Après les attaques terroristes, l’instauration de l’État d’urgence, quelle réponse des étudiant-es ?

Daech a massacré près de 130 personnes et fait plusieurs centaines de blessé·es vendredi 13 novembre à Saint Denis et en plein Paris. On ne peut être qu’horrifié·es et révolté·es.

Nous tenons ici à exprimer notre solidarité et nos pensées aux victimes et à leurs proches, ainsi qu’aux nombreuses victimes en Turquie des attentats et de la terreur de l’Etat turc qui vise les mouvements syndicaux, de gauche et révolutionnaire, aux victimes des attentats de Beyrouth, mais aussi de Charm el-Cheikh, en Égypte, en Tunisie, au Mali, aux innombrables victimes au Nigeria, et partout où les djihadistes tentent d’imposer par la violence et la peur leur courant de pensée réactionnaire. Nous n’oublions pas non plus les victimes du terrorisme de l’extrême-droite raciste en Norvège notamment, et aux Etats-Unis.

L’extrême-droite religieuse et l’extrême-droite raciste se répondent, et partagent la même conception du monde basée sur le choc des civilisations.

Nous condamnons toutes ces attaques terroristes ainsi que la stigmatisation et les agressions à caractère raciste qui visent notamment les musulman·es – ou considérées comme tels, ici en France. En cette période de crise, politiques et les

journalistes étaient déjà nombreux/ses à désigner leur ennemi, en stigmatisant et vomissant leur haine raciste envers musulman·es et les migrant·es.                                                                                                  Ils  se sentent depuis davantage autorisés à stigmatiser, à amalgamer, à contrôler, à réprimer..!

 

DE LA RESPONSABILITE DES INTERVENTIONS IMPERIALISTES

Dans la situation au Moyen-Orient et le développement rapide de Daech et d’autres groupes fondamentalistes, la France, aux côtés notamment des Etats-Unis et d’autres puissances économiques telles que la Grande Bretagne, la Russie, la Turquie, l’Iran, l’Arabie Saoudite, le Qatar, a une part de responsabilité considérable.

Les interventions militaires récurrentes n’ont jamais été là pour servir les populations ni même « lutter contre le terrorisme » mais bien pour défendre les intérêts géostratégiques et économiques (accaparement des ressources naturelles, pétrole notamment, exploitation de la main-d’œuvre à moindre coût, etc.) de ces puissances impérialistes. 

L’intervention directe de la France, par exemple dans le renversement du régime libyen, (dans le but une fois encore de sécuriser les approvisionnements français en pétrole) a directement contribué à répandre de nombreuses armes dans la région et notamment auprès de groupes islamistes et a justifié finalement d’autres interventions militaires, notamment au Mali.

La France a encore une responsabilité, en tant qu’alliée indéfectible de l’État Turc (2ème armée de l’OTAN), Etat qui finance et arme directement Daech, et qui bombarde les combattantes et combattants Kurdes qui luttent armes à la main au Kurdistan Syrien et Irakien.  De même, en tant que cinquième plus gros exportateur mondial d’armes, la France profite largement de l’intensification des conflits à travers la planète, et notamment dans la région, en vendant rafales et autres « fleurons de l’industrie nationale » aux États et pétromonarchies parmi les plus réactionnaires dans la région (Arabie Saoudite, Qatar, etc).

Le terrorisme peut se définir par le fait de chercher à obtenir des avantages politiques, idéologiques ou économiques en imposant la peur, en visant les civils. Si le qualificatif de terroriste est légitimement attribué à Daech, ce qualificatif peut aussi très bien être appliqué aux États, qui se sont plus d’une fois attaqués à des civils dans le seul but de répandre la peur, et surtout de dissuader de leur résister (le napalm américain au Vietnam, massacre de Sétif par l’armée française, répression de l’insurrection malgache, l’usage de munitions à l’uranium appauvri en Irak, etc, la liste est interminable !). C’est par la peur en réalité qu’on nous gouverne tous les jours. La peur de ne pas avoir de boulot, la peur de le perdre, la peur de se retrouver à la rue, la peur de la police, la peur

de la prison… Ce règne de la peur, ils l’appellent démocratie, économie…

 

D’OU VIENT L’ETAT ISLAMIQUE ?

A la fin des années 70, les États-Unis contribuent à armer des groupes islamistes pour combattre l’influence de l’URSS en Afghanistan. C’est dans ce contexte que naît Al-Qaida, d’où l’Etat islamique (EI) trouvera ses origines. L’occupation de l’Irak en 2003 par les Etats-Unis a poussé tout un pan de l’armée de Saddam Hussein, des fondamentalistes et de la bourgeoisie irakienne défaite, à rejoindre les groupes islamistes dans l’espoir de reconquérir le pouvoir.

L’EI qui se constitue lors ce conflit en Irak, s’est étendu à d’autres pays comme la Syrie.

Des groupes islamistes ont été encouragés et armés, directement ou non, par des pays européens – France en tête – et aussi  les Etats-Unis, pour se battre contre le régime de Bachar Al-Assad. Fabius, le ministre français des affaires étrangères considère ainsi que Al Nosra (Al Qaida en Syrie) « fait du bon boulot sur place ». Mais aussi, lorsque la population se soulevait en 2011, Bachar al Assad a fait le choix de libérer des centaines de djihadistes de ses prisons dans l’objectif de confessionnaliser le conflit, diviser les manifestants et de légitimer la répression brutale du régime à leur encontre. C’est clairement le choix de la contre-révolution!

 L’EI bénéficie également du soutien financier des monarchies du Golfe, alliés de la France et des Etats-Unis. Les interventions militaires des pays occidentaux ne font que semer le chaos qui constitue le terreau des mouvements djihadistes et laisse des milliers de victimes. 

 

Etat d’urgence en France : un aperçu historique

La genèse de l’Etat d’urgence est coloniale, puisque c’est pour mater par la force
le mouvement nationaliste algérien en sortant la répression de son cadre légal que ce statut a été créé. Le régime des assignations à résidence ouvre d’ailleurs la voie à l’ouverture de camps d’internements, comme ce fut le cas pendant la guerre d’Algérie. Des voix à droite et à l’extrême droite se sont exprimées pour interner tous les « fichés S ». Ce fichage  concerne en fait aussi bien des djihadistes supposés, que de supporters de football, des syndicalistes, des écologistes, des militants politique. Aujourd’hui, le gouvernement envisage l’internement préventif des fichés S !
L’Etat d’urgence a également décrété en 2005 pour réprimer les révoltes des banlieues françaises…
A BAS L’ÉTAT D’URGENCE !

A la suite des attentats, la réponse du gouvernement a été de déclarer l’état d’urgence.

Ainsi, perquisitions « administratives » de jour comme de nuit, assignations à résidences, contrôle de la presse, instauration de couvre feu, restriction de liberté de circulation, suppression du droit de réunion, sont désormais possibles.. Les préfets ont de fait tout pouvoir. Les contrôles aux frontières ont par ailleurs été rétablis et le déploiement militaire et policier a encore été renforcé.

Plus de 2500 perquisitions ont ainsi déjà été réalisées, dont l’écrasante majorité n’a rien donné. Et déjà des centaines de témoignages relatent des perquisitions complètement arbitraires.

L’assignation à résidence peut également être délivrée par la police à toute personne dont « il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre public ». En clair, toute personne que les renseignements et le gouvernement identifieront comme leur ennemi du moment risque de se faire enfermer à la maison ! Déjà, des dizaines de militant-e-s écologistes ont été assignés à résidence dans le but d’empêcher leur participation aux manifestations contre la COP 21. Plus de 300 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue à Paris suite à leur participation à la manifestation interdite par la préfecture.

Au total, des centaines d’assignations à résidence ont également été délivrées, avec obligation de pointer au commissariat 3 fois par jour. Également toutes les manifestations depuis les attentats sont interdites. A Paris par exemple, malgré l’interdiction de la manifestation en solidarité avec les réfugiéEs, des centaines de manifestantEs ont tout de même fait le choix de braver l’interdiction et de défiler. Les flics n’ont pas pu les en empêcher. Mais 58 manifestants ont été identifiés par les renseignements et convoqués les jours suivants.

Ces mesures liberticides permises par l’État d’urgence ont été prolongées pour une durée de 3 mois par les parlementaires, avec les voix du Front de Gauche à l’extrême-droite, à la quasi unanimité de l’Assemblée Nationale..
On le voit, c’est un véritable État policier qui est mis en place, en soi disant réponse à ceux « qui voudraient nous empêcher d’être « libres » »… Déjà, le gouvernement annonce son intention de prolonger encore l’Etat d’urgence.

L’objectif en réalité est d’empêcher toute contestation sociale.

