Compte rendu critique non-exhaustif du Conseil d’Administration du 19 Avril

Le Conseil d’Administration du 19 Avril voyait la pseudo-élection de la nouvelle présidence de l’Université.

Après 4 heures de pseudo-démocratie et quelques questions, il a été possible de confirmer ce que nous savions déjà : la personne du président importe peu, les noms changent, mais les logiques elles restent les mêmes.

Professionnalisation et privatisation

En effet, les politiques que mèneront la nouvelle présidence seront dans la continuité parfaite de ce que faisait l’ancienne – en y mettant peut-être des formes pseudos-démocratiques, peut-être – puisqu’elles seront celles que lui dictent les nécessités capitalistes à court ou plus long terme.

Ainsi, tout en se déclarant « opposé à la LRU » (loi d’autonomie des universités, une des lois cadre dans le long processus de privatisation de celles-ci) le nouveau super président-manager n’en compte pas moins user toutes les prérogatives que celle-ci lui confère pour faire survivre son entreprise-université, dans la pénurie de financements publics préméditée afin d’amener les universités à se financer par des fonds privés.

Le président a par exemple refusé de s’engager à ne pas utiliser le droit de veto qu’il peut opposer au Conseil d’Administration.

La nouvelle équipe présidentielle déplore également l’impossibilité juridique actuelle d’augmenter les frais d’inscriptions universitaires pour augmenter ses fonds, leur montant étant encore fixé par décret. L’opposition massive et radicale au processus de marchandisation et de privatisation (lors des deux « mouvements anti-LRU » notamment) n’ayant permis que le report dans le temps de l’aboutissement de ce processus.

La nouvelle équipe entend également continuer d’appliquer la politique de professionnalisation découlant de la privatisation, qui consiste en la soumission des contenus pédagogiques aux intérêts des entreprises locales. En introduisant des stages obligatoires dans les cursus- fournissant une main d’œuvre gratuite ou quasi-gratuite aux entreprises- et en conférant un droit de regard aux entreprises dans le contenu pédagogique des formations. Le savoir critique sera encore plus vidé du contenu des formations et les conditions de travail seront tirées à la baisse pour tout le monde par la mise en concurrence des étudiant-e-s, salarié-e-s et chômeurs.

=> Face à la privatisation la FSE revendique une université publique, gratuite, laïque, critique et populaire !

Boursiers défaillants

Ainsi, le nouveau président élu a refusé de s’engager sur demande de l’élu FSE à ne pas aggraver les conditions d’études pour les étudiant-e-s précaires et notamment boursiers. Il persiste à dénoncer les défaillances des boursiers au CROUS, les contraignant au remboursement des bourses.

Les bourses sur critères sociaux que délivre le CROUS ne permettant pas de subvenir décemment aux besoins des étudiant-e-s, nombre d’entre nous sommes obligé-e-s de nous salarier rendant l’assiduité aux cours difficile voire impossible.

La défaillance qui vient sanctionner la non-assiduité est donc un moyen pour les facs et pour le CROUS de sélectionner d’une manière déguisée socialement les étudiant-e-s.

Le nouveau président assume ainsi clairement le rôle de sélection sociale de l’institution qu’il dirige et semble décidé à le remplir avec zèle.

=> Contre la sélection sociale, la FSE revendique l’augmentation des bourses sur critères sociaux en nombre et en valeur et la gratuité des moyens de subsistance pour tous et toutes !

Étudiant-e-s sans papiers

Concernant les étudiant-e-s sans-papiers, le nouveau président a refusé de s’engager à ne pas collaborer avec la préfecture concernant notamment les politiques xénophobes de chasse et d’expulsion des sans-papiers. Bien qu’il nie toute collaboration de l’université avec la préfecture il refuse de s’engager à délivrer des justificatifs dont des étudiant-e-s sans papiers pourraient avoir besoin pour empêcher leur enfermement en Centre de Rétention et leur expulsion.

=> Contre la xénophobie d’État, la FSE exige la régularisation de tou-t-es les sans-papiers !

