Face à la hausse programmée des frais de scolarité, dans les facs, dès à présent, s’organiser ! 

Pour nombre d’étudiant.e.s, s’acquitter des droits d’inscriptions à l’université, c’est déjà source de nombreuses galères. Et pourtant… !

Un rapport commandé par le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et par le ministère des Finances, qui était attendu de longue date, a été publié fin juin, au moment où les facultés se vidaient des dernier.e.s étudiant.e.s qui passaient leurs rattrapages.

Dans ce rapport de 300 pages, une phrase glissée préconise l’augmentation des frais d’inscriptions à 1 000 euros pour toutes et tous les étudiant.e.s de Licence et Master.

Il serait donc question d’une multiplication par 5 des frais de scolarité en Licence et par 4 en Master.

Les auteurs font en effet de la hausse des droits de scolarité « l’un des principaux leviers d’augmentation des ressources propres » des universités, sans toutefois l’intégrer formellement à la liste des 21 propositions préconisées… !

où sont les jeunesLa ministre de l’Éducation Nationale Najat Vallaud-Belkacem et le secrétaire d’État à l’Enseignement Supérieur et la Recherche Thierry Landon réagiront quasi immédiatement, en « assurant » que la mesure n’était pas à l’ordre du jour du gouvernement… mais la phrase aura eu le « mérite »-comme on dit- de « relancer le débat » et c’est toute la presse nationale qui en fera ses titres.

Ce n’est pas la première fois, l’année dernière déjà, un rapport parlementaire préconisait l’augmentation des frais de scolarité.

L’État prépare ainsi progressivement les esprits, teste les réactions et les capacités de mobilisation et attend le moment qu’il considèrera opportun pour tenter de faire passer la mesure.

Les auteurs du rapport ne manquent en effet pas de rappeler que le sujet est « sensible politiquement et socialement »…

Leur ‘justice sociale’…

Dans les cercles capitalistes libéraux, on présente même la hausse des frais d’inscriptions comme une mesure de ‘justice sociale’.

En effet argumentent-ils, les enfants de cadres sont plus nombreux.ses à l’université que les enfants de smicards, ils bénéficient donc davantage de ce service public.


C’est bien vrai et ça ne date pas d’hier ! 
Dans la société capitaliste, accéder aux bancs de l’école ou des lycées a longtemps été le privilège d’une minorité. 

L’instauration de l’école obligatoire sous le IIIème république pouvait ainsi permettre de discipliner et d’endoctriner les jeunes paysans et ouvriers par peur d’une révolution, suite notamment à l’insurrection de la Commune de Paris en 1871, et face à la nécessité de faciliter la conscription des masses dans l’armée (pour les conquêtes coloniales, notamment Tunisie, Algérie, Vietnam, Congo, Soudan, Mali, Madagascar, et la préparation de la revanche vis-à-vis de l’Allemagne). L’école était ainsi chargée de « créer le sentiment national ». Dès cette époque déjà, l’identité nationale (synonyme de nationalisme) est utilisée contre la conscience de classe des ouvriers et paysans et pour mobiliser les masses pour l’intérêt de la nation, c’est-à-dire l’intérêt de ceux qui la dirigent.

L’école républicaine doit également apprendre aux enfants de prolos de se contenter de la misérable condition qui leur est réservée, et légitimer les valeurs dominantes, c’est-à-dire celles des dominants…


L’enseignement supérieur : un accès de fait inexistant pour la majorité

Ainsi, les enfants de la bourgeoisie, – bien qu’archi-minoritaires – sont sur-représentés dans l’enseignement supérieur – et encore plus dans les filières d’élites (écoles de commerces, d’ingénieurs) – alors que la majorité des enfants du prolétariat et des milieux populaires sont très tôt orientés vers le travail ouvrier : apprentissage possible dès 14 ans, sur les chantiers, dans les cuisines ou dans les champs.. bref, sur des métiers éprouvants physiquement, dans des conditions de travail dangereuses et usantes.

Ils et elles constituent une main-d’œuvre pas chère pour le patronat (entièrement gratuite parfois : ainsi, lors de la première année de contrat, le salaire d’un.e apprenti.e mineur.e est intégralement pris en charge par l’État depuis 2015 ; tandis que pour les autres années, une bonne partie du salaire des apprenti.e.s reste subventionnée par l’État, c’est-à-dire par l’argent public).

Faire d’une pierre, deux coups !

Si la question de la hausse des frais d’inscriptions, présentée dans certains médias comme étant « sur la table » aura bien été relayée, le contenu du rapport est quant à lui totalement éludé.

Ainsi, ce rapport intitulé « la situation financière des universités » revient sur les moyens de « faire des économies », les restructurations mises en place jusqu’à présent, et indique où il convient dorénavant de couper…

Les moyens mis en œuvre jusqu’à maintenant :

Le rapport constate que les droits d’inscriptions des Diplômes Universitaires (D.U.) – qui ont pour particularité d’être fixés librement par les établissements, à la différence des diplômes nationaux de Licence, Master et Doctorat – se sont envolés de 89 % en cinq ans… mais les rapporteurs encouragent les universités à augmenter les droits de scolarité des D.U. estimant que « la marge de manœuvre [est] encore insuffisamment exploitée par une partie des établissements ».

Le rapport note également pêle-mêle : la réduction significative des dotations allouées aux composantes (facultés), qu’elles répercutent elles-mêmes par la suite, à la base ; la fermeture de formations et d’options ; les mutualisations de cours ; le développement des CM à la place des TD etc.

Les gels d’embauche et les non-renouvellements sont également mentionnés à la catégorie moyens de « court terme » mis en œuvre par les présidences pour faire des économies. La conséquence pour les personnels restants, c’est concrètement l’augmentation de leur charge de travail. Le rapport mentionne aussi la pratique des dé-qualifications de postes : un agent nouveau affecté sur un même poste et pour un même travail, sera payé moins que son collègue qui l’occupait précédemment.
Les externalisations de services sont également une pratique courante. À Lyon 2 par exemple, la présidence actuelle qui, au moment de son investiture garantissait la main sur le cœur que jamais elle n’externaliserait les personnels du service de ménage (envisagée par la précédente, contrainte à reculer face à la mobilisation des personnels en question) est actuellement en train de tenter d’y procéder !

Bref, ce sont les personnels qui subissent concrètement, via leur précarisation et la dégradation généralisée de leurs conditions de travail. Et pourtant… !

Le rapport préconise des « mesures de redressement » :

Ainsi, dans le cadre des fusions d’établissements, liées à la création des COMUE (Communautés d’universités et établissements, en application de la loi Fioraso), de nouvelles réorganisations et restructurations doivent être réalisées, dans l’objectif de « rationaliser »…

Selon l’objectif assigné de « dégager des marges de manœuvre substantielles » il serait « nécessaire de réexaminer les activités « cœur de métier » des universités ». Selon les rapporteurs, il faut « réexaminer » l’offre de formation (loi Fioraso) et naturellement, pour faire des économies, de supprimer des formations ! Alors même que nombre d’étudiant.e.s se voient déjà refuser l’inscription pour motif de « capacités d’accueil insuffisantes » !

Il faut également « rééxaminer » la politique de recherche des universités « à l’aune de leur soutenabilité budgétaire ». Le rapport préconise ainsi l’instauration « d’outils de pilotage » centralisés, qui devront permettre d’indiquer… où couper !

Le rapport préconise encore également la « rationalisation du parc immobilier » des universités. Il convient ainsi de vendre les bâtiments, ce qui aura pour conséquence de.. diminuer encore le nombre de salles de cours et donc de places… !

Dans le contexte historique de crise que nous connaissons, où chaque jour nos conditions de vie, de travail et d’études sont attaquées par gouvernement et patronat, la hausse des frais de scolarité en France est une mesure crédible à plus ou moins court terme. Elle a d’ailleurs été tentée d’être appliquée en Angleterre, au Chili, au Québec, en Espagne, avec plus ou moins de succès, du fait des luttes importantes qu’elle a entraînées.

Une place pour tous et toutes à l’université, avec ou sans papiers, dans la filière de son choix !

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Le 9 avril, étudiant.e.s, vacataires, enseignant.e.s-chercheur.e.s, personnels et précaires des universités, dans la rue contre l’austérité !

Loi Macron Loi des Patrons Toutes et tous en grève 10.04.2015Tract du collectif des enseignant.e.s-vacataires :

Depuis de nombreuses années, les gouvernements successifs de droite comme de gauche ont orchestré, via des lois ultra-libérales, la lente mort de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche [ESR]. La loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités dite loi LRU (Loi Pécresse – 2007) puis la loi Fioraso (2013) ont forcé une restructuration de l’ESR par le bas. À force de coupes budgétaires et de désengagement financier de l’État, les établissements ferment des formations, gèlent des postes, licencient des contractuels, suppriment des postes d’ATER [Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche], externalisent des services et maintiennent dans la précarité nombre de ses salarié.e.s…

…Et cela n’est pas prêt de s’arrêter ! Le « Pacte de responsabilité » et ses 50 milliards d’euros d’économies ainsi que le projet de Loi Macron, sous les atours de la « croissance et [de l’] activité », ne sont rien d’autre qu’une énième manifestation de la volonté du gouvernement de nous engager dans la voie de l’austérité. À l’Université, comme dans n’importe quel secteur salarié, la possibilité de déroger au Code du travail (par des accords directs entre patrons et salarié.e.s par convention individuelle), impactera nécessairement les conditions de travail et d’emploi des contractuel.le.s, déjà précaires et fragilisés par une gestion irresponsable et délétère des ressources humaines au sein des établissements de formation.

À Lyon 2, la précarité et le non-respect du droit du travail : on connaît bien !

Depuis septembre 2014, les enseignant.e.s-vacataires, avec le soutien des étudiant.e.s, se mobilisent contre leurs conditions d’emploi et de travail inacceptables : embauche sur la base d’un mauvais support d’emploi ne correspondant pas à leurs missions effectives, contrats arrivés entre cinq et sept mois de retard, rémunérations versées au compte-gouttes et au bon vouloir de la DRH, T.D. surchargés où les étudiant.e.s, trop nombreux.ses, ne trouvent pas de chaises pour s’asseoir, racket aux frais d’inscription pour les doctorant.e.s-vacataires qui reversent une partie de leur rémunération à leur propre employeur, tâches « annexes » non rémunérées (correction, préparation des cours et surveillance des examens). Mais après six semaines de grève et la rétention des notes du premier semestre, l’équipe présidentielle de Lyon 2 ne propose aucune solution pérenne et viable pour résoudre ces problèmes. Ainsi, la mobilisation se poursuit et les enseignant.e.s-vacataires ne comptent pas lâcher l’affaire…

De Lyon à Paris : solidarité entre précaires des universités !

