RÉFORME DES RETRAITES : ILS ATTAQUENT NOS SALAIRES ET NOS CONDITIONS DE VIE ? LUTTONS DÈS À PRÉSENT !

La crise actuelle du capitalisme pousse la classe dominante à mener des offensives importantes contre les travailleur.se.s pour maintenir son taux de profit.

Ainsi, les réformes antisociales se succèdent. Si, en 2010, la droite avait lancé une attaque violente contre les travailleur.se.s avec la précédente réforme des retraites, force est de constater que la droite n’a pas le monopole de ce type de mesure brutale.

lutter ou subir il faut choisir

De l’ANI à la réforme des retraites

Ainsi, dès son arrivée au pouvoir, Hollande et son gouvernement PS-écologistes a repris et poursuivi le processus de casse des acquis sociaux. Au service de la classe bourgeoise, les dirigeants français de « gauche » ont attaqué les droits des travailleur.se.s en faisant signer les accords sur l’emploi. L’Accord national interprofessionnel (ANI) a ainsi fait de l’idéologie de la « flexi-sécurité » – flexibilité du salarié, sécurité de l’entreprise – un principe légal. Les conséquences désastreuses de ces accords commencent à se faire sentir : des chefs d’entreprise en profitent pour fermer des sites « non rentables » et déplacer de force les travailleur.se.s, avec comme épée de Damoclès la menace du licenciement, facilité par les mesures contenues dans les accords. Les restructurations, qui depuis des années mettent des milliers de salarié.e.s sur la paille, sont encore plus simples à imposer avec l’ANI.

Mais le gouvernement ne compte pas s’arrêter là. Le PS et ses alliés, qui avaient -par pur électoralisme- fait mine de s’opposer à la réforme des retraites menée par l’UMP en 2010, font probablement pire que la droite pour maintenir ce système qui, dans sa chute structurelle, nous pousse toujours plus vers la régression et la barbarie.

La réforme des retraites c’est la dégradation immédiate de nos conditions de vie !

Le gouvernement a donc annoncé en quoi consiste son projet de nouvelle réforme des retraites. Ce projet inclut, entre autres mesures, une hausse de la durée de cotisation -celle-ci atteindra progressivement 43 annuités (là où il y en avait 37,5 en 1993 ); un aménagement de la baisse des pensions de retraites (par l’absence de revalorisation et l’augmentation du nombre d’annuités nécessaire pour toucher une retraite à taux plein) et une baisse des salaires nets par l’augmentation des cotisations, dans la plus pure tradition capitaliste de socialisation des pertes. Ces mesures touchent notamment les seniors -dont la moitié est déjà au chômage avant 60 ans avec peu de perspectives de retour à l’emploi- et les retraité.e.s -avec la baisse des pensions de retraites ; mais elles touchent surtout les jeunes actifs, dont plus d’un sur quatre est encore au chômage à 25 ans, et qui ne commencent en moyenne à cotiser qu’à 22,5 ans. L’allongement de la durée de cotisation à 43 annuités concernera la génération des moins de 40 ans. Comme étudiant.e.s, cette réforme nous concerne à double-titre : comme l’ANI, elle aménage la destruction de nos conditions de travail à la sortie de l’université, mais elle pénalise déjà les 50% d’entre nous qui travaillent à côté de leurs études, entraînant une baisse de salaires. La combinaison ANI/réforme des retraites rend quasiment impossible l’accès à un emploi stable, et contribue à renforcer le rapport de domination qu’est le salariat comme horizon professionnel indépassable.

L’objectif affiché de la réforme est clair : il s’agit de réaliser 20 milliards d’économies. Ces économies seront réalisées par la baisse pure et simple de nos futures retraites et de nos salaires. Le gouvernement et les partisans de la réforme veulent en effet rendre quasiment impossible la réalisation de toutes les conditions pour avoir droit à une retraite à taux plein. Ce qu’on nous impose, à travers cette réforme comme à travers les précédentes, c’est la précarité pour norme de vie. Et ce d’autant plus que la renégociation de la convention Unédic (laquelle fixe les conditions d’indemnisation du chômage) prévue pour cet automne va très certainement rétablir la dégressivité des allocations soi-disant pour encourager les chômeurs à « trouver du travail » [sic], niant le caractère structurel du chômage ! 

Lutter maintenant ; s’opposer à l’infrastructure capitaliste

Nous n’avons pas d’illusions sur la stratégie adoptée par les directions et bureaucraties syndicales, qui ont fait la preuve de leur apathie lors de la mise en place de l’ANI en début d’année, et ont freiné le précédent mouvement contre la réforme des retraites de 2010, qui bénéficiait pourtant d’un élan relayé par la base des syndiqué.e.s. La fonction des bureaucrates syndicaux les plus en vue reste de pacifier les relations sociales, voire d’accompagner les mesures anti-sociales du gouvernement. Parce que nous n’avons pas d’illusions sur la stratégie perdante des grandes centrales syndicales, nous faisons le choix de militer dès à présent, là où nous le pouvons, pour que le mouvement à venir se dote d’expressions autonomes, capables de garantir l’indépendance de classe et d’assurer un véritable rapport de force face au gouvernement.  

Ce rapport de force, même s’il a pour origine la défense du peu de conquêtes sociales que la classe dirigeante a daigné maintenir jusqu’à présent, doit nous permettre de reprendre l’offensive et de renforcer la capacité d’organisation des classes populaires face à un système économique injuste. Nous devons dès à présent nous renforcer pour faire face à un capitalisme en crise, dont les gestionnaires cherchent aujourd’hui à nous faire payer les failles en aggravant nos conditions de vie. C’est pourquoi nous appelons à rejoindre la manifestation du 10 septembre, et toutes celles qui suivront, avec la volonté d’élargir les revendications au-delà de la seule défense de nos conditions actuelles de vie et de travail.

Retrait immédiat du projet de loi sur les retraites ! Retrait de l’ANI ! Unissons-nous et organisons-nous pour conquérir de meilleures conditions de vie !

RDV mardi 10 septembre à 10h30 à la Manufacture des tabacs (Métro D Sans Souci)

 

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