Répression des personnes mobilisé-e-s

Concernant les étudiant-e-s participants du mouvement social, le président refuse de s’engager à ne pas faire intervenir les forces de l’ordre sur ses campus, tout comme il refuse de s’engager à ne pas employer de vigiles privés armés, comme ce fut le cas notamment fin 2011 lorsque le Conseil d’Administration entérinait l’adoption de la LRU, et que face à la tentative d’envahissement du Conseil, les vigiles employaient des gaz lacrymogènes contre les étudiant-e-s mobilisé-e-s.

Autres

Il est à noter que toutes les autres organisations étudiantes élues au Conseil d’Administration (Unéf, Cé, Gaelis) ont voté pour la candidature du nouveau président.

Face à la privatisation et aux organisations co-gestionnaires  :

Seule la lutte paie !

Vous pouvez trouver sur notre site internet fselyon.wordpress.com ou sur nos tables le texte lu par l’élu FSE lors ce conseil relatif à nos positions concernant l’élection du président et à nos positions sur les conseils universitaires.

Intervention FSE au CA du 19 Avril concernant l’élection du président d’université, explication de nos positions.

Sans grand sens de la conservation du suspense nous pouvons vous dire immédiatement que nous n’appuierons aucune candidature. Que le président s’appelle maman, Debord ou mon chien, que ça ne ferait pas de grande différence! 

Ce n’est pas là une question de personne qui se pose, mais bien une question de politique. Et, force est de constater que la politique du prochain président de l’université, sera la stricte application de la politique gouvernementale, au service de la privatisation, de la marchandisation du savoir, et de l’élitisation toujours plus poussée des universités.

Alors votre président aussi collégial et illusoirement « démocratique » sera-t-il, est de toute façon condamné, quoi qu’il arrive à n’être que le pantin plus ou moins servile, plus ou moins zélé dans son application des saloperies à venir. Il ne sera rien d’autre que la caisse enregistreuse de la politique de la classe dominante  qui entend continuer à utiliser l’université comme un instrument de légitimation et de reproduction de son ordre, social et idéologique. 

Il  n’aura finalement qu’à appliquer une politique déjà décidée. 

Et ce, quel que soit le résultat du grand spectacle des élections présidentielles nationales les coups viendront. De droite ou de gauche comme il faut dire, la mise en scène des fausses oppositions n’ayant jamais eu comme unique conséquence que le sauvetage de la classe dominante.

 

Alors nous n’avons pas à choisir entre des modes de gestion de la pénurie, ni entre les personnes qui seront en mesure de les appliquer. Le pseudo choix qui nous est proposé,  peine à déguiser les enjeux véritables qui se font jour dans l’aggravation des conditions de vie et d’étude des étudiants.

 A l’examen des projets respectifs de chacune des listes composant désormais la liste majoritaire il ne nous aura pas échappé que nous est vendue tout le long , la nécessité dite « impérieuse »  de répondre à la « demande sociale ». Vous auriez pu avoir la précision  ou l’honnêteté intellectuelle de nommer cela les impératifs capitalistes ou « la demande des marchés en  formation de « travailleurs intellectuels » », dociles et corvéables,  idiots donc exploitables.

 

 Nous opposons à votre prétendue « demande sociale », le véritable besoin social :celui d’une université ouverte aux enfants d’ouvriers et aux classes populaires!

Ce n’est pas du folklore. On peut parler d’ « enfants de caissières » ou « enfants d’employés » si vous préférez mais nous parlons en terme de classe. Et force est de constater qu’aujourd’hui l’université tente de broyer ceux qui, parmi les enfants du prolétariat, parviennent jusqu’en son sein. Comment ?

 Par un système de bourse insuffisant qui obligent nombre d’étudiants à travailler en plus des études, par une division sociale entre filières rentables et filières « poubelles », par l’utilisation de la défaillance comme sélection postérieure à l’entrée à la fac…

 Que dire encore de la répartition des filières et des années entre les sites universitaires des quais et de Bron, et de l’état  de ce dernier site…

Votre réponse à la « demande sociale », se fait en vidant tout savoir critique des enseignements dispensés ou dispensables, en limitant son accès et son développement à une fraction d’une soi-disant élite intellectuelle. 