En France, les salarié.e.s précaires des universités se mobilisent contre la casse de l’Université et des conditions de travail toujours plus difficiles et inacceptables. Ainsi, les personnels de Paris 8 sont en grève depuis huit semaines pour exiger la revalorisation de leurs salaires. Au début du second semestre 2014-2015, à Paris-Sud (Orsay) et Paris 13, les enseignant.e.s ont mené une lutte pour protester contre les coupes budgétaires et le non-renouvellement de certains postes, résultats des restrictions budgétaires imposées par le gouvernement aux universités…

…Partout, l’austérité infligée aux universités mène les enseignant.e.s, les étudiant.e.s, les vacataires et les personnels BIATSS à se révolter contre des conditions d’études et de travail toujours plus précaires et insoutenables. Celles et ceux qui font tourner et vivre ces établissements ne cessent d’alerter depuis des années le gouvernement sur les impacts de ses lois et décisions délétères, ne leur permettant plus de fournir un enseignement de qualité…

Toutes et tous ensemble : refusons le désastre annoncé !

9 AVRIL MACRON ACHEVE BIEN LES PROLOS…En juin 2014, Geneviève Fioraso avait annoncé vouloir réaliser une économie de 1,6 milliards d’euros sur les budgets 2015-2017 de l’Enseignement supérieur et la recherche. Parallèlement, le gouvernement déshabille l’Université mais renfloue les poches du patronat sur le dos du service public de l’ESR grâce au Crédit Impôt Recherche [CIR]. Véritable niche fiscale pour les entreprises privées, le CIR leur permet de déduire de l’impôt sur les sociétés 30% de leurs investissements recherche et développement, atteignant alors la somme de 6 milliards d’euros en 2015 à charge pour les finances publiques.

Le « Pacte de responsabilité », la Loi Macron (avec ses multiples cadeaux au patronat et le démantèlement de droits et d’acquis sociaux), les lois austéritaires qui touchent l’Université (LRU, Fioraso), le « déverrouillage » du CDI… Tout cela signe la mort du service public et l’avènement d’une précarisation de l’ensemble des salarié.e.s des secteurs publics et privés.

Le 9 avril, mobilisons-nous toutes et tous
pour faire entendre la colère qui gronde
contre la précarisation généralisée et l’austérité !

GRÈVE ET MANIFESTATION INTERPROFESSIONNELLE
10h30 – Place Jean Macé – Lyon

Contre tous les racismes et le fascisme, manifestons le 21 mars !

21MARS-defL’appel de l’Union syndicale Solidaires :

Le 21 mars, journée internationale de lutte contre le racisme, nous affirmerons notre détermination à défendre l’égalité contre toutes les politiques discriminatoires et les affirmations stigmatisantes dirigées à l’encontre de certaines populations selon leur nationalité, leur apparence, leurs origines, leurs croyances, leur orientation sexuelle. Nous dénonçons toutes les violences physiques et verbales qui visent à saper ce principe dans le but d’instaurer une société autoritaire.

À peine deux mois après les attentats de ce début d’année, alors que le gouvernement espère toujours regagner du crédit grâce à une « union nationale » il poursuit ses politiques antisociales, certaines de ses déclarations récentes ont participé à la confusion entre les principes mêmes d’une démocratie et la justification d’une vision sécuritaire, reprenant des termes qui sont les plus couramment utilisés par les organisations politiques les plus hostiles aux immigré.e.s…

La poursuite des politiques en faveur du patronat, à la recherche de profits toujours plus indécents, et la négation d’une véritable démocratie sociale, nourrissent la désespérance sociale et la montée des idées d’extrême droite. Nous refusons de laisser entendre que certain.e.s seraient plus égaux que d’autres : l’égalité ne peut être qu’entière et réelle. Aux inégalités sociales qui s’accroissent, s’ajoutent les inégalités de droits selon la nationalité : la liberté de circulation et d’installation n’existent que pour une minorité seulement dans le monde, les travailleurs/travailleuses sans papiers sont de plus en plus désigné.e.s comme des fraudeurs/fraudeuses alors que leurs droits en tant que salarié.e.s sont les plus bafoués, le droit de vote des étranger.e.s renvoyé à des débats des plus lointains…

Nous exigeons l’arrêt immédiat des expulsions, la régularisation immédiate des tous les sans papiers, le droit de vote des résident.e.s étranger.e.s à toutes les élections, et l’égalité des droits.

L’union syndicale Solidaires appelle à participer massivement aux initiatives et aux manifestations qui auront lieu dans plusieurs villes ce 21 mars pour l’égalité et contre tous les racismes et les fascismes.

Liste des manifestations :

Paris : 15H – Barbès
Alençon : vendredi 20 mars Préfecture 18h30
Auch : 10H30 – Place de la Libération
Avignon : 14H – Square Agricol Perdiguier
Calais : 15H – Parc Richelieu
Chambéry : 15H – Place St Léger
Clermont-Ferrand : 15H – Rectorat Avenue Vercingétorix
Épinal
Le Mans
Lyon : 15H00, Quai de Rhône (Pont de la Guillotière)
Nîmes : 11h30
Perpignan : 10H30 Place Arago
Poitiers : 15H – Palais de Justice
Rouen : vendredi 20 mars 18H30 – métro théâtre des Arts
Toulouse : 14H – Métro Empalot
Tours : 15H – Place jean Jaurès
Valence : 14 H – Tour de l’Europe Fontbarlettes (ZUP Valence)
15H30 – gare de Valence
Strasbourg : 15H – Place Kleber

Loi Macron, loi des patrons !

La loi Macron est un ensemble de mesures qui vise à déréglementer de nombreuses règles relatives au commerce, au droit des sociétés, au droit du travail, du transport, des professions réglementées (avocats, notaires, etc.). Elle prévoit également plusieurs privatisations et autorise le gouvernement à simplifier par ordonnance les procédures d’autorisation et d’enquête publique pour les projets de construction ayant une incidence environnementale… Elle se décline autour de trois « chapitres » : « Libérer l’activité », « Investir », « Travailler ». Il est donc impossible en quelques lignes d’en faire une lecture critique exhaustive. Nous nous limitons pour notre part à relever les principales conséquences de cette loi en matière de droit du travail dans le tract téléchargeable en bas de cette page.

Certaines dispositions prévues dans l’avant-projet de loi ont disparu du projet de loi présenté le 10 décembre 2014 en Conseil des ministres, notamment la réforme de la médecine du travail, qui sera incluse dans une loi sur la santé au printemps.

Enfin, cette loi ne peut se comprendre sans son pendant « dialogue social » en cours, le gouvernement ayant « invité » les partenaires sociaux à négocier sur les institutions représentatives du personnel dans les entreprises, la négociation devant s’achever en janvier 2015. Au menu de cette négociation contrainte : la disparition des délégués du personnel et du comité d’entreprise au profit d’un Conseil d’entreprise, la suppression des CHSCT au profit d’une simple commission hygiène-sécurité, la « simplification » des négociations et consultations des représentants du personnel…

Plus que jamais, il est nécessaire de se mobiliser pour défendre le droit du travail !

Télécharger et lire le tract :

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L’Ord(u)re règne à Lyon 2. La présidence de Lyon 2 fait exclure deux syndicalistes de lutte de l’université !

Communiqué de Solidaires Étudiant-e-s Lyon – Syndicat de Lutte en date du 25 janvier, paru dans Un Pavé Dans Ta Fac n°4 :

Jeudi 18 décembre, la commission disciplinaire de l’Université Lyon 2 a prononcé l’exclusion de 2 militant-e-s de Solidaires Étudiant-e-s Lyon – Syndicat de lutte (ex-FSE).

Nos camarades étaient convoqué-e-s formellement pour « trouble à l’ordre et entrave au fonctionnement de l’établissement » suite à l’envahissement d’un conseil de la présidence le 21 novembre 2013 par une centaine de personnes dans le cadre de la mobilisation des étudiant-e-s et du personnel contre la loi Fioraso et les restrictions budgétaires¹.
Le président avait alors donné, pour seule réponse aux revendications des étudiant-e-s et personnel mobilisé-e-s ce jour, l’intervention des forces de l’ordre à l’intérieur même du campus afin de faire évacuer les bâtiments. Sur la centaine de manifestant-e-s, 6 étudiant-e-s, dont 4 syndicalistes seront interpellé-e-s et placé-e-s en garde à vue.
3 militant-e-s de Solidaires Étudiant-e-s sont finalement passé-e-s en procès en juin 2013, dont deux qui se sont fait condamner : la secrétaire de section syndicale et l’élu au Conseil d’Administration de l’université, condamné-e-s respectivement à 3 et 6 mois de prison avec sursis et plus de 5000 euros de dommages et intérêts et frais de justice.
Le jeudi 18, il/elle ont été condamné-e-s à une exclusion immédiate de l’université de 2 ans dont 18 mois avec sursis !

Cette condamnation est une menace par toutes celles et ceux qui n’entendent plus se résigner à accepter la dégradation de nos conditions d’études, de travail et de vie qui nous est chaque jour un peu plus imposée.
Mais insuffisamment content de la gravité de la peine infligée à nos camarades, Jean-Luc Mayaud, président de l’université, fait désormais appel de cette décision devant le CNESER et réclame 5 ans d’exclusion ferme de l’université.

