Contre les rafles de Roms organisées par l’État français, restons vigilants et solidaires !

Ce Mercredi 31 août et ce Mardi 1er septembre, plusieurs expulsions massives de campements Roms ont été organisées par la police.
Le 31, les CRS ont fait irruption dans le campement de Saint-Denis, où vivent 150 personnes. À grand renfort de gaz lacrymogènes, ils expulsent les familles et démantèlent les baraques. Puis, sous la contrainte, les expulsé-e-s sont emmené-e-s par petits groupes sous garde policière jusqu’à la gare RER, où une rame spéciale est finalement affrétée par la RATP pour que la police organise un convoi d’acheminement spécial pour une centaine de Roms et leurs gardiens en uniformes, pour les déporter hors de l’agglomération.

Près de 70 ans après Vichy, nous constatons que les mêmes procédés qui ont servi à organiser méthodiquement la déportation des Juifs et autres « indésirables » en France sont utilisés aujourd’hui contre les Roms. Ou encore quand trente années auparavant les brigades mobiles de Clémenceau appliquaient les mêmes méthodes pour chasser les Tziganes.
Et ce procédé n’est aujourd’hui pas isolé. Devant l’utilisation de leur outil de travail à des fins répressives, les travailleur-euse-s de la RATP ont par ailleurs manifesté leur refus d’être utilisé-e-s comme des agents de la machine à expulsion de l’État Français. Nous appelons l’ensemble des travailleur-euse-s à soutenir le retrait ou les grèves que les agents de la RATP ou tout travailleur-euse des transports en France pourraient déclencher, refusant de devenir les complices de ces politiques racistes.
Le lendemain, 1er septembre, à Saint-Martin-d’Hères (à côté de Grenoble) et à Marseille, la police a expulsé plusieurs autres familles.
À Saint-Martin-d’Hères, une trentaine de Roms a été enfermée dans des centres de rétentions, les autres étant laissé-e-s à leur sort, le campement de fortune où ils/elles avaient trouvé un précaire refuge devant le mépris des pouvoirs public ayant été rasé.
À Marseille, l’expulsion n’a pas pu être menée par la police, cette dernière étant faite « illégalement », l’intervention de militant-e-s anti-expulsion aux côtés des Roms a permis de contrecarrer celle-ci, mais n’aura rien réglé