Soutenons les précaires menacéEs d’expulsion en pleine en pleine « trêve » hivernale !

Ce vendredi 17 janvier le Tribunal d’instance de Lyon (rue Servient) s’apprête à juger plusieurs cas concernant des occupations d’appartements par des personnes en grande précarité. Ces logements parfois pour certains inoccupés depuis des années appartiennent à des personnes qui, elles, passeront l’hiver bien au chaud.

À Lyon, dans le 7ème arrondissement, au 1 bis rue du repos, des logements appartenant au CCAS et gérés par l’organisme HLM « Grand Lyon Habitat », inoccupés depuis des années, pour certains 10 ans, abritent depuis début juillet 2013 la famille Covacci ! Il s’agit d’une famille de 13 personnes dont 7 enfants. Tous les enfants sont scolarisés dans l’arrondissement et la plupart sont nés en France.

Réquisition des logements videsArrivée en 2002 sur le territoire, la famille Covacci n’a cessé d’errer de squat en camp de fortune, ils y ont perdu un membre de leur famille. Jetée à la rue après l’incendie de leur dernier habitat, la famille a investi les appartements du CCAS où ils ont trouvé un minimum de stabilité indispensable à leur bien-être et celui de leurs enfants. Depuis leur arrivée sur l’agglomération, cette famille a effectué de nombreuses démarches pour obtenir un toit et bénéficier d’un accompagnement social. L’occupation de ces appartements du CCAS n’est que la conséquence des échecs répétés de ces démarches.

Un des autres cas qui sera jugé ce matin-là concerne le propriétaire d’un appartement à proximité de la place Voltaire, détenteur d’un important patrimoine immobilier, de plusieurs sociétés immobilières, et de luxueux chalets en montagne qui argue aujourd’hui de prétendues « difficultés économiques » pour obtenir une procédure urgente d’expulsion d’Anaïs, précaire, dans l’attente de l’examen de son dossier d’attribution d’un logement social. Le propriétaire demande en plus de l’expulsion immédiate (sans les deux mois de délais légaux) une condamnation de paiement d’une indemnisation de 1000 euros par mois d’occupation au titre du « préjudice subi » !

Quel préjudice a subi ce propriétaire qui ne s’est pas soucié, des années durant, de l’état de cet appartement à la toiture lézardée et dont les dégâts des eaux auraient menacé tout l’immeuble, s’ils n’avaient été entretenus par les nouveaux occupants ?

Ne sont-ce pas les pauvres, les travailleurSEs et les précaires qui subissent chaque jour un préjudice, lui totalement avéré, du fait de la hausse des loyers provoquée en particulier par ces comportements spéculatifs ? Cette spéculation aboutie en effet à ce que 24 000 logements soient vides dans notre agglomération, tandis que 6000 personnes sans logement traînent leur existence miséreuse de par les rues glaciales et que le 115 sonne occupé.

AFP_1303163612.jpgSeule une société hypocrite peut consacrer comme principe constitutionnel et comme disposition légale le droit inconditionnel à un logement, et faire primer dans les faits le droit de propriété sur le droit de vivre.

Les cas particuliers de ces procédures en référé qui vise à forcer en plein hiver l’expulsion sans laisser le temps à ces hommes, ces femmes et leurs enfants des possibilités de relogement qui s’offrent illustre une situation plus générale, qu’il faut dénoncer.

Nous appelons en conséquence chacunE à se rendre en soutien à l’audience en référé à 8h30 le vendredi 17 janvier au Tribunal d’instance de Lyon, 67 rue Servient salle A pour soutenir la demande d’une décision juste leur accordant un délai suffisant pour leur relogement.

 

Plus largement nous appelons à une mobilisation pour le droit au logement pour tous quelle que soit sa nationalité.

 

Premiers signataires : Union Pour le Communisme, Collectif Logement Lyon, Solidaires Etudiant-e-s Syndicats de Luttes Lyon, Collectif Lesbien Lyon, Confédération National du Travail interco 69, CGT Privés d’Emploi et Précaires du Rhône

Publicités