 

Car il n’y a aucune solution policière ou militaire à cette situation. Déjà, les attentats de janvier avaient facilité l’adoption en urgence de la loi sur le renseignement qui généralisait la  surveillance de masse et conférait de nombreux nouveaux moyens aux services de renseignement.

Déjà, le plan Vigipirate était en alerte quasi maximale, et des milliers de militaires et de policiers étaient déployés dans les rues, armes de guerre à la main. Rien de tout ça n’aura empêché le massacre du 13 novembre !

non aux bomb

Ne laissons pas le gouvernement supprimer nos libertés !

 

A BAS L’ « UNITÉ NATIONALE » !

L’autre réponse à ces attentats est l’intensification des bombardements en Syrie. L’État est en guerre « contre le terrorisme » – rappelons au passage que  la « guerre mondiale contre le terrorisme » a déjà fait jusqu’ici plusieurs millions de victimes civiles…!-, les appels à l’unité nationale, au patriotisme, sont partout. La « France est en guerre », effectivement, et ça ne date pas d’hier!

Il n’y a pas d’unité possible avec gouvernement et patronat, qui tous les jours nous attaquent, dégradent nos conditions de vies.
Car dans cette guerre sociale permanente que nous mènent le patronat et l’État à son service, pour leurs profits il n’y a pas pour nous de répi.
Ainsi, le gouvernement PS a pu en 2015 passer en force, en utilisant 3 fois le 49-3 pour faire passer la loi Macron, attaque sans précédent. La logique est toujours la même, et se concrétise chaque jour un peu plus : TRAVAILLER PLUS, GAGNER MOINS, FERMER SA GUEULE ET PERDRE SON EMPLOI !

 

 

Contre le terrorisme, contre l’état d’urgence, contre la guerre, contre le racisme, contre l’impérialisme, contre le capitalisme : étudiant-e-s, travailleurs, nous devons aujourd’hui bien plus qu’hier encore nous réunir, nous organiser pour lutter !
Ne plus rester isolé est une impérieuse nécessité !

Solidarité internationaliste avec les progressistes et révolutionnaires sur place (retrait du PKK de la liste des organisations terroristes de l’UE)
Levée de l’état d’urgence ! Solidarité avec les migrant-e-s, les réfugié-e-s, les sans papiers !
A bas les guerres impérialistes ! Non à l’intervention française en Syrie, comme ailleurs !

Assez de mort·es pour leurs guerres !

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Réformes du droit d’asile et droit des étrangers : l’urgente nécessité de s’organiser et de construire la solidarité !

Analyse des réformes par le collectif des étudiant-e-s étrangers de Lyon, sans papiers et solidaires ( contacts : collectif.etudiants.etrangers.lyon@riseup.net  Téléphone: 07 68 25 59 86 )

L’État renforce ses moyens pour précariser, réprimer et expulser les étrangers : l’urgente nécessité de s’organiser et de construire la solidarité !

Le gouvernement PS, après avoir déjà battu un record d’expulsions de personnes sans papiers, a entériné fin juillet une réforme du « droit d’asile » qui va encore aggraver la situation pour les demandeurs d’asile. Le gouvernement discute également actuellement, en procédure accélérée, une réforme sur les« droits des étrangers ». Analyse par le collectif des étudiant-e-s étrangers de Lyon, sans papiers et solidaires. Article paru dans le journal du collectif.

Ces réformes vont durcir l’accès au droit d’asile et la possibilité d’obtenir une régularisation, elles vont encore augmenter les moyens législatifs et coercitifs de l’État pour accélérer les refus et intensifier les expulsions – quand le gouvernement préfère parler par euphémisme, « d’éloignement ».

Ce que change la loi concernant l’asile :

=> Création d’une « nouvelle procédure accélérée » pour les demandeurs d’asile, qui remplace la « procédure prioritaire » qui existait jusqu’à présent.

La nouvelle procédure accélérée prévoit désormais que, en cas de refus de l’asile devant « l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides » (OFPRA), le recours devant la Cour Nationale du Droit d’Asile (CNDA) est suspensif de l’expulsion – le demandeur d’asile a ainsi le droit au maintien sur le territoire tant que la CNDA n’a pas statué. Mais… le délai de préparation de l’appel est expéditif (moins de 5 semaines désormais, contre plusieurs mois jusqu’à maintenant, ce qui pouvait davantage permettre de se préparer, de réunir preuves et documents) et sera jugé par un juge unique (contre 3 jusqu’à maintenant).

La nouvelle loi prévoit par ailleurs une dizaine de situations (notamment le fait de provenir d’un pays considéré par l’OFPRA comme « sûr », le fait de s’être adressé tardivement à la préfecture ou d’avoir dissimulé son itinéraire avant d’arriver en France) dans lesquelles les demandeurs passeront d’office par cette procédure expéditive.

En plus de ces situations désormais prévues dans la loi, le pouvoir de contraindre une personne de passer par cette nouvelle procédure accélérée, défavorable aux demandeurs, n’appartiendra plus au seul préfet, puisque l’OFPRA aura également ce pouvoir. Ainsi, de manière arbitraire, l’administration pourra considérer, de prime abord et sans entretien, que la demande d’asile présentée par telle personne, ne semble pas sérieuse et la traiter selon cette procédure.

Cette procédure accélérée est d’ailleurs destinée selon le ministère à concerner davantage de demandeurs que l’ancienne procédure prioritaire. La loi crée également des cas d’irrecevabilités ou de clôture de la demande d’asile.

=> Création de « centres d’hébergement directifs » pour les demandeurs d’asile, qui sont concrètement conçus, selon la présentation du ministère de l’intérieur comme un « dispositif d’hébergement contraignant » ayant pour but « d’affecter le demandeur d’asile dans une autre région que celle où il se présente ». Le but est de répartir les demandeurs d’asile, pour « désengorger » les administrations et « empêcher la concentration » c’est-à-dire pour éparpiller sur le territoire et ainsi limiter la visibilité de ces indésirables.

Ces « centres d’hébergement directifs » sont en fait une assignation à résidence à peine déguisée puisque « les demandeurs d’asile qui renoncent à un hébergement ou abandonnent le lieu qui leur a été attribué ne percevront plus d’allocation. »

Pour que les migrants « acceptent » ces centres contraignants, l’État joue du système de la carotte (un hébergement, dont les conditions de salubrité ne sont pas précisées ; une allocation (équivalente à 11,45 euros par jour -soit environ 300 euros par mois pour une personne seule) et du bâton (la perte de ces « avantages matériels » en cas de refus). On le voit bien, le cadeau a un paquet bizarre…

En effet, en souhaitant confiner dans ces centres les demandeurs d’asile, l’État entend contrôler les migrants, en empêchant l’intégration et la création de contacts, de liens de solidarité ici sur le territoire (les demandeurs d’asile sont par exemple déjà interdits d’occuper un travail), pour pouvoir, une fois tous les recours juridiques épuisés (dans des délais désormais accélérés) rapidement exécuter l’expulsion, et que celle-ci soit le moins visible possible.

- En application de directives européennes, les demandeurs d’asile pourront désormais être assistés d’un avocat ou d’un représentant d’une association habilitée devant l’OFPRA.
Un objectif principal affiché par le gouvernement avec cette réforme est la réduction des délais.
Ainsi, les objectifs affichés de durée de traitement d’une demande, du dépôt jusqu’à épuisement des recours, sont de 3 mois pour une demande d’asile en procédure accélérée et de 9 mois en procédure normale (contre 2 ans aujourd’hui).

- Le délai de jugement d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) passe également de 5 mois à 1 mois ! Pour pouvoir respecter ces délais, le gouvernement annonce que des recrutements vont être opérés.
La logique est toujours la même, accélérer partout les délais pour aboutir le plus rapidement possible à l’épuisement des recours juridiques, afin de pouvoir procéder à l’expulsion !

Une autre réforme concernant les « droits des étrangers » est également actuellement en discussion au parlement, en procédure accélérée.

Cette réforme vise 3 objectifs selon le gouvernement :

- « améliorer l’accueil et l’intégration des étrangers régulièrement admis au séjour ». Cela doit passer par la délivrance d’un titre de séjour pluriannuel au bout d’un an de présence sur le territoire (pour éviter les passages répétés en préfecture). Cela a en fait pour objectif de libérer des moyens pour les affecter à de nouveaux contrôles. La délivrance de ce titre pluriannuel est en fait également associée à des exigences plus importantes en matière de maîtrise de la langue française notamment.

