Passage à la LRU de l’Université Lyon II ?

La Présidence de l’Université Lyon II entend, vendredi 18 novembre soumettre une nouvelle fois au vote le passage aux Responsabilités et Compétences Élargies (RCE) pour le 1er janvier 2012. Ce vote, avait déjà fait l’objet d’un refus en Juillet dernier. Et pour cause…

L’équipe présidentielle, dans son mépris habituel de la dite « démocratie universitaire » tente une nouvelle fois de passer en force pour se conformer aux diktats des capitalistes et de leur gouvernement. En effet, Lyon II comptant parmi les dernières Universités françaises à ne pas être encore passée aux RCE, commençait à faire tâche.. Rappelons que le passage aux RCE signifie l’application stricte de la Loi d’autonomie dans notre Université, que cette réforme a fait l’objet de deux mouvements sociaux durs au niveau national et que les résistances à son application sont d’autant plus inacceptables pour le gouvernement et ses exécutants que la LRU est le pilier de leur stratégie de privatisation.

Les responsabilités et compétences élargies (RCE) qu’est ce que c’est ? :

Concrètement le passage aux compétences élargies signifie :

1) L’autonomie dans la gestion des « ressources humaines », c’est à dire la possibilité pour le président de gérer « son » personnel contractuel selon son bon vouloir, et donc principalement selon des nécessités comptables. On va ainsi voir se multiplier les tentatives comme celles de cet été visant à externaliser la prise en charge de l’entretien des locaux, qui en plus d’être une catastrophe sociale, est une aberration économique. ( l’externalisation coûtant plus cher que la gestion internalisée) La conséquence de ce jeu comptable étant concrètement pour les personnels d’entretien la précarisation de leurs contrats, la dégradation de leurs conditions de travail ou tout simplement leur licenciement !

Le Président a également le pouvoir de gérer sa « masse salariale », c’est à dire d’appliquer une gestion utilitariste de son personnel. Il est ainsi tout puissant pour exercer sa pression sur les personnels en les mettant en concurrence et en les contraignant à accepter ses décisions par la maitrise d’une partie de leur rémunération ( pouvant notamment verser des primes et mettre en place des dispositifs d’intéressement.)

2) Une autonomie financière conférée au Conseil d’Administration. C’est-à-dire permettre aux Universités de gérer à 100 % leur budget pour qu’elles s’adaptent aux besoins du marché. L’enjeu pour les Universités est donc de trouver des financements « extérieurs » autrement dit privés, pour pallier à la pénurie et à l’injuste répartition des financements publics. Cela notamment en créant des « fondations » (permis par la loi LRU et facilité par le récente loi Adnot) faisant de fait, des entreprises les principaux actionnaires de l’Université et, en tant que tel, disposant d’un « droit de regard sur le contenu des formations » (prévu dans la réforme licence adoptée cet été) C’est donc la mort annoncée des filières non rentables économiquement et pour survivre l’Université sera contrainte d’adapter son offre de « formation » aux entreprises locales. L’autonomie des Universités est donc en réalité l’autonomie financière, principe qui va à l’encontre de toute indépendance en matière d’éducation et de recherche puisque les financements sont totalement dépendants des marchés ! C’est donc une autonomie pour s’adapter aux marchés !

L’Université devient ainsi une entreprise gérée par le privé et pour le privé !

Et en ces temps de « crise » où l’on voudrait nous faire croire que l’intérêt commun est au remboursement de la dette, les capitalistes eux préparent les esprits à une augmentation prochaine des frais de scolarité.. L’objectif étant de faire payer aux futurs travailleu-r-se-s leur formation alors que celle-ci profite aux entreprises.

Ces lois et décrets visant la marchandisation du savoir et la privatisation pure et simple des universités, en augmentant ainsi, un peu plus encore la sélection sociale.

À l’Université comme ailleurs, organisons-nous pour refuser l’emprise assassine du marché sur nos vies !

Contre leurs plans d’austérités et leurs politiques réactionnaires qui nous poussent toutes et tous dans la misère !

Refusons leurs plans, sabotons leur système !

Pour une Université publique, gratuite, laïque, critique et populaire !

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