Lettre ouverte d’anciens étudiants de l’Université Lyon 2 sur les pratiques répressives des présidences successives

Ancien-ne-s étudiant-e-s de l’Université Lyon 2, nous avons eu à connaître, dans le cadre d’activités militantes, plusieurs des équipes présidentielles qui se sont succédé dans la période des dix dernières années à la tête de l’institution. Nous avons eu à subir, à des moments différents, et à l’initiative de responsables différents, des méthodes de surveillance et de répression qui se sont, à chaque fois, soldées par un nouveau discrédit pour les dirigeants du moment.

Vidéos, articles de presse, jugements des tribunaux relaxant des personnes mises en cause injustement et divers autres documents en attestent : ni la destruction de locaux associatifs et syndicaux, ni la destruction du matériel d’autrui, ni le fichage illégal, ni la prise d’arrêtés visant à proscrire l’entrée du campus à une étudiante sans respecter le principe du contradictoire, ni l’emploi brutal de la force par des agents de sécurité privés lourdement armés, ni le signalement aux services de police sur la base de faits imputés calomnieusement à telle ou tel militant-e connu-e n’ont par le passé fait reculer les présidences successives. Ces faits répétés, qui témoignent du climat très particulier de l’Université Lyon 2, ne doivent pas être passées sous silence. Nous sommes prêts à en constituer l’historique, documents à l’appui. Car ce climat, cet historique, éclairent d’une lumière toute différente les allégations de la Présidence en matière de répression.

Il est primordial que ces pièces soient consultées par toute autorité, qu’elle soit judiciaire ou administrative qui aurait à traiter de « plaintes » émanant de cette Université, ainsi que par tout journaliste qui aurait à en relater les suites : Leur dévoilement, ne laissant aucune place pour le doute, a en effet conduit à la crise chacune des présidences successives. L’ancienne se voyant toujours évincé par une nouvelle, a promis la main sur le cœur d’être à l’écoute du mouvement social et d’abandonner les pratiques illégales – pour renouer quelques mois plus tard avec celles-ci.

non a la criminalisation du mvt syndicaleIl y a visiblement, de ce point de vue, un problème structurel au sein de cette Université – allant bien au-delà de la personnalité changeante du président du moment. Nous apprenons maintenant que trois militant-e-s syndicalistes sont à nouveau mis en cause pour une action collective visant à dénoncer l’application de la réforme Fioraso, s’étant déroulé le 21 novembre 2013. Ces dernier-e-s sont accusées des habituels faits de « violence » qu’on reproche usuellement aux syndicalistes investis, auxquels s’ajoutent parfois l’incrimination pour « rébellion » dont les études statistiques et de nombreuses enquêtes journalistiques montrent qu’elle est devenue récurrente chez certains agents de police sur la base de motivations très discutables, et, bien souvent, arbitraire.

Nous souhaitons indiquer par cette tribune ouverte que nous nous tenons à disposition pour apporter les précisions utiles sur chacune des affaires mentionnées ci-dessus, au cours desquelles les représentants de l’institution se sont non seulement départis en toute occasion de la probité normalement attachée à leur fonction, mais encore ont contrevenu à de nombreuses reprises à la loi. Nous pensons quoi qu’il en soit utile à l’autorité judiciaire de connaître ces éléments, de sorte à ce qu’elle traite des plaintes formulées par l’Université Lyon 2 à l’égard d’étudiant-e-s avec toute la circonspection nécessaire s’agissant d’une situation institutionnelle de récidive dans le mensonge, la violence et la répression des libertés syndicales.

Signataires :

Alexandre Maupin militant FSE, ancien élu au conseil de faculté de droit et science politique, poursuivi en 2009 par l’université à l’occasion de la mobilisation étudiante contre la LRU. Relaxé. Syndicaliste CGT.

Tayeb Tounsi : militant FSE, poursuivi par l’université en 2009 à l’occasion de la mobilisation étudiante contre la LRU. Relaxé. Syndicaliste CGT.

Florent Pénicaut : militant FSE, ancien porte-parole à l’international pour la Fédération, ancien élu suppléant au Conseil d’Administration de l’Université, convoqué au commissariat en 2013 sur la base d’un dossier fournie par les services juridiques de l’université. Jamais poursuivi.

Rémi Pages : militant et ancien président de la FSE, ancien élu au Conseil d’Administration de Lyon 2, convoqué au commissariat en 2010 sur plainte du Directeur Général des Services de l’Université et témoignages des agents de sécurité incendie pour avoir « fumé dans l’enceinte de l’université ». Interrogé pour ses activités syndicales. Non fumeur. Classé sans suite.

Samy Dichy : ancien élu FSE au Conseil d’Administration de Lyon 2, convoqué en 2007 devant le Conseil de Discipline en raison de ses activités syndicales. « Avertissement ».

Florian Marcellin : militant FSE, inculpé en 2007 à l’occasion de la première mobilisation étudiante contre la LRU. Relaxé.

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