- « renforcer l’attractivité de la France en facilitant la mobilité des talents internationaux ». Selon la logique impérialiste « d’immigration choisie », en fonction des besoins en main d’œuvre ou compétences spécifiques du patronat ou de l’État, « afin de renforcer la position de la France dans l’accueil des mobilités internationales de l’excellence, de la création et de la connaissance », le gouvernement crée un passeport « talents » titre de séjour valable jusqu’à quatre ans pour l’étranger et sa famille, destiné à être un « titre unique ouvert aux investisseurs, aux chercheurs, aux artistes et aux salariés qualifiés »…

- « lutter plus efficacement contre l’immigration irrégulière ».
Ainsi, selon le communiqué du gouvernement, « l’assignation à résidence va devenir la mesure de droit commun en matière de privation de liberté des étrangers ». En fait, Cazeneuve ayant annoncé mi-juin que « les places de rétention dont dispose l’État devaient être utilisées à plein », le gouvernement de la sorte anticipe et multiplie en fait le nombre d’étrangers qu’il peut maintenir sous la contrainte en attendant de les expulser !
Et alors que l’enfermement en Centre de Rétention Administrative (CRA) ne peut légalement pas dépasser 45 jours, l’assignation à résidence (obligation de vivre au domicile connu de la préfecture, obligation de pointage tous les jours au commissariat et interdiction de circuler hors d’un territoire délimité) est de 45 jours, renouvelable. Elle peut donc aller jusqu’à 3 mois, légalement.

Les assignations à résidence sont d’ailleurs déjà censées être privilégiées pour les familles étrangères avec enfants mineurs (l’enfermement, avant expulsion, d’enfants étrangers, suscitant un peu trop d’indignation)… Selon un rapport de 5 associations intervenant en CRA, en2014 en France, et malgré la condamnation de la France par la cour Européenne des droits de l’homme, 5692enfants mineurs ont tout de même été enfermés en Centre ou Locaux de Rétention Administrative (sur l’île de Mayotte, colonie française de l’archipel des Comores, l’État français expulse également en toute illégalité, des enfants mineurs, seuls…)

Enfin, le projet de loi crée un « droit de communication » qui donne au préfet le pouvoir de demander « sans que s’y oppose le secret professionnel » des informations sur les personnes demandant ou possédant un titre de séjour auprès de toutes les institutions suivantes :

- Les établissements scolaires et d’enseignement supérieur.
- Les établissements de santé.
- Les banques et organismes financiers.
- Les fournisseurs d’énergie et les services de communications électroniques.
- Pôle emploi.
- Les services d’état civil
- La Sécurité sociale.
- Les tribunaux de commerce

Ainsi, profs, banquiers, secrétaires, médecins, etc., sont appelés à participer !
Ce n’est ni plus, ni moins qu’une obligation de collaboration à la politique raciste de contrôle, de traque et d’expulsion des étrangers pour tou-te-s les salarié-e-s des entreprises et agents de l’État des services concernés.

Les salarié-e-s et les agent-e-s doivent refuser de communiquer ces documents, leurs syndicats doivent les couvrir, dénoncer cette mesure et appeler largement à refuser de communiquer les documents demandés dans ce cadre par les préfectures.

L’article 8 doit en outre autoriser le préfet à contrôler « à tout moment » que, l’étranger qui dispose d’un titre de séjour « continue de satisfaire aux conditions fixées pour la délivrance de cette carte ». S’il ne peut le justifier, ou s’il ne se rend pas à la convocation, sa carte de séjour peut lui être retirée immédiatement.

En clair, c’est en sursis permanent que vont se retrouver TOUS ET TOUTES LES ETRANGERS, y compris les étrangers en situation régulière.

Par ailleurs, selon un amendement approuvé lors de l’examen en première lecture du projet de loi, les déboutés du droit d’asile, les étrangers ne pouvant justifier d’une entrée régulière en France, les étrangers s’étant maintenus au-delà de la durée de validité de leur visa, ou n’ayant pas demandé de renouvellement de titre de séjour n’auraient désormais plus que 15 jours pour contester devant le tribunal administratif leur décision « d’éloignement »(contre 30 jours pour les autres expulsions), et le tribunal administratif n’aura que six semaines pour statuer (au lieu de trois mois).
Pour Cazeneuve : « Nous favoriserons ainsi l’effectivité des mesures d’éloignement »… !

Qu’on ait ou non, la bonne nationalité, qu’on ait ou non le bon bout de papier, créer la solidarité, s’unir, échanger, se rencontrer, s’organiser, est une urgente nécessité !

solidaritéCar la précarisation et la répression des étranger-e-s, n’est qu’un aspect de la politique. Tous les salarié-e-s, travailleur-e-s du public et du privé, chômeurs, avec ou sans papiers, voyons nos conditions de vie et de travail attaquées et dégradées de jour en jour, par gouvernement et patronat. Le patronat, en profitant de la main d’œuvre sans papiers, en grande précarité, surexploitée, en imposant des conditions de travail des plus pénibles et mal payées – car isolés, sans la possibilité effective de refuser s’en sert pour contraindre tout le monde à davantage de misère et de précarité.

Et l’État, en fabriquant sans cesse davantage d’irrégulier-e-s, en traquant les étrangers, voudrait continuer de confiner les sans-papiers au silence et à
l’invisibilité.

Ils nous voudraient divisés pour mieux continuer de régner et de nous exploiter. Français-e-sou immigré-e-s, car notre destin est forcément lié, nous n’avons d’autre choix que de construire notre unité et ensemble nous organiser. 

Présentation du collectif des étudiant-e-s étrangers de Lyon, sans papiers et solidaires

Nous relayons les informations du collectif des étudiant-e-s étrangers de Lyon, sans papiers et solidaires.

Pour contacter le collectif :
mail : collectif.etudiants.etrangers.lyon@riseup.net

Téléphone: 07 68 25 59 86

Banderole du collectif des étudiant-e-s étrangers de Lyon, sans papiers et solidaires

Avec ou sans papiers, la solidarité est notre arme !

Le collectif des étudiant-e-s étrangers de Lyon, sans papiers et solidaires s’est recréé sur Lyon en 2015. Le collectif regroupe des étranger-e-s, avec ou sans papiers, étudiant-e-s ou se battant pour obtenir une inscription et des français solidaires.

Le collectif se propose d’apporter une solidarité concrète aux étudiant-e-s étrangers, sans papiers, ou menacé-e-s de le devenir, par le conseil et l’information issus du parcours et de l’expérience de chacun-e d’entre nous, et le soutien mutuel dans les différents instants (inscription, préfecture, tribunal, etc).

Face au renforcement de l’arsenal législatif et répressif de l’État visant les étrangers, chaque étranger-e est en effet en sursis permanent, et du jour au lendemain, la préfecture peut retirer le titre de séjour et mettre l’étranger en situation irrégulière.

Le quotidien des sans papiers, c’est une extrême précarité. Au travail sur-exploités, c’est dans la peur du contrôle de police, de l’enfermement et de l’expulsion que nous vivons quotidiennement.

Si on reste isolés, c’est aux nuits blanches et à la dépression parfois totale, que nous sommes condamnés. Et la pire des condamnations, c’est cette incertitude concernant le présent et le futur, ce point d’interrogation permanent, le fait de ne pas savoir ce qu’on va devenir le lendemain, du fait de notre situation pitoyable.

L’État voudrait toujours plus nous condamner au silence et à l’invisibilité. Face à cette situation nous disons qu’il n’est plus possible pour nous de rester isolés.

Ainsi, si nous nous regroupons en collectif, c’est donc aussi, et surtout, pour ne plus rester seuls et isolés, pour créer des liens de solidarité, qui sont pour nous comme une deuxième famille.

Pour se défendre, il est important de nous mobiliser et de nous organiser pour être plus forts afin de combattre et dénoncer collectivement les politiques d’exclusion et de discrimination des étrangers et pour la régularisation de tous les sans papiers.

Parce que les divisions qu’opère entre nous l’État pour nous affaiblir, pour pouvoir remporter la bataille nous ne pouvons nous-mêmes les reproduire. C’est pourquoi nous nous positionnons et nous battons forcément pour la régularisation de tous et toutes les sans papiers.

Ainsi, sans aucune distinction, noir-e-s, blanc-he-s ou arabes, quelque soit la nationalité, français ou étrangers, on est frères et sœurs d’armes et de galère !

Notre seul intérêt c’est la solidarité ! Tous pour un, un pour tous !

Ensemble on est plus fort-e-s !

Vous pouvez consulter ici le journal numéro 1 collectif

Liberté de circulation ! Qu’on vous appelle réfugié.e.s ou migrant.e.s… Vous êtes les bienvenu.e.s !

Refugees welcomeAylan, retrouvé mort sur une plage de Turquie, est devenu emblématique du sort fait aux réfugié.e·s. Sa photo a soulevé l’émotion. Mais depuis, la situation intolérable faite aux réfugié·e·s se poursuit et s’aggrave, tandis que les barrages policiers, les murs et barbelés se déploient aux portes et à l’intérieur de l’Europe.

