BOURSIER.E.S, LE CROUS VEUT VOTRE THUNE : QUELQUES RÉFLEXES D’AUTODÉFENSE

Article de Solidaires Étudiant-e-s Lyon paru dans le journal Un Pavé Dans Ta Fac n°5 !

Cette année, pour la première fois, le CROUS cherche à effectuer deux contrôles d’assiduité des étudiant.e.s boursier.e.s dans l’année.

Affiche fédérale salariat étudiant nuit gravement à nos étudesEn clair, avant cette année, les contrôles avaient lieu (pour raisons budgétaires) juste une fois l’an, par l’envoi d’un questionnaire aux universités après le premier semestre. Les étudiant.e.s non-assidu.e.s étaient alors signalé.e.s et on leur réclamait le remboursement des versements du CROUS. Celles et ceux qui décrochaient après cette période passaient à travers les mailles, du moins jusqu’à ce qu’on leur demande de présenter, pour une démarche administrative quelconque, un relevé de notes.

Aujourd’hui -en l’absence de thunes pour payer les personnels administratifs, les vacataires, et les personnels de ménage-, on a enfin trouvé le budget pour vous contrôler deux fois plus ! Des questionnaires seront donc comme d’habitude envoyés aux facs après le premier semestre MAIS PROBABLEMENT AUSSI après le second semestre.

Face à ça, quelques réflexes d’autodéfense s’imposent :

  • Affiche fédérale organisons-nous PugracripoEssayer de négocier avec le/les chargé.e.s de TD, afin qu’ils ne vous notent pas absent.e en cours et vous préviennent pour passer les examens (ou conviennent avec vous d’autres modalités d’examen).
  • Se mettre le doyen et/ou le secrétariat de votre département dans la poche : lors du renvoi des questionnaires au CROUS, les déclarations des facs font foi et, à moins que vous n’ayez ultérieurement à présenter à nouveau un relevé de notes (alors on pourra éventuellement se rendre compte du contournement), on ne vous demandera pas de rembourser.
  • S’organiser collectivement pour obtenir des DISPENSES D’ASSIDUITÉ, y compris pour les étudiant.e.s boursier.e.s : à quelques-uns dans le même UFR, on peut avoir le rapport de force face au secrétariat, et obtenir la dispense salvatrice (par contre il faut se présenter aux examens terminaux).

En tout état de cause, en cas de pépin par rapport aux bourses, n’hésitez pas à contacter le syndicat LE PLUS TÔT POSSIBLE : tant que le dossier n’est pas sorti de la fac, c’est encore négociable (une fois transmis au CROUS, en général on peut juste négocier un échéancier) [1]. Pour beaucoup d’entre nous, garder cette thune est une simple question de survie : ça ne se légitime pas, ça ne se négocie pas.

Face à ceux qui rognent sur nos conditions de vie, on lutte, on s’organise !

[1] En particulier les boursier.e.s qui recevraient un ordre de reversement (= rembourser la thune), parce qu’ils ont été absents à un examen, doivent tenter par tous les moyens de justifier de leur absence afin d’obtenir un rectificatif d’assiduité. Si c’est impossible, on peut toujours essayer de prouver l’assiduité en cours jusqu’en décembre pour transformer un reversement total en reversement sur deux mois.

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Le retard dans le versement des bourses augmente la précarité étudiante

Si les profs savaient que l'on révise le ventre creux

Communiqué de la fédération Solidaires Étudiant-e-s en date du 19 janvier 2015 :

Il a fallu attendre quinze jours pour que les étudiant.e.s boursier.e.s reçoivent leur bourse au mois de janvier, mois déjà particulièrement stressant dans le calendrier universitaire en raison notamment des partiels.

Les retards dans le versement des bourses ne font qu’ajouter aux difficultés des étudiant.e.s qui n’ont pas que celles « financières » à gérer. Pendant quinze jours, ils et elles ont dû, en plus de s’occuper de leurs études -souvent aussi de leur travail salarié- s’inquiéter de cette absence de versement. Ils et elles ont pu accumuler les agios et les découverts, ont dû renoncer à certaines activités, voire à des projets.