Retour sur le déroulement de la commission disciplinaire

Le déroulement de cette commission de jugement nous aura confirmé qu’il n’était nullement question de l’envahissement du conseil. Il s’agit là d’une volonté politique cherchant n’importe quel prétexte afin de nous exclure. Ainsi, lors de ce simulacre de jugement, peu importait que la présidence soit incapable de présenter un début de preuve ou même de témoignage à charge provenant d’autres personnes que les accusateurs eux-mêmes pour étayer sa thèse des « violences ». Peu importaient les nombreux témoignages -bel et bien existants ceux-là- d’étudiant-e-s, de profs, d’agents administratifs présent-e-s au moment des faits qui attestent tous de l’absence de coups volontaires portés aux agents ce jour-là. Peu importait encore le contenu même des certificats médicaux fournis par les agents, qui attestent que les blessures de ces derniers résultent de la poussée collective pour rentrer dans l’amphi et non de coups volontaires ; blessures qui s’expliquent toutes par la résistance des agents devant l’entrée des étudiant-e-s alors que, selon la version officielle de la présidence² , ceux-ci « avaient pour ordre de s’effacer et ne pas susciter de violences ». Au vu des déclarations contradictoires des agents et de leur attitude le jour du conseil extraordinaire (en liaison téléphonique constante avec leurs supérieurs) il apparaît clairement que la présidence avait donné pour consigne aux agents (transformés en garde présidentielle personnelle pour l’occasion) de ne laisser rentrer aucun étudiant (qu’il/elle soit ou non élu-e).
Seul leur importait, derrière le motif vague de notre convocation pour  » trouble à l’ordre » de trouver une responsabilité pouvant nous être imputée. Ceci fut bien illustré, que ce soit lors de l’instruction ou du jugement, lorsque M. Landon (par ailleurs Vice-président, ayant à l’époque porté plainte à notre encontre, se retrouvant ainsi partie, instructeur, et juge !) et M. Gaillard présidents respectifs de chacune des commissions, n’hésitaient pas à modifier les motifs de notre comparution.
Ainsi, lorsque nous démontrions notre innocence vis-à-vis des soi-disant « coups » portés aux agents, ils invoquaient finalement l’annulation du Congrès. Mais dès lors, sous ce motif, pourquoi ne poursuivaient-ils pas les plusieurs dizaines d’étudiant-e-s ayant participé à l’envahissement ? Ils trouvèrent la parade… Dans la notification d’exclusion envoyée à nos camarades, la présidence justifie sa décision par le fait qu’il et elle avaient osé parler au mégaphone et qu »il est avéré qu’il/elle étaient les meneurs d’un mouvement visant à perturber le déroulement du Congrès ».
Ainsi se conçoit la « liberté d’expression » de la présidence, elle qui est pourtant si prompte à l’afficher fièrement… Une liberté où les syndicalistes qui refusent d’adhérer doivent dégager, où les étudiant-e-s qui se mobilisent sont brutalement expulsé-e-s du campus par les forces armées.

En réalité, c’est sa propre lâcheté que tente de faire oublier aujourd’hui le président, en faisant preuve d’une fermeté sans précédent. Lui qui, le jour du congrès abandonnait ses agents, les laissait pour seul interlocuteur aux personnes mobilisées, des agents de sécurité incendie à qui il donnait ainsi pour mission d’assumer seuls les conséquences de la politique qu’il mène.

Ce qu’ils appellent violence

Le président, prompt à user des moyens de communication dont il dispose (et abuse), avait alors qualifié l’envahissement de « violent ».
Rappelons par ailleurs qu’après la fuite du président devant les étudiant-e-s et personnels mobilisé-e-s, les étudiant-e-s qui occupaient le bâtiment de la présidence réclamaient de pouvoir envoyer un mail à l’ensemble des étudiant-e-s et personnels afin d’expliquer leur mouvement, la nécessité de s’organiser et de se mobiliser pour ne pas se laisser écraser.
Finalement, ce n’est pas un mail qui sera envoyé, mais une quarantaine de CRS et agents de la BAC à l’intérieur du bâtiment pour nous en faire dégager.
Ainsi la présidence est la seule à bénéficier d’une réelle liberté d’expression, dont elle use et abuse en envoyant régulièrement sa propagande (souvent mensongère et diffamatoire) par mail, à l’intégralité des étudiants et personnels.
Quant aux étudiants et personnel, eux, n’ont que la liberté de se faire matraquer s’ils essaient de s’exprimer.

Nous sommes tous Charlie
Ce seul évènement est une illustration euphémisée de la violence sociale et symbolique quotidienne grâce à laquelle s’impose l’ordre dominant inégalitaire.
Comment qualifier les matraquages policiers au tonfa et à la télescopique, l’enfermement abusif de plusieurs personnes (garde-à-vue), la menace de l’enfermement carcéral (peine de prison avec sursis), les milliers d’euros d’amende pour des étudiant-e-s boursier-e-s salarié-e-s, l’interdiction de poursuivre ses études universitaires et, désormais, l’interdiction manu militari de pénétrer sur le campus ?
N’est-ce pas par l’usage de la force et de la violence que s’impose leur point de vue, c’est-à-dire leurs intérêts, leur conception de la démocratie et de la « liberté d’expression » ?

Par cet acharnement, nous constatons que ce qui insupportait la présidence était la force du mouvement étudiant de l’année dernière, menace pour une présidence vacillante et en perte d’influence (Jean-Luc Mayaud était alors contesté par sa propre majorité et largement déstabilisé par les démissions successives de plusieurs vice-présidents). Au sein même du cercle restreint des « représentant-e-s » dans les instances officielles, dont la composition est pourtant très loin d’avoir une quelconque proximité avec la notion de représentativité dont ils se réclament (pour ne prendre qu’un exemple, les personnels enseignants-vacataires qui entament une grève à partir de ce lundi 26 janvier 2015, ne disposent d’aucun siège au Conseil d’Administration alors même qu’ils assurent parfois jusqu’à 80 % des TD), l’obtention d’une majorité leur devient difficile.
Ainsi l’illustre le Conseil d’Administration de décembre dernier où la présidence n’est parvenue à obtenir une majorité qu’à 13 voix pour un budget d’austérité grâce aux 7 personnalités extérieures [!]), contre 12, budget dont les conséquences se paient au quotidien pour les personnels qui voient leurs primes gelées, l’intensité de leur travail augmentée, la précarité toujours plus s’installer ; et par les étudiant-e-s, qui voient les conditions d’études toujours plus se dégrader.A Lyon 2, il est temps de faire le ménage de la présidence
Mais dans cette période difficile pour la majorité, le président, lui, se permet de se verser une prime (à laquelle légalement il n’a pourtant pas droit) de plusieurs milliers d’euros, représentant le salaire annuel d’un agent d’entretien à temps partiel…

Nous devons par ailleurs dénoncer la collaboration de l’organisation étudiante GAELIS (FAGE) qui a participé par leurs votes à l’exclusion de nos camarades. Loin de l’apolitisme bienveillant dont ils/elles se revendiquent lors des diverses échéances électorales pour quémander les voix étudiantes, la FAGE participe de la répression des syndicalistes qui se battent au quotidien pour la gratuité des études, pour l’inscription de toutes et tous à l’université, avec ou sans papiers.

L’acharnement de la présidence et de la classe dominante en général pour faire taire celles et ceux qui luttent ne traduit que la peur de voir se développer la contestation sociale face aux ravages -à l’université comme dans le reste de la société- d’un système capitaliste raciste et patriarcal.

Loin de nous faire plier, ils ne font que renforcer notre détermination à combattre et vaincre cet ordre asservissant, qu’ils essaient de maintenir, nous le voyons encore aujourd’hui, par tous les moyens.

¹ Pour retrouver des analyses sur les motifs de la lutte : « LRU, loi Fioraso, privatisation, dégradation des conditions d’études, de travail et de vie : pourquoi nous nous battons ?! » et « Le rôle de l’université dans la société capitaliste ».

² Cf. le procès-verbal du Vice-président portant plainte pour « violences aggravées »

Quand Lyon 2 profite d’un évènement tragique pour durcir sa politique sécuritaire

Communiqué de Solidaires Étudiant-e-s Lyon – Syndicat de Lutte en date du 25 janvier 2015, paru dans Un Pavé Dans Ta Fac n°4 :

Suite à la tuerie au siège de Charlie Hebdo et aux événements qui s’ensuivirent, faisant 20 morts ; face à « l’unité nationale » décrétée, il est important de se positionner.

Je Suis Charlie moutonUne fois l’émotion passée, il est de notre devoir collectif de comprendre les conséquences politiques de cet évènement. Dans les jours qui suivirent, le ministre de la Défense a annoncé le déploiement sur les « lieux sensibles » du territoire national de 10 500 militaires supplémentaires pour mener une « opération intérieure », faisant écho aux (27) « opérations extérieures » menées par l’État français (terme euphémisé destiné à désigner les théâtres de guerre dans lesquels est déployée de manière plus ou moins permanente l’armée française).
Dans le sillage d’une communication politique alimentant la surenchère sécuritaire et identitaire, surfant sur la vague émotive provoquée par l’attentat, l’extrême droite française multiplie les passages à l’acte racistes. Chaque jour amène son flot d’explosions ou d’incendies de mosquée, d’agressions de « musulman-e-s » ou supposé-e-s comme tel-le-s, de menaces de morts et de tags racistes : les actes « antimusulmans » recensés ces deux dernières semaines atteignent le nombre total comptabilisé pour l’année 2014 !

Ainsi, ce climat politique, instrumentalisé de toute pièce par la classe dirigeante, n’est qu’un prétexte pour mettre en place des mesures liberticides et sécuritaires renforçant toujours plus le contrôle de la population et prévenant ainsi toute contestation sociale.
La conséquence politique immédiate, la soi-disant « unité nationale », illustrée par les marches massives du dimanche 11 janvier, où tous les leaders conservateurs et réactionnaires (de « gauche » comme d’extrême droite) sont venus défiler, accompagnés de dirigeants de pays étrangers où la liberté de la presse est toute relative. La classe possédante et ses relais (nationaux comme internationaux) se sont superbement affichés pour aller chercher le consentement de la classe qu’ils dominent, en occultant soigneusement leur propre violence économique et sociale. Y a-t-il en effet une quelconque « unité nationale » possible avec ceux qui cassent les droits sociaux et le code du travail, appliquent des politiques de rigueur, répriment les mouvements sociaux et expulsent toujours plus de sans-papiers ?

Cependant, si ces derniers jours ont vu la « libération » (!) de la parole et du passage à l’acte racistes, le racisme institutionnel est à l’œuvre depuis bien plus longtemps. Rappelons à Lyon II la pantalonnade autour du contrôle au faciès fin septembre d’un étudiant qui avait le malheur de porter une djellaba sur le campus des Quais.
De façon bien plus insidieuse, systémique, le racisme se manifeste dans la structure même de la société dont l’université n’est pas exclue. Ainsi, l’organisation de la production s’inscrit dans une logique de sur-exploitation d’une main-d’œuvre considérée comme « immigrée » (c’est à dire non-blanche), souvent dans l’incapacité matérielle de refuser de mauvaises conditions de travail. En effet, les tâches les plus pénibles, les moins valorisantes et les plus mal payées sont réalisées par des travailleurs majoritairement « issus de l’immigration« , et féminins pour prendre l’exemple des agents d’entretien.