Les migrant·e·s ne viennent pas par plaisir ou pour s’enrichir sur notre dos, mais fuient les guerres et la misère, largement provoquées par les politiques des gouvernements occidentaux – dont la France – qui consistent à piller les richesses et à faire la guerre en Afrique et au Moyen-Orient.

Alors l’émotion et l’indignation ne suffiront pas. Il faut des actes !
Il est plus que temps que toutes les personnes émues, indignées descendent dans la rue aux côtés des sans-papiers et des réfugié·e·s pour imposer aux gouvernements européens l’ouverture des frontières, la liberté de circulation, pour qu’il n’y ait plus d’autres Aylan, plus de morts au fond de la Méditerranée, dans des camions frigorifiques ou électrocuté·e·s dans le tunnel sous la Manche.

Nous refusons que l’on « trie » les immigré·e·s selon les pays d’origine ou les « causes » de leur exil. Nous sommes solidaires de tou·te·s, de Syrie, d’Afrique ou d’Asie.

Il faut abroger les accords de Dublin qui obligent les migrant·e·s à faire leur demande d’asile dans le pays de leur premier enregistrement.

Il faut également des papiers pour tou·te·s les réfugié·e·s, pour tous les sans papiers et leur donner les moyens de s’installer et travailler en Europe si c’est leur souhait.

Il faut mettre fin à Frontex, abroger les lois qui entravent la liberté de circulation et permettent de multiplier les expulsions, fermer les centres de rétention administrative. Les budgets consacrés à la chasse aux migrant·e·s doivent être consacrés à les accueillir.

C’EST POURQUOI NOUS APPELONS À REJOINDRE LA MANIFESTATION PLACE DES TERREAUX LE 15 OCTOBRE À 18H30

Tract_manif_réfugié-e-s_migrant-e-s_15.10.2015(pour télécharger le tract : Tract_manif_réfugié-e-s_migrant-e-s_15.10.2015)

Contacts :
Mail : uselfse@yahoo.fr
Blog : fselyon.wordpress.com
Facebook : page Solidaires Etudiant-e-s Lyon

Stop aux tests osseux à l’hôpital pour jeter des jeunes en prison ou à la rue ! RASSEMBLEMENT SAMEDI 13 JUIN

À Grange-Blanche et à Mère-Enfant, comme dans d’autres hôpitaux en France, des médecins font des radios, des scanners et d’autres examens, pour déterminer l’âge osseux de mineurs qui ne les ont pas demandés. Ils exécutent des décisions du Parquet ou de juges, pour vérifier si les jeunes migrants qui se disent mineurs en arrivant en France le sont vraiment. Malgré de nombreuses
protestations contre la pratique des tests osseux, le gouvernement vient de faire voter par l’Assemblée nationale l’inscription de ces contrôles dans la loi.
C’est une application de la politique d’immigration et de la politique d’austérité du gouvernement basées sur le soupçon généralisé, comme si tout migrant était un menteur ou un voleur en puissance, comme si les mineurs isolés étrangers étaient venus en France pour profiter de l’aide sociale à l’enfance. Le gouvernement veut nous faire croire qu’il a raison de fermer les frontières.
 
stop tests osseux
Les tests osseux n’ont aucune valeur scientifique !
Inventés dans les années 30 pour soigner des individus des classes moyennes et aisées d’Amérique du nord, les tests osseux ne peuvent pas servir à donner l’âge d’un individu, surtout lorsqu’il est proche de la majorité. C’est le Haut Conseil à la santé publique qui le dit dans un rapport de 2014. Le gouvernement lui-même le reconnaît puisqu’il les autorise en recommandant hypocritement de ne les utiliser qu’en dernier recours, et en tenant compte de leur marge d’erreur.
Les résultats des tests sont grotesques. Ils découpent chaque jeune en morceaux avec un poignet gauche de 17 ans, mais une clavicule droite de 26 ans, et tout ça finit par donner un âge mini de 26, un âge maxi de 35, un âge moyen de 31,7.
L’essentiel pour la police ou le Parquet est de pouvoir faire sortir de l’hôpital un papier signé du médecin disant du jeune suspect que sa minorité est « exclue ».
tests osseux
Les mineurs isolés étrangers ne sont pas des escrocs !
Ils viennent en France avec l’espoir d’y trouver une vie meilleure. Ils ont envie de pouvoir aller à l’école. Dans leur pays, c’était pour beaucoup inabordable à cause de la pauvreté de leurs familles. Ils ont risqué leur vie pour arriver jusqu’ici. Ils ont affronté la
soif dans le désert, le risque de noyade dans la Méditerranée, les rackets et la violence des passeurs et des policiers dans les pays traversés. La France doit-elle y ajouter l’exclusion, avec la prison ou la vie de SDF sans papiers et sans identité ?
 
Les souffrances et les injustices subies par les mineurs et jeunes majeurs isolés étrangers, ça suffit !
Soumis à l’humiliation des tests osseux, se sentant traités comme des animaux ou des esclaves à qui on va jusqu’à compter les dents, les mineurs isolés étrangers soupçonnés d’escroquerie sont laissés à la rue ou jetés des hôtels ou foyers où ils ont pu être un
premier temps accueillis. Convoqués à la PAF, des dizaines d’entre eux ont été placés en garde à vue, condamnés en comparution immédiate à des peines de prison et d’interdiction de territoire. Ils ont ainsi brusquement disparu de leurs lycées et centres
de formation. Sous de prétextes les plus divers, leurs pièces d’identité soupçonnées d’être fausses leur sont retirées. Avec ce traitement indigne infligé aux mineurs isolés, et les OQTF pour les jeunes majeurs qui demandent le droit de vivre en France à leur 18 ans, le gouvernement fabrique des jeunes précaires qui n’ont plus aucun droit !Samedi 13 juin à 14 heures 30 place d’Arsonval, devant l’entrée de l’hôpital Édouard-Herriot
Venez dire Stop aux tests osseux !

La jeunesse n’a pas de frontières !
droit au logement, à l’éducation,
au travail, aux papiers, pour tous !

arret tests osseux
Collectif jeunes majeurs 69/RESF
Premiers soutiens: Ensemble, la Cimade, LDH, NPA, OCML-VP, Raddhodiaspora, Solidaires étudiant-e-s – syndicat de lutte, UPC.Après cette action, RESF vous invite à participer à la semaine d’information interassociative sur les lois en préparation sur l’asile et l’immigration. 1 er rendez-vous : dimanche 14 juin à partir de 15 heures sur les berges du Rhône, pont de la Guillotière.

Rescapés de la Méditerranée ou du désert ! Jetés en prison ou à la rue à Lyon !

Le Parquet va de plus en plus vite et loin dans la répression des mineurs isolés étrangers…

Arrivé à Lyon le 16 mars, Oumar a été jeté en prison 10 jours après. Au moment où la télé nous montrait l’horreur des conditions d’arrivée des migrants en Italie, il sortait de la prison de Villefranche après y avoir passé presque un mois. Avant, il avait connu les rackets, la vente d’un passeur à l’autre de ses compagnons de voyage, l’enfermement plusieurs mois en Libye, la traversée avec 368 autres passages sur une pirogue qui est tombée en panne, le sauvetage in extremis pour lui, mais pas pour son frère mort noyé dans le bateau d’après avec tous les passagers.

La France serait-elle plus douce ? Conduit 3 fois la nuit par des policiers dans un foyer d’accueil à Lyon avec son acte de naissance lui donnant 16 ans, il en est chaque fois renvoyé le lendemain matin. La 4ème fois, c’est à la PAF qu’il est emmené. Accusé de mentir sur son âge parce qu’il présente 2 papiers dont l’un comporte une erreur sur le jour de naissance mais pas sur l’année, il est soumis aux tests osseux qui lui donnent 25, 30, ou 35 ans. Mis en garde à vue, il est condamné pour escroquerie à un mois de prison. La dite escroquerie porterait sur 1700 euros qu’il est condamné à rembourser pour 3 nuits de foyer !!!

Aucun de ses droits n’a été signifié à Oumar, ni celui de refuser les tests osseux, ni celui de faire appel du jugement. Aucun document écrit ne lui a jamais été fourni, ni la décision du parquet de refuser sa prise en charge, ni le résultat des tests osseux, ni le jugement du tribunal correctionnel.

Maintenant, il n’a plus aucun document d’identité. Ceux qu’il avait ont été gardés par la PAF. Il est sorti de prison pour aller dormir dehors sans papiers et sans un sous.

