différentes réformes universitaires, et notamment de la loi Fioraso est de « redéfinir l’offre de formation », c’est-à-dire faire davantage correspondre l’offre de formation aux intérêts du patronat local.
Pour cela, le pouvoir des personnalités extérieures (représentants du patronat, dirigeants d’entreprises, élus) dans les instances décisionnelles est renforcé. Ainsi, ces personnalités peuvent faire valoir au mieux les intérêts qu’elles défendent en ayant un droit de regard sur le contenu des formations. Le but est toujours de conformer davantage la formation de la main-d’œuvre aux exigences du patronat. Ainsi, il faut acquérir certaines compétences, afin d’être compétitif et pour cela employable. Il faut savoir développer et valoriser notre « capital humain »…

La propagande dominante est par ailleurs toujours plus présente dans nos cours : « esprit d’entreprise », « entreprenariat », « flexibilité », « flexisécurité », « adaptabilité », « apprendre à se vendre », etc. Il s’agit de former une main-d’œuvre, non seulement employable, docile, mais également de légitimer idéologiquement un système économique et social assassin, injuste et inégalitaire auprès de ceux et celles qui seraient en principe destiné-e-s à devenir une main-d’œuvre plus ou moins encadrante.

Des cursus professionnalisés

Une formation utile ou « de qualité » pour le patronat passe par ailleurs par davantage de « professionnalisation » des cursus. Cela consiste essentiellement dans la généralisation des stages dans les cursus (auxquels il faut ajouter quelques modules où l’on apprend à se vendre, à se comporter, à faire un CV, à rechercher un stage, bref où on apprend à se conformer aux attentes des maîtres). Les stages, en plus de constituer du travail gratuit ou quasi gratuit qui permet aux entreprises de profiter d’une main-d’œuvre docile, précaire et corvéable, permettent de faire pression à la baisse sur les salaires en mettant en concurrence chômeurs, travailleurs, étudiants stagiaires et ainsi de tirer vers le bas les conditions de rémunération et de travail pour tous.

L’objectif étant toujours le même : former la main-d’œuvre pour les nécessités de l’appareil productif afin de réaliser un maximum de profits. Toute recherche ou enseignements qui ne seraient pas utiles au capital sont ainsi progressivement condamnés à disparaître.

Autre application concrète de la marchandisation des savoirs : la fusion de plusieurs centres d’enseignement supérieur.

Mutualisation des services et suppressions de formations

En effet, pour satisfaire les intérêts du patronat, les universités et établissements d’enseignement supérieur vont fusionner, et se regrouper sur une plus grande entité territoriale en une Communauté d’Universités et d’Établissements (COMUE). Cela, dans un contexte de restrictions budgétaires permet de réaliser des économies par la « mutualisation » de certains services et la suppression des formations dîtes « doublons ». Ainsi, du personnel va être licencié ou non remplacé, le personnel restant en poste voyant sa charge de travail toujours plus augmentée, et les conditions dans lesquelles le réaliser toujours plus dégradée.

De plus, la suppression de formations (licences, masters) conduit à limiter davantage encore les « capacités d’accueil », alors même que de nombreux-euses étudiant-e-s se voient déjà refuser l’inscription à l’université sous ce motif. Enfin, la « redéfinition de l’offre de formation » contraint par ailleurs les étudiant-e-s de s’éloigner davantage du domicile familial pour étudier et constitue ainsi une barrière supplémentaire – bien souvent infranchissable pour les étudiant-e-s issu-e-s des familles précaires -qui ne peuvent financer logement et déplacements.

Bref, comme ailleurs, ces réformes conduisent à dégrader les conditions d’études, de travail et de vie ; c’est à dire des conditions d’existence de la majorité d’entre nous : personnel de l’université, ou étudiant-e-s.

La recherche et la formation, si elle est réalisée et financée par de l’argent public – c’est-à-dire par tout le monde- coûte ainsi finalement moins cher aux entreprises.

Une autre possibilité existe pour réduire le coût de formation de la main-d’œuvre : ce serait d’élever les frais de scolarité à l’inscription à l’université. Cette option est déjà existante dans de nombreux pays, et le contexte de crise et de restrictions budgétaires a conduit de nombreux pays à y recourir (Québec, Grande Bretagne, Italie, etc) avec plus ou moins de réussite, il faut le dire, au vu des importantes luttes qui s’y sont opposées.

L’accès à l’université et à l’enseignement supérieur étant déjà de fait réservé à une minorité, l’augmentation des frais d’inscription constituerait une barrière supplémentaire, qui serait infranchissable pour les enfants issus de milieux populaires.

Nous n'aurons que ce que nous saurons prendre

Laissons à présent parler MEDEF, présidents d’université et le gouvernement :

Dans un communiqué récent sur son site, le MEDEF nous résumait le rôle assigné aux universités et leurs objectifs, et donc par conséquent le sens des différentes réformes à l’œuvre en se félicitant du renforcement de ses liens avec la CPU (la Conférence des Présidents d’Universités) regroupant tous les présidents d’universités.

Ainsi, pour Pierre GATTAZ, président du MEDEF :

« Aucun pays n’a réussi à construire ou reconstruire une croissance durable sans ses universités. L’innovation est un levier fondamental de la compétitivité et, plus que jamais, les universités françaises doivent accompagner l’émergence d’écosystèmes créatifs, c’est-à-dire un terreau fertile pour la créativité dont nos entreprises ont besoin pour se développer. Le MEDEF et la CPU partagent le souci de rendre plus lisible et plus accessible le système d’enseignement supérieur, notamment aux PME-PMI, et sont résolus à agir ensemble pour faciliter tout projet de fertilisation croisée entre les milieux professionnels et académiques. »

Pour Jean-Loup SALZMANN, président de la CPU :

« Notre pays possède tous les atouts pour rester parmi les nations qui comptent, dans les 20 prochaines années. Nos universités et nos entrepreneurs sont les acteurs de ce défi : nous formons dès aujourd’hui les professionnels de demain, et continuerons à leur permettre d’acquérir de nouvelles compétences, tout au long de leur vie. Le rôle de l’Université, c’est également la recherche, l’innovation et le transfert de technologie : grâce aux liens forts avec les entreprises, nous pouvons être leaders dans les domaines clés de l’économie de demain, comme le numérique ou la transition énergétique. Enfin, nos universités incitent, forment à l’entrepreneuriat : donnons-nous le goût de la création, de la conduite de projets, de l’initiative ! L’Université aime l’Entreprise, et l’Entreprise aime l’Université ! »

Dans son discours à l’université d’été du MEDEF fin août, Manuel Valls, premier ministre n’exprimait rien de différent :
« Les entreprises bénéficient des infrastructures construites par les collectivités ou l’État, de la main-d’œuvre locale formée dans nos écoles, nos universités, de l’environnement économique structuré par les élus. »

Par cette phrase du premier ministre, l’État rappelle bien qu’il n’est pas un arbitre qui serait neutre mais qu’il se place clairement du côté du capital. L’État prouve ainsi qu’il ne vise que la satisfaction des intérêts de la bourgeoisie, de ses capitaux, de ses entreprises. Notre solution ne passe donc pas par un « réengagement » de l’État au sein des universités. L’État est déjà présent au sein des universités : les universités de plus en plus hérétiques aux classes populaires, les universités qui dénoncent les sans papiers à la préfecture et répriment les mouvements syndicaux, c’est déjà l’État.

En somme État, patronat, présidents d’universités, partagent les mêmes intérêts : restructurer l’université publique pour la réduire à la recherche et à la formation au service des entreprises.

Par conséquent, notre intérêt, c’est-à-dire celui de la majorité de l’humanité, s’oppose aux profiteurs de ce système. Nos intérêts sont irréconciliables. Affirmer cela, c’est affirmer qu’il n’y a rien de négociable.
Autrement dit, il n’est pas question pour nous d’aménager l’exploitation : on s’organise, on la combat !

Et à présent, qu’est-ce qui va se passer ?

La crise c'est eux la solution c'est nousLe MEDEF annonçait récemment déjà les prochaines étapes : réaménager les 35h (d’autres en parlent plus franchement, il s’agit de repasser aux 39h payées 35) ce serait la baisse du salaire direct qui cette fois serait recherchée. Pour le MEDEF, il s’agit surtout semble-t-il de disposer de nouvelles possibilités pour flexibiliser la main-d’œuvre, c’est-à-dire pouvoir l’adapter au mieux à ses besoins : faire travailler moins si pas de ventes, surcharger de travail en sens inverse…). Le MEDEF voudrait également baisser le SMIC des chômeurs de longue durée : faire payer une partie du salaire par les subventions publiques, cela revient moins cher aux entreprises ; supprimer plusieurs jours fériés ; « simplification du code du travail » (suppression de droits pour les salariés) ; gel ou suppression des seuils sociaux (idem).

Si l’on fait aujourd’hui ce constat, ce n’est pas pour démoraliser ; mais bien pour exposer l’absence de choix qui nous est de toute façon laissé.
Parce que nous voulons vivre, nous n’avons pas d’autre choix que nous opposer à tous les niveaux à cette politique capitaliste de privatisation de l’université et d’exploitation des travailleurs-euses.

Car finalement, on le voit bien : c’est eux, ou nous ! Soit nous subissons et leurs privilèges seront préservés mais nos vies dévastées ; soit nous nous battons et leurs privilèges seront supprimés et nos conditions d’existence seront améliorées. La négociation n’est pas une solution, seule la lutte est une option !

Pour cela, nous devons nous regrouper, apprenti-e-s, étudiant-e-s, salarié-e-s, précaires, chômeurs-euses, sans papiers, afin de nous organiser et avancer ensemble pour mener les batailles décisives. Isolé-e-s, nous n’avons d’autre choix que de nous soumettre davantage ; Uni-e-s nos perspectives sont différentes et la reprise en main de nos vies est possible.

La bourgeoisie et les dirigeants ne cessent de clamer leur unité derrière les termes d’union sacrée et d’unité nationale. À nous maintenant de nous unir, et faire face avec nos frères et sœurs d’ici et d’ailleurs.

UNI-E-S, NOMBREUX-EUSES, ORGANISÉ-E-S, RIEN NE POURRA NOUS ARRÊTER !

