Pendant que les élites discutent du pillage de l’Afrique, le Gabon réprime sa société civile.

Pour quiconque aurait besoin de comprendre ce qu’est la Françafrique, il suffit en ce moment de se pencher sur le Gabon : pillage des richesses du pays par des entreprises françaises avec la complicité de l’Etat, corruption des dirigeant-e-s leur permettant de maintenir en place leurs dictatures, etc.
La famille Bongo, qui se maintient au pouvoir depuis 1967 à grand renforts d’élections bidons (à tel point que la société civile a largement boycotté les dernières législatives), a bénéficié du soutien de Sarkozy (via notamment Robert Bourgui conseillé élyséen et ami d’Ali Bongo) et est aujourd’hui dans les petits papiers de Laurent Fabius.

Ce soutien français permet à nos entreprises de piller le pays à leur gré. Du 8 au 10 juin dernier se tenait le « New York Forum Africa » rassemblant dirigeants d’Etats Africains et de grandes entreprises occidentales (Total, Orange, Areva,…). « Une trentaine de contrats a été signée […] dans des domaines aussi importants, que le logement, les infrastructures, l’énergie, l’eau, les mines et les finances », s’est réjoui Ali Bongo.

Au même moment, la police et l’armée gabonaise quadrillaient le pays, réprimant violemment les manifestations d’une société civile en plein ras-le-bol : arrestations arbitraires des « leadeurs » de la mobilisation sociale du Gabon. La protestation et la répression dépassent largement le cadre de ce sommet.
Les étudiant.e.s gabonais.es de Libreville, notamment, sont en lutte depuis plusieurs semaines pour réclamer le paiement de leurs bourses. Depuis, le campus de l’Université Omar Bongo a été bouclé et bombardé à coups de grenades lacrymogènes, sans distinction. Les forces de répression ont laissé nombre de blessé.e.s graves et la situation risque de devenir critique. Détenu.e.s dans des conditions inhumaines, une vingtaine d’étudiant.e.s a lancé une grève de la faim.

Face au « printemps gabonais » Ali Bongo réprime son peuple avec brutalité et l’on peut craindre que celle-ci ne fasse que commencer, sous le regarde bienveillant de l’Elysée et loin de celui des nos médias et politiques.
Nous marquons notre soutien à nos camarades gabonais-e-s et dénonçons la répression qu’ils et elles subissent !
Nous soutenons la société civile gabonaise et sa revendication d’une démocratie réelle !

Contre l’impérialisme et la Françafrique, résistance internationaliste !!

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