Parallèlement aux comparutions immédiates et aux condamnations qui continuent puisque 3 jeunes de nos connaissances sont actuellement encore en prison, des mineurs isolés provisoirement pris en charge sont sortis des dispositifs de protection de l’ASE, par la décision du Parquet ou de juges des enfants prise sur la base d’une 1ère suspicion sur leur minorité émise par la MEOMIE. D’autres sont rejetés dès leur premier contact à l’accueil de la MEOMIE.

Pour l’un c’est une juge des enfants qui a estimé que les résultats des tests osseux lui donnant plus de 26 ans permettaient de mettre son acte de naissance en doute… Pour l’autre, mineur de 17 ans jeté à la rue après quelques semaines d’hôtel, pourtant en possession d’une carte d’identité malienne, c’est une autre juge des enfants qui, tout en ordonnant un nouveau placement temporaire, ordonne une expertise osseuse alors que le Haut Conseil de la santé publique dit  dans son avis du 23 janvier 2014 : «  La détermination d’un âge osseux ne permet pas de déterminer l’âge exact du jeune lorsqu’il est proche de la majorité légale », et alors que l’article 47 du Code civil ordonne la reconnaissance des actes civils étrangers, sauf cas exceptionnels avec preuves à l’appui. Pour beaucoup, c’est le Parquet qui classe sans suites ou refuse de délivrer des ordonnances de placement provisoire et renvoie les jeunes à la rue…

Enfin, la Cour d’appel des mineurs de Lyon vient de donner raison aux 2 juges pour enfants qui ont fait jeter Mamoudou et Banthiéni de leur hôtel il y a 3 mois !

Les enquêtes policières accusant Mamoudou et Banthiéni de frauder sur leur âge et donc d’escroquerie, alors que leurs passeport et carte d’identité ont été reconnus authentiques par le bureau de la fraude documentaire de la PAF, ont suffi pour les rendre tous les 2 SDF à 16 et 17 ans, sans même attendre les appels encore en cours des 2 jugements du tribunal correctionnel!

La bataille pour le droit à la protection des mineurs isolés étrangers est de plus en plus dure, à Lyon comme partout ailleurs. Nous nous heurtons à la politique généralisée du soupçon à l’encontre des migrants, composante essentielle de la politique de l’immigration que le gouvernement Hollande veut encore durcir dans ses prochaines réformes de l’asile et du CESEDA. Nous nous heurtons aux procédures d’évaluation des mineurs isolés étrangers inscrites dans la circulaire Taubira et en cours d’inscription dans la loi. Nous nous heurtons au mépris de la présomption de minorité et de la présomption d’authenticité des actes d’état civil étrangers. Nous nous heurtons à la pratique systématique et généralisée des tests osseux. Obligés, notamment par de nombreux avis d’experts et par nos campagnes de protestation de reconnaître que les tests osseux ne sont scientifiquement pas fiables, le gouvernement et les députés qui majoritairement le soutiennent recommandent que les tests ne soient utilisés qu’en dernier recours, alors qu’ils savent tous qu’ils sont la pièce maîtresse de la plupart des accusations en l’absence de toute expertise des pièces d’identité. Ils le font en demandant que la marge d’erreur soit indiquée… Façon tout à fait hypocrite de reconnaître qu’on ne peut pas se fier aux tests, tout en livrant les jeunes migrants à l’arbitraire des décisions d’une fausse justice basée sur de fausses preuves !

Dans plusieurs villes, à Paris, à Nantes, à Orléans, des luttes se mènent pour les droits des mineurs isolés étrangers avec l’appui de beaucoup d’associations. A Paris, en solidarité et en guise de protestation, des tentes les abritent en face des structures d’accueil qui les rejettent. A Paris encore, des enseignants ont manifesté devant le rectorat pour leur scolarisation ou devant la mairie pour leur hébergement. A Nantes, un rassemblement devant le CHU a été organisé.

Nous voulons l’interdiction pure et simple des tests osseux pour évaluer l’âge des personnes, que ce soit à la demande des conseils généraux, des métropoles, des parquets ou des juges ! Nous voulons en plus la reconnaissance des actes d’état civil étrangers. S’il y a doute ou manque de documents, nous voulons que les structures de protection des jeunes les accompagnent dans le rétablissement de leur état civil, en dehors de toute procédure à visée répressive !

coll jeunes majeurs

Nous voulons pour tous, mineurs comme majeurs, isolés ou familles, la reconnaissance du droit au logement, à l’éducation, au travail ! Et spécialement pour les mineurs de toute nationalité qui ont leur avenir et le monde de demain à construire !

 

RESF/Collectif RESF Jeunes Majeurs 69/ 31 mai 2015

 

Contre tous les racismes et le fascisme, manifestons le 21 mars !

21MARS-defL’appel de l’Union syndicale Solidaires :

Le 21 mars, journée internationale de lutte contre le racisme, nous affirmerons notre détermination à défendre l’égalité contre toutes les politiques discriminatoires et les affirmations stigmatisantes dirigées à l’encontre de certaines populations selon leur nationalité, leur apparence, leurs origines, leurs croyances, leur orientation sexuelle. Nous dénonçons toutes les violences physiques et verbales qui visent à saper ce principe dans le but d’instaurer une société autoritaire.

À peine deux mois après les attentats de ce début d’année, alors que le gouvernement espère toujours regagner du crédit grâce à une « union nationale » il poursuit ses politiques antisociales, certaines de ses déclarations récentes ont participé à la confusion entre les principes mêmes d’une démocratie et la justification d’une vision sécuritaire, reprenant des termes qui sont les plus couramment utilisés par les organisations politiques les plus hostiles aux immigré.e.s…

La poursuite des politiques en faveur du patronat, à la recherche de profits toujours plus indécents, et la négation d’une véritable démocratie sociale, nourrissent la désespérance sociale et la montée des idées d’extrême droite. Nous refusons de laisser entendre que certain.e.s seraient plus égaux que d’autres : l’égalité ne peut être qu’entière et réelle. Aux inégalités sociales qui s’accroissent, s’ajoutent les inégalités de droits selon la nationalité : la liberté de circulation et d’installation n’existent que pour une minorité seulement dans le monde, les travailleurs/travailleuses sans papiers sont de plus en plus désigné.e.s comme des fraudeurs/fraudeuses alors que leurs droits en tant que salarié.e.s sont les plus bafoués, le droit de vote des étranger.e.s renvoyé à des débats des plus lointains…

Nous exigeons l’arrêt immédiat des expulsions, la régularisation immédiate des tous les sans papiers, le droit de vote des résident.e.s étranger.e.s à toutes les élections, et l’égalité des droits.

L’union syndicale Solidaires appelle à participer massivement aux initiatives et aux manifestations qui auront lieu dans plusieurs villes ce 21 mars pour l’égalité et contre tous les racismes et les fascismes.

Liste des manifestations :

Paris : 15H – Barbès
Alençon : vendredi 20 mars Préfecture 18h30
Auch : 10H30 – Place de la Libération
Avignon : 14H – Square Agricol Perdiguier
Calais : 15H – Parc Richelieu
Chambéry : 15H – Place St Léger
Clermont-Ferrand : 15H – Rectorat Avenue Vercingétorix
Épinal
Le Mans
Lyon : 15H00, Quai de Rhône (Pont de la Guillotière)
Nîmes : 11h30
Perpignan : 10H30 Place Arago
Poitiers : 15H – Palais de Justice
Rouen : vendredi 20 mars 18H30 – métro théâtre des Arts
Toulouse : 14H – Métro Empalot
Tours : 15H – Place jean Jaurès
Valence : 14 H – Tour de l’Europe Fontbarlettes (ZUP Valence)
15H30 – gare de Valence
Strasbourg : 15H – Place Kleber

Quand Lyon 2 profite d’un évènement tragique pour durcir sa politique sécuritaire

Communiqué de Solidaires Étudiant-e-s Lyon – Syndicat de Lutte en date du 25 janvier 2015, paru dans Un Pavé Dans Ta Fac n°4 :

Suite à la tuerie au siège de Charlie Hebdo et aux événements qui s’ensuivirent, faisant 20 morts ; face à « l’unité nationale » décrétée, il est important de se positionner.

Je Suis Charlie moutonUne fois l’émotion passée, il est de notre devoir collectif de comprendre les conséquences politiques de cet évènement. Dans les jours qui suivirent, le ministre de la Défense a annoncé le déploiement sur les « lieux sensibles » du territoire national de 10 500 militaires supplémentaires pour mener une « opération intérieure », faisant écho aux (27) « opérations extérieures » menées par l’État français (terme euphémisé destiné à désigner les théâtres de guerre dans lesquels est déployée de manière plus ou moins permanente l’armée française).
Dans le sillage d’une communication politique alimentant la surenchère sécuritaire et identitaire, surfant sur la vague émotive provoquée par l’attentat, l’extrême droite française multiplie les passages à l’acte racistes. Chaque jour amène son flot d’explosions ou d’incendies de mosquée, d’agressions de « musulman-e-s » ou supposé-e-s comme tel-le-s, de menaces de morts et de tags racistes : les actes « antimusulmans » recensés ces deux dernières semaines atteignent le nombre total comptabilisé pour l’année 2014 !