Depuis les attentats de Paris, sous prétexte du renforcement du plan Vigipirate, le président de l’université Jean-Luc Mayaud a décrété un contrôle strict des identités de toute personne voulant entrer sur le campus des Quais. Pour ce faire, seuls certains accès sont ouverts, chaque étudiant-e devant présenter sa carte étudiante et montrer le contenu de son sac aux agents de sécurité incendie, épaulés dans cette mission par des agents salariés d’une entreprise de sécurité privée. Ainsi Jean-Luc Mayaud parvient à débloquer rapidement des fonds pour renforcer sa « sécurité », mais pas pour payer les chargés de TD… On peut par ailleurs le noter, la « menace terroriste » semble plus importante pour la vitrine du « campus des Quais », que sur Bron, où sont pourtant présent-e-s la plus grande majorité des étudiant-e-s et personnels. Face à la « menace terroriste », tous les publics ne méritent pas d’être « protégés » ? Nous n’en sommes plus à une absurdité près.

En plus d’entretenir un climat de haine de l’autre, de peur et de suspicion permanente, ces contrôles de cartes conduisent à isoler un peu plus encore l’université du reste de la société et contrarient de fait l’activité syndicale qui cherche justement à l’ouvrir en tissant des liens et convergences avec l’ensemble des étudiants et des travailleurs. La présidence consacre ainsi sa vision de l’université comme lieu de passage où l’étudiant consomme ses cours (et son sandwich à la pause) contre nos volontés d’en faire un lieu de vie, un lieu d’organisation, de construction de nos capacités de mobilisation ouvert à tous ceux et toutes celles qui s’opposent à la dégradation des conditions de travail, d’études et, plus globalement, de vie.

Cette décision s’ajoute à la longue liste de mesures attentatoires aux libertés démocratiques les plus élémentaires mises en place par la direction de l’université. Nous savions déjà la liberté d’association largement remise en cause par le durcissement des critères d’agrément des associations et d’attribution des subventions, par le contrôle accru de leurs activités, par la suppression de certains lieux collectifs de réunion (suppression de locaux associatifs) ce qui a pour effet direct de veiller matériellement à ce qu’elles ne puissent réellement s’opposer aux politiques de liquidation capitaliste du service public de l’enseignement supérieur ; on peut aussi citer la suppression, de locaux, de panneaux d’expression libre, l’arrachage systématique d’affiches syndicales, etc. À présent c’est la liberté de circulation même qui est menacée à Lyon II !

Sous couvert de « sécurité » et de « protection de la liberté d’expression », l’État et le président de l’université décrètent des mesures visant à contrôler toujours plus la population et les étudiant-e-s et, au-delà de ça, à étouffer toute contestation sociale dans l’œuf.

Quel crédit peut-on apporter à un homme qui organise des minutes de silence dans son établissement en commémoration des victimes de l’attentat et pour la liberté d’expression et qui, parallèlement à cela, n’hésite pas à faire condamner et exclure des étudiant-e-s syndicalistes ayant participé à un mouvement étudiant contre la dernière réforme structurelle de l’Université ?

À Lyon II comme partout, la liberté d’expression est à deux vitesses !

Nous ne les laisserons pas nous enchaîner, pour sauvegarder notre liberté d’action associative et syndicale !

Non aux contrôles à l’entrée des facs !

Libertés de circulation, d’étudier et d’expression !

Commission disciplinaire de jugement pour deux étudiant-e-s syndicalistes de Lyon 2 !

photo procès 1

Le 20 octobre dernier, deux de nos militant-e-s étaient convoqué-e-s, sur ordre du président de l’université, afin d’être auditionné-e-s par la commission disciplinaire. Une soixantaine de personnes s’était alors rassemblée en solidarité afin de dénoncer la répression syndicale dont il/elle font l’objet.

Le motif invoqué remonte à la lutte des étudiant-e-s et du personnel de novembre 2013 contre la loi Fioraso, et notamment l’envahissement par une centaine de personnes d’un conseil de la présidence. S’en était suivie l’autorisation donnée par le président aux forces de l’ordre d’intervenir au sein même du campus afin de faire évacuer les bâtiments et de procéder à l’interpellation et au placement en garde à vue de 6 étudiant-e-s.

La ministre de l’enseignement supérieur, Fioraso, avait alors soutenu immédiatement par voie de presse la répression de celles et ceux qui s’opposaient à sa politique. Finalement, le tribunal exaucera les vœux de Madame la Ministre en suivant à la lettre les réquisitions du procureur, en condamnant à 3 et 6 mois de prison avec sursis et 4000 euros d’amende 2 étudiant-e-s, choisi-e-s « tout à fait au hasard » : la secrétaire de section syndicale et l’élu étudiant au Conseil d’Administration.

La commission disciplinaire d’instruction réunie le 20 octobre était notamment composée d’un membre de la présidence, Norbert Landon, ce même personnage qui le jour du conseil envahi avait déposé plainte au commissariat, toujours ce même personnage qui fera partie du jury, le 18 décembre prochain. Bref, partie, instructeur, juge. La présidence ne s’embarrasse pas de vernis démocratique quand il s’agit de réprimer les syndicalistes de lutte.

Pourquoi nous étions alors en lutte ?

La loi Fioraso, dans le prolongement des nombreuses réformes précédentes, vise à rapprocher toujours davantage universités et entreprises.

Ainsi, elle entend « redéfinir l’offre de formation » selon les besoins du patronat.
Ce qui passe notamment par la « professionnalisation » des cursus : qui est plus concrètement la généralisation des stages dans les cursus. Les stages constituent souvent du travail gratuit ou quasi gratuit, qui permet aux entreprises de profiter d’une main-d’œuvre docile, précaire et corvéable. Ça permet aux patrons de faire pression à la baisse sur les salaires en mettant en concurrence chômeurs, travailleurs, étudiants, stagiaires et de tirer vers le bas les conditions de rémunération et de travail pour toute et tous.

La loi Fioraso renforce également les pouvoirs des personnalités extérieures (représentants du patronat, dirigeants d’entreprise, élus) présentes dans les instances universitaires. Cela leur permet de défendre au mieux leurs intérêts, de définir directement ce que les travailleurs en formation doivent savoir, ce qui ne leur sera pas utile de savoir (du moins pour celui qui l’embauchera). Bref, il ne faut continuer de dispenser que ce qui peut permettre la réalisation de profits.

La loi présentait également un volet visant à orienter davantage « l’effort national » de recherche publique à des fins de satisfaction des intérêts des capitalistes français afin de favoriser les « innovations » capables de contenir les débouchés de demain.

Plus généralement, nous sommes nombreux/ses à assister au quotidien à la dégradation de nos conditions d’études comme de travail. Le personnel de l’université, ou ceux indirectement salariés par elle, sont toujours plus chargés de travail (par exemple: passage de la norme de 45 étudiants par TD), et soumis à des contrats précaires. La présidence, en bon patron, diminue ou gèle les primes des agents et menace plusieurs de leurs jours de congés…

Jeudi 18 décembre, nos camarades pourraient se faire exclure !

Bref, à l’université comme ailleurs, la démocratie (du capital) se porte bien !

Mais parce qu’on ne se laissera pas faire :

RASSEMBLEMENT DE SOLIDARITÉ JEUDI 18 DÉCEMBRE À 13H
(COUR CENTRALE DU CAMPUS DES QUAIS)

 

Contact : uselfse@yahoo.fr
Facebook : FSE Lyon / Université Lyon 2 en lutte

Commission disciplinaire de jugement pour deux étudiants syndicalistes de Lyon 2_page 1Commission disciplinaire de jugement pour deux étudiants syndicalistes de Lyon 2_page 2

La présidence étouffe les associations !

Les temps sont durs ;  après les personnels privés de congés, les vacataires sans contrats, les étudiants sans chaises, les associations de l’université en font les frais. Coup sur coup, deux mesures de la présidence viennent entraver leur fonctionnement régulier : un durcissement des conditions d’attribution des subventions, et un plan de ré-attribution des locaux. Et l’ensemble des associations pour l’instant titulaires de locaux sont menacées par le nouveau plan, qui prévoit que seules les associations représentatives -élues à un conseil quelconque- puissent de droit bénéficier d’un local.

pendu nbCes mesures ne sont pas surprenantes : elles s’imbriquent dans la suite logique des mesures d’austérité. Les restrictions budgétaires et les orientations politiques générales impactent directement le tissu associatif. C’est depuis le processus de privatisation des facs que l’université est propriétaire de ses locaux et doit en faire un usage à « bon escient ». Bon escient ? À savoir : en lieu et place de leur occupation par des associations, louer ces salles, ou y organiser de la formation continue payante, source de revenus supplémentaires.

La complexification nouvelle des dossiers de subvention (elle date de cette année) permet à l’université de se conserver quelques bas de laine : les rallonges budgétaires tardant, les dotations de l’État en berne (20% de baisse sur le dernier trimestre 2014, menaçant directement les paies des personnels administratifs), l’université puise allègrement -quoique illégalement- dans le FSDIE, un fond destiné à soutenir les initiatives étudiantes et à aider les étudiants les moins favorisés.

Au-delà de l’aspect simplement économique, il n’est pas étonnant qu’en période de crise la présidence cherche à garder le contrôle sur l’expression au sein des campus. Il y a une portée répressive à l’évacuation des lieux de réunion. La présidence a ainsi donné huit jours à Solidaires Étudiant-e-s et deux autres associations pour évacuer leurs locaux de Bron. La nouvelle mode des subventions est aussi une modalité de contrôle : aux anciennes subventions de fonctionnement, qui servent de droit au fonctionnement régulier des associations, se sont substituées des subventions par projet, difficiles à justifier. Elles permettent à l’université un contrôle direct sur les projets qu’elle sélectionne.

Face à ces attaques, nous appelons l’ensemble des associations du campus à s’organiser pour obtenir :

  • Un local par association, par campus si nécessaire
  • Un retour aux anciennes procédures de subvention

Les associations dites représentatives ont d’ores et déjà été convoquées à une réunion qui se tiendra sans la majorité des associations, le 10 décembre, pour discuter avec le vice-président en charge du patrimoine du nouveau plan d’attribution des locaux.

Nous invitons l’ensemble des associations à s’inviter à cette réunion, pour refuser le dialogue entre pseudo-organisations représentatives et inverser le rapport de force pour faire valoir nos revendications.

