Les élections passent, celles et ceux qui luttent restent ! Résultats des élections aux conseils centraux de Lyon II

voteMaintenant qu’est terminé le cirque électoral à l’Université Lyon II, les artistes sont tous rentrés chez eux. Le Bureau National de l’UNEF a regagné la gare, destination Paris ; les Marseillais et les Montpelliérains de l’UNI-Mét également. Quant à GAELIS (corpos), ils ont regagné leur fief de Lyon I.

 

La participation aura été d’à peine plus de 8 % (soit 2363 votants sur 28 828 étudiantEs inscritEs). Pour ce qui est de la Commission recherche du CFVU, elle est tout simplement risible : 2,6%, soit 32 votantEs pour 1210 inscritEs.

 

Mais ces 8,2% d’étudiantEs savent-ils seulement pour QUI ils ont voté ?

 

GAELIS, corporation des corporations étudiantes, arrive en tête de ces élections et « détrône » ainsi l’UNEF.

Sous leurs bonnets jaunes, leurs sourires, et leurs propositions consensuelles (ex : « accès pour les handicapés aux bâtiments, rénovation des bâtiments etc. »)  certains ont cru discerner des « associations indépendantes » : la réalité n’en sera que plus dure à subir. En effet, derrière leur « apolitisme » affiché, les éluEs de GAELIS ne se privent pas en conseils locaux, comme au niveau national, d’approuver les réformes successives de privatisation des universités (approbation de la loi LRU, volonté de faire entrer les entreprises dans l’université, de soumettre la production des connaissances aux intérêts du privé etc.).

Ceux qui prétendent au moment des élections « défendre les étudiants dans les conseils » n’hésitent cependant pas à participer au nettoyage social de l’université. Alors qu’ils siégeaient en commission disciplinaire ces 2 dernières années, ils ont participé à sanctionner et exclure plusieurs dizaines d’étudiantEs la plupart du temps précaires, les contraignant pour certains à rembourser leurs bourses, et les mettant purement et simplement à la rue, les privant d’accès à l’enseignement supérieur !

Malheureusement pour celles et ceux qui leur ont fait confiance, ces gens-là n’ont aucune activité réelle sur Lyon II si ce n’est dans les conseils où ils se privent bien de rendre compte de la réalité de leurs pratiques.

 

Mais que se passe-t-il quand ces « associations indépendantes » sont réellement implantées sur les universités ?  

Prenons l’exemple de Lyon I : GAELIS y est là-bas une vraie mafia, aucune association ne peut s’y implanter sans leur accord ; mais c’est pour les organisations syndicales et politiques que c’est le plus compliqué. En effet, ils cherchent systématiquement à empêcher la tenue de réunions politiques et syndicales. Tout affichage politique y est proscrit, la totalité des panneaux d’affichage leur étant réservés, qu’ils recouvrent régulièrement d’affiches sexistes pour des soirées étudiantes.

Bref si eux n’ont rien à remettre en question dans cette société qui leur convient bien, ils mettent tout en œuvre pour saboter l’expression et l’organisation de celles et ceux qui luttent contre la dégradation de leurs conditions de vie, de travail et d’études.

Même s’ils tentent sur Lyon II de se faire passer pour de pacifistes démocrates et de se victimiser « face aux violences de l’extrême-gauche », quand le rapport de forces le leur permet ils n’hésitent pas à agresser physiquement les militantEs.

 

Quant à l’UNEF, cette année, elle n’a réussi qu’avec difficulté à maintenir l’illusion qu’elle était un syndicat défendant les conditions des étudiants. En effet, satellite du Parti Socialiste, leur seule activité cette année aura été de venir défendre leur gouvernement et la loi Fioraso lors des Assemblées Générales, en omettant de se présenter en qualité de membre de l’UNEF.

L’UNEF, comme à son habitude, après une opposition de façade dans un premier temps, est finalement venue au secours d’une présidence en difficulté.

Ainsi, après la démission de l’ex Vice-président chargé des études et de la vie universitaire (c’est-à-dire en charge des problématiques étudiantes), l’UNEF a permis l’élection de Luc Baumstark, ex Doyen de la faculté d’économie, particulièrement réactionnaire, élitiste et en faveur de la soumission de l’université aux intérêts privés.

Par ailleurs, l’UNEF a beau dans ses tracts et interventions faire mine de se battre pour des rallonges budgétaires, en pratique, ils ont donné leurs 2 voix au Conseil d’Administration en faveur d’un budget en restriction. L’indépendance syndicale est une position compliquée à tenir quand leurs préoccupations quotidiennes reposent sur l’espoir d’obtenir quelques places au Parti Socialiste ou dans ses organisations satellites.