Ainsi, ce climat politique, instrumentalisé de toute pièce par la classe dirigeante, n’est qu’un prétexte pour mettre en place des mesures liberticides et sécuritaires renforçant toujours plus le contrôle de la population et prévenant ainsi toute contestation sociale.
La conséquence politique immédiate, la soi-disant « unité nationale », illustrée par les marches massives du dimanche 11 janvier, où tous les leaders conservateurs et réactionnaires (de « gauche » comme d’extrême droite) sont venus défiler, accompagnés de dirigeants de pays étrangers où la liberté de la presse est toute relative. La classe possédante et ses relais (nationaux comme internationaux) se sont superbement affichés pour aller chercher le consentement de la classe qu’ils dominent, en occultant soigneusement leur propre violence économique et sociale. Y a-t-il en effet une quelconque « unité nationale » possible avec ceux qui cassent les droits sociaux et le code du travail, appliquent des politiques de rigueur, répriment les mouvements sociaux et expulsent toujours plus de sans-papiers ?

Cependant, si ces derniers jours ont vu la « libération » (!) de la parole et du passage à l’acte racistes, le racisme institutionnel est à l’œuvre depuis bien plus longtemps. Rappelons à Lyon II la pantalonnade autour du contrôle au faciès fin septembre d’un étudiant qui avait le malheur de porter une djellaba sur le campus des Quais.
De façon bien plus insidieuse, systémique, le racisme se manifeste dans la structure même de la société dont l’université n’est pas exclue. Ainsi, l’organisation de la production s’inscrit dans une logique de sur-exploitation d’une main-d’œuvre considérée comme « immigrée » (c’est à dire non-blanche), souvent dans l’incapacité matérielle de refuser de mauvaises conditions de travail. En effet, les tâches les plus pénibles, les moins valorisantes et les plus mal payées sont réalisées par des travailleurs majoritairement « issus de l’immigration« , et féminins pour prendre l’exemple des agents d’entretien.

Depuis les attentats de Paris, sous prétexte du renforcement du plan Vigipirate, le président de l’université Jean-Luc Mayaud a décrété un contrôle strict des identités de toute personne voulant entrer sur le campus des Quais. Pour ce faire, seuls certains accès sont ouverts, chaque étudiant-e devant présenter sa carte étudiante et montrer le contenu de son sac aux agents de sécurité incendie, épaulés dans cette mission par des agents salariés d’une entreprise de sécurité privée. Ainsi Jean-Luc Mayaud parvient à débloquer rapidement des fonds pour renforcer sa « sécurité », mais pas pour payer les chargés de TD… On peut par ailleurs le noter, la « menace terroriste » semble plus importante pour la vitrine du « campus des Quais », que sur Bron, où sont pourtant présent-e-s la plus grande majorité des étudiant-e-s et personnels. Face à la « menace terroriste », tous les publics ne méritent pas d’être « protégés » ? Nous n’en sommes plus à une absurdité près.

En plus d’entretenir un climat de haine de l’autre, de peur et de suspicion permanente, ces contrôles de cartes conduisent à isoler un peu plus encore l’université du reste de la société et contrarient de fait l’activité syndicale qui cherche justement à l’ouvrir en tissant des liens et convergences avec l’ensemble des étudiants et des travailleurs. La présidence consacre ainsi sa vision de l’université comme lieu de passage où l’étudiant consomme ses cours (et son sandwich à la pause) contre nos volontés d’en faire un lieu de vie, un lieu d’organisation, de construction de nos capacités de mobilisation ouvert à tous ceux et toutes celles qui s’opposent à la dégradation des conditions de travail, d’études et, plus globalement, de vie.

Cette décision s’ajoute à la longue liste de mesures attentatoires aux libertés démocratiques les plus élémentaires mises en place par la direction de l’université. Nous savions déjà la liberté d’association largement remise en cause par le durcissement des critères d’agrément des associations et d’attribution des subventions, par le contrôle accru de leurs activités, par la suppression de certains lieux collectifs de réunion (suppression de locaux associatifs) ce qui a pour effet direct de veiller matériellement à ce qu’elles ne puissent réellement s’opposer aux politiques de liquidation capitaliste du service public de l’enseignement supérieur ; on peut aussi citer la suppression, de locaux, de panneaux d’expression libre, l’arrachage systématique d’affiches syndicales, etc. À présent c’est la liberté de circulation même qui est menacée à Lyon II !

Sous couvert de « sécurité » et de « protection de la liberté d’expression », l’État et le président de l’université décrètent des mesures visant à contrôler toujours plus la population et les étudiant-e-s et, au-delà de ça, à étouffer toute contestation sociale dans l’œuf.

Quel crédit peut-on apporter à un homme qui organise des minutes de silence dans son établissement en commémoration des victimes de l’attentat et pour la liberté d’expression et qui, parallèlement à cela, n’hésite pas à faire condamner et exclure des étudiant-e-s syndicalistes ayant participé à un mouvement étudiant contre la dernière réforme structurelle de l’Université ?

À Lyon II comme partout, la liberté d’expression est à deux vitesses !

Nous ne les laisserons pas nous enchaîner, pour sauvegarder notre liberté d’action associative et syndicale !

Non aux contrôles à l’entrée des facs !

Libertés de circulation, d’étudier et d’expression !

Pourquoi Solidaires étudiant-e-s ENS ne marchera pas dimanche

Solidaires contre tous les fascismes

Communiqué de Solidaires Étudiant-e-s ENS en date du 10 janvier 2015 :

Alors que Marc Mézard (directeur de l’école) vient d’annoncer par mail que l’ENS participera officiellement à la « marche républicaine » de dimanche, nous, Solidaires étudiant-e-s ENS, tenons à faire entendre aujourd’hui une voix différente. Nous ne marcherons pas dimanche.

Croyez bien qu’il ne s’agit pas là d’une simple provocation cynique, motivée par une quelconque volonté d’être coûte que coûte à contre-courant. Comme vous, nous avons été choqué-e-s par les assassinats qui ont coûté la vie à douze personnes dans les locaux de Charlie Hebdo et causé de nombreux/ses blessé-e-s, par la fusillade de Montrouge, ainsi que par la prise d’otage dans une épicerie casher qui a fait quatre morts. Nous tenons à apporter notre solidarité aux victimes et à leurs proches. Nous condamnons sans réserve ces actes horribles. La liberté d’expression et la liberté de culte sont des libertés publiques fondamentales. En s’y attaquant avec cette violence meurtrière, ces actes relèvent bien du fascisme et de l’antisémitisme. Les rassemblements spontanés qui se sont organisés partout en France témoignent de la très forte émotion que cette atrocité a suscitée et d’une grande aspiration à la solidarité.

Toutefois, cette émotion qui submerge aujourd’hui le pays, si elle est bien évidemment nécessaire, peut rapidement se retourner en un mécanisme des plus pervers, dès lors que les intérêts politiques viennent faire leur commerce sur son dos. Et c’est ainsi que la légitime indignation collective vient à se transformer en « unité nationale », nécessaire à la défense des « valeurs de la République ». Mais que se cache-t-il derrière ces grands mots ? Avec ces appels à l’union sacrée, c’est un immense chantage que nous voyons se mettre en place, autour d’une rhétorique manichéenne proclamant haut et fort : « tous ceux qui ne sont pas avec nous sont avec les islamistes ». Nous sommes alors placés devant un ultimatum : soit vous marchez avec nous, avec le gouvernement – qui a décidé de cette manifestation – avec l’UMP, peut-être même avec le FN, soit vous cautionnez les attentats qui ont eu lieu.