Ils nous acculent, on les bouscule ! Journée d’action jeudi 20 novembre à Lyon 2

Lyon 2 Lutter ou subir il faut choisir 2

À Lyon 2, une Assemblée Générale a réuni une centaine de personnes de tous horizons. Nous avons discuté de la dégradation des conditions d’étude et de vie, des violences policières et de la répression. En effet, après l’annonce de l’amputation de 20% des dotations aux universités pour le dernier trimestre 2014 (soit 350 millions d’euros), et sachant qu’aujourd’hui déjà, Lyon 2 coupe les vivres aux différents départements, il est urgent d’agir.

De plus, suite à la mort de Rémi Fraisse, de nombreuses personnes protestant contre les violences policières lors de manifestations ont été violentées, arrêtées et condamnées (notamment, sur Lyon, à 6 mois ferme et 9 mois de sursis pour avoir lancé une canette). En conséquence, nous avons décidé de nous organiser pour établir un rapport de force. Nous soutenons toutes les facs et lycées en lutte, notamment Rennes, Toulouse, Nantes, Paris…

Nos revendications ont été votées :
  • Titularisation des vacataires,
  • TD à 30 maximum,
  • Refus de la gestion des services de ménage et informatique par des entreprises extérieures à l’Université,
  • Abolition de la sélection sociale à l’Université,
  • Abandon des charges et poursuites à l’encontre des personnes arrêtées dans le cadre de la manifestation contre les violences policières,
  • Désarmement et dissolution de la police.

 

La journée d’action a été actée pour jeudi 20 novembre, le jour des élections du CROUS. Ces élections n’ont pas de sens dans le contexte actuel de crise au sein de l’Université et de la société en général. Faisons entendre nos revendications directement, et non pas par des élus sur des taux de participation ridiculement bas !

Rendez-vous ce jeudi pour faire entendre une autre voix que celle des urnes !

Programme de la journée au campus de Bron :

  • Stand crêpes toute la journée en face de la MDE, en soutien aux personnes arrêtées lors de la manifestation du 6 novembre contre les violences policières.
  • Bouffe/boissons à prix libre à partir de 19h en Amphi G
  • Projections/débats à partir de 20h en Amphi G

 

 

Agenda du mois de novembre !

➢ Mardi 18, 19h place du Pont : Manifestation contre les violences policières.
➢ Samedi 29, 14h place Jean Macé : Manifestation contre la tenue du Congrès du FN sur Lyon.

JOURNÉE D’ACTION JEUDI 20/11

FAISONS ENTENDRE NOS VOIX !

 

Le comité de mobilisation réuni à Lyon 2 ce lundi

P.-S.

Page facebook : Université Lyon 2 en lutte

Plus d’infos sur Rebellyon.info !

Manifestation pour l’arrêt des expulsions ! Un logement pour tou-te-s !

Alors que le droit à un toit est un droit vital et fondamental, des milliers de femmes, d’hommes, d’enfants de la région Rhône-Alpes, étrangers ou français, sont à la rue ou menacés d’y être jetés à tout moment. Comme dans le reste de la France.

logement-web

Tract pour la manif du 15 novembre

Les Causes ?

  • La politique de l’État et des collectivités locales qui n’assument pas leur obligation absolue d’hébergement d’urgence été comme hiver de toute personne quelle que soit son origine, alors que l’article 345-2-2 du Code de l’Action Sociale et des Familles (CASF) énonce que toute personne quelle qu’elle soit doit pouvoir être accueillie dans un lieu décent.

Pire : ces institutions n’hésitent pas parfois à poursuivre les familles -notamment les Roms- et les personnes isolées jusque dans leurs squats ou « pauvres » campements et à les expulser !

  • La cherté des loyers, la spéculation immobilière qui ont permis aux banques, à une minorité de riches bailleurs, privés ou publics, de spéculer, de s’enrichir (les profits spéculatifs ont grimpé de 70% depuis 10 ans…). Pourtant en France, il y a 2,4 millions de logements vides pour 3,6 millions de mal-logés.
  • La complicité des gouvernements qui ont laissé faire, précipitant les personnes et familles aux revenus modestes dans les impayés et le logement précaire, parfois dans la rue !

NOUS EXIGEONS :

  • L’ouverture de structures d’hébergement d’urgence, et l’amélioration des conditions d’accueil, sans condition d’accès, été comme hiver,
  • L’arrêt des expulsions sans relogement, pour tout type d’habitation, des fermetures des places d’hébergement et des coupures de fluides (eau, électricité, gaz…),
  • L’arrêt du harcèlement de la part des administration et bailleurs sociaux sur les locataires et les usager-e-s (contentieux, lettres menaçantes…) et le gel des loyers impayés,
  • Une application des lois DALO et ALUR qui prévoient un très large accès de toute personne ou famille à un logement décent,
  • La RÉQUISITION des logements vides, la construction massive de logements réellement sociaux (PLAI : Prêt Locatif Aidé d’Intégration) et la baisse des loyers,
  • L’arrêt de la criminalisation de la migration et de la criminalisation des actions de solidarité avec les migrants,
  • La régularisation de tous les sans-papiers et l’arrêt des expulsions du territoire français,
  • Un logement pérenne et décent pour toutes et tous !

Manifestation régionale Place des Terreaux SAMEDI 15 NOVEMBRE À 14H
Puis cortège en direction de la Préfecture de Région…

Nous appelons aussi tous ceux et toutes celles qui luttent pour leur survie ou par solidarité à organiser des manifestations et actions décentralisées partout en France afin de rendre visibles les invisibles. C’est par la création d’un rapport de force que nous ferons reculer la misère et ceux qui la produisent.

Tract Logement 15 novembre 1_2Tract Logement 15 Novembre 2_2

À L’APPEL DE :

Enfants sans toits, CISEM [Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants], Centre d’Information Inter-Peuple, Même droits pour tous et toutes, Confédération Nationale du Logement 38, Collectif Logement/hébergement, CRSA, La Patate chaude, Un Toit pour Tous, ASTI Vienne, Bassin d’Annonay et Montélimar [Association de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s], AC ! Isère (Agir Ensemble contre le chômage), RESF Rhône, Collectif urgence Roms 74, SIAD Valence, Coordination régionale de soutien aux sans-papiers , Defends-toit, Planning Familial Rhône, La voix des femmes, Femmes en Luth Valence, LDH 38, LDH Fédération Rhône, MRAP 69, NPA 38 et 69, Solidaires 38 et 69, Sud Education 38 et 69, Solidaires étudiant-e-s Lyon et Grenoble, CNT/AIT Valence, CNT 38, Ras l’front, UPC, Les Alternatifs, Coordination des Groupes Anarchistes-Lyon, OCML-Voie Prolétarienne, Alternative Libertaire Lyon, Groupe FA Graine d’Anar, Sud Télécom, Solidaires Météo, ADARDAP, OCL-Lyon…

Lycées bloqués, manifs réprimées, politiciens paniqués… MAIS QU’EST-CE QU’ON ATTEND ?!

Une Assemblée générale a eu lieu à Lyon 2 ce jeudi 6 novembre.

Elle est née de la nécessité de constater l’ampleur de la crise à l’université, de nous organiser en conséquence. Étudiant.e.s, déjà travailleurs pour beaucoup, vacataires, personnels précaires : à différents titres nous connaissons la dégradation des conditions d’études ou de travail. Ce sont les TD surchargés, les filières amputées de 60% de leur budget, les vacataires qui travaillent encore sans contrat, les services comme le ménage ou l’informatique externalisés, les jobs mcdo.

Ce dont nous nous rendons compte à l’université Lyon 2 n’est pas un phénomène local : il traverse l’ensemble des universités en France. Et les problèmes que nous soulevons ne sont pas des problèmes de gestion isolés, des questions de rallonges budgétaires à débloquer : c’est un unique problème politique. Nos conditions d’études dégradées parlent de ce que le capitalisme en crise nous promet.

Lyon 2 La crise c'est eux la solution c'est nousLa crise du capitalisme se manifeste sous plusieurs formes : la restructuration brutale des universités, le démantèlement du code du travail, des retraites, la casse des services publics, la réorganisation du territoire dans une perspective de relance et d’intégration économique. Si les formes sont multiples, la fébrilité est la même. Les instances gouvernantes chargées d’appliquer les mesures toujours plus extrêmes de ce plan de maintien du capitalisme craignent l’étincelle. Cette fébrilité a conduit à la mort d’un camarade, Rémi, en lutte au Testet ; à Lyon 2, deux syndicalistes sont condamné.e.s à du sursis et passent en commission disciplinaire. Dans les quartiers -qui ont toujours été un espace de tension pour le gouvernement- elle entraîne depuis longtemps une répression de la vie quotidienne, des provocations constantes, des assassinats réguliers.


À Paris, une trentaine de lycées ont été bloqués jeudi 6 novembre : les lycéen.ne.s soulèvent la question des violences policières et celle du sort réservé à leurs camarades sans-papiers, expulsé.e.s ou en centre de rétention. À Toulouse, 600 étudiant.e.s de l’université du Mirail ont voté la grève pour jeudi prochain. Le fond de l’air est rouge, la situation est mûre : il ne tient qu’à nous de faire de même à Lyon.

L’Assemblée de jeudi appelle à une nouvelle assemblée générale la semaine prochaine.


ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
JEUDI 13 NOVEMBRE
CAMPUS DE BRON, 12H, AMPHI B

 
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Le rôle de l’université dans la société capitaliste

Texte d’analyse sur le rôle des universités dans la société capitaliste et sur la loi Fioraso publié dans le premier numéro du journal de Solidaires étudiant-e-s – Syndicat de Lutte Lyon « Un pavé dans ta fac ! »

affiche_esr copie l'université est une entreprise capitaliste

Les universités, comme toutes les composantes de la société, connaissent également des réformes et restructurations visant à l’amener à mieux servir les intérêts dominants.

En effet, pour survivre, le système capitaliste a besoin en permanence de réaliser plus de profits et pour cela de croissance. Mais aujourd’hui, arrivé à un tel niveau de développement, les sources de croissance potentielle sont rares. C’est là notamment qu’interviennent les universités.

