Commission disciplinaire : répression et sélection sociale et politique, flicage et exclusions ! Jusqu’ici, tout va bien… 

Ce lundi 10 septembre 2012, la commission disciplinaire se réunissait, afin de réprimer des dizaines d’étudiant-e-s -la très grande majorité provenant de la faculté d’économie. Deux d’entre eux/elles ont été sanctionnées d’une exclusion de l’Université pour une durée d’un an. Leur faute ? Avoir fourni de faux certificats pour justifier de leur absence à trois TD. Leur tort ? Être boursières et néanmoins contraintes de se salarier pour étudier, comme de nombreux/ses étudiant-e-s. 

 

En effet, malgré ce que prétendent certains des enseignants membres de la commission  il n’est pas possible de vivre et d’étudier avec 200 ou même 400 euros de bourse par mois.


Les membres de la commission partent de l’usage de faux par ces deux étudiantes pour promouvoir et imposer un certain point de vue moral abstrait.

Ils  refusent  de prendre en compte le contexte dans lequel ont été produits ces documents : les étudiantes n’auraient ainsi produit ces faux que parce qu’elles seraient des menteuses sans scrupules.

Ce sont pourtant bien leurs conditions matérielles qui les ont contraintes à justifier ainsi de leurs absences, alors que s’imposaient à elles des impératifs professionnels et universitaires dans un laps de temps réduit. Elles ont été acculées à l’utilisation de moyens illégaux. En effet, pour un-e boursier-e une défaillance équivaut à une obligation de remboursement des bourses : c’est un moyen de pression et de contrôle social exercé par l’État à l’encontre de celles et ceux qu’il entend domestiquer. Ces demandes de remboursement, de toute façon impossibles à satisfaire, sont inacceptables. Tous les moyens, mêmes illégaux, deviennent alors pleinement légitimes, dès lors qu’il s’agit de contourner une injustice sociale criante.

 

Fac d’éco. : prolos s’abstenir !

Le fait que cette répression s’exerce à l’encontre d’étudiantes de la faculté d’économie n’est pas anodin. En effet, cette faculté est celle qui est le plus en lien avec le monde de l’entreprise, et son doyen, Luc Baumstark, fait partie des plus fervents défenseurs de la professionnalisation – c’est-à-dire de la soumission du contenu des formations aux intérêts immédiats des entreprises – et de la privatisation des universités.


Juge et partie dans la dernière commission disciplinaire, puisqu’il siégeait tout en étant à l’origine de la plainte contre l’ensemble des étudiantEs de son département -ce qu’aucun tribunal bourgeois n’a jamais assumé aussi ouvertement, le doyen n’est pas à une injustice près pour lustrer « son » département.


En impulsant la répression de dizaines d’étudiants d’économie, ils envoient un message clair au monde de l’entreprise : le diplôme délivré par la fac d’éco a de la valeur, puisque tou-t-e-s celles et ceux qui s’écartent d’un pas du chemin bien tracé se voient sévèrement sanctionné-e-s ! Ce raisonnement se veut une application stricte  du principe économique qui veut que la rareté crée la valeur. Plus la marchandise/diplôme est rare, plus sa valeur est reconnue comme grande.

 

L’étudiant-e en éco. devient ainsi le jouet d’une sélection qui doit s’opérer pour maintenir cette valeur artificielle du diplôme, et qui s’opère en écartant ceux qui ne répondent pas aux règles du jeu. Des règles qui ont été écrites pour des étudiant-e-s qui ont du temps et de l’argent à leur disposition : quant aux autres, on leur reprochera de chercher à se ménager ce temps, puisque de l’argent, ils n’en ont pas.

 

La vision élitiste de l’université, défendue par le doyen d’économie, revient finalement à considérer comme inapte à étudier toute personne non dotée de moyens suffisants pour vivre !

 

 

Contre la sélection sociale !

Alors que M. Mayaud, Président de l’université, accueille les nouveaux étudiant-e-s en se désolant du « coefficient d’évaporation de 47% » en première année, il faut rappeler que, si près de la moitié des étudiants « disparaissent mystérieusement » c’est parce que l’institution universitaire pratique de fait une sélection sociale.

Embûches administratives à l’inscription, refus de certains secrétariats à pratiquer des aménagements d’emploi du temps pour les étudiant-e-s salarié-e-s, refus d’inscrire des étudiant-e-s sans-papiers, système de défaillance, etc., tout est mis en place pour exclure les plus précaires de l’Université, les différents services faisant parfois preuve d’un zèle étonnant, dès lors qu’il s’agit d’exclure et de se montrer sourd aux conditions réelles de la vie des étudiant-e-s.

 

Les discours dominants, les tenants de la méritocratie, justifient finalement la reproduction sociale et la domination de celles et ceux qui ont des diplômes sur celles et ceux qui en ont été privé-e-s du fait de leur provenance sociale !

 

L’université joue ainsi clairement un rôle de légitimation de la domination de classe de celles et ceux qui étaient pourvu-e-s en capital dès le départ sur celles/ceux qui en sont privé-e-s !

 

 

Responsabilité des membres de la commission

Les membres du jury de la commission, se réfugiant derrière la Morale, le Droit et le secret des délibérations peuvent se croire exemptés de toute responsabilité envers les étudiantEs dont ils se permettent de bousiller l’avenir. C’est pourquoi il faut signifier – s’ils l’ignoraient ! – à  Maurice Gaillard, Luc Baumstark, William Dhuywetter membres- enseignants de la commission, leur collaboration active à la répression sociale et politique des étudiantEs.

 

Quant à certains membres-étudiants de la commission, ils ont clairement dit aux étudiantes qu’elles avaient été exclues parce que c’était la FSE qui les avaient défendues, « un syndicat anarchiste » d’après Charles Bozonnet, élu de l’asso corporatiste GAELIS. Il s’agit donc bien, en plus d’une répression sociale, d’une répression politique clairement reconnue, et assumée comme telle. Le rôle de l’élu de GAELIS, est donc bien loin d’être « apolitique », comme il le prétend pourtant!

 

 Puisque la quasi-totalité des organisations étudiantes -dont GAELIS- collaborent à la politique injuste de l’université, ont abandonné la fameuse « défense des intérêts étudiants » pour les soirées sexistes et arrosées ou le placement en politique, la FSE devient en fait le seul recours d’étudiant-e-s attaqués de toutes parts et qui ne peuvent se résoudre au sort qu’on leur réserve. Si être un « syndicat anarchiste » est le contraire de la lâcheté dont font preuve les complices étudiants de l’administration, nous acceptons volontiers « l’insulte ».


Quant à Léa Paire-Ficout, élue de la Cé, son refus de communiquer le vote de chacun des membres, et son attitude de « hauteur morale » face aux étudiantes sanctionnées, nous laissent en droit de douter de sa position concernant l’exclusion des étudiantes et de son rôle au sein de cette commission.


Les décisions prises par les membres de cette commission sont graves et présentent d’importantes conséquences pour les personnes qui en subissent l’arbitraire. C’est pourquoi les membres de cette commission doivent rendre compte publiquement de leurs agissements !

 

 

Nous exigeons la réhabilitation des deux étudiantes !

Nous exigeons l’augmentation des bourses en nombre et en montant pour en finir avec le salariat étudiant contraint !

Nous exigeons la suppression du principe des défaillances et l’arrêt du contrôle des présences !

Plus globalement, nous revendiquons la gratuité des moyens de subsistance pour tous et toutes !

 

 

Signez la pétition !

http://www.petitionduweb.com/Petition_exigeons_la_rehabilitation_des_etudiantes_exclues-25451.html

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