Contact : FSE Lyon / Université Lyon 2 en lutte

LRU, loi Fioraso, dégradation des conditions d’études, de travail et de vie : pourquoi nous nous battons ?!

Les lois LRU et Fioraso constituent des réformes visant à restructurer l’université. La logique et les principales conséquences de ces réformes sont :

=> « redéfinir l’offre de formation » : c’est-à-dire regrouper diverses universités d’une grande échelle territoriale en une Communauté d’Universités et d’Établissements (COMUE). Ainsi, en fusionnant les établissements, elle supprime les formations « doublons ». Cela conduit tout simplement à supprimer des postes, c’est-à-dire licencier ou ne pas remplacer le personnel, réaliser des économies, et réduire les « capacités d’accueil », alors même que de nombreux étudiants se voient déjà refuser l’inscription à l’université sous ce motif. Cela renforce ainsi la sélection à l’entrée de l’université.

La « redéfinition de l’offre de formation » contraint ainsi les étudiants de s’éloigner davantage du domicile familial pour étudier et constitue ainsi une barrière bien souvent infranchissable pour les étudiants issus des familles précaires qui ne peuvent financer logement et déplacements.

=> La privatisation de l’université c’est également le renforcement du pouvoir des personnalités extérieures (représentants du patronat, dirigeants d’entreprises, élus)  dans les instances décisionnelles. Ainsi, ces personnalités peuvent faire valoir au mieux leurs intérêts en ayant un droit de regard sur le contenu des formations. La loi vise en effet à conformer davantage la formation de la main d’œuvre aux exigences du patronat. La propagande dominante est toujours plus présente dans nos cours : « esprit d’entreprise », « flexibilité », « flexisécurité », « adaptabilité », « apprendre à se vendre », « valorisation des compétences » etc. Bref, il s’agit de former une main d’œuvre, non seulement « employable », docile, mais également de légitimer idéologiquement un système économique et social assassin, injuste et inégalitaire.

=> « Professionnalisation » des cursus : de plus en plus le savoir à l’université se doit d’avoir une utilité marchande, l’université n’est plus un lieu de savoir mais de formation de travailleur-euse-s malléables. Ce procédé est à l’œuvre par exemple avec la généralisation des stages dans les cursus. Ceux-ci constituent du travail gratuit ou quasi gratuit qui permet aux entreprises de profiter d’une main d’œuvre docile, précaire et corvéable. Cela permet de faire pression à la baisse sur les salaires en mettant en concurrence chômeurs, travailleurs, étudiants stagiaires et de tirer vers le bas les conditions de rémunération et de travail pour tous.

Le « problème du chômage » est insoluble au sein du système capitaliste. Les capitalistes, devant la nécessité d’accroître leurs profits afin d’affronter la concurrence ont en effet développé des capacités productives énormes intégrant d’importantes connaissances technologiques et scientifiques (machinisme, mécanisation etc.) qui réduisent aujourd’hui la quantité de travail humain nécessaire pour la production à presque rien. Au lieu de nous libérer, nous sommes nombreux à voir nos vies et celles de nos proches se faire voler au travail, ou à essayer de le trouver, lui qui n’existe pas..

 

=> La loi vise globalement à orienter davantage « l’effort national » de recherche publique à des fins de satisfaction des intérêts des capitalistes français afin de favoriser les « innovations » capables de « relancer la croissance ».

C’est chaque jour ce système inhumain, barbare, meurtrier et destructeur qu’ils essaient de faire survivre en cherchant, au prix de nos conditions de vies – ou de nos vies tout court – à restaurer la « croissance » objectif auquel on voudrait continuer de nous faire adhérer et de nous associer contre l’humanité…

Si isolés nous n’avons d’autre choix que de nous soumettre davantage afin d’espérer avoir peut-être une place qui nous permette de vivre ou de survivre, collectivement, nos perspectives sont différentes et un avenir meilleur pour tous est possible.

Résolument, nous choisissons de lutter et de nous organiser afin de pouvoir gagner !

Lettre ouverte d’anciens étudiants de l’Université Lyon 2 sur les pratiques répressives des présidences successives

Ancien-ne-s étudiant-e-s de l’Université Lyon 2, nous avons eu à connaître, dans le cadre d’activités militantes, plusieurs des équipes présidentielles qui se sont succédé dans la période des dix dernières années à la tête de l’institution. Nous avons eu à subir, à des moments différents, et à l’initiative de responsables différents, des méthodes de surveillance et de répression qui se sont, à chaque fois, soldées par un nouveau discrédit pour les dirigeants du moment.

Vidéos, articles de presse, jugements des tribunaux relaxant des personnes mises en cause injustement et divers autres documents en attestent : ni la destruction de locaux associatifs et syndicaux, ni la destruction du matériel d’autrui, ni le fichage illégal, ni la prise d’arrêtés visant à proscrire l’entrée du campus à une étudiante sans respecter le principe du contradictoire, ni l’emploi brutal de la force par des agents de sécurité privés lourdement armés, ni le signalement aux services de police sur la base de faits imputés calomnieusement à telle ou tel militant-e connu-e n’ont par le passé fait reculer les présidences successives. Ces faits répétés, qui témoignent du climat très particulier de l’Université Lyon 2, ne doivent pas être passées sous silence. Nous sommes prêts à en constituer l’historique, documents à l’appui. Car ce climat, cet historique, éclairent d’une lumière toute différente les allégations de la Présidence en matière de répression.

Il est primordial que ces pièces soient consultées par toute autorité, qu’elle soit judiciaire ou administrative qui aurait à traiter de « plaintes » émanant de cette Université, ainsi que par tout journaliste qui aurait à en relater les suites : Leur dévoilement, ne laissant aucune place pour le doute, a en effet conduit à la crise chacune des présidences successives. L’ancienne se voyant toujours évincé par une nouvelle, a promis la main sur le cœur d’être à l’écoute du mouvement social et d’abandonner les pratiques illégales – pour renouer quelques mois plus tard avec celles-ci.

non a la criminalisation du mvt syndicaleIl y a visiblement, de ce point de vue, un problème structurel au sein de cette Université – allant bien au-delà de la personnalité changeante du président du moment. Nous apprenons maintenant que trois militant-e-s syndicalistes sont à nouveau mis en cause pour une action collective visant à dénoncer l’application de la réforme Fioraso, s’étant déroulé le 21 novembre 2013. Ces dernier-e-s sont accusées des habituels faits de « violence » qu’on reproche usuellement aux syndicalistes investis, auxquels s’ajoutent parfois l’incrimination pour « rébellion » dont les études statistiques et de nombreuses enquêtes journalistiques montrent qu’elle est devenue récurrente chez certains agents de police sur la base de motivations très discutables, et, bien souvent, arbitraire.

Nous souhaitons indiquer par cette tribune ouverte que nous nous tenons à disposition pour apporter les précisions utiles sur chacune des affaires mentionnées ci-dessus, au cours desquelles les représentants de l’institution se sont non seulement départis en toute occasion de la probité normalement attachée à leur fonction, mais encore ont contrevenu à de nombreuses reprises à la loi. Nous pensons quoi qu’il en soit utile à l’autorité judiciaire de connaître ces éléments, de sorte à ce qu’elle traite des plaintes formulées par l’Université Lyon 2 à l’égard d’étudiant-e-s avec toute la circonspection nécessaire s’agissant d’une situation institutionnelle de récidive dans le mensonge, la violence et la répression des libertés syndicales.

Signataires :

Alexandre Maupin militant FSE, ancien élu au conseil de faculté de droit et science politique, poursuivi en 2009 par l’université à l’occasion de la mobilisation étudiante contre la LRU. Relaxé. Syndicaliste CGT.

Tayeb Tounsi : militant FSE, poursuivi par l’université en 2009 à l’occasion de la mobilisation étudiante contre la LRU. Relaxé. Syndicaliste CGT.

Florent Pénicaut : militant FSE, ancien porte-parole à l’international pour la Fédération, ancien élu suppléant au Conseil d’Administration de l’Université, convoqué au commissariat en 2013 sur la base d’un dossier fournie par les services juridiques de l’université. Jamais poursuivi.

Rémi Pages : militant et ancien président de la FSE, ancien élu au Conseil d’Administration de Lyon 2, convoqué au commissariat en 2010 sur plainte du Directeur Général des Services de l’Université et témoignages des agents de sécurité incendie pour avoir « fumé dans l’enceinte de l’université ». Interrogé pour ses activités syndicales. Non fumeur. Classé sans suite.

Samy Dichy : ancien élu FSE au Conseil d’Administration de Lyon 2, convoqué en 2007 devant le Conseil de Discipline en raison de ses activités syndicales. « Avertissement ».

Florian Marcellin : militant FSE, inculpé en 2007 à l’occasion de la première mobilisation étudiante contre la LRU. Relaxé.

Face à la répression : solidarité! Rassemblement au Tribunal pour nos camarades de l’Université Lyon 2 qui passent en procès lundi 23 Juin!

Le 21 novembre dernier, une violente intervention policière avait lieu à l’université Lyon II. Elle visait à réprimer un mouvement de lutte mené par les étudiant-e-s et les personnel-le-s qui protestaient contre les nouvelles orientations de l’université, dans le contexte de restrictions budgétaires et de la nouvelle réforme des universités (loi Fioraso). Six étudiant-e-s – dont quatre syndicalistes – étaient interpellé-e-s aux portes du campus des Berges du Rhône, après que la présidence ait ordonné l’évacuation des bâtiments et fait intervenir les forces de l’ordre au sein de l’université.

Aujourd’hui ce sont trois étudiant-e-s qui sont inculpé-e-s, tou-te-s militant-e-s de la FSE/Solidaires étudiant-e-s Lyon, et qui passeront en procès le 23 juin prochain.

Pour faire taire celles et ceux qui s’organisent pour combattre la dégradation des conditions de vie, d’études et de travail qu’imposent à la majorité des étudiant-e-s et personnel-les les réformes successives et les restrictions budgétaires, la présidence de l’université -immédiatement soutenue par la ministre Fioraso – n’a offert comme seule réponse l’intervention des forces de l’ordre au sein même de l’université.

Nos 3 camarades, ciblé-e-s par la présidence pour leur activité syndicale au sein de l’université – parmi eux figure l’élu au conseil d’administration de l’université Lyon II – sont ainsi poursuivi-e-s pour des chefs d’inculpation de « violences » et « rébellion ».