Ainsi, loi Fioraso contre laquelle nous nous sommes battu-e-s (et que nous continuerons de combattre malgré la répression) imposée l’année dernière, vise globalement à orienter davantage « l’effort national » de recherche publique à des fins de satisfaction des intérêts des capitalistes français, cela dans l’objectif de favoriser les « innovations » capables de « relancer la croissance ». Les Universités, établissements d’État, se voient ainsi confiées comme mission de service public la production de ces connaissances, capables d’être transformés en « innovation » par les entreprises françaises.

Former une main-d’œuvre docile pour faire marcher l’économie

Ainsi, un des axes principaux des différentes réformes universitaires, et notamment de la loi Fioraso est de « redéfinir l’offre de formation », c’est-à-dire faire davantage correspondre l’offre de formation aux intérêts du patronat local.
Pour cela, le pouvoir des personnalités extérieures (représentants du patronat, dirigeants d’entreprises, élus) dans les instances décisionnelles est renforcé. Ainsi, ces personnalités peuvent faire valoir au mieux les intérêts qu’elles défendent en ayant un droit de regard sur le contenu des formations. Le but est toujours de conformer davantage la formation de la main-d’œuvre aux exigences du patronat. Ainsi, il faut acquérir certaines compétences, afin d’être compétitif et pour cela employable. Il faut savoir développer et valoriser notre « capital humain »…

La propagande dominante est par ailleurs toujours plus présente dans nos cours : « esprit d’entreprise », « entreprenariat », « flexibilité », « flexisécurité », « adaptabilité », « apprendre à se vendre », etc. Il s’agit de former une main-d’œuvre, non seulement employable, docile, mais également de légitimer idéologiquement un système économique et social assassin, injuste et inégalitaire auprès de ceux et celles qui seraient en principe destiné-e-s à devenir une main-d’œuvre plus ou moins encadrante.

Des cursus professionnalisés

Une formation utile ou « de qualité » pour le patronat passe par ailleurs par davantage de « professionnalisation » des cursus. Cela consiste essentiellement dans la généralisation des stages dans les cursus (auxquels il faut ajouter quelques modules où l’on apprend à se vendre, à se comporter, à faire un CV, à rechercher un stage, bref où on apprend à se conformer aux attentes des maîtres). Les stages, en plus de constituer du travail gratuit ou quasi gratuit qui permet aux entreprises de profiter d’une main-d’œuvre docile, précaire et corvéable, permettent de faire pression à la baisse sur les salaires en mettant en concurrence chômeurs, travailleurs, étudiants stagiaires et ainsi de tirer vers le bas les conditions de rémunération et de travail pour tous.

L’objectif étant toujours le même : former la main-d’œuvre pour les nécessités de l’appareil productif afin de réaliser un maximum de profits. Toute recherche ou enseignements qui ne seraient pas utiles au capital sont ainsi progressivement condamnés à disparaître.

Autre application concrète de la marchandisation des savoirs : la fusion de plusieurs centres d’enseignement supérieur.

Mutualisation des services et suppressions de formations

En effet, pour satisfaire les intérêts du patronat, les universités et établissements d’enseignement supérieur vont fusionner, et se regrouper sur une plus grande entité territoriale en une Communauté d’Universités et d’Établissements (COMUE). Cela, dans un contexte de restrictions budgétaires permet de réaliser des économies par la « mutualisation » de certains services et la suppression des formations dîtes « doublons ». Ainsi, du personnel va être licencié ou non remplacé, le personnel restant en poste voyant sa charge de travail toujours plus augmentée, et les conditions dans lesquelles le réaliser toujours plus dégradée.

De plus, la suppression de formations (licences, masters) conduit à limiter davantage encore les « capacités d’accueil », alors même que de nombreux-euses étudiant-e-s se voient déjà refuser l’inscription à l’université sous ce motif. Enfin, la « redéfinition de l’offre de formation » contraint par ailleurs les étudiant-e-s de s’éloigner davantage du domicile familial pour étudier et constitue ainsi une barrière supplémentaire – bien souvent infranchissable pour les étudiant-e-s issu-e-s des familles précaires -qui ne peuvent financer logement et déplacements.

Bref, comme ailleurs, ces réformes conduisent à dégrader les conditions d’études, de travail et de vie ; c’est à dire des conditions d’existence de la majorité d’entre nous : personnel de l’université, ou étudiant-e-s.

La recherche et la formation, si elle est réalisée et financée par de l’argent public – c’est-à-dire par tout le monde- coûte ainsi finalement moins cher aux entreprises.

Une autre possibilité existe pour réduire le coût de formation de la main-d’œuvre : ce serait d’élever les frais de scolarité à l’inscription à l’université. Cette option est déjà existante dans de nombreux pays, et le contexte de crise et de restrictions budgétaires a conduit de nombreux pays à y recourir (Québec, Grande Bretagne, Italie, etc) avec plus ou moins de réussite, il faut le dire, au vu des importantes luttes qui s’y sont opposées.

L’accès à l’université et à l’enseignement supérieur étant déjà de fait réservé à une minorité, l’augmentation des frais d’inscription constituerait une barrière supplémentaire, qui serait infranchissable pour les enfants issus de milieux populaires.

Nous n'aurons que ce que nous saurons prendre

Laissons à présent parler MEDEF, présidents d’université et le gouvernement :

Dans un communiqué récent sur son site, le MEDEF nous résumait le rôle assigné aux universités et leurs objectifs, et donc par conséquent le sens des différentes réformes à l’œuvre en se félicitant du renforcement de ses liens avec la CPU (la Conférence des Présidents d’Universités) regroupant tous les présidents d’universités.

Ainsi, pour Pierre GATTAZ, président du MEDEF :

« Aucun pays n’a réussi à construire ou reconstruire une croissance durable sans ses universités. L’innovation est un levier fondamental de la compétitivité et, plus que jamais, les universités françaises doivent accompagner l’émergence d’écosystèmes créatifs, c’est-à-dire un terreau fertile pour la créativité dont nos entreprises ont besoin pour se développer. Le MEDEF et la CPU partagent le souci de rendre plus lisible et plus accessible le système d’enseignement supérieur, notamment aux PME-PMI, et sont résolus à agir ensemble pour faciliter tout projet de fertilisation croisée entre les milieux professionnels et académiques. »

Pour Jean-Loup SALZMANN, président de la CPU :

« Notre pays possède tous les atouts pour rester parmi les nations qui comptent, dans les 20 prochaines années. Nos universités et nos entrepreneurs sont les acteurs de ce défi : nous formons dès aujourd’hui les professionnels de demain, et continuerons à leur permettre d’acquérir de nouvelles compétences, tout au long de leur vie. Le rôle de l’Université, c’est également la recherche, l’innovation et le transfert de technologie : grâce aux liens forts avec les entreprises, nous pouvons être leaders dans les domaines clés de l’économie de demain, comme le numérique ou la transition énergétique. Enfin, nos universités incitent, forment à l’entrepreneuriat : donnons-nous le goût de la création, de la conduite de projets, de l’initiative ! L’Université aime l’Entreprise, et l’Entreprise aime l’Université ! »

Dans son discours à l’université d’été du MEDEF fin août, Manuel Valls, premier ministre n’exprimait rien de différent :
« Les entreprises bénéficient des infrastructures construites par les collectivités ou l’État, de la main-d’œuvre locale formée dans nos écoles, nos universités, de l’environnement économique structuré par les élus. »

Par cette phrase du premier ministre, l’État rappelle bien qu’il n’est pas un arbitre qui serait neutre mais qu’il se place clairement du côté du capital. L’État prouve ainsi qu’il ne vise que la satisfaction des intérêts de la bourgeoisie, de ses capitaux, de ses entreprises. Notre solution ne passe donc pas par un « réengagement » de l’État au sein des universités. L’État est déjà présent au sein des universités : les universités de plus en plus hérétiques aux classes populaires, les universités qui dénoncent les sans papiers à la préfecture et répriment les mouvements syndicaux, c’est déjà l’État.

En somme État, patronat, présidents d’universités, partagent les mêmes intérêts : restructurer l’université publique pour la réduire à la recherche et à la formation au service des entreprises.

Par conséquent, notre intérêt, c’est-à-dire celui de la majorité de l’humanité, s’oppose aux profiteurs de ce système. Nos intérêts sont irréconciliables. Affirmer cela, c’est affirmer qu’il n’y a rien de négociable.
Autrement dit, il n’est pas question pour nous d’aménager l’exploitation : on s’organise, on la combat !

Et à présent, qu’est-ce qui va se passer ?

La crise c'est eux la solution c'est nousLe MEDEF annonçait récemment déjà les prochaines étapes : réaménager les 35h (d’autres en parlent plus franchement, il s’agit de repasser aux 39h payées 35) ce serait la baisse du salaire direct qui cette fois serait recherchée. Pour le MEDEF, il s’agit surtout semble-t-il de disposer de nouvelles possibilités pour flexibiliser la main-d’œuvre, c’est-à-dire pouvoir l’adapter au mieux à ses besoins : faire travailler moins si pas de ventes, surcharger de travail en sens inverse…). Le MEDEF voudrait également baisser le SMIC des chômeurs de longue durée : faire payer une partie du salaire par les subventions publiques, cela revient moins cher aux entreprises ; supprimer plusieurs jours fériés ; « simplification du code du travail » (suppression de droits pour les salariés) ; gel ou suppression des seuils sociaux (idem).

Si l’on fait aujourd’hui ce constat, ce n’est pas pour démoraliser ; mais bien pour exposer l’absence de choix qui nous est de toute façon laissé.
Parce que nous voulons vivre, nous n’avons pas d’autre choix que nous opposer à tous les niveaux à cette politique capitaliste de privatisation de l’université et d’exploitation des travailleurs-euses.

Car finalement, on le voit bien : c’est eux, ou nous ! Soit nous subissons et leurs privilèges seront préservés mais nos vies dévastées ; soit nous nous battons et leurs privilèges seront supprimés et nos conditions d’existence seront améliorées. La négociation n’est pas une solution, seule la lutte est une option !

Pour cela, nous devons nous regrouper, apprenti-e-s, étudiant-e-s, salarié-e-s, précaires, chômeurs-euses, sans papiers, afin de nous organiser et avancer ensemble pour mener les batailles décisives. Isolé-e-s, nous n’avons d’autre choix que de nous soumettre davantage ; Uni-e-s nos perspectives sont différentes et la reprise en main de nos vies est possible.

La bourgeoisie et les dirigeants ne cessent de clamer leur unité derrière les termes d’union sacrée et d’unité nationale. À nous maintenant de nous unir, et faire face avec nos frères et sœurs d’ici et d’ailleurs.

