Le train de déchets nucléaire CASTOR ne passera pas comme ça !! Tous et toutes à Valognes du 21 au 24 novembre !!

Depuis quelques dizaines d’années, l’énergie nucléaire est venue à grand pas sur le devant de la scène énergétique, notamment et surtout en France.

L’incorporation du « changement climatique » dans le discours dominant y est pour quelque chose. Le nucléaire serait LA solution énergétique faiblement émettrice de CO2, l’un des principaux gaz à effet de serre. Mais l’énergie nucléaire n’est absolument pas efficace pour réduire ces émissions : elle n’est pas une énergie renouvelable et équivaut (si ce n’est pire) à l’énergie des combustibles fossiles au niveau des dégâts qu’elle cause, si l’on prend en compte toutes les étapes nécessaires à la production de l’énergie électrique dans une centrale, depuis l’extraction d’uranium, son enrichissement et son transport à travers la planète, la construction et le démantèlement des bâtiments (quand on sait le faire), ainsi que la transformation, le transport et le stockage des déchets nucléaires.


Les centrales nucléaires elles-mêmes relâchent des quantités inconnues de gaz à effet de serre bien plus puissants que le dioxyde de carbone, comme les chlorofluorocarbones et hydrofluorocarbures, dangereux pour la couche d’ozone, et l’hexafluorure de souffre, l’un des gaz à effet de serre les plus puissants. Les émissions produites par les centrales vont croître avec le temps, alors que la déplétion des sources d’uranium va causer une augmentation de la quantité d’énergie pour extraire la même dose d’uranium utile.

Si toute l’énergie produite à partir de combustibles fossiles était remplacée par du nucléaire, les ressources d’uranium économiquement viable s’épuiseraient en 3 ou 4 années maximum.

D’autre part, l’industrie du nucléaire provoque le problème des déchets radioactifs. Il était présenté comme un problème d’intendance annexe résoluble en temps utile. Or, à partir de la fin des années 1980, et notamment à partir de 1993, le camouflage en profondeur des déchets devait permettre, avant tout, de continuer à moindre prix, puisque qu’à cette date les Etats se sont vus interdire le fait des jeter des fûts en pleine mer par bateau (fûts qui s’ouvraient en quelques années par corrosion), qui n’empêche en rien le rejet direct à la mer d’éléments radioactifs (ex : usine de retraitement de déchets à La Hague).

Mais, dans un contexte de méfiance généralisée à l’égard du nucléaire, cette méthode a immédiatement soulevé une opposition farouche des populations concernées. Pour la France, la région de Bure (Meuse et Haute-Marne) est choisie comme « laboratoire de chantier ». Malgré l’opposition massive de la population de la région (conclusion du débat public organisée en 2005), des déchets de haute activité radioactive, qui pour certains possèdent une durée de vie de plusieurs millions voire milliards d’années (ex : Uranium 238), vont y être enterrés. Personne ne sait, et ne peut affirmer, combien de temps les fûts de déchets resteront étanches. Par contre, on en connaît la radioactivité. La question des déchets correspond au maillon faible de l’industrie nucléaire, et les nucléocrates ne savent toujours pas comment s’en débarrasser.

Ce mercredi 23 novembre, un train de déchets nucléaire CASTOR (Cask for storage and transport of radioactive material) partira de La Hague (usine de retraitement de déchets nucléaires) pour aller au centre d’enfouissement de Gorleben en Allemagne. Un nombre grandissant d’organisations et de collectifs se joignent à un appel national à bloquer ce train de manière collective, comme les allemands le font depuis plusieurs années déjà.

Un camp antinucléaire aura lieu les 21, 22 et 23 novembre près de Valognes, afin de s’organiser collectivement pour la journée du 24 novembre, jour du départ du train.

La FSE se joint à l’appel, et incite le plus grand nombre à y participer, en considérant que ce blocage n’est pas une fin en soi, et qu’il doit constituer un point d’amorce afin de reconstruire une mobilisation antinucléaire, anticapitaliste et pour l’arrêt immédiat digne de ce nom, à l’heure où plusieurs Etats abandonnent le nucléaire.

N’oublions pas que le nucléaire participe à l’accélération du système capitaliste de centralisation énergétique, de rapports impérialistes des pays les plus riches sur les pays les plus pauvres (passant notamment par des soutien à des dictatures comme au Niger par exemple), de contrôle généralisé des populations, du risque permanent (l’accident de la centrale de Fukushima est là pour nous le rappeler), et de surconsommation.

Pour plus d’information : valognesstopcastor@riseup.net

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