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Banderole des étudiant-e-s en lutte lors de la manifestation du 29 Novembre dernier
à Lyon en solidarité avec les travailleurs-ses de SITL qui se battaient alors contre
les licenciements et pour le versement de leurs salaires impayés.Mais qui sont les « violents » ?!Sont-ce celles et ceux qui se battent pour une université publique, gratuite, critique et réellement ouverte à toutes et tous qu’ils et elles soient avec ou sans papiers ? Les personnel-le-s qui subissent contrats précaires à répétition, conditions de travail et de rémunération toujours plus dégradées ?Ou celles et ceux qui orchestrent licenciements, externalisation, coupes budgétaires, suppressions de postes, de filières, privatisation et dégradent ainsi les conditions de travail, de vie et d’études de la majorité des étudiant-e-s et personnel-les et l’imposent avec la force des coups de matraques et des placements en garde à vue ?!

Un de nos camarades se trouve en outre convoqué ce même jour suite à une plainte déposée par l’UNI-Mét pour « arrachage » de tracts et « menaces ».

Il apparaît ainsi que l’extrême-droite et la présidence se rencontrent inévitablement quand il s’agit de réprimer les étudiant-e-s en lutte. Ils ont en effet en commun la défense des mêmes intérêts de la classe dominante, des mêmes réformes de privatisation faisant, entre autres, de l’université une institution toujours plus sélective socialement. Ils partagent ainsi les mêmes ennemis.

Ces méthodes intolérables ne se retrouvent pas qu’à Lyon. Partout les mêmes procédés sont employés par l’État afin de casser les mobilisations collectives, seule issue à un système en restructuration qui menace chaque jour un nombre toujours plus grand d’entre nous.

Loin de ne frapper que nos seul-e-s militant-e-s, la répression s’abat sur tou-te-s celles et ceux qui relèvent la tête pour se défendre. Ainsi, à Caen, le directeur de l’hôpital a fait appel aux forces de l’ordre contre le personnel gréviste en lutte contre les suppressions de postes et les réductions budgétaires. À Amiens Nord, ce sont plusieurs syndicalistes CGT de Goodyear, en lutte contre plus de 1200 licenciements, qui ont été condamné-e-s à de la prison avec sursis, tandis que d’autres ont été placé-e-s 39 heures en garde à vue suite à une plainte pour « menaces » d’un syndicat de cadres, avant de ressortir libres sans convocation. En Espagne, ce sont récemment plusieurs années d’emprisonnement qui ont été requises contre des salarié-e-s d’Airbus qui avaient participé à la grève générale en 2010…

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Intervention des forces de l’ordre sur le campus pour évacuer les bâtiments de la présidence occupés

Contre la répression politique et syndicale nous appelons donc à nous rassembler le lundi 23 juin à 14h00 au Tribunal de Grande Instance de Lyon et à venir soutenir nos camarades à l’audience (8ème chambre correctionnelle) afin de défendre la seule décision juste : la relaxe.

Premiers signataires:
FSE/Solidaires étudiant-e-s syndicat de lutte Lyon ; Alternative Libertaire ; CGT Educ’Action; CGT Privés d’Emplois et Précaires; Coordination des Groupes Anarchistes ; Ligue des Droits de l’Homme – Villeurbanne Est Lyonnais ; Mouvement des Jeunes Communistes de France ; Nouveau Parti Anticapitaliste ; OCML-Voie prolétarienne ; Organisation Communiste – Futur Rouge ; Organisation Communiste Libertaire ; Parti Communiste Français ; Parti de Gauche 69 ; Union Syndicale Solidaires rhône ; Sud Éducation Université Lyon 2 ; Sud ENS Lyon ; Union des Étudiants Communistes ; Union pour le communisme

APPEL DE LA COORDINATION NATIONALE ETUDIANTE DU 25 JANVIER

À la suite de l’appel de Montpellier 3 ayant donné naissance à la première coordination étudiante, les étudiant­E­s en lutte des universités françaises se sont réuniEs au sein d’une nouvelle coordination à Lyon le 25 janvier 2014.

Dans un contexte global international de crise économique, sociale et politique du système capitaliste, les mêmes problèmes persistent : difficultés à finir le mois, casse du service public, accès aux soins et au logement mis à mal…

Ces difficultés au quotidien ne sont que la conséquence de politiques d’austérité volontaires, évitables et coordonnées à l’échelle internationale. Les universités ne sont pas épargnées et pratiquent également des coupes budgétaires. Le processus de Bologne, les lois LRU puis la loi FIORASO qui en découlent, ont étranglé financièrement certains établissements universitaires relégués au statut de « facs poubelles », détruisant petit à petit l’enseignement supérieur et la recherche.

Aujourd’hui, c’est une quinzaine d’universités en France qui sont en déficit et mettent en place progressivement une politique d’austérité passant par la suppression d’antennes locales, l’aggravation de la sélection sociale des étudiant­E­s notamment par tirage au sort et par la hausse des frais d’inscription, le gel ou la suppression de postes, la fusion d’universités, la fusion ou la suppression de filières etc.

Face à cette situation, des mobilisations ont lieu dans des dizaines d’universités et dans les Instituts de Formation du Travail Social (IFTS).

Dans ce contexte, il est urgent et nécessaire de coordonner nos luttes. C’est pourquoi des délégations de plusieurs universités se sont une nouvelle fois réunies en table ronde dans le but de s’organiser et d’établir une base commune de revendications, et des perspectives concrètes.

Nous revendiquons une université publique, gratuite, laïque, critique et populaire.

Ainsi nous exigeons :

  • L’abrogation du processus de Bologne, ainsi que des lois LRU et FIORASO qui en découlent,
  • Un réengagement financier de l’État dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR) à hauteur des besoins réels des personnels et des étudiants,
  • Un vrai cadrage national des diplômes (pas de concurrence entre les universités),
  • La titularisation de toutes et tous les précaires de l’ESR (enseignant­eEs, personnel administratif et technique etc.),
  • Un retrait immédiat des personnalités extérieures (représentantEs du secteur privé, collectivités territoriales…) des Conseils universitaires,
  • L’arrêt des poursuites et la cessation immédiate de toute forme de répression (policière, administrative, disciplinaire etc.),
  • L’arrêt immédiat de toutes les pressions économiques sur les étudiant­E­s boursierEs et sur les précaires (demande de remboursement des bourses en cas de défaillance).

La Coordination Nationale appelle :

  • Toutes les universités à s’inscrire dans le mouvement, à la grève étudiante, les luttes étudiantes à soutenir et à s’impliquer avec celles des travailleurs.
  • Les Assemblées Générales à participer à la prochaine Coordination Nationale qui aura lieu courant mars dont la date et le lieu seront seront fixés ultérieurement.
  • À la solidarité internationale avec tous et toutes les étudiant­E­s et les universités en lutte contre l’austérité dans leur pays.
  • À la solidarité avec les travailleurs en lutte.

Nous invitons donc les étudiant­E­s, les personnels, les enseignant­E­s à se joindre à la mobilisation, à l’impulser partout où elle n’est pas encore lancée, à la consolider et à la renforcer partout où elle existe.
Dans nos vies, dans nos lieux d’études, sur nos lieux de travail, refusons l’avenir de misère que nous impose le système capitaliste !

La coordination appelle donc à trois dates:

  • Le 13 février à une journée d’action nationale.
  • Le 20 février à une journée nationale anti­-répression.

Construisons l’unité des luttes et poursuivons notre mouvement.

Compte rendu du Conseil d’Administration du 13 décembre 2013 qui a rejeté le budget

Le 13 décembre dernier avait lieu le dernier conseil d’administration (CA) de l’université de l’année 2013. Le C.A. c’est en théorie l’institution de l’université qui prend les décisions importantes et les grandes orientations politiques. Il est composé de 7 professeurs d’universités et 7 maîtres de conférences, 3 élus du personnels, 5 élus étudiants et personnalités extérieures.

Etudiants, personnels BIATOSS et personnels enseignant précaires (qui assurent plus de 70% des cours) sont donc sous-représentés voire pas représentés du tout. Les catégories supérieures (les professeurs d’université notamment) sont elles au contraire surreprésentées au C.A. Cette composition en fait donc une instance de fait particulièrement défavorable pour les plus précaires des personnels.

Le président commence la séance en annonçant qu’il convoquera un C.A. extraordinaire le 10 janvier pour remplacer le Conseil Élargi, conseil où les étudiants mobilisés s’étaient légitimement invités, et face auxquels le Président refusera de s’exprimer et préférera faire appel aux forces de l’ordre pour les évacuer des bâtiments occupés, et de procéder à l’arrestation de 6 personnes. Il reconnaît donc ici en clair que les « assemblées » qu’il a convoquées n’étaient qu’une façade démocratique puisque ce n’était pas le lieu où il souhaite s’exprimer.

Il n’avait de toute façon pas fallu bien longtemps aux personnes présentes à ces assemblées pour s’apercevoir qu’assez peu d’informations en ressortiraient, si ce n’est que la présidence était déterminée à appliquer la loi. Le lieu où seront « réellement » divulguées et discutées les applications de la loi Fioraso sera donc ce Conseil d’Administration extraordinaire.

En clair, face aux accusations d’opacité, la présidence restreint davantage le cercle des ayants droit à l’information !

Élection d’un nouveau Vice-Président dit « chargé de l’emploi et de l’action sociale » (VP chargé du personnel)
Lors de ce Conseil d’Administration devait être élu un nouveau Vice-Président en charge des personnels pour remplacer la Vice-présidente démissionnaire. Jean-François GOUX a été élu à ce poste.

Mais qui est donc Jean-François GOUX ?
Pendant les deux heures de débat et de présentation qui ont précédé son élection, Monsieur Goux s’est présenté comme un « homme de gauche » : ancien syndicaliste de l’UNEF, puis du SNESup, et actuel élu PS au conseil municipal de Vernaison.  Il tient à rappeler qu’il n’a « rien de commun avec ces jeunes qui sont dehors et veulent nous empêcher de travailler. » En somme, un parcours classique.