UNI-E-S, NOMBREUX-EUSES, ORGANISÉ-E-S, RIEN NE POURRA NOUS ARRÊTER !

Contact : FSE Lyon / Université Lyon 2 en lutte

LRU, loi Fioraso, dégradation des conditions d’études, de travail et de vie : pourquoi nous nous battons ?!

Les lois LRU et Fioraso constituent des réformes visant à restructurer l’université. La logique et les principales conséquences de ces réformes sont :

=> « redéfinir l’offre de formation » : c’est-à-dire regrouper diverses universités d’une grande échelle territoriale en une Communauté d’Universités et d’Établissements (COMUE). Ainsi, en fusionnant les établissements, elle supprime les formations « doublons ». Cela conduit tout simplement à supprimer des postes, c’est-à-dire licencier ou ne pas remplacer le personnel, réaliser des économies, et réduire les « capacités d’accueil », alors même que de nombreux étudiants se voient déjà refuser l’inscription à l’université sous ce motif. Cela renforce ainsi la sélection à l’entrée de l’université.

La « redéfinition de l’offre de formation » contraint ainsi les étudiants de s’éloigner davantage du domicile familial pour étudier et constitue ainsi une barrière bien souvent infranchissable pour les étudiants issus des familles précaires qui ne peuvent financer logement et déplacements.

=> La privatisation de l’université c’est également le renforcement du pouvoir des personnalités extérieures (représentants du patronat, dirigeants d’entreprises, élus)  dans les instances décisionnelles. Ainsi, ces personnalités peuvent faire valoir au mieux leurs intérêts en ayant un droit de regard sur le contenu des formations. La loi vise en effet à conformer davantage la formation de la main d’œuvre aux exigences du patronat. La propagande dominante est toujours plus présente dans nos cours : « esprit d’entreprise », « flexibilité », « flexisécurité », « adaptabilité », « apprendre à se vendre », « valorisation des compétences » etc. Bref, il s’agit de former une main d’œuvre, non seulement « employable », docile, mais également de légitimer idéologiquement un système économique et social assassin, injuste et inégalitaire.

=> « Professionnalisation » des cursus : de plus en plus le savoir à l’université se doit d’avoir une utilité marchande, l’université n’est plus un lieu de savoir mais de formation de travailleur-euse-s malléables. Ce procédé est à l’œuvre par exemple avec la généralisation des stages dans les cursus. Ceux-ci constituent du travail gratuit ou quasi gratuit qui permet aux entreprises de profiter d’une main d’œuvre docile, précaire et corvéable. Cela permet de faire pression à la baisse sur les salaires en mettant en concurrence chômeurs, travailleurs, étudiants stagiaires et de tirer vers le bas les conditions de rémunération et de travail pour tous.

Le « problème du chômage » est insoluble au sein du système capitaliste. Les capitalistes, devant la nécessité d’accroître leurs profits afin d’affronter la concurrence ont en effet développé des capacités productives énormes intégrant d’importantes connaissances technologiques et scientifiques (machinisme, mécanisation etc.) qui réduisent aujourd’hui la quantité de travail humain nécessaire pour la production à presque rien. Au lieu de nous libérer, nous sommes nombreux à voir nos vies et celles de nos proches se faire voler au travail, ou à essayer de le trouver, lui qui n’existe pas..

 

=> La loi vise globalement à orienter davantage « l’effort national » de recherche publique à des fins de satisfaction des intérêts des capitalistes français afin de favoriser les « innovations » capables de « relancer la croissance ».

C’est chaque jour ce système inhumain, barbare, meurtrier et destructeur qu’ils essaient de faire survivre en cherchant, au prix de nos conditions de vies – ou de nos vies tout court – à restaurer la « croissance » objectif auquel on voudrait continuer de nous faire adhérer et de nous associer contre l’humanité…

Si isolés nous n’avons d’autre choix que de nous soumettre davantage afin d’espérer avoir peut-être une place qui nous permette de vivre ou de survivre, collectivement, nos perspectives sont différentes et un avenir meilleur pour tous est possible.

Résolument, nous choisissons de lutter et de nous organiser afin de pouvoir gagner !

APPEL À PRÉSENCE LE LUNDI 8 SEPTEMBRE À 13H30 AU TRIBUNAL POUR LE VERDICT DU PROCÈS DES ÉTUDIANT-E-S SYNDICALISTES DE LYON II RÉPRIMÉ-E-S PAR LA PRÉSIDENCE

photo procès 1

Le 21 novembre 2013, une violente intervention policière avait lieu à l’université Lyon II. Elle visait à réprimer un mouvement de lutte qui, mené par les étudiant-e-s et les personnel-le-s qui protestaient contre les nouvelles orientations de l’université, dans le contexte de restrictions budgétaires et de la nouvelle réforme des universités (loi Fioraso) avaient envahi un conseil convoqué par la présidence et avaient fini par occuper les bâtiments. Six étudiant-e-s – dont quatre syndicalistes – étaient interpellé-e-s aux portes du campus des Berges du Rhône, après que la présidence ait ordonné l’évacuation des bâtiments et fait intervenir les forces de l’ordre au sein de l’université.

 

Pour faire taire celles et ceux qui s’organisent pour combattre la dégradation des conditions de vie, d’études et de travail qu’imposent à la majorité des étudiant-e-s et personnel-les les réformes successives et les restrictions budgétaires, la présidence de l’université – alors immédiatement soutenue par la ministre Fioraso – n’a offert comme seule réponse l’intervention des forces de l’ordre au sein même de l’université.

Le 23 Juin ce sont ainsi trois étudiant-e-s, tou-te-s militant-e-s de la FSE/Solidaires étudiant-e-s Lyon qui étaient poursuivi-e-s pour des chefs d’inculpation de « violences » et « rébellion » et comparaissaient devant le tribunal correctionnel soutenu-e-s par de nombreux-ses étudiant-e-s, organisations politiques et syndicales afin d’exiger leur relaxe.

Le parquet requerra de 2, 3 à 6 mois de prison avec sursis (ou 60, 90 à 120 heures de Travaux d’Intérêt Général) à l’encontre de nos 3 camarades, ciblé-e-s pour leur activité syndicale. Le réquisitoire du procureur n’ayant laissé aucune ambiguïté sur le caractère ciblé et politique de la répression. La gradation des peines se justifiait en effet – pour le procureur – selon que les étudiant-e-s aient été désigné-e-s par l’université comme étant supposément plus ou moins « meneur-ses » au sein de cette mobilisation.

Deux agents du personnel de sécurité incendie plaignants – accompagnés pour l’occasion de leurs responsables du service juridique de l’université ainsi que de membres de la présidence – ont quant à eux demandé 2 000 euros chacun au titre de dommages et intérêts. Les agents de la BAC ont également demandé à être indemnisés.

Mais qui sont les violents ?!

Est-ce celles et ceux qui se battent pour une université publique, gratuite, critique et réellement ouverte à toutes et tous qu’ils et elles soient avec ou sans papiers ?

Les personnel-le-s qui subissent contrats précaires à répétition, conditions de travail et de rémunération toujours plus dégradées ?

Ou celles et ceux qui orchestrent licenciements, externalisation, coupes budgétaires, suppressions de postes, de filières, de jours de congés, privatisent et dégradent ainsi les conditions de travail, de vie et d’études de la majorité des étudiant-e-s et personnel-les et l’imposent avec la force des coups de matraques et des placements en garde à vue ?!…

Les tentatives d’intimidations ne nous feront pas taire ! Nous appelons en conséquence de nouveau à se rassembler au tribunal ce lundi 8 septembre à 13h30 pour le rendu public du verdict à 14h00 à la 8ème chambre correctionnelle du TGI de Lyon afin d’exprimer notre entière solidarité à nos camarades.

Il est pour nous, étudiant-e-s, salarié-e-s, stagiaires, précaires, personnel, chômeur ou en devenir, aujourd’hui plus qu’hier, encore plus que jamais nécessaire, partout où nous sommes, de nous regrouper, de nous organiser collectivement afin de combattre la dégradation de nos conditions d’études, de travail et de vie qui nous est imposée, à l’université comme ailleurs !

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LRU, loi Fioraso, privatisation, dégradation des conditions d’études, de travail et de vie : pourquoi nous nous battons?!

Les lois LRU et Fioraso constituent des réformes visant à restructurer l’université. La logique et les principales conséquences de ces réformes sont :

 
=> « redéfinir l’offre de formation » : c’est-à-dire regrouper diverses universités d’une grande échelle territoriale en une Communauté d’Universités et d’Établissements (COMUE). Ainsi, en fusionnant les établissements, elle supprime les formations « doublons ». Cela conduit tout simplement à supprimer des postes, c’est-à-dire licencier ou ne pas remplacer le personnel, réaliser des économies, et réduire les « capacités d’accueil », alors même que de nombreux étudiants se voient déjà refuser l’inscription à l’université sous ce motif. Cela renforce ainsi la sélection à l’entrée de l’université.

La « redéfinition de l’offre de formation » contraint ainsi les étudiants de s’éloigner davantage du domicile familial pour étudier et constitue ainsi une barrière bien souvent infranchissable pour les étudiants issus des familles précaires qui ne peuvent financer logement et déplacements.

 

=> La privatisation de l’université c’est également le renforcement du pouvoir des personnalités extérieures (représentants du patronat, dirigeants d’entreprises, élus)  dans les instances décisionnelles. Ainsi, ces personnalités peuvent faire valoir au mieux leurs intérêts en ayant un droit de regard sur le contenu des formations. La loi vise en effet à conformer davantage la formation de la main d’œuvre aux exigences du patronat. La propagande dominante est toujours plus présente dans nos cours : « esprit d’entreprise », « flexibilité », « flexisécurité », « adaptabilité », « apprendre à se vendre », « valorisation des compétences » etc. Bref, il s’agit de former une main d’œuvre, non seulement « employable », docile, mais également de légitimer idéologiquement un système économique et social assassin, injuste et inégalitaire.

=> « Professionnalisation » des cursus : de plus en plus le savoir à l’université se doit d’avoir une utilité marchande, l’université n’est plus un lieu de savoir mais de formation de travailleur-euse-s malléables. Ce procédé est à l’œuvre par exemple avec la généralisation des stages dans les cursus. Ceux-ci constituent du travail gratuit ou quasi gratuit qui permet aux entreprises de profiter d’une main d’œuvre docile, précaire et corvéable. Cela permet de faire pression à la baisse sur les salaires en mettant en concurrence chômeurs, travailleurs, étudiants stagiaires et de tirer vers le bas les conditions de rémunération et de travail pour tous.

