Face à l’abrogation de la loi sur le harcèlement sexuel : Enrageons-nous contre l’oppression patriarcale !!!

Le 4 mai dernier, le conseil constitutionnel (composé de sept hommes et deux femmes) a jugé bon d’abroger la loi concernant le harcèlement sexuel car, selon eux/elles, ce délit défini comme « le fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle » était trop floue au regard du principe de légalité des délits et des peines qui impose au législateur de définir les crimes et délits en « termes suffisamment clairs et précis ».

Ce recours, qui existait depuis une vingtaine d’années, ne permettait pas à lui seul de combattre les agressions en amont mais permettait de rendre visible et d’exposer sur la sphère du public ce type d’agression patriarcale, trop souvent passée sous silence, pouvant parfois permettre aux victimes de sortir de l’isolement et d’arrêter ces agissements. Elle était de fait insuffisante et ambiguë, mais nous considérons que son abrogation va aggraver le silence entourant les agressions sexistes et rendre complice l’appareil juridique de la pérennité de ces comportements.

L’oppression patriarcale envers les femmes et l’abus de pouvoir ne sont pas prêts d’être stoppés : cette abrogation entraîne l’annulation de toutes les procédures en cours et condamne toutes personnes victimes d’agressions sexistes au silence.

Nous rappelons que ce sont bien souvent les femmes et les plus précaires qui subissent l’oppression patriarcale et ce, dans toutes les sphères, publique ou privée. Par exemple, selon une enquête de l’ENVEFF1, datant de 2000, 48% des femmes affirment qu’elles travaillent dans un climat général sexiste, 63% ont subi des propos et gestes douteux, 60% ont été victimes d’avances répétées malgré leur refus et 12% des avances ont été assortie de chantage. De même selon sur une enquête réalisée par l’INSEE en 2008, 2,2% des femmes -âgées de 18 à 59 ans- victimes de viol, l’ont subi dans 4,7% des cas sur le lieu de travail (soit 34 viols par jour). 40% des femmes qui ont souffert de caresses, baisers et autres gestes imposés, l’ont subi dans 25% des cas sur le lieu de travail (soit 722 femmes par jour) !!

Dans les Universités, comme ailleurs, les étudiant-e-s subissent le harcèlement sexuel découlant du système patriarcal qui considère le corps des femmes comme sexuellement disponible, peut importe le consentement. Face à ce constat la Fédération Syndicale étudiante dénonce cette abrogation qui renforce le pouvoir patriarcal !

Les promesses opportunistes annoncées par les deux candidats à la présidentielle, de remettre en place une loi contre le harcèlement sexuel, ne constitue pas une solution en soit. Seule une lutte quotidienne contre les oppressions patriarcales, dans les sphères publique et privée, et contre les agressions sexistes permettront de la dénoncer et de la combattre afin de continuer la lutte pour l’égalité des sexes.

Contre l’abrogation de la loi sur le harcèlement sexuel !!
Mise en place réelle d’une prévention et protection contre le harcèlement sexuel que ce soit dans la sphère du public ou du privé !
Contre la morale patriarcale et les agressions sexistes !!! 

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