Quand on sait que la réussite d’études dépend en large partie de la possibilité d’étudier sereinement -cela relève de l’évidence- comment penser que ce retard de versement, à moins de croire que les bourses ne sont que de l’argent de poche, n’ait pas d’impact sur les conditions de vie et d’études ? Comment assurer les dépenses du quotidien quand on ne perçoit pas une de nos sources de revenus, sinon l’unique ? Alors que le coût de la vie est de plus en plus élevé (nourriture, logement, transport…), le gouvernement place de nombreuses et nombreux étudiant.e.s dans une situation inacceptable. Ne parlons même pas des inégalités culturelles provoquées par cette façon de les tenir à la gorge : comment aller au cinéma, au théâtre, à des concerts, acheter des livres ou faire de la musique quand il est déjà compliqué de payer son loyer ?

Tant que le versement des bourses à l’heure -et leurs augmentations massives- ne sera pas pris au sérieux par l’État, nous ne pourrons croire que la « jeunesse » et l’accès à l’éducation pour toutes et tous sont considérés comme une priorité.

Contre la précarité des étudiant.e.s, Solidaires Étudiant-e-s exige :

  • Le versement effectif des bourses dès le 1er du mois et leur augmentation en nombre et en montant ;
  • Un réengagement massif de l’État dans le financement des CROUS pour mener une véritable politique sociale ;
  • À plus long terme, l’instauration d’un salaire social pour l’ensemble des étudiant.e.s qui garantirait un revenu suffisant pour vivre et étudier dans de bonnes conditions.

Contact :

Solidaires étudiant-e-s, syndicats de luttes / Porte-parolat : 06.86.80.24.45 /
http://www.solidaires-etudiant-e-s.org / contact@solidaires-etudiant-e-s.org

Soutien à la grève nationale dans les CROUS le 4 février !

Communiqué de la fédération Solidaires Étudiant-e-s Syndicats de Luttes (SESL) en date du 19 janvier :

   Ce 4 février, la CGT du réseau des Œuvres Universitaires et Scolaires (CGT-CROUS) appelle à une journée de grève nationale face à la dégradation des conditions de travail des personnels ouvriers et administratifs des CROUS. Solidaires Etudiant-e-s Syndicats de Luttes soutient pleinement cette mobilisation.

   La diminution des subventions de fonctionnement des CROUS (10 millions cette année), le gel de postes et la diminution drastique du nombre de CDI avec le non remplacement des départs participent à la dégradation des conditions de travail des personnels. Tout cela se fait au détriment des missions de service public [1] des CROUS. Rappelons que pour nombre d’entre nous, étudiantEs, le CROUS est un service public qui nous aide financièrement (bourses sur critères sociaux, Fond National d’Aide d’Urgence) et matériellement (logements étudiants à bas loyers).

   En tant que syndicat étudiant, nous considérons que la situation inacceptable dont souffrent les personnels du CROUS et la réduction des subventions de fonctionnement affaiblit fortement le service public des Œuvres Universitaires et Scolaires. Alors que le Ministère annonce quelques mesures sur les aides sociales, il poursuit la politique du gouvernement précédent en matière de démantèlement progressif des missions de service public des CROUS, qui, loin d’être parfaites, restent nécessaires pour nombre d’entre nous.

 Solidaires des revendications salariales des personnels du CROUS, nous demandons notamment :

  • Des subventions de fonctionnement à hauteur des missions de service public des CROUS (restauration, logement, culture, aides sociales…).
  • La fin des gels de postes, l’intégration des personnels à un véritable statut de la Fonction Publique, et le recrutement de personnels titulaires nécessaires au service des étudiantEs, au bon fonctionnement des CROUS et à l’amélioration des conditions de travail des personnels.
  • Le retour à un financement paritaire (État/étudiantEs) du ticket RU et la construction massive de logements dignes, à bas loyers, gérés par les CROUS.

Tract de la CGT-CROUS :

tract_crous_4_fevrier_2014

Note :
[1] Lire Tom Thomas, Étatisme contre libéralisme ?, 2011 : « Lutter « pour la défense des services publics » reste surtout une lutte pour la défense des conditions de travail, des statuts juridiques particuliers de ces organismes. Si une telle lutte est légitime et nécessaire, elle n’en reste pas moins souvent de nature plus ou moins corporatiste, et comme toute lutte bornée au rapport salarial, seulement défensive, incapable d’empêcher à terme le capital d’imposer ses conditions. Or la caractéristique essentielle d’un service public (et toute activité devrait y répondre) est celle de sa qualité: qu’il s’agisse d’une activité voulue par le peuple en réponse à des besoins jugés par lui prioritaires, répondant qualitativement à ces besoins, et utilisant une quantité de travail contrôlée par lui de telle sorte qu’elle corresponde à la moyenne sociale.« 

Menace sur les boursiers ! Si vous êtes boursierEs et que vous risquez d’être défaillantEs, contactez la FSE au plus vite !

