Massacre des mineurs de Marikana (Afrique du Sud) : le capitalisme en crise ne recule devant rien pour défendre ses intérêts !

massacre mineursLe massacre sanglant, le 16 août dernier, de 36 mineurs grévistes de la mine d’étain de Lonmin (Marikana), tués par la police, est venu rappeler, un mois après la « journée internationale Mandela », placée sous le signe de « la paix, la réconciliation et la liberté », que l’abolition de l’apartheid n’a pas réglé les problèmes fondamentaux des couches pauvres et du prolétariat noir d’Afrique du Sud. Si des patrons, des politiciens et certains bureaucrates syndicaux noirs ont pu partager quelques miettes du gâteau, les gouvernements successifs de l’ANC, auxquels participe le Parti « communiste » sud-africain, n’ont pas remis en cause l’exploitation capitaliste, ni même la domination de la bourgeoisie blanche sur l’économie.

La mine de Lonmin, qui appartient à une compagnie anglaise, le gouvernement, et notamment les bureaucrates syndicaux de la COSATU qui participent à ce gouvernement et ont appelé à l’intervention policière contre la grève, partagent la responsabilité du massacre, de la répression préméditée des grévistes.

Non contents de l’atrocité et de la lâcheté du massacre, la compagnie Lonmin et l’état sud-africain s’appuient en effet sur lui pour briser la grève, faire plier les travailleurs/ses. Ainsi, ce n’est pas moins de 270 mineurs qui ont été arrêtés sur les lieux du massacre, enfermés et accusés d’en être responsables, en vertu d’une loi de « responsabilité collective » qui date de l’apartheid et qui servait à semer la terreur contre la population noire. Le sang n’était pas séché que l’entreprise avançait son chantage sinistre : la reprise du travail ou le licenciement de tous les grévistes !

Mais les travailleurs/ses n’ont pas cédé, et la grève s’est au contraire étendue à d’autres mines, à d’autres secteurs, ce qui a poussé le gouvernement à relâcher les grévistes. Nous devons les soutenir par des actions de solidarité, jusqu’à ce que les assassins – et donc les commanditaires – soient punis ; jusqu’à ce que toutes les poursuites soient abandonnées ; jusqu’à ce que les revendications des mineurs soient satisfaites !

Ces crimes ne sont pas simplement liés aux particularités de la situation en Afrique du Sud. Ils portent le sceau de la société capitaliste elle-même, de sa crise qui la pousse à tout pour défendre bec et ongle son économie, son taux de profit. Ils ont lieu aujourd’hui là-bas, et demain ils auront lieu ailleurs. Ils prouvent qu’au même titre que les états ouvertement oppressifs, les états qui se prétendent démocratiques, et quelques soient les partis qui composent le gouvernement, n’hésitent pas à employer la force armée contre les travailleurs/ses en lutte, dès lors qu’ils n’arrivent pas à contenir leur révolte par les méthodes de la « négociation sociale ».

Nous devons dénoncer ces crimes non seulement parce qu’ils sont insupportables, mais aussi parce que nous avons besoin de renforcer notre solidarité de classe au plan international, pour renverser demain une société qui produit périodiquement, et inévitablement, de tels massacres.

Nous appelons la population, les organisations associatives, syndicales, politiques attachées à la défense des intérêts de notre classe à se joindre à notre appel, à notre action.

Manifestons notre solidarité ! Rassemblement à Lyon : Samedi 8 Septembre, 15 H Place du Pont (Métro Guillotière)

Premiers signataires : Union pour le communisme, Initiative communiste-ouvrière, Fédération syndicale étudiante Lyon, Comité communiste internationaliste (trotskiste), Nouveau parti anticapitaliste, Parti communiste-ouvrier d’Iran, Marxistes révolutionnaires (Maroc)

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