Non, nous refusons les termes de l’alternative. Nous ne cautionnons pas plus que quiconque ces assassinats, et nous ne marcherons pas pour autant aux côtés de l’UMP ou du FN dans une marche qu’ils présentent déjà comme notre réponse à une guerre de civilisation. L’union sacrée, que cette marche républicaine doit consacrer, est un instrument dangereux, destiné à effacer perversement toutes les lignes de fracture entre les tenants de l’islamophobie et celles et ceux qui la combattent. Elle vise à ouvrir la porte à toutes les lois antiterroristes, xénophobes et répressives, étouffant toute voix dissonante sous le besoin d’unité. Elle cherche à disqualifier d’avance toute critique des discours et des politiques islamophobes qui commencent déjà à émerger, en faisant de ceux et celles qui la tiendront les allié-e-s des djihadistes. Elle dissout la dénonciation de l’islamophobie d’État et du système médiatique dans, au mieux, la mise en garde contre les amalgames, au pire, l’appel au réalisme face à cet islam qui nous attaque. Le jeu est décidément trop dangereux, qui consiste à suivre dans leur marche le gouvernement, la droite et l’extrême-droite, feignant de ne pas voir que cette manifestation soi-disant silencieuse porte déjà avec elle tous les discours que nos politiques ont tenu ces derniers jours. Nous avons pleinement conscience que de très nombreux gens très bien iront marcher de bonne foi : mais que toutes ces personnes le veuillent ou non, le sens de cette manifestation a déjà été défini, et ne peut que participer à la mise en place de la logique néfaste que nous venons de décrire. Rappelons nous que les attentats du 11 septembre aux États-Unis ont été l’occasion pour le gouvernement américain de faire passer des lois extrêmement liberticides en termes d’espionnage et de répression, avec le renforcement d’une législation d’exception, et l’ouverture de zones de non-droits telles que Guantanamo. Ne commettons pas deux fois les mêmes erreurs : en défilant de bonne foi pour la liberté de la presse, on risque de participer à démanteler d’autres libertés fondamentales, en cautionnant le renforcement de l’espionnage et la brutalisation des méthodes de répression.

La solidarité avec les victimes doit s’accompagner du combat contre tous les fascismes, religieux ou nationalistes et contre tous les racismes. La marche républicaine de dimanche, et l’unité nationale qu’elle vise à promouvoir ne peut que l’empêcher. Bien au contraire, il s’agit de faire taire la conflictualité sociale et d’unir la population derrière les dirigeant-e-s qui mènent des politiques extérieures impérialistes et des politiques intérieures antisociales, de stigmatisation raciste et anti-immigré-e-s, de chasse aux sans-papiers et de harcèlement des Roms. Dans un contexte où le racisme a déjà le vent en poupe, que les personnes cataloguées « arabes » ou « musulmanes » subissent tout particulièrement, nous devons nous opposer à toute stigmatisation qui pourrait résulter d’une volonté politique d’assimiler à cet acte atroce des personnes sous prétexte de leur culture ou de leur religion, réelles ou supposées. Dès le lendemain du massacre, tandis que l’ENS elle-même voyait ses murs recouverts de tags tels que « non à l’islam(isme) », plusieurs attaques ont eu lieu contre des lieux de culte musulmans, avec grenades et armes à feu. Nous condamnons fermement ces attentats, qui visent à créer eux aussi un climat de terreur et à activer une guerre raciste. Et, quitte à briser l’union sacrée, nous rappelons que ces politiques portent une lourde responsabilité dans le climat actuel et dans ses effets délétères. Ce n’est pas en le taisant au cours d’une marche silencieuse que nous ferons régresser les fanatismes et les fascismes. Se ranger derrière le gouvernement dans le cadre d’une union sacrée qui nous condamnerait à ravaler toute critique ne permettra pas de mieux lutter contre le fondamentalisme religieux, mais ne conduira qu’à nous empêcher de lutter efficacement contre ce qui fait son terreau : la stigmatisation systématique des populations musulmanes dont l’État, ces dernières années, s’est largement fait le complice.

Nous tenons enfin à signaler que c’est à notre connaissance la première fois que l’ENS participe officiellement à une initiative telle que cette marche. Quoi que nous pensions de cette dernière, il pourrait être légitime que l’ENS s’engage dans ce genre de démarches. Il y a néanmoins de quoi s’étonner de cette indignation à géométrie variable. Jusqu’ici, ce n’était pas la politique de l’École que de s’afficher pour défendre des causes telles que la liberté d’expression ou la solidarité vis-à-vis des victimes du fascisme. En 2010, la direction de l’ENS défendait la liberté d’expression en interdisant plusieurs conférences sur la Palestine (dont une avec Stéphane Hessel), et a été condamnée par le tribunal administratif avant de faire appel devant le conseil d’État. De même, pourquoi l’ENS n’a-t-elle pas participé en 2013 aux manifestations qui ont fait suite au meurtre par des fascistes néo-nazis d’un étudiant de Sciences Po ? Nous espérons qu’à l’avenir l’École saura s’engager sans attendre les ordres du ministère et des médias. Mais cette difficulté à s’indigner dès lors que l’islam n’est pas en cause ne touche bien sûr pas que l’ENS. Il y a en moyenne tous les ans 120 victimes occidentales du terrorisme islamiste (Mathias Delori, chercheur CNRS), qui sont la plupart du temps – à juste titre – dénoncées. Mais qu’en est-il de ces autres morts que nous ne pleurons pas et qui sont invisibilisées par les médias : 148 femmes tuées par leur conjoint en France en 2012, 3 militantes Kurdes assassinées en plein Paris en 2013 probablement par les services secrets turcs, 3072 migrants morts en Méditerranée en 2014, une dizaine de victimes de la police tous les ans, plus de deux milles morts Palestiniens cet été et des manifestations de soutien interdites par le gouvernement, mais aussi la majorité des victimes des attentats islamistes qui restent dans l’anonymat le plus complet, parce qu’elles sont afghanes, syriennes, irakiennes, yéménites… Il ne s’agit évidemment pas de relativiser un crime en en brandissant d’autres, mais seulement de souligner combien il est préoccupant que « l’union sacrée » n’ait à se faire que quand l’islam entre en jeu. Comment croire que cette « unité nationale », dès lors, ne tend pas déjà, consciemment ou non, dans le sens d’une logique islamophobe ?

À bas le Front National, à bas les flics, à bas le racisme d’État ! Ils veulent nous abattre ? On résiste !

Samedi 29 novembre aura lieu à Lyon une manifestation contre le Front National, contre le racisme d’État et contre la répression et les violences policières.

Nous luttons contre le Front National, parti xénophobe qui prône une politique nationaliste et ultra-sécuritaire.
Or ce parti vient faire son congrès à Lyon le week-end du 29 et 30 novembre. Nous considérons qu’il est intolérable que le FN puisse librement propager ses discours fascistes.
Nous dénonçons aussi la politique raciste et répressive d’un État dirigé par la « gauche ».
Qu’il soit PS ou UMP, le gouvernement casse nos acquis sociaux (ANI, assurance chômage, retraites), dégrade nos conditions d’étude (LRU, loi Fioraso,…) : de fait, c’est à nos conditions de vie qu’il s’attaque ! De « gauche » comme de droite, il expulse les sans-papiers, stigmatise les Rroms, mène des politiques islamophobes dans le but de masquer sa responsabilité dans la crise que nous subissons. Il veut nous diviser et briser toute contestation en réprimant toute personne qui refuse de baisser la tête !

Nous nous révoltons face à la répression et aux violences policières, orchestrées par l’État.
Omniprésence policière, contrôles au faciès, répression des mouvements contestataires, mutilations et meurtres ! Voilà ce que nous vivons au quotidien dans les fac, dans les quartiers, dans les lycées, dans les stades, sur les ZAD… Qu’attendons-nous pour relever la tête ? Qu’attendons-nous pour leur montrer que nous ne les laisserons pas nous briser ?

Nous, étudiants et étudiantes, sommes pleinement concerné.e.s : c’est nos vies, nos avenirs qui sont en jeu !
Pour toutes ces raisons, nous répondrons présent-e-s dans la rue le 29 novembre !

Organisons-nous pour lutter ! Organisons-nous pour vivre !

Mardi 25 – Mercredi 26 : tractages massifs sur le campus de Bron pour la journée du 27 et la manif du 29

Jeudi 27 : Journée de ré-appropriation du forum sur le campus de Bron
À partir de 8h : stand de crêpes et table de presse + tractages
12h : Repas à prix libre
14h : Discussion sur le thème du fascisme
16h : Atelier banderoles, pancartes…

Vendredi 28 : tractages pour la manif du 29

Samedi 29 à 14h : rendez-vous place Jean Macé pour manifester contre le FN, contre le racisme d’Etat et contre les violences policières !!

Nous appelons toutes les universités à rejoindre le mouvement, à s’unir dans la lutte !
Nous appelons touTEs les étudiantEs à venir lutter à nos côtés, vénères, détér’ et solidaires !

Face aux flics, aux fascistes et aux racistes,

Unissons-nous, RIPOSTONS !

Comité de mobilisation Lyon 2

Non à l’expulsion de Saïd Niroumand ! Des papiers pour notre camarade !

Opposant au régime de la République Islamique d’Iran, Saïd Niroumand a dû fuir son pays pour l’Europe en avril 2009. Sa demande d’asile ayant été rejetée, Saïd Niroumand, sous le coup d’une Obligation de Quitter le Territoire Français, est actuellement menacé d’expulsion.

