Retour sur la contre-manifestation du 17 novembre

Au moins 400 personnes ont affirmé aujourd’hui à Lyon une présence face à la
manifestation de 20 000 opposant/e/s à l’égalité des droits. Malgré
l’absence d’appel de la gauche officielle et des principales associations
LGBT, elles ont eu raison de se  révolter contre cette manifestation
homophobe qui a mobilisé les franges les plus réactionnaires de la
société, les différents clergés officiels et les groupuscules
néo-fascistes.

D’ « honnêtes citoyens » -comme les présentaient les médias officiels-
défilaient aux cotés de groupes néo-nazis n’hésitant pas à faire des
saluts hitlériens. Cela ne nous étonne guère, le thème même de la
manifestation étant dans la lignée du fameux « travail, famille, patrie ».

Le gouvernement prétend défendre les droits des homosexuel/le/s.
Pourtant, c’est les contre-manifestant/e/s qu’il a choisi de réprimer,
embarquant 45 d’entre eux/elles dans des cars de police prévus à cet
effet. Il fait preuve d’un zèle répressif bien moindre face aux
manifestations racistes contre les immigrés ou les Rroms – lorsqu’il ne
les suscite pas lui-même.

En dépit de ses discours, l’État nous rappelle par ses actes que sous
son masque « socialiste », il reste et restera irrémédiablement un État
de capitalistes hétéro-sexistes.

Sa promesse d’une reconnaissance du mariage pour tous, qui doit inclure
la PMA pour les couples lesbiens, est une avancée timide et
isolée que seule la lutte permettra de consolider. Elle ne masque ni
l’absence d’une  politique d’ensemble pour l’égalité et contre le
patriarcat, ni l’aggravation des haines homophobes, sexistes, racistes et
réactionnaires.

Ces dernières prospèrent sur le terreau de la crise capitaliste que la
politique du gouvernement ne fait qu’aggraver. Il fait partie du
problème, pas de la solution. Une vie digne et libre pour tous et
toutes,  y compris dans le choix de nos vies affectives, implique au
contraire un  changement révolutionnaire profond de la société, une
véritable politique  d’émancipation qui ne se satisfait pas de seules
libertés formelles. Nous  continuerons à participer dans les luttes à la
défense de ces  perspectives.

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