Bref, votre réponse, c’est la professionnalisation! 

Nous la refusons, et la refuserons!

 Nombre d’entre nous connaissent déjà la réalité aliénante du joyeux monde salarié, grâce à la sélection sociale que vous mettez en place.

La professionnalisation n’est que la lâche soumission des filières, de nos cerveaux, aux nécessités capitalistes du moment, en besoin de toujours moins de savoir, mais toujours plus de savoir-faire, de fausses compétences. Pour faire de nous finalement de  dociles et corvéables travailleurs.

L’autre partie de votre réponse à la « demande sociale » c’est les IDEX!

Nous ne les refusons pas moins! 

Car c’est avec elles que s’amorcent la nouvelle opposition de classes qui se profilent dans les universités. Avec elles que des facs d’élites – faussement dite d’excellence – seront toute entière dévouées au grand capital international, pour travailler à sa survivance perpétuelle, en lui trouvant de nouveaux marchés, par la création permanente de nouveaux pseudo-besoins notamment.

Et parce que c’est la lumière qui fait l’ombre, nous l’aurons finalement compris, ce seront les facs d’excellence pour les uns et les facs poubelles pour la grande masse des étudiants!

D non, votre « démocratie universitaire » n’existe pas, encore moins  votre communauté ! Il n’y a qu’illusions démocratique et classe antagonique.

Finalement, la seule raison de notre présence ici est de permettre que soit su de tous la réalité de cette mascarade. Il n’y aura de démocratie universitaire que le jour où les étudiants, enseignants et personnels de cette université seront en mesure de décider collectivement de leur sort, sans faire appel à de pseudo-représentants, à une administration ou pire, à des représentants politiciens qui ne comprennent le monde que par les consignes de leur parti soi-disant socialiste.

 En attendant l’avènement de conseils étudiants imposant leur politique, nous ne pouvons que nous réjouir de leur sabordage certain en cours et constater qu’il nous est impossible de choisir entre les différentes impasses de la gestion de la pénurie.

 

 

Les belles promesses de la future équipe présidentielle en matière de collégialité et de démocratie pourraient finalement nous faire sourire.

 Mais leur passé en matière de gestion démocratique nous rappelle qu’il ne s’agira là que de belles paroles.  

A titre d’exemple, il est de notoriété publique que le président qui prendra ses fonctions aujourd’hui gère son laboratoire de recherche d’une main plus qu’autoritaire.

Ou encore, nos relations avec pierre yves peguy ces dernières années n’ont pas moins démontrées son autoritarisme et son mépris total des syndicats et des étudiants, que dire quand ils sont étrangers.

Celui là se permettait déjà en tant que doyen de filière de piétiner les droits des étudiants, envoyant en conseil disciplinaires des dizaines d’étudiants chaque année. Il agissait déjà en petit seigneur en terrorisant nombre d’ étudiants étrangers, les empêchant de rentrer dans leur pays pendant les vacances d’été car sous la menace d’un conseil de discipline. La FSE a déjà eu a faire avec cet individu qui aujourd’hui critique l’autoritarisme de Tiran, et nous avons constaté que celui ci a toujours fait preuve d’un dédain intolérable envers les problèmes des étudiants de ses filières. 

Celui ci a toujours refusé avec arrogance de nous recevoir pour régler leurs difficultés, nous ne voyons donc pas pourquoi nous devrions aujourd’hui lui répondre avec moins de mépris !

Alors  sachez que nous ne doutons pas de vos futures pratiques exemplaires! 

Mais rappelez vous aussi qu’en attendant la  victoire, nous sommes ici.  Pas pour débattre de points de détail d’une politique que nous refusons, encore moins  pour désigner notre petit père des peuples universitaire, mais pour  récolter les informations et rendre compte de votre dangereuse impuissance, afin qu’en temps voulu des comptes vous soient demandés.

Et gardez bien à l’esprit que si un temps vous avez cru pouvoir  garder les portes de ce conseil closes, à coup de renfort de vigiles privés armés, sachez que nous finirions bien par les enfoncer !

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