En Iran, un mandat d’arrêt a été prononcé à son encontre pour << injures envers les valeurs sacrées >>. Il militait là-bas pour la liberté d’expression contre l’islam politique.

S’il était expulsé, la liberté, la sécurité et même la vie de Saïd Niroumand seraient gravement menacées. Surtout dans le contexte actuel où la répression et les exécutions s’intensifient contre les opposant(e)s au régime.

Saïd Niroumand a, depuis son arrivée en France, participé à de nombreuses manifestations et actions publiques en faveur des droits humains, contre l’oppression des femmes, comme par exemple la campagne contre la lapidation de Sakineh Mohammadi en 2010. Aux côtés du Parti Communiste-Ouvrier d’Iran et de la CGT il milite pour la libération des prisonniers politiques et syndicalistes en Iran. Son statut d’opposant politique l’a amené à prendre la parole publiquement dans le cadre de conférences ce qui menace d’autant plus sa sécurité.

Son engagement permanent lui permet d’être soutenu par de nombreuses personnalités, élus, associations, organisations syndicales et politiques (….). Une pétition pour sa régularisation a recueilli plus de 800 signatures.

Aujourd’hui inscrit à l’université Lumière Lyon 2, Saïd étudie l’Histoire et continue de militer en tant que syndicaliste étudiant. Il a également obtenu récemment une promesse d’embauche.

Aussi, nous demandons à la Cour nationale du droit d’asile de lui accorder rapidement un titre de séjour pour qu’il puisse vivre, étudier et travailler en France en toute sérénité.

Pour soutenir notre camarade nous vous appelons à relayer par tous les moyens cet appel (publication sur votre site internet, facebook, et auprès de vos réseaux militants) et à participer à un rassemblement de soutien le 14 novembre à 13h devant la Cour Nationale du Droit d’Asile 35 Rue Cuvier, 93100 Montreuil (salle 017)
(Accès ligne RER A station Vincennes, Métro ligne 9 station Robespierre)

Communiqué du comité de soutien à Saïd Niroumand

Quand les agents de sécurité de l’université se prennent pour l’antiterrorisme. Chronique du sécuritaire dans une France en guerre.

Lundi 29 septembre, à l’université Lyon II, alors que les étudiants vaquaient tranquillement à leurs occupations, la menace islamiste est venue troubler la sérénité de leur pause déjeuner en la personne… d’un autre étudiant.
Crime entre tous en cette période de guerre : ledit étudiant portait une djellaba. C’était sans compter l’âme de superflic de nos deux agents de sécurité (incendie) de l’université qui, alertés par cette présence menaçante, n’ont pas manqué d’intervenir.
A peine levé du banc sur lequel il s’était un temps posé avant de retourner étudier, deux agents de sécurité accouraient pour le filer.

Bien organisés, une de nos agents allaient immédiatement récolter du renseignement auprès des étudiants à côté desquels il était installé, tandis que le second, n’écoutant que son courage, se lançait à la poursuite du dangereux criminel.
Une fois intercepté à l’entrée de l’amphithéâtre, le chef de la sécurité opérait un contrôle d’identité poussé.*


Quelle ne fut pas sa déception de constater que le dit individu ne faisait que se rendre en cours magistral…
On connaissait déjà les pratiques policières et de renseignement des agents de sécurité de l’université. Il faut rappeler que les militants syndicalistes récemment condamnés l’ont été sur la base des seules dépositions des agents de sécurité.
L’étroite collaboration entre le renseignement intérieur et les services de l’université n’est pas une nouveauté. Mais nous devons reconnaître qu’elle atteint aujourd’hui une gravité que nous ne pouvions pas soupçonner.
A force de fréquenter de trop près les services de police, certains agents de sécurité deviennent de véritables sources zélées prêtes à travailler gratuitement pour sa majesté.
Nous ne pouvons pas tolérer des pratiques policières au sein de l’université et encore moins accepter des contrôles au faciès !

Dans le contexte de propagande islamophobe, ces méthodes sont l’expression directe du racisme d’Etat qui pour justifier ces interventions impérialistes désigne un ennemi intérieur, stigmatise une partie de la population sur des bases confessionnelles.
À bas l’État raciste et ses laquais aux ordres !
LA VOIX DE L'ANTITERRORISME (

*Les agents de sécurité ne sont pas assermentés pour vous demander de justifier de votre identité. Personne -avec ou sans djellaba- n’a à justifier de son identité dans l’enceinte de l’université !

URGENCE ! Procédure d’expulsion contre Fouzia, étudiante à Lyon 2 !

Fouzia, étudiante sans-papiers à l’université Lyon 2, s’est faite arrêter ainsi qu’une de ses amies Khawla il y a 72 heures.

 

Elles sont toutes deux actuellement enfermées au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry. La préfecture prévoit leur expulsion vers le Maroc pour CE DIMANCHE !

Fouzia passe au tribunal administratif DEMAIN VENDREDI 22 AOÛT À 10H00 (184 rue Duguesclin -Tram T1 Palais de Justice Mairie du 3ème). SOYONS NOMBREUSES ET NOMBREUX POUR LA SOUTENIR !

Exigeons leur libération immédiate !
Préparons-nous à nous mobiliser afin d’imposer leur libération si nécessaire, et leur régularisation !
À bas l’État raciste ! Régularisation de tous les sans-papiers !

Actualisation au 22/08/2014 :

Le recours devant le tribunal administratif a été accepté. Fouzia a été libérée hier ; elle va cependant recevoir une OQTF prochainement. Le combat continue !
Merci à toutes et tous pour votre soutien.

photo sans paps

Violences policières, racisme d’État, médias complices : à bas l’État postcolonial !

Dimanche dernier, suite à la victoire de l’Algérie, la police a violemment réprimée les manifestations spontanées de joie.

Cela avait été l’occasion pour la préfecture de boucler le quartier de la Guillotière dès le début de soirée, le fermant à la circulation, puis de l’occuper militairement pour soi-disant prévenir, (en réalité provoquer !) des affrontements, et pour pouvoir ainsi mater l’affront. (lire pour s’en convaincre l’article précédemment rédigé par les militant-e-s de la G.A.L.E http://rebellyon.info/?Rage-populaire-a-la-Guillotiere-Apres-le)

Se sont alors succédés gazages arbitraires, tirs tendus de grenades lacrymo, tirs de flash-ball, matraquages, arrestations, accompagnées parfois de coups portés sur des personnes déjà à terre.

source photo rebellyon.info

Les médias dominants en ont fait les gros titres, soulignant « une nuit de violence » ; mais très peu ont relaté les réelles violences : les violences policières. Elles sont au contraire partout légitimées en désignant un ennemi : étranger, jeune, pauvre, les quartiers populaires. Ainsi, l’usage massif de gaz lacrymogène et les tirs de flashball à de nombreuses reprises à l’encontre des manifestants peut ainsi être expliqué ! (300 munitions utilisées dans la soirée selon le Progrès !)

Ce que n’est pas prêt à supporter l’État français c’est de voir des enfants d’immigrés porter la fierté d’un sentiment national envers une ex-colonie française.

Jeudi, les flics, échauffés par l’ambiance de dimanche dernier, seront massivement mobilisés, prompts à réprimer les manifestations de joie des quartiers populaires.

Dès lundi, le préfet annonçait fièrement la mise en place d’un État d’exception pour l’occasion du prochain match de l’Algérie, ce jeudi.

Il prévoit ainsi la mobilisation de 3 unités supplémentaires de la Gendarmerie Mobile pour l’occasion, deux lanceurs d’eau ainsi qu’un hélicoptère. Ils prévoient déjà de réaliser de nombreuses interpellations et comparutions immédiates en mettant en place un dispositif judiciaire d’exception.

Le directeur de la sécurité publique annonçant dès maintenant la vengeance de l’État. Selon ses propres termes : « ce sera tolérance zéro, que ceux qui veulent essayer viennent voir, ils ne seront pas déçus. » (!)

Encouragés par les appels belliqueux du préfet, les Identitaires – groupe d’extrême-droite – ont appelé à une manifestation pour 22h place Gabriel Péri à la Guillotière et essaient pour cela de mobiliser certains hooligans racistes.

Ce qu’attendent les fascistes d’un tel effet d’annonce, c’est encourager une répression policière plus violente encore par le bouclage pur et simple du quartier et l’annulation de toute possibilité de fêter une possible qualification. Retour ligne automatique
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NON A L’OCCUPATION MILITAIRE DE LA GUILLOTIERE ET DES QUARTIERS POPULAIRES !Retour ligne automatique
FLICS, RACISTES, FASCISTES, HORS DE NOS VIES !