Interrogé à plusieurs reprises sur la politique qu’il comptait mener en tant que VP RH pour les enseignants-chercheurs d’une part, vis-à-vis des personnels BIATOSS d’autre part, M. GOUX a refusé de répondre en reconnaissant ne pas maîtriser les dossiers concernant les personnels non enseignants de l’université puis en s’étonnant d’être interrogé sur la politique qu’il souhaitait mettre en œuvre : « Je ne peux pas vous répondre de manière précise. Je n’ai pas de programme précis. » Élu sans mandat, sans programme, il est un simple gestionnaire « contraint », comme il le dit lui-même, par l’équipe présidentielle et le budget de l’Etat de poursuivre le travail de casse. Il a notamment avoué « n’être pas opposé à l’externalisation de certains services, au cas par cas » si cela était nécessaire (pour rappel l’externalisation est le transfert ou la sous-traitance de service par une entreprise privée, en clair c’est la privatisation d’un service, comme par exemple la tentative d’externalisation du service de ménage il y a deux ans, qui aurait conduit à licencier tout bonnement tout le personnel de ménage de l’université. Suite à une lutte et plusieurs envahissements de Conseil d’Administration, la présidence de l’époque avait abandonné le projet, rembauchant ces personnes à la condition qu’ils acceptent des contrats très précaires…). En somme, M. GOUX a admis être incapable de répondre aux légitimes attentes des personnels, et qu’il poursuivrait dans la direction souhaitée par la présidence et donc l’Etat.

Pour conclure ce nouvel épisode tragi-comique des Conseils d’Administration de Lyon 2, Gérard COMBE représentant du CESER (la région Rhône-Alpes), qui siège au C.A en qualité de personnalité extérieure -démontrant une nouvelle fois le caractère indispensable de ces intervenants- a affirmé que s’il votait en tenant compte des idées politiques du candidat, il n’aurait pas soutenu M. GOUX. Ce dernier avait auparavant affirmé être contre les politiques libérales d’austérité, mais était cependant prêt à occuper ce poste en respectant les contraintes : l’austérité…  Allez comprendre.

En réalité l’austérité à l’université accélère le processus de rapprochement des universités du secteur privé, processus de « professionnalisation » qu’il reconnaît être un objectif pleinement partagé avec la présidence actuelle. Voilà pourquoi peut-être est-il prêt à occuper le job. 

Mais Gérard COMBE soutiendra sa candidature (et par 2 voix, André VILLEMUS, le président de la MACIF Rhône-Alpes, non présent, lui ayant donné sa procuration de vote), lui reconnaissant une honorable motivation à agir en gestionnaire de l’Etat, privé de toute autonomie politique et de toute marge de manœuvre. Une belle illustration du cynisme des décisionnaires, pour dégrader définitivement les conditions d’étude et de travail à l’université.

La représentante du Rectorat -laquelle siège en qualité de personnalité extérieure au Conseil d’Administration de Lyon II- a également rappelé sa conception : « La politique d’un représentant de l’Etat s’exerce en deçà de la personne. Vous êtes tous des opérateurs de l’Etat. » (peu importe ses idées, ce sera un gestionnaire d’une politique qu’il ne décide pas)

« Si je me situais sur terrain politique vous n’auriez aucune chance d’avoir ma voix. Mais c’est une question technique. Seul importe d’avoir une vision, de redresser une image calamiteuse.   » Gérard COMBE

« Le budget n’est qu’une traduction chiffrée d’une politique » Jean François GOUX

Sur le rôle et la place prise par les personnalités extérieures
Ce Conseil d’Administration a été très instructif concernant le rôle et la place des personnalités extérieures en leur sein.

Aujourd’hui, ces personnalités extérieures -qui sont amenées à jouer un rôle toujours plus important dans les organes de décision- ont été mobilisées pour sauver l’équipe présidentielle. La présidence a pris soin de faire le plein de voix, et ce sont donc des personnes non élues, totalement extérieures à l’université, qui sont venues soutenir les candidatures proposées par la présidence c’est-à-dire venues décider à la place des personnels et des étudiants quelle politique leur sera appliquée.

Les objectifs des personnalités extérieures sont très clairs (ces dernières ne cherchent d’ailleurs absolument pas à les cacher), il s’agit de :

1- Faire correspondre l’offre de formation aux besoins des entreprises.
2- Adapter les étudiants aux attentes des employeurs.

À ceux-là s’associent d’autres, qui pensent encore que leurs intérêts convergent avec ceux des dominants. Ainsi, beaucoup se sont retrouvés pour déplorer la « mauvaise image » de Lyon 2. Le représentant du personnel de l’UNSA affirme ainsi : « On subit les moqueries de la presse. C ‘est les employeurs qui se détournent de nous ». En substance, le seul objectif valable est de leur redonner confiance. Et encore, nous dit-il, « on n’inversera pas le cours de l’Histoire, l’université soixante-huitarde est morte ». Mais il n’a pas fini : « En période de crise, il faut voter des budgets, s’habituer à ce qu’ils soient de plus en plus restreints, et faire avec ! »

En parlant de la mort de l’université soixante-huitarde, il ne faut pas se leurrer : ces gens attendent une purge des éléments contestataires de l’université. 

Quant aux contestations elles-mêmes, « c’est le corps électoral de Lyon II qu’il faut changer, pas les élus », selon Jean-François ARRUEE (représentant du Grand Lyon), pour qui Lyon 2 serait en « insurrection permanente ». Ils ne s’en cachent pas, ils veulent changer la « clientèle » !

On comprend ainsi mieux pourquoi la présidence a fait intervenir si rapidement les forces de l’ordre sur son campus, puisqu’il s’agit précisément d’adresser un message clair : la contestation n’est pas acceptée, est et sera combattue d’une main de fer. Un message d’ordre quoi.

On aura en outre pendant ce conseil beaucoup entendu parler « d’intérêt collectif », sans jamais trouver personne pour le définir : c’est un fait, cet  intérêt collectif n’existe pas. Il y a d’un côté nos intérêts, la condition des étudiants salariés et précaires de la fac, qui en sont de fait exclus, nos conditions d’études, les conditions de travail difficiles voire impossibles pour les personnels ; de l’autre, les intérêts des  investisseurs, que sert la privatisation.

Ils entendent faire de nous une main-d’œuvre docile et conforme. Ils entendent faire des économies sur les conditions de vie des personnels.

III) Rejet du budget : Une « victoire »? Quelle victoire?

Si les personnalités extérieures de l’université ont félicité la présidence pour sa présentation « extrêmement claire » du budget, il n’en est rien en réalité. La seule certitude qui ressort de ces heures de débat est qu’il s’agit d’un budget en restriction : la baisse des crédits annoncée est de 5%.

À l’heure du Conseil d’Administration bien peu de choses concrètes étaient arrêtées : l’opacité quasi totale subsiste sur les filières, matières sacrifiées du fait des réductions budgétaires, sur les nombres de personnels BIATSS non-renouvelés, ou encore sur le nombre de postes gelés.

La création de 22 « postes Fioraso » à Lyon 2 : une nouvelle arnaque

La présidence s’est auto-congratulée car le ministère aurait débloqué 22 « postes Fioraso » pour l’université Lyon 2. Ces postes devraient ouvrir droit à l’université de recruter 22 postes de professeurs supplémentaires. Si cela peut sembler être une bonne nouvelle en apparence, il s’agit en réalité d’une nouvelle arnaque du gouvernement que la présidence tente de faire passer pour une victoire.

En effet, la possibilité juridique de recruter ne s’accompagne pas des transferts financiers nécessaires. Comme l’a affirmé un élu au CA : « sans financements ces postes sont un jouet sans piles ».

De plus ces « postes Fioraso » permettent uniquement de recruter des enseignants avec le statut de « professeur d’université ». En clair, il s’agit de la catégorie la plus élevée des enseignants, au salaire le plus élevé.

Enfin, il est nécessaire de rappeler que l’an dernier déjà le gouvernement avait promis la création d’un certain nombre de postes supplémentaires pour Lyon 2 entre autres. La plupart de ces postes ont par la suite été « gelés » et donc jamais mis en place…

Le chantage aux subventions orchestré par la présidence

Le vice-président chargé des finances n’a pas hésité pas pour « convaincre » les membres à voter pour le budget de faire jouer la concurrence entre universités. En effet, il affirmait qu’un rejet du budget signifierait que plusieurs millions d’euros qui devait être alloué à l’université pour la rénovation des bâtiments de Bron se verraient du coup transférés aux universités de Saint Etienne ou Lyon III.

Cependant, malgré les tentatives de la présidence pour contraindre les élus à voter en faveur du budget présenté, celui-ci a été rejeté après plusieurs heures de débats.

Un rejet du budget pour des questions de forme ?

Mais ce rejet a des significations plurielles ; pour une majorité des personnes qui ont fait ce choix (et notamment pour une partie des ex-membres de l’équipe majoritaire), le sens est : « Vous (la présidence) devez composer avec nous (les profs) ». En clair, nous pourrions être en accord avec ce budget d’austérité, mais nous demandons à faire partie du processus de décision et prendre part aux choix sacrificielsPour eux, « la crise » à Lyon 2 n’est qu’un simple problème démocratique. Ce qu’ils rejettent, c’est désormais la seule personne de J-L MAYAUD et sa gestion autoritaire : l’absence de « dialogue » avant la mise en place des mesures de coupes budgétaires. 

Nous ne devons donc pas avoir d’illusions : les oppositions qui ont permis le rejet de ce budget ne sont qu’un concours de circonstances, et ne sont pas motivées par une opposition politique de fond, ou par un rejet du budget « de crise » lui-même, seulement par la méthode employée et l’absence de transparence. Il n’y a pas de divergences de fond : « on est prêts à mettre les mains dans le cambouis, mais il faut qu’on joue collectif », a affirmé Jean SOUBRIER ex-membre de l’équipe de J-L MAYAUD et désormais dissident.

La plupart des élus au CA sont donc prêts à gérer la misère, d’obliger les plus précaires d’entre nous à se serrer encore plus la ceinture tout en investissant des millions pour les filières d’élite. Tout ce qu’ils demandent c’est d’être associés à cette négociation, de choisir eux-mêmes quel membre du corps malade de l’université il est nécessaire d’amputer.

Le rejet du budget par l’instance ne doit donc pas être considéré comme une victoire. Ce n’est en tout cas pas la nôtre.