 

        De plus en plus d’étudiantEs boursierEs se retrouvent sommés par le CROUS de devoir rembourser la bourse sur critères sociaux qui leur est attribuée. La raison principalement invoquée est la défaillance à un semestre de cours. Défaillance qui se rattrape aisément et qui jusqu’alors ne faisait que très rarement l’objet d’un remboursement.
D’autant que la bourse, déjà insuffisante, est pour beaucoup d’étudiants leur seule ressource financière, et il leur est généralement impossible de pouvoir s’en passer, quant à la rembourser, c’est du domaine du délire complet de la part du CROUS. 
Ce sont  d’ailleurs souvent les défaillances du CROUS , qui cette année a battu des records de retard de versement des bourses, qui oblige les étudiantEs boursierEs à se salarier pour pouvoir survivre.
Ces bourses font partie de ces avancées sociales, conquises de dure lutte, et qui ne sont qu’un bien maigre palliatif dans la société capitaliste inégalitaire. Tandis que l’objectif de la FSE est d’obtenir qu’elles augmentent en nombre et en valeur, celui de la direction du CROUS, du ministère, de l’État, est de les réduire, et de les faire passer pour un bon geste charitable de leur part.
Encore une fois, c’est la partie la plus précarisée et issue des milieux populaires qui paye le prix le plus elevé. La moindre erreur dans leur parcours,est immédiatemment  sanctionnée.
Les différents rapports et plan d’avenirs sur le CROUS visent à substituer à ces aides des prêts bancaires, à transférer de l’État aux banques la gestion du « cheptel » étudiant. Ce durcissement de l’attitude du CROUS, avec la complicité de l’université, rentre dans une logique de destruction des aides sociales, de réduction des dépenses de l’état, et de privatisation.
Mobilisons nous pour protéger les aides sociales. Refusons la complicité de l’université dans ces affaires. Défendons pour les classes populaires le droit d’étudier !
Le flicage des étudiants, boursiers ou non,n’est pas une fatalité !
 Selon nos fillières, nos profs, le contrôle des présence en TD, le nombre d’ absences autorisées est très différent. Ces inégalités ne sont pas acceptables.
 Dans certaines universités( comme a Montpellier), il n’y a pas de contrôle des présences. A Lyon 2 aussi nous pouvons imposer  par la lutte la supression des défaillances, la supression du controle de l’assiduité qui n’est qu’un moyen pour exclure les étudiants les plus précaires de l’université !
Si vous êtes boursierE défaillantE des recours existent, il est important d’agir le plus tôt possible (avant que le CROUS vous enjoigne de rembourser si possible).
 
 

Contactez la FSE et battons nous collectivement pour le maintien de nos bourses!

Envoyez nous par mail vos nom, prénom, numéro étudiant, fillière et année d’étude ainsi que les motifs des absences ( maladies, travail, occupation diverses, oubli …  On vous recontactera pour un dépot collectif des demandes de supression de défaillance auprès des secrétariats et du vice président chargé des études.
Faites tourner l’info auprès des gens qui pourraient être concernés !

Suppression pur et simple du principe des défaillances! 

Maintien des bourses pour chaque étudiant menacé!

Augmentation des bourses, en nombre et en valeur!affiche remboursement bourse

Le 10ème mois de bourse, ou l’arbre qui voudrait cacher la forêt de la précarité et de la sélection sociale à l’université.

Laurent Wauquiez a annoncé ne pas vouloir revenir sur la mise en place d’un 10ème mois de bourse pour la rentrée 2011/2012.

Tandis que certaines organisations étudiantes qui en avaient fait leur cheval de bataille depuis 2009 applaudissent, la Fédération Syndicale Étudiante quant à elle, n’a jamais été dupe quant au rôle de carotte au bout du bâton que le gouvernement avait fait joué à cette revendication, lors du second mouvement LRU en 2009.
Et ce pour amener l’Unef a négocier l’arrêt de la lutte et à trahir le mouvement social. Ce qu’elle s’était alors empressée de faire. Pourtant aucun-e étudiant-e n’avait vu la couleur de ce 10ème mois de bourse jusqu’à aujourd’hui. Nous tenons -au delà de cette recontextualisation- à rappeler avant tout que le montant, le nombre de versements des bourses, et les critères d’attributions, malgré les effets d’annonce du gouvernement, ne garantissent absolument pas des conditions de vie et d’étude correctes aux étudiants.

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