 

Derrière l’image de nouvelle association de la « Fabrique » se cachait la Cé (Confédération étudiante) – branche étudiante « syndicale » de la CFDT, un syndicat pro-patronal, ne faisant même plus mine de s’opposer aux nombreuses récentes réformes antisociales avant de le signer (ANI, réforme des retraites, UNEDIC etc.)

La Cé, forte de son inexistence sur Lyon II comme ailleurs, aura donc préféré apparaître sous un faux nom pour ne pas avoir à assumer son bilan.

La politique de la Cé est d’accompagner les restructurations des universités afin de mieux les soumettre aux intérêts immédiats du patronat, tout en prétendant qu’ils correspondent aux intérêts des étudiantEs.

En effet, la « flexisécurité » qu’ils nous vendent à longueur de journée, c’est la flexibilité (précarité) des étudiants/stagiaires/travailleurs/chômeurs, pour la sécurité des entreprises.

Fac verte, association écolo connu pour son AMAP, a obtenu un élu au Conseil d’Administration. Si leurs revendications sont relativement consensuelles, nous ignorons pour le moment quelles positions ils prendront dans les conseils vis à vis de la privatisation de l’université et des réformes en cours.

 

L’UNI-Mét se « cachait » quant à elle derrière le nom de liste « tous ensemble pour la réussite de Lyon II ». Mais qui désigne ce « tous ensemble » énigmatique ? Il s’agit du même « tous » que celui de la «Manif pour Tous » : pour cette droite universitaire qui regroupe l’UMP et l’extrême-droite (FN, MIL, Debout La République), les nationalistes et les catholiques intégristes, c’est « tous » sauf les pauvres, les homos et les minorités racialement désignées ! Son bilan : participation active aux nombreuses manifestations homophobes contre l’égalité des droits, soutien aux politiques racistes d’expulsion des sans-papiers pratiquées par l’UMP comme le PS, stigmatisation des étrangers etc.

Concernant les universités, ils défendent une conception ultra élitiste, et derrière l’affichage de façade de la valeur du mérite se cache en réalité des fils et filles à papa bien néEs, qui s’inquiètent de la massification de l’accès à l’université qui risquerait de compromettre leur place au soleil.

Le seul mérite que l’on peut éventuellement leur reconnaître est celui d’assumer une position de classe, contrairement aux autres organisations qui parviennent difficilement à la dissimuler.

 

Le GUD (Groupe Union Défense) lui a fait une rapide apparition pour essayer de diffuser un tract dont le contenu était à la hauteur de leur intelligence politique, avant de s’en débarrasser afin de courir plus vite.

Ainsi, contrairement à ce que prétend l’UNEF qui, une semaine auparavant, écrivait un communiqué appelant les forces de l’ordre à intervenir sur les campus (!), la seule manière d’assurer notre sécurité est de s’organiser collectivement pour assurer par nous-mêmes notre autodéfense.  

Une fois de plus, on doit noter que les « grands esprits » se rencontrent : l’UNI-Mét dont la moitié de leur programme appelle à réprimer plus sévèrement les éléments contestataires et progressistes de l’université ; le GUD dont la seule phrase de leur « tract-dessin » était « libérer l’université du marxisme » partagent ainsi la même politique répressive que la présidence de l’université.

Il apparaît ainsi que l’extrême-droite et la présidence se rencontrent inévitablement quand il s’agit de réprimer les étudiantEs qui luttent. Leur dénominateur commun ? La même défense des intérêts de la classe dominante dans sa fuite en avant pour maintenir les taux de profit et ainsi dégrader nos conditions de vie, de travail et d’études !

 

Bref, à la base c’était pour annoncer les résultats des courses. 

 

Donc pour le Conseil d’Administration :

  • GAELIS : 2 sièges
  • UNEF : 1 siège
  • FSE et étudiant-e-s mobilisé-e-s : 1 siège
  • Fac verte : 1 siège

 

Pour le CFVU Lettre Sciences Humaines :

  • GAELIS : 3 sièges
  • UNEF : 3 sièges
  • FSE et étudiant-e-s mobilisé-e-s : 2 sièges
  • Fabrique ta fac : 1 siège

 

CFVU Droit Économie Gestion :

  • GAELIS : 2 sièges
  • UNEF : 1 siège
  • Fabrique ta fac : 1 siège
  • UNI-Mét : 1 siège

(Pour plus d’infos sur les résultats, on vous invite à consulter cet article)

 

Enfin, le cirque est terminé, place à la lutte !

 

Nous remercions celles et ceux qui nous ont apporté leur soutien !

 

La FSE/Solidaires étudiant-e-s Lyon

seule la lutte paie

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