 

Par ailleurs, nous devons penser collectivement nos méthodes de lutte. Nos combats ne se mènent pas dans les instances, ou alors ils sont réduits à peu de choses.

Cela a été dit, en réponse aux personnalités extérieures inquiètes sur la signification du rejet de ce vote. Le prochain Conseil d’Administration qui présentera le budget verra le budget entériné, en tout cas, un partie des personnes s’étant opposées ont clairement signifié que ce choix n’était pas définitif, qu’il était simplement un « signal d’alarme ».

Retour sur la manifestation du 14 décembre !

Lyon 2 Manifestation 14.12.13

Nous étions plus de 400 étudiantEs et profs rassembléEs place Jean Macé ce 14 décembre pour protester contre la loi Fioraso !

Lyon 2 Manifestation 14.12.13 05

C’est sous un beau soleil, pour bien moti­ver les trou­pes, que la mani­fes­ta­tion s’est élancée vers 14h45.

Lyon 2 Manifestation 14.12.13 02

Sono et slo­gans ont retenti avec force dans les rues de Lyon et notam­ment la rue de l’Université pour rejoin­dre la place Bellecour.

Lyon 2 Manifestation 14.12.13 04

Plusieurs belles banderoles étaient pré­sen­tes, ainsi que diverses pan­car­tes, pour bien faire passer le mes­sage : non à la marchandisation du savoir, non à la loi Fioraso !

Lyon 2 Manifestation 14.12.13 08

Lyon 2 Manifestation 14.12.13 09

Parmi les slogans entendus :
« PS ou UMP, rien n’a changé : ils privatisent les universités ! »

« Education gratuite, laïque, critique et populaire ! »

« Fac ouverte aux enfants d’ouvriers, fac fermée aux intérêts privés ! »

« Classes populaires à l’université : on est d’jà pas nombreux, on s’laissera pas virer ! »

« Etudiants en colère, on va pas se laisser faire ! »

« Amiante et patrons sont les deux cancers de Bron ! »

On ne s’arrête pas là ! La lutte continue !


Pour plus d’informations :

Site internet : fselyon.wordpress.com

Facebook : « Université Lyon 2 en lutte » / « FSE Lyon« 

NON A LA LOI FIORASO ! MANIFESTONS CONTRE LA DÉGRADATION DE NOS CONDITIONS DE VIE ET D’ÉTUDE !


Lyon 2 Manifestation 14 décembre

Appel du comité de mobilisation des étudiantEs de Lyon en lutte :

Après plusieurs semaines de mobilisation sur Lyon II des étudiantEs et personnels contre la loi Fioraso, la présidence a convoqué ce vendredi à 13h30 un Conseil d’Administration pour entériner un budget austéritaire. Suite aux différentes AG et actions dans les facultés, nous appelons à manifester samedi 14h, place Jean Macé, contre les réformes universitaires.

Alors que les condi­tions de tra­vail et d’études à l’uni­ver­sité sont déjà misé­ra­bles ( pré­ca­rité géné­ra­li­sée, TD sur­char­gés, manque de per­son­nel … ) les res­tric­tions bud­gé­tai­res ne feront qu’aggra­ver la casse du ser­vice public que devrait être l’uni­ver­sité. Ce nou­veau désen­ga­ge­ment de l’État n’a qu’un seul but : accé­lé­rer le pro­ces­sus de restruc­tu­ra­tion de l’ensei­gne­ment supé­rieur et de pri­va­ti­sa­tion de nos uni­ver­si­tés. Celui-ci vise uni­que­ment à sou­met­tre davan­tage la pro­duc­tion du savoir aux inté­rêts économiques. La recher­che de la ren­ta­bi­lité conduit un peu plus chaque jour à exclure les clas­ses popu­lai­res de l’uni­ver­sité et aggra­vera le pro­ces­sus de sélec­tion sociale déjà à l’œuvre (hausse des frais d’ins­crip­tion, dimi­nu­tion des capa­ci­tés d’accueil,etc).

Leur illé­gi­ti­mité ne leur laisse qu’une seule option, impo­ser le pro­ces­sus de force en recou­rant à la répres­sion de notre mouvement, comme c’était le cas le 21 novem­bre.

Nous, étudiantEs, ne serons pas un réser­voir de main d’œuvre docile.

Nous sommes déter­mi­néEs à conti­nuer la lutte pour une uni­ver­sité gra­tuite, ouverte à tous, cri­ti­que et émancipatrice.

Nous appelons à manifester samedi 14 décem­bre à 14 h, Place Jean Macé !

Pour plus d’informations :

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Retour sur la manif interpro du 29 novembre !

Lyon 2 manif interpro 29.11.2013 ElPuebloUnidOO

Nous étions 500 personnes lors de la manifestation interprofessionnelle d’hier, dont 150 étudiantEs !

Lyon 2 manif interpro 29.11.2013 ElPuebloUnidOO 3

Poursuivons et amplifions la mobilisation dès la semaine prochaine !

Venons nombreuSESx et déterminéEs à l’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE INTER-FACS JEUDI 5 DÉCEMBRE 12H SUR LE CAMPUS DE BRON (Hall des sports) !

Lyon 2 manif interpro 29.11.2013 dos

LA MOBILISATION NE FAIT QUE COMMENCER… AMPLIFIONS LE MOUVEMENT !

Tract issu du Comité de mobilisation du 27 novembre :

En France et dans le monde, étudiantEs et travailleurSEs connaissent précarisation des conditions de vie, du travail, et des études. À Lyon II comme dans de nombreuses universités, on s’organise contre cette précarisation. Ainsi, malgré la répression policière de la mobilisation naissante, la dernière Assemblée Générale a réuni plus de 500 personnes.Lyon 2 AG 27.11.13 6

ENSEMBLE, NOUS POUVONS AGIR !

Une destruction programmée des universités

Nous condamnons fermement le processus de privatisation déguisée des universités qui, en organisant la pénurie de financements publics (aggravée par les mesures d’austérité), contraint les universités à chercher des financements dans le privé.
Depuis plusieurs semaines la mobilisation se construit à Lyon II et dans de nombreuses autres facs (Montpellier III est occupée par 1 500 étudiants-tes, des AG à Caen, Paris, Toulouse, Rennes..)
Au sein de nos universités le processus de Bologne (UE et appliqué par l’État) s’illustre par l’application des lois LRU et Fioraso.

Ces lois entérinent « l’autonomie des universités » : en clair, les facs doivent gérer leur personnel et les formations avec des budgets très insuffisants.

Dans ce contexte, les universités sont contraintes de faire appel à des partenaires privés qui financent les filières « rentables » à leurs yeux. Les filières jugés économiquement non rentables sont vouées à disparaître ( par-exemple, à Lyon II, l’art du spectacle a perdu 60% de budget cette année).

Des connaissances au service des entreprises ! 

Les restrictions budgétaires appliquées par l’Université s’inscrivent dans un processus plus large de soumission de la production du savoir aux intérêts économiques. Par exemple, à Lyon 2 un master de géographie dépend des sociétés Veolia et Lafarge. Comment parler d’indépendance scientifique dans une telle situation ?

Cette marchandisation du savoir implique également une offre de formation adaptée aux besoins des entreprises. L’université devient un réservoir de main d’œuvre docile pour les entreprises (stages professionnels rémunérés au lance-pierre par-exemple). Cette casse du service public entraîne donc en réalité une totale dépendance aux intérêts économiques, et on ne nous apprend plus à acquérir un esprit critique mais les seules « compétences » utiles aux entreprises.

Facs poubelles pour la majorité, filières d’excellence pour une minorité !

En définitive, c’est une université à deux vitesses qui est créée : les moyens se concentrent dans les filières dites d’excellence (ultra-sélectives) et marginalisent les filières dites peu rentables ou inutiles économiquement.

La sélection s’opère déjà à l’Université : limitation des « capacités d’accueil », abandon forcé des études de par l’impossibilité de concilier celles-ci avec un job sélection par le découragement orchestré des étudiants dans certains cursus ou encore par l’échec dès les premières années.
Ce processus aggravé par la loi FIORASO engendrera une hausse des frais d’inscription, (déjà à l’œuvre pour certains Diplômes Universitaires, Doctorat ou pour les reprises d’études) qui pénalisera les étudiantEs les plus précaires, particulièrement les enfants des classes populaires qui seront de fait évincés de l’accès à l’enseignement supérieur et n’auront plus le choix de leurs formations.

Conséquences directes des lois Fioraso et LRU :

– Précarisation des personnels, suppression et gels de postes, surcroît de travail pour les personnels.

– Dégradation des conditions d’étude : TD surchargés, réduction du nombre d’heure de cours, refus d’inscription pour motif de capacité d’accueil, hausse des frais d’inscription…

– Création de grands pôles régionaux universitaires (CUE) regroupant facs publiques et privées avec pour conséquence la suppression des filières en doublon et la fermeture pure et simple d’antennes locales (Béziers, Bourg-en-Bresse). Les étudiantEs les plus pauvres, qui n’ont pas la possibilité de déménager en seront les premières victimes : la sélection sociale s’aggrave.

CONTRE LA RÉGRESSION SOCIALE, MOBILISONS-NOUS !

Lyon 2 en grèveL’appel du 26 novembre a été entendu.
Les étudiants ont affirmé leur ras-le-bol par le vote majoritaire de la GRÈVE lors de l’assemblée générale. Pour permettre l’amplification du mouvement nous exigeons désormais la suppression du contrôle des présences en TD ainsi que la banalisation des cours pour la prochaine Assemblée Générale INTER-FACS Lyonnaises le 5 décembre 2013 à 12h

Venez participer en masse à l’Assemblée générale INTER-FACS (Lyon I, Lyon II, Lyon III, IEP, ENS…) le 5 décembre 2013 12h HALLE DES SPORTS DE BRON

Notre mobilisation est nécessaire ! Ne rien faire c’est cautionner !

Ils veulent nous imposer par la force la privatisation et la marchandisation du savoir : à coup d’ intervention de CRS s’il le faut, comme l’a commanditée le Président Mayaud jeudi 21 novembre lors d’un rassemblement à Lyon II.

Une casse sociale généralisée à combattre dans l’unité !