Le « problème du chômage » est insoluble au sein du système capitaliste. Les capitalistes, devant la nécessité d’accroître leurs profits afin d’affronter la concurrence ont en effet développé des capacités productives énormes intégrant d’importantes connaissances technologiques et scientifiques (machinisme, mécanisation etc.) qui réduisent aujourd’hui la quantité de travail humain nécessaire pour la production à presque rien. Au lieu de nous libérer, nous sommes nombreux à voir nos vies et celles de nos proches se faire voler au travail, ou à essayer de le trouver, lui qui n’existe pas..

 

=> La loi vise globalement à orienter davantage « l’effort national » de recherche publique à des fins de satisfaction des intérêts des capitalistes français afin de favoriser les « innovations » capables de « relancer la croissance ».

 

C’est chaque jour ce système inhumain, barbare, meurtrier et destructeur qu’ils essaient de faire survivre en cherchant, au prix de nos conditions de vies – ou de nos vies tout court – à restaurer la « croissance » objectif auquel on voudrait continuer de nous faire adhérer et de nous associer contre l’humanité…

Si isolés nous n’avons d’autre choix que de nous soumettre davantage afin d’espérer avoir peut-être une place qui nous permette de vivre ou de survivre, collectivement, nos perspectives sont différentes et un avenir meilleur pour tous est possible.

Résolument, nous choisissons de lutter et de nous organiser afin de pouvoir gagner !

Procès des inculpéEs de Lyon 2 : de 2 à 6 mois de prison avec sursis requis à l’encontre de nos camarades

Lundi, près d’une centaine de personnes, étudiantEs, amiEs, famille, militantEs, syndicalistes – est venu soutenir nos camarades.
Le parquet a requis trois peines différentes – 2 mois de prison avec sursis (ou 60 heures de TIG) ; 3 mois de prison avec sursis (ou 90 heures de TIG) ; 6 mois de prison avec sursis (ou 120 heures de TIG) – à l’encontre des 3 militantEs de la FSE/Solidaires étudiant-e-s poursuiviEs.photo procès 2

Le réquisitoire du procureur confirme sans aucune ambiguïté le caractère politique de la répression.

La gradation des peines se justifierait selon que les étudiantEs ont été désignéEs par l’Université comme étant supposément plus ou moins « meneurSEs » de cette mobilisation.

Ce critère est bel et bien un critère politique : il n’a, en droit, aucune espèce de valeur. En effet, lorsqu’un jugement porte sur des violences volontaires ayant entraîné des blessures constatées, le critère qui doit primer est celui de la gravité des blessures infligées, et l’implication avérée du prévenu.

En aucun cas, le fait d’être ou non prétendument « à la tête » d’une mobilisation ne permet de fournir une échelle susceptible de décider de l’ampleur d’une peine.

En introduisant ce critère politique, le procureur reconnaît à demi-mot qu’il est impossible d’imputer à nos camarades, de manière individuelle et indiscutable, des faits précis : il propose donc de condamner en raison d’un engagement qu’il croit pouvoir mesurer et juger, avec l’aide de l’Université.

Les deux agents du personnel de sécurité incendie plaignants – accompagnés pour l’occasion de leur responsable du service juridique de l’université ainsi que d’une membre de la présidence – ont quant à eux demandé 2 000 euros chacun au titre de dommages et intérêts.

Les agents de la BAC ont également demandé à être indemnisés pour un montant que nous ne connaissons pas encore.

Le verdict a été mis en délibéré. Il sera connu le 8 septembre.

Nous tenons à remercier l’ensemble des personnes et organisations qui nous ont apporté leur soutien.

Les tentatives d’intimidations ne nous feront pas taire !

Aujourd’hui comme hier, il est toujours nécessaire de s’organiser pour combattre la dégradation qu’on nous impose de nos conditions d’études, de travail et de vie, à l’université comme ailleurs.

RDV dès la rentrée sur le campus pour continuer la lutte !photo procès 1

Solidarité avec les cheminots !

 

En tant qu’étudiant-e-s nous voulons adresser notre soutien à la lutte des cheminots contre la réforme ferroviaire. Celle-ci, visant à ouvrir à la concurrence le réseau ferroviaire afin d’accroître et de privatiser les profits par la dégradation des conditions de travail des agents en les alignant par le bas.

Cette attaque, durement soutenue -comme  toujours- par les médias dominants – qui ne veulent voir que les  conséquences immédiates pour quelques passagers « pris en otage » de la  grève, comme ils disent, sans jamais donner la parole aux grévistes,  sans jamais expliquer les réelles causes de la lutte – se fait au prix des droits sociaux des travailleurs, droits acquis par la lutte, ainsi qu’au prix de la sécurité des usagers (le déraillement de Brétigny-sur-Orge en 2013 ayant entraîné la mort de plusieurs personnes et fait de nombreux blessés ayant pour cause les  choix opérés par la direction de la SNCF de ne pas investir dans  l’entretien du réseau afin d’accroître les profits)

Par conséquent, en tant que travailleur en formation nous partageons les mêmes ennemis que les cheminots : le patronat et ses serviteurs, le gouvernement -qu’il soit de gauche ou de droite. Ce sont ces mêmes gouvernements, ce même patronat qui dégradent nos conditions d’études, en réduisant les budgets, qui dégradent les conditions de travail des agents de l’université en augmentant la charge de travail, en usant de contrats toujours plus précaires; qui privatisent l’université (à travers les lois LRU et Fioraso notamment), rendant son accès -et la possibilité de s’y maintenir- pour les enfants des classes populaires toujours plus difficile.

La réforme ferroviaire aura de plus des conséquences directes sur les étudiant-e-s. En  effet, nombre d’entre nous sommes usagers-ères de la SNCF, bien souvent contraints pour pouvoir poursuivre notre formation de nous éloigner de nos proches (formations de plus en plus restreintes par la dernière loi Fioraso visant faussement à « harmoniser l’offre de formation » en supprimant tout simplement des filières « doublon » en fusionnant et restructurant l’offre de formation sur une aire géographique agrandie). L’augmentation  des tarifs de transports et la baisse de l’offre touchera donc inévitablement les étudiant-e-s les plus précaires. 

Nous appelons donc les étudiant-e-s à ne pas se laisser embobiner par la propagande anti-grève des médias et du patronat, qui n’hésite pas à faire passer les cheminots pour des « privilégiés »! ou encore les responsables de la dette de la SNCF, ces médias ne font que défendre les seuls et réels privilégiés de notre société: les actionnaires, les bourgeois et les rentiers. Les droits des cheminots désignés à la vindicte réactionnaire ne sont que des acquis sociaux obtenus par la lutte et les vrais responsables de la dette de la SNCF sont le patronat (qui fait des milliards de bénéfices et qui détruit les acquis des travailleurs pour accroître ses profits) et le gouvernement (qui se désengage du financement du service public).

Enfin, nous sommes conscient-e-s que aujourd’hui pour faire reculer le gouvernement, l’ensemble des secteurs qui subissent les attaques du gouvernement doivent s’unir.

 

Pour ces raisons nous adressons notre entière solidarité à la lutte des cheminots et appelons l’ensemble des étudiants à soutenir leur grève, en participant à leurs actions, en les soutenant sur les piquets de grève. (gare de Perrache pour Lyon)

 

La droite en rêvait, la gauche l’a fait : retour sur le Parti Solférinien

Après le retour au pouvoir du Parti Solférinien avec François Hollande en mai 2012 et l’intronisation ce 31 mars de Manuel Valls à la tête d’un « gouvernement de combat » (à comprendre la poursuite du combat CONTRE les classes populaires et POUR la défense les intérêts de la bourgeoisie via l’accentuation des offensives capitalistes), nous diffusons une vidéo des Mutins de Pangée (libre de circulation) dans laquelle le sociologue « critique » Jean-Pierre Garnier montre comment, à travers l’analyse du premier septennat de François Mitterrand, les « socialistes » ont accompli leur destin de parti réformateur en même temps que le programme de la première droite : adapter la société française au nouveau stade du capitalisme.

 

Le MEDEF attaque les droits des intermittents : étudiants en art du spectacle, vous êtes concernés !

Alors que les négociations sur l’assurance-chômage sont engagées depuis maintenant plusieurs semaines, et qu’une fois de plus les droits de tous les chômeurs sont menacés, le MEDEF a lancé une attaque grave contre les droits des intermittents du spectacle.

Ces droits sont actuellement régis par les annexes spécifiques 8 et 10 du régime général de l’assurance-chômage. Déjà fortement attaquées en 2003, elles permettent le régime d’indemnisation spécifique des intermittents du spectacle.

Aujourd’hui, le MEDEF veut purement et simplement supprimer ces annexes, prétextant que les intermittents du spectacle « coûtent trop cher ».

Le patronat attaque ainsi partout où il le peut les droits non seulement des intermittents, mais aussi de l’ensemble des précaires, des chômeurs et des travailleurs. Non content de bénéficier déjà des largesses du gouvernement – qui lui offre de somptueux cadeaux fiscaux – il souhaite détruire le peu de droits qui subsistent pour les travailleurs.

La précédente attaque en date – celle de 2003 – avait déjà gravement entamé les possibilités de vivre correctement des métiers du spectacle. La suppression pure et simple des droits des intermittents signerait l’arrêt de mort de ces métiers.

En tant qu’étudiants en arts du spectacle, vous savez que l’intermittence du spectacle est souvent synonyme de précarité, et qu’elle est également un avenir possible après les années d’étude. Dès lors, les récentes attaques du MEDEF doivent vous alerter sur le nécessaire rapport de forces à enclencher face au patronat comme face au gouvernement : sans lutte dès aujourd’hui, il n’y aura demain plus rien à défendre.

file d'attente

La riposte a commencé : lundi 17 février, 900 intermittents se sont réunis en Assemblée Générale à Paris, appelant à deux journées de grève et d’actions le jeudi 27 février et le 12 mars. Dès les annonces du MEDEF, des intermittents avaient occupé le ministère de la culture pour marquer leur mécontentement.

Intermittents d’aujourd’hui et de demain, chômeurs, précaires : c’est tous ensemble qu’il faut lutter !

Rejoignez le rassemblement devant le siège lyonnais du MEDEF à Lyon (60 avenue Mermoz Lyon 8ème) jeudi 27 février à partir de midi !