Compte rendu critique non-exhaustif des Conseils d’Administration du 27 Avril et du 11 Mai

Lors de ces Conseils d’administration avaient lieu l’approbation de la liste des personnalités extérieures présentes au CA ; l’élection des divers vice-présidence et notamment étudiante, ainsi que le tirage au sort des membres de la section disciplinaire.

Personnalités extérieures

La présence de personnalités extérieures au sein des Conseil d’Administration d’universités est une des manifestations du processus de privatisation en cours. En effet, alors que le CA est composé de 30 personnes, 8 d’entre elles sont extérieures à l’université et peuvent prendre part au processus de décisions dans les mêmes conditions que les autres membres (14 élu-e-s enseignant-e-s, 3 élu-e-s personnels, 5 élu-e-s étudiant-e-s). Cela ne signifiant en rien que les membres élu-e-s soient légitimes dans la prise de décisions ! Ces conseils n’étant que la chambre d’enregistrement des réformes gouvernementales servant les intérêts de la classe dominante.

La nomination de 3 de ces personnalités échappe au Conseil d’Administration, elles sont nommées par les collectivités territoriales (ville de Bron ; ville de Lyon ; région).
Les 5 autres doivent comprendre 1 chef d’entreprise ou cadre dirigeant ; 1 acteur du monde économique et social ; 1 représentant d’une organisation syndicale interprofessionnelle représentative ; et les 2 dernières sont nommées par le Président à titre personnel.

Ces personnalités ont par le passé toujours appuyées les équipes présidentielles et votées en faveur des décisions privatisant les universités. Elles visent notamment à conforter la majorité du président afin d’assurer que le Conseil d’Administration assure son rôle de chambre d’enregistrement des réformes gouvernementale, et à impliquer le «monde économique local» appelé à donner son avis sur les contenus pédagogiques des formations (réforme nouvelle Licence 2011) et à financer en partie les universités par la possibilité de créer des fondations (Loi Dupont-Adnot 2011).

Le choix de la présidence aura ainsi été caricatural de la politique qu’il a à mener, et des intérêts qu’il compte servir. En effet, au titre de représentant d’une organisation syndicale interprofessionnelle, le présidence a choisi de nommer un cadre de la CGPME (organisation syndicale patronale!).

On comprend ainsi aisément quels intérêts l’université sert et quel rôle l’université se doit de jouer : elle sert les intérêts de la classe dominante possédante – c’est-à-dire des capitalistes – et joue un rôle de reproduction et de sélection sociale; et se doit de produire des savoirs utiles, dans le sens de savoirs desquels il est possible de retirer des profits; et enfin de former – si ce n’est formater – des étudiant-e-s, futurs travailleurs en formation, capables d’assurer la bonne marche de l’ordre économique capitaliste, sans trop le remettre en question.

On peut citer le Président cherchant à nous justifier le choix des personnalités, et nous expliquer la soumission de l’Université aux intérêts privés : «La professionnalisation implique des professionnels, une écoute de ce que nous allons faire par d’autres, une écoute de ce que ce monde économique et social est susceptible de nous dire..».

Face aux interventions de l’élu FSE appelant le Président à avouer clairement les intérêts qu’il entendait servir, et à arrêter ses pseudo-discours sur une «université démocratique et accessible aux publics difficiles» celui-ci reconnaîtra – lassé – avoir «choisi son camp»! c’est-à-dire celui des dominants.

Ce n’est pas une grande révélation, mais si seulement certain-e-s pouvaient encore en douter, ils savent désormais que la Présidence de l’Université reconnaît ouvertement son rôle de reproduction des inégalités économiques et sociales et l’assume.

L’équipe présidentielle retirera finalement la personnalité de la CGPME face aux nombreuses interventions, de l’élu personnel de la FSU, des élu-e-s enseignant-e-s PAU, et de l’élu FSE.

Ce n’est pas une victoire, mais simplement une preuve de leur lâcheté politique et que le combat n’est pas encore fini, puisqu’ils n’osent pas encore assumer publiquement les conséquences politique d’une telle nomination.

Vice-présidence aux finances et autres

L’élection des autres vice-présidents n’a présenté que peu d’intérêt, excepté peut-être l’élection du vice président aux finances, qui dans son discours d’investiture expliquera ses futurs «chantiers» et notamment la «nécessité de développer des outils de pilotage pour gérer les dépenses et de mettre en place des outils de comptabilité analytique», cela dans l’objectif de «connaître précisément le coût de chaque formation» puisque des «choix sont à faire, des arbitrages devront être rendus». En clair, il s’agit de connaître le coût précis de chaque formation pour pouvoir fermer les filières «trop coûteuses» c’est-à-dire non rentable, ou pas suffisamment intéressantes sur le plan économique.

Cette logique de gestion comptable et managériale est une des preuves de l’avancement du processus de privatisation des universités, avec la mise en concurrence à tous les niveaux, et la nécessité de sélectionner les formations-produits rentables, et d’éliminer les autres..

Vice-présidence étudiante

L’élection de la Vice-présidence étudiante «chargée de l’insertion professionnelle» verra l’Unéf remporter ce poste. Et pourtant l’élu Gaelis et l’élue Cé semblaient avoir tout fait pour avoir la «chance» de faire partie de ce corps de bureaucrates privilégiés dévoués aux intérêts privés.

L’équipe présidentielle avait justifié son soutien à l’Unéf par le fait que leur liste était arrivée majoritaire à l’issue des élections.

Ou peut-être parce que l’Unéf a la même vision de professionnalisation que la Présidence ?

Ou bien peut-être est-ce parce que la Présidence voit dans l’Unéf un allié, capable le moment venu de l’aider à faire taire les contestations ? Si l’Unéf a de tout temps chercher à contenir -avec plus ou moins de réussite- les mobilisations, n’ayant de cesse de vouloir trahir, pour faire triompher les intérêts de leur organisation. On peut aujourd’hui d’autant plus douter de leur volonté et de leur capacité à s’opposer aux attaques à venir contre l’université publique sous le gouvernement « socialiste ». Il est en effet de notoriété publique que l’Unéf est le satellite étudiant du Parti Socialiste. (cf : Bruno Julliard, actuellement au ministère de l’éducation nationale et ancien de président de l’Unéf)

On peut s’étonner également du soutien de l’élu personnel de la CGT-Ferc à la candidature Unéf, en prétextant de leur participation fidèle aux luttes de personnels.. Ce alors même qu’à peine quelques mois auparavant, l’Unéf avait brillé par son absence dans le combat des personnels de ménage que la Présidence entendait licencier..

Tirage au sort des membres de la section disciplinaire

Le tirage au sort des 3 membres élu-e-s étudiant-e-s de la section disciplinaire nous a exclu de la présence dans cette commission. Celle-ci assure un rôle de répression des étudiant-e-s au sein de l’Université. Chaque étudiant-e convoqué-e a droit au conseil de son choix pour l’assister lors de la commission. En cas de besoin n’hésitez pas à nous contacter.

Contact : uselfse@yahoo.fr Site : fselyon.wordpress.com

Publicités