Solidarité avec les militant-e-s camerounais-e-s !

Le 9 octobre dernier, des élections présidentielles ont eu lieu au Cameroun. Au pouvoir depuis 1982, Paul Biya a été réélu grâce à des fraudes électorales massives et à une loi électorale modifiée en sa faveur. Cette élection a été préparée par le pouvoir dictatorial de Biya en seulement six semaines, afin d’écarter toute opposition, largement divisée et corrompue par le régime. Depuis plusieurs années, la répression est le maître mot de Paul Biya. Cette répression s’est d’ailleurs accentuée dans les semaines qui ont précédé les élections : le mardi 4 octobre, un syndicaliste étudiant et 17 militant-e-s d’un parti d’opposition ont été arrêté-e-s (certain-e-s sont à ce jour toujours porté-e-s disparu-e-s).

Néanmoins, la France a déclaré, par l’intermédiaire d’Alain Juppé, Ministre des Affaires étrangères, que « l’on peut considérer aujourd’hui qu’elles ont eu lieu dans des conditions acceptables »… Il est clair que la France qui se targuait, il y a quelques mois, de soutenir les mouvements démocraties africains, a montré ses vraies valeurs, compte tenu de ses intérêts au Cameroun. En effet, outre le fait que la France soit le premier investisseur au Cameroun, ce pays est selon le Ministère des Affaires étrangères le premier partenaire en matière de coopération militaire de la France à travers le monde. Un nouveau partenariat de défense vient d’ailleurs d’être signé entre les deux Etats : cet accord comprend notamment un volet « enseignement des techniques au maintien de l’ordre ». Ce sont d’ailleurs les techniques françaises de maintien de l’ordre qui ont causé la répression sanglante du mouvement de 2010 contre le cumul des mandats du Président, faisant entre 100 et 150 morts.

L’impérialisme français continue de sévir en Afrique. L’exemple du Cameroun en est un parmi tant d’autres. Nous ne pouvons plus accepter ces comportements néocoloniaux ! La FSE dénonce le soutien de la France à Paul Biya et à son régime dictatorial. Nous dénonçons aussi la répression meurtrière qui touche aujourd’hui les militant-e-s camerounais-e-s et leur exprimons toute notre solidarité.

Au Cameroun comme ailleurs, contre l’impérialisme français !
Contre la répression des mouvements d’opposition au Cameroun !

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