Ces restructurations n’ont pas uniquement lieu dans les Universités, mais c’est bien l’ensemble de la société qui est précarisée. Les nombreux plans de licenciement l’illustrent quotidiennement. Le dernier en date étant celui de l’entreprise Maury-Ducros qui supprime 5000 emplois en France, dont 300 dans le Rhône.
La réforme des retraites est une autre illustration des dégradations des conditions de vie et de travail qu’on impose à la majorité !

Alors qu’on nous parle d’austérité, les inégalités économiques et sociales n’ont jamais été aussi importantes et ne cessent de s’aggraver.

Il y a pourtant bien assez de richesses dans ce monde pour satisfaire les besoins de tous et toutes ! A nous de les reprendre !

Nous savons que seule la lutte conjointe des étudiants-tes, enseignantEs-chercheurSEs, personnels de l’université et des travailleurSEs nous permettra d’être entendus. Au-delà du Président Mayaud, c’est au gouvernement à qui l’on s’adresse !

L’Assemblée Générale de Lyon 2 appelle :

A rejoindre la MANIFESTATION DES TRAVAILLEURS EN LUTTE !
VENDREDI 29 NOVEMBRE 2013 A 10 h place BELLECOUR 
(Rendez-vous à 9h à l’arrêt Parilly-Université à Bron et à 09h30 devant la cafet’ des quais pour un départ collectif).

ASSEMBLEE GENERALE INTER-FACS (LYON I, II, III, IEP,ENS…)
JEUDI 5 DÉCEMBRE 12H SUR LE CAMPUS DE BRON (Hall des sports)

Communiqué suite au CA du 22 novembre

Face à la communication de la présidence : droit de réponse de la FSE

 

 « Congrès élargi » : le président fuit…

Dès l’entame du Conseil d’Administration ce vendredi 22 novembre, la présidence de l’université s’est montrée isolée et aux abois. Suite à un vote à bulletin secret, demandé par des élus, et contre la volonté du président Jean-Luc Mayaud, la majorité des présents a voté pour le bouleversement de l’ordre du jour, afin d’évoquer les événements du jeudi 21 novembre, qui ont fait l’objet d’une communication incontrôlée de la part de la présidence.

Devant les imprécisions factuelles et les attaques diffamatoires à l’encontre de notre organisation, répétées à nouveau lors de ce Conseil par le président, nous sommes intervenus fermement pour rappeler les faits, et l’interprétation politique que nous en faisons.

Jeudi 21 novembre, un rassemblement à l’appel d’un comité de mobilisation des étudiants de Lyon 2 – auquel nous prenons part, parmi d’autres étudiants – s’est tenu, afin de protester contre les manœuvres d’une présidence qui prétendait pouvoir résoudre une crise dont elle est un rouage, et ce autour d’un cercle restreint d’élus et de responsables. Nous soutenions pleinement cet appel.

Ce rassemblement visait expressément à faire surgir dans un congrès en fait bien restreint la voix des étudiants mobilisés.

Les étudiants présents ont envahi successivement le grand amphithéâtre, puis le bâtiment administratif. Ils n’ont à aucun moment rencontré de réponse à leurs demandes, et ont fait face au jusqu’au-boutisme d’un président qui a refusé de s’exprimer devant les étudiants, préférant coûte-que-coûte maintenir son congrès restreint en se réfugiant en catimini dans une salle du bâtiment administratif.

 

 … et déchaîne la brutalité policière

Nous avons occupé ce bâtiment, et nous sommes assis afin de discuter de la manière dont nous souhaitions organiser la suite de la mobilisation à Lyon II. Nous formulions notamment comme revendication à la présidence la possibilité de communiquer auprès de l’ensemble des étudiants et personnel au nom des étudiants mobilisés présents.

Les personnels présents, qui ont amorcé une discussion avec nous, et les membres du conseil qui sont passés parmi les étudiants peuvent témoigner du calme qui régnait, en totale contradiction avec le discours du président, qui décrit un sentiment de peur généralisé, censé avoir été provoqué par des slogans et des tambourinements sur la porte menant à la présidence (!).

Lyon 2 CRS commissaireNous souhaitons dénoncer la violence de l’intervention policière déclenchée sur demande expresse de Jean-Luc Mayaud, via un appel téléphonique au préfet Carenco. Dans les minutes qui ont vraisemblablement suivi cet appel, une quinzaine de camions de police ont encerclé l’université, et une quarantaine de policiers en tenue anti-émeute sont entrés dans le campus, avant de surgir simultanément des différents étages du bâtiment où nous étions réunis. Il nous a immédiatement été ordonné de nous disperser.

L’intervention a eu lieu alors que les présents terminaient de voter le communiqué à adresser aux étudiants et personnels, qui venait d’être discuté une heure durant. Nous avions commencé à nous disperser dès la première sommation. En bas du bâtiment, une véritable souricière avait été mise en place. De nombreux agents de la BAC et de la police nationale nous attendaient dans la cour de l’université, et nous avons été escortés jusqu’à la sortie. Dès lors que la police était parvenue à nous pousser dehors, à l’abri des regards des étudiants présents sur le campus, les coups se sont mis à pleuvoir. Des étudiants ont été insultés, frappés, tirés par les cheveux, mis à terre, et 6 d’entre eux interpellés. Nous sommes actuellement en train de rassembler témoignages, photos, vidéos et certificats médicaux rendant compte de cette violence répressive.

 La défense des personnels, vraiment ?

Monsieur Mayaud a beau jeu de prétendre défendre le personnel, dont ses agents « hygiène et sécurité » : c’est lui qui les met dans la position de seuls interlocuteurs face aux étudiants en lutte. Il a été demandé à plusieurs reprises de parler à un représentant de la présidence, ce qui nous a toujours été refusé. Nous réaffirmons que les vigiles n’ont pas à être les médiateurs politiques d’une présidence qui n’assume pas ses responsabilités, et les maintient dans la précarité en multipliant les embauches de contractuels sans titularisations.

Pour cette raison, les témoignages d’une partie des personnels « sécurité incendie », en contrat précaire et subordonnés à la Présidence, doivent être considérés avec précaution, à la lumière de l’insistance de Jean-Luc Mayaud à attribuer au plus vite un ensemble de faits à notre organisation.

 

 La FSE, cible de la répression (?)

Parmi les 6 personnes interpellées figurent entre autres l’élu FSE au Conseil d’Administration, la présidente et la secrétaire de la FSE. Ce « ciblage » pose un certain nombre de questions quant au déroulé des arrestations.

Il semble s’agir clairement d’une répression ciblée, d’arrestations antisyndicales dont l’unique but est d’intimider les étudiants mobilisés et de casser l’opposition à la politique du gouvernement. Le soutien immédiat de la ministre de l’enseignement supérieur Geneviève Fioraso au président de l’Université en est l’illustration. Cette attaque en règle contre les libertés démocratiques et le syndicalisme à l’Université doit être mise en échec !

Monsieur le Président ne peut par ailleurs en aucun cas évoquer des « faits » auxquels il n’a pas pu assister, puisqu’il a fui le débat et  les étudiants à deux reprise, et a choisi de se barricader dans une salle avec le cercle réduit de ses derniers fidèles. Monsieur le Président a tu la brutalité qu’il a déchaînée, sous les yeux d’enseignants, de personnels, d’étudiants et de passants. Monsieur le Président a fait le choix d’attaquer par voie de presse, puis lors du Conseil d’Administration, notre organisation syndicale.

Il n’a pas eu la décence de se taire, préférant répandre une version biaisée des événements de jeudi. Jean-Luc Mayaud a perdu tout sang-froid. Nous en prenons acte.

 

 Moments de solitude

Nous relevons par ailleurs l’isolement grandissant de Jean-Luc Mayaud, fortement critiqué par ses anciens soutiens.

Nous ne nous prononcerons pas sur les enjeux politiques que ces critiques expriment. Nous ne croyons pas qu’un changement de majorité, de président, changera quoi que ce soit à la dégradation de nos conditions de vie et d’étude, que nous constatons au quotidien.

Les sinueuses interventions des derniers soutiens du président, fébriles face aux critiques, montrent bien que l’équipe présidentielle est, sous sa forme présente, en sursis.

Nous avons évoqué la responsabilité individuelle de M. Mayaud, bien qu’il ne soit pas seul : sa responsabilité est cependant celle d’un relais d’une politique de crise et de rigueur budgétaire ; elle est celle d’un président qui a choisi d’imposer par la force sa politique en envoyant les flics contre les étudiants de Lyon II. Elle sera demain celle de celui ou celle qui choisira de servir la politique réclamée par les gouvernements successifs

 

Nous combattrons sans relâche les véritables dégradations, commises par cette politique, et qui frappent nos conditions de vie, d’étude et de travail !

 

 

Les tentatives de museler l’opposition ne nous arrêterons pas !

Tous en Assemblée Générale !

Ils privatisent on rend public !

S’ils ferment les portes, nous les ouvrirons !

La vraie violence c’est nos conditions de vie, d’étude et de travail misérables !

La vraie violence c’est leur pseudo-démocratie qui nous est imposée par des policiers armés !

En ce qui nous concerne, nous n’avons que notre force collective !

 

 

Fédération Syndicale Etudiante – Lyon, membre de Solidaires Etudiant-e-s Syndicats de Lutte

 

 

Pour plus d’informations :

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LA RÉPRESSION NE NOUS ARRÊTERA PAS ! MARDI TOUS EN ASSEMBLÉE GÉNÉRALE !

Appel du comité des étudiant-e-s mobilisé-e-s de Lyon 2 :

La crise c'est eux la solution c'est nous

 

Ce jeudi 21 novembre, la seule réponse aux revendications des étudiant-e-s qui ont investi le Congrès « élargi » convoqué ce même jour, a été la répression policière commanditée par la direction.

La répression des étudiant-e-s mobilisé-e-s ne nous arrêtera pas !

Mardi 26/11 TOUS en Assemblée Générale à 12H (amphi C – bâtiment K – campus de Bron)

 

En effet, la présidence de l’université devant ce qu’elle a elle-même désigné comme une « crise » avait appelé à un conseil élargi (qui semblait n’exclure personne) censé trouver des solutions autour d’un petit nombre de responsables et d’élu-e-s. Le mail envoyé dimanche dernier à l’ensemble des étudiant-e-s et des personnels expliquait que la crise dépassait largement le cadre de l’université Lyon 2. Dès lors, pourquoi prétendre la résoudre dans une réunion interne à l’université où sont convoqués seulement les élu-e-s des conseils ?

 

Quand la Démocratie sauce Mayaud tourne au vinaigre…

 

Près d’une centaine d’étudiants ont tenté de participer légitimement à un conseil opaque qui prétendait décider pour eux sans eux, alors qu’ils sont les usagers de ce service public. Il faut savoir que la LRU a réduit de 25% la représentation étudiante déjà étiolée auparavant, au sein de ces Conseils. L’accès au Congrès nous a été refusé par un barrage des agents de sécurité incendie, sous ordre de la direction, exposés alors malgré leur fonction, à la foule désireuse de rentrer. C’est en effet désormais une technique assumée de la présidence d’utiliser ces agents de sécurité incendie comme une véritable milice. Aucun coup n’a été porté sur ces agents (contrairement au communiqué officiel de la présidence). Les éventuelles blessures sur les agents alléguées par Jean-Luc Mayaud sont donc purement accidentelles. Notre seule « violence » que le président et les médias ne cessent de mettre en avant fut une poussée collective pour rentrer dans l’amphithéâtre… Ce ne serait pas produit si la Présidence n’avait pas refusé notre participation au congrès qui était très clairement annoncé.

 

Le dialogue version Mayaud, c’est porte fermée, matraque et garde à vue pour les étudiant-e-s mobilisé-e-s !

 

Nous avons donc pu rentrer dans le grand amphithéâtre, lieu du congrès « élargi », celui-ci n’avait pas commencé et nous nous sommes tous installés. En attendant l’arrivée du Président nous avons chanté quelques slogans tels que « N’ayez pas peur de la démocratie ».

Le président a refusé de venir s’exprimer devant nous. Une demi-heure plus tard un membre de l’administration a demandé aux élus du congrès de sortir du Grand Amphi afin de réaliser la réunion dans le bâtiment de la présidence, pour exclure les étudiants mobilisé-e-s. Nous avons donc suivis les invités autorisés et avons dû forcer l’ouverture de la porte du bâtiment présidentiel.

Une fois dans le bâtiment, nous avons réclamé audience auprès du président Jean-Luc Mayaud, retranché dans son bureau. Tandis que nous étions dans l’attente d’un interlocuteur de l’administration (autre que les vigiles) nous avons décidés de tenir dans le couloir, assis et dans le calme, une assemblée élargie, spontanée, avec l’ensemble des étudiants et du personnel qui refusaient le simulacre de démocratie organisé par Mayaud. Mais c’est alors, que le président donna, très rapidement, l’ordre à plusieurs dizaines de CRS d’intervenir violemment pour nous déloger et nous soumettre à une souricière, savamment organisée. S’en sont suivis des coups de matraque (dont certains réitérés sur des étudiant-e-s à terre), 6 interpellations effectuées avec une grande violence, ciblant entre autres des syndicalistes étudiant-e-s connu-e-s, et répondant à des identifications opérées par des agents de sécurité incendie.

Lire sur Rue89Lyon, le témoignage d’un étudiant.

Mayaud croit pouvoir réduire aujourd’hui notre mouvement à un groupe de « meneurs », qui serait orchestré par un syndicat étudiant. S’il pense qu’en réprimant ceux qu’il identifie comme les « meneurs » du mouvement, ce dernier s’éteindra, la Présidence commet une grave erreur d’analyse.

Nous ne sommes manipulé-e-s par personne, notre combat est légitime et continuera malgré la répression !

 

La crise de la présidence ? Un symptôme de la destruction massive de l’Université par les réformes Pécresse-Fioraso

 

Cette réaction, les démissions consécutives de vice-présidents et l’intervention policière traduisent un processus politique de liquidation de l’université publique et la volonté de l’imposer par la force si nécessaire. La démarche de marchandisation du savoir depuis l’instauration du processus de Bologne (européen), des lois LRU (Pécresse) et Fioraso encourage ces pratiques autoritaires et antidémocratiques.

Elle prépare à court terme maintenant, si nous nous laissons faire, l’alternative entre la faillite budgétaire des universités, et des augmentations de droits d’inscriptions pour tou-te-s les étudiant-e-s.

Par la présidentialisation des universités et l’introduction de personnalités extérieures toujours plus nombreuses dans les conseils elle tend à transformer les établissements d’enseignement supérieur en université-entreprise dirigées par un comité de pilotage restreint et autocratique.

Lyon 2 Lutter ou subir il faut choisirIls privatisent on rend public ! S’ils ferment les portes, nous les ouvrirons !

La VRAIE violence c’est nos conditions de vie, d’étude et de travail misérables ! La vraie violence c’est leur pseudo-démocratie qui nous est imposée par des flics armés !

En ce qui nous concerne, nous n’avons que notre force collective !

Leur répression ne stoppera pas notre mobilisation ! Les arrestations ciblées, violentes et injustifiées, renforcent notre détermination autour d’un rassemblement plus que jamais nécessaire.

 

Nos revendications :

  • Abrogation des lois LRU et Fioraso
  • Abandon des poursuites contre les interpellés et retrait des plaintes de la présidence
  • Banalisation des cours du mardi 26/11 dès 12h
  • Droit de réponse du comité de mobilisation à travers la diffusion d’un mail à l’ensemble des membres de Lyon 2.

 

TOUS EN ASSEMBLÉE GÉNÉRALE MARDI 26/11 sur le campus de Bron 12h amphi C (bâtiment K)

 

Ordre du jour proposé : 

  • Retour sur la manifestation de jeudi 21 novembre et sur les lois. Pourquoi nous sommes en lutte.
  • Les revendications, les perspectives de transformation sociale.
  • La mobilisation à venir
  • Vote sur les propositions

 

Le comité des étudiant-e-s mobilisé-e-s de Lyon 2

 

P.-S.

Plus d’infos : page facebook « Université Lyon 2 en lutte »

QUAND LA PRÉSIDENCE DE L’UNIVERSITÉ FAIT ARRÊTER DES ÉTUDIANTS

Alors que la crise de l’université va en s’empirant, des étudiants de Lyon 2 rassemblés jeudi 21 novembre ont été arrêtés.

Ils étaient plus d’une centaine à protester contre l’opacité du congrès élargi convoqué par le président de l’université, Jean-Luc Mayaud, congrès qui devait examiner les possibilités de « dépasser » la crise institutionnelle. Une manifestation avait été appelée par le comité de lutte de l’université, mandaté par l’Assemblée générale des étudiants (qui avait réuni 150 personnes), afin d’empêcher la tenue du congrès jugé non-démocratique.

Arrestations lyon 2La BAC et la police nationale ont été appelées par la direction et ont violemment chargé les étudiants qui occupaient le Congrès élargi.

Après cela, comment Jean-Luc Mayaud qui évoquait dans son dernier mail l’université où convergent les intérêts de tous -étudiants, personnels, enseignants, équipe présidentielle- nous fera t-il croire à l’université-sanctuaire ? Monsieur Mayaud organise avec son équipe restreinte la gestion de pénurie qui conduit à la privatisation de l’université : il sait que cette privatisation ne peut qu’aggraver les conditions de travail des personnels les plus précaires et lisser des programmes déjà bien consensuels. Il sait qu’elle ne répond qu’aux intérêt du patronat.

Nous ne nous apitoyons pas sur ces arrestations car nous ne sommes pas dupes : évidemment l’université n’est pas un sanctuaire, évidemment les intérêts de la présidence et les nôtres sont antagoniques. Lorsqu’un tel antagonisme s’exprime -dans la mobilisation croissante des étudiants, dans les récentes démissions qui ont affecté l’administration-, il n’est plus surprenant qu’un président d’université fasse appel aux matraques pour faire régner l’ordre.

Nous exigeons la libération immédiate des camarades qui ont été arrêtés et nous appelons l’ensemble des organisations syndicales et politiques à adresser leur soutien en relayant et signant ce communiqué. Nous appelons également à témoignages, photos et vidéos de la répression et des arrestations.

CRISE À LYON II : INVITONS-NOUS AU CONSEIL ÉLARGI DE LA PRÉSIDENCE !

Appel du comité de mobilisation mandaté par l’Assemblée Générale de Lyon II réuni le 18 novembre :

La crise du capitalisme pousse les gouvernements partout dans le monde à pratiquer une politique d’austérité qui frappe un nombre toujours plus grand d’entre nous. Politique dont nous ressentons les conséquences avec dans l’enseignement supérieur les lois LRU et la récente loi Fioraso qui vient la compléter. Ces lois participent du processus de privatisation déguisée des universités qui, organisant la pénurie de financements publics – et aggravée par les mesures d’austérité – contraignent les universités à chercher des financements dans le privé.

Face à la dégradation de nos conditions de vie, de travail et d’études, déjà bien misérables pour un grand nombre d’entre nous (bourses insuffisantes voire inexistantes, obligation de se salarier pour poursuivre ses études, difficulté pour se loger, contrats précaires, difficultés à joindre les deux bouts…) depuis plusieurs semaines la mobilisation se construit à Lyon II -où la dernière Assemblée Générale a réuni 150 personnes – comme dans de nombreuses autres universités.

La situation de la fac n’est que le reflet d’une situation plus globale de crise du capitalisme, et est rendue visible aujourd’hui par une crise interne au sein de la présidence de Lyon 2. Entre la gestion de la pénurie et le développement de la mobilisation, le sol semble se dérober sous les pieds de la direction, comme l’illustre le mail du président envoyé dimanche soir à tous les personnels et étudiants de l’université. Celui-ci cherche des ultimes soutiens afin de sauver sa politique de rigueur et sa place par la même occasion. Il en appelle donc ce jeudi à un congrès extraordinaire où il convoque tous les élus des conseils centraux, qui prétendent représenter ceux et celles qui étudient et travaillent à l’université.

La direction de l’université entend décider de notre avenir sans nous?

Puisque nous n’avons pas été conviés, nous prenons donc l’initiative de nous inviter à ce congrès extraordinaire qui se tiendra dès lors avec nous, ou ne se tiendra pas !!

Nous invitons donc logiquement l’ensemble des étudiants, personnels et enseignants à se rassembler ce jeudi sur le campus de la fac des quais !

Pour permettre la participation du plus grand nombre au congrès extraordinaire, nous appelons les enseignants, chargés de TD à ne pas assurer leurs cours et à ne pas prendre en compte les absences à partir de 10h et ce jusqu’à la fin de la journée.

Dans l’objectif de poursuivre et d’intensifier la mobilisation, nous appelons également à une nouvelle Assemblée Générale mardi 26 Novembre à 12h00 (amphi C bâtiment K – campus de Bron)

DÉLOGEONS TOUS LES PANTINS DU POUVOIR !

Jeudi 21 novembre Lyon 2

L’Université Lyon II en crise !

Conscient que le monde qui l’entourait jusqu’alors est en train de s’écrouler, le président de l’université cherche à tout prix à se sauver.

Les quatre démissions récentes de vice-présidents de sa propre équipe, mais surtout, des premières Assemblées Générales étudiantes à Lyon II -comme dans de nombreuses autres facs- exprimant la colère contre la dégradation de nos conditions de vie et d’études ont fini par faire douter le président de son avenir.

« Dépasser la crise », c’est donc la proposition que nous fait Jean-Luc Mayaud, président de l’université, dans un mail envoyé dimanche 17 novembre au soir à tous les étudiants et personnels de l’université.

Tentatives maladroites de se justifier, références à la crise du capitalisme et envolées qui se veulent rassembleuses, cette tribune prétend pompeusement dépasser une crise qui dépasse pourtant largement la seule personne du président Mayaud, comme la seule université Lyon II.

Mayaud n’est pas le seul : tous les responsables doivent partir !

Selon lui « Notre université traverse une crise interne d’autant plus vive qu’elle se produit en écho d’une crise générale du pays. » Il se refuse à être « le chef sacrificiel » et à assumer seul la responsabilité de la crise à Lyon 2.

Le président a peur. Peur d’être seul dans la chute. S’il est vrai qu’il ne saurait être tenu pour seul responsable de tous les problèmes rencontrés au sein de cette université, Jean-Luc Mayaud est cependant coupable de s’être fait l’instrument volontaire d’une politique -de l’UMP comme du PS- qui a mené à la situation qui est aujourd’hui celle de Lyon 2, et de beaucoup de secteurs de la société.

La « défiance » qui est la nôtre n’a pas pour seul objet un individu, un « chef sacrificiel ». Nous savons que ce ne sont pas seulement les chefs qui doivent être sacrifiés, mais toute leur politique, menée au profit des chefs pour un monde de chefs.

Mais pour ne pas endosser seul la responsabilité de la crise à Lyon 2, Mayaud en appelle aujourd’hui à l’unité autour de son projet.

Appel est donc lancé au regroupement de tous les vautours carriéristes de Lyon 2, avides de pouvoir, en vue de défendre un soi-disant « intérêt général ».

Mais le pseudo intérêt général c’est en fait l’application d’une politique de rigueur budgétaire. C’est se faire le relais de l’intérêt des dominants, en faisant payer la grande majorité de la population pour permettre à une minorité de continuer d’accumuler les richesses.

Pour éviter la rigueur à Lyon 2… appliquons la rigueur à Lyon 2… !

Dans son mail Mayaud défend politiquement l’application d’une « logique comptable » afin dit-il « d’éviter une mise sous tutelle de son budget » Cette politique absurde peut se traduire en ces termes : puisqu’on menace de nous couper un bras, commençons par nous couper la main. Mayaud ne peut remettre en cause une politique d’économies qui constitue le socle de sa présidence : il n’a pour lui que la satisfaction d’avoir retrouvé un budget « à l’équilibre », et d’avoir pour cela déséquilibré peu à peu nos conditions d’études et les conditions de travail des personnels. Suppressions de TD, postes non pourvus, campus laissé à sa vétusté, budgets découpés à la hache…Il y a de quoi faire un blocage, en effet.

Classes en lutte ?

Selon Mayaud « Les personnels de l’Université Lyon 2 ne sont pas un prolétariat, et l’équipe présidentielle n’est pas un patronat. Nos intérêts et nos responsabilités sont les mêmes, ou alors l’Université n’existe plus. »

Face à une situation de crise, le Président nous propose en fait une solution bien connue : celle de l’union sacrée, en prétendant nier les divergences d’intérêts qui existent au sein de l’Université et dans la société.

La « communauté universitaire » n’a pas de sens, car l’université n’est pas le sanctuaire que semble rêver Jean-Luc Mayaud, à l’heure où Lyon 2 refuse de titulariser les personnels précaires, à l’heure où de nombreux étudiants travaillent pour financer leurs études, galèrent au quotidien et cumulent les heures sans parvenir à joindre les deux bouts. Le président de l’université est bien ce qui se rapproche le plus d’un patron pour une partie des personnels de Lyon 2.

Nous proposons à Monsieur Mayaud de sortir de ses bureaux feutrés et d’aller assumer sur le terrain les conséquences de la politique qu’il applique. Nous l’invitons à comparer l’état de son compte en banque avec celui d’un étudiant boursier, d’une femme de ménage de l’université payée 600 euros par mois, ou avec celui de vacataire payé une fois par semestre, ou encore avec celui d’un des employés de la fac en temps partiel contraints de cumuler deux boulots pour payer leurs loyers ou nourrir leurs gosses !

Il ne pourra dès lors plus faire semblant d’ignorer que la soi-disant communauté qu’il cherche par tous les moyens à sauver, ne profite en réalité, qu’à une bien petite minorité !

L’ordre dominant crève : l’université devrait accourir pour le sauver ?

Si la FSE a rarement l’occasion d’exprimer un « diagnostic partagé » avec la direction de l’Université, nous devons cependant avouer être en accord sur le constat de « l’épuisement historique d’un certain modèle de croissance, de prospérité et d’ordre social ». En bref, l’effondrement annoncé de l’ordre établi capitaliste.

Cependant, si nous ne pouvons que nous réjouir de cette situation, M. Mayaud semble quant à lui tout faire pour chercher à sauver un ordre inégalitaire qui jusqu’ici l’avait bien nourri.

Il essaie donc de convaincre les profs de Lyon 2 de se contenter du rôle que la société leur a assigné de production de connaissances dans l’objectif de reproduction et de perpétuation de l’ordre établi.

Il invite donc à continuer d’enseigner « les vertus de la distanciation et du sens des responsabilités » à des étudiants destinés à devenir des petits cadres dociles, adaptés aux besoins de la machine capitaliste.

Faisons-les dérailler !

« Ne nous voilons pas la face : Lyon 2 ne peut plus regarder pAbrogation de la loi sur l'autonomie des universitésasser les trains. Il ne s’agit pas d’une quelconque « capitulation » face à l’ordre dominant, mais au contraire de reprendre confiance dans notre potentiel pour agir sur cet ordre dominant. »

Puisque Mayaud le « chef sacrificiel » est friand de métaphores, nous lui proposons de poursuivre celle qu’il a lui-même introduite : Lyon 2 ne peut pas regarder passer les trains, en effet. Les étudiants et personnels de Lyon 2 peuvent en revanche commencer à dresser des barricades sur les rails pour faire dérailler ces trains qui menacent chaque jour un peu plus de nous écraser sur leur passage !

Ce train que le président se refuse à nommer, c’est celui des réformes capitalistes. Il a fait le choix de le prendre en marche à tout prix.

Nous disons qu’il n’est plus possible d’accepter la politique des gouvernements successifs, tant à l’université que dans le reste de la société. Gérer la crise en la faisant payer à tous, c’est s’exposer à la colère légitime. Nous ne voulons pas « agir » sur l’ordre dominant, mais bien le renverser.

Monsieur Mayaud,

À votre « congrès élargi », qui prétend solutionner une crise qui a pourtant des origines systémiques qui dépassent votre seul rôle, nous proposons le seul « congrès » qui vaille : celui des étudiants et travailleurs de l’université en lutte, contre l’ensemble des politiques dont vous vous êtes piteusement fait le relais.

Texte de l’appel à l’AG étudiante de Lyon 2

Assemblée générale des étudiantEs de Lyon 2 ce jeudi 14 novembre à 12h00, à l’amphi C du bâtiment K du campus universitaire de Bron

 

LYON 2 PROFILLe texte de l’appel à l’assemblée générale des étudiantEs de Lyon 2 du 14 novembre :

Cela fait maintenant un an et demi que le gouvernement Hollande-Ayrault est à la tête de l’État. Leur politique s’inscrit dans la continuité de celle de Sarkozy, détruisant les acquis sociaux et imposant l’austérité au plus grand nombre.

Mardi 5 novembre plusieurs milliers de lycéen-e-s et d’étudiant-e-s ont manifesté contre les expulsions de sans-papiers.

Déjà, avant les vacances, personnels, étudiant-e-s et enseignant-e-s s’étaient mobilisé-e-s contre la détérioration de l’université à Rennes 2, Montpellier 3, Grenoble, Béziers, Paris 1… conséquences directes des lois LRU et Fioraso.

À Lyon 2 aussi la situation est préoccupante et tend à se dégrader.

Mobilisons-nous !
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– Diminution de plus de 50% des budgets des départementsLutte de classe

– TD surchargés : peut-on étudier à plus de 40 en TD ?

– Regroupement de cours de différents niveaux : des TD d’Italien de L2 et L3 fusionnés.

– Refus d’inscriptions dans certaines filières dès la L1 faute de place.

– Bâtiments insalubres : faute d’investissements, le bâtiment K risque la fermeture.

– Précarisation du personnel : moins de postes pour toujours plus de charge de travail.

Ces méfaits sont les conséquences directes des lois LRU et Fioraso, ministre actuelle de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Ces lois entérinent « l’autonomie » des universités qui doivent dorénavant gérer leur fonctionnement et leur personnel sans le budget nécessaire. Ainsi, soit elles font appel à des partenaires privés qui financent les filières « rentables » (exit anthropo, arts, musicologie…), soit elles imposent une véritable austérité budgétaire.

Ces attaques s’inscrivent dans une logique plus globale : faire payer la crise à la majorité. Cela se traduit par une austérité généralisée dans tous les secteurs de nos vies : logement, transports, santé, emplois, études, loisirs…tout doit être rentable !

Étudiant-e-s, travailleur-se-s, chômeur-se-s, avec ou sans papiers, résistons !

Collectif des étudiantEs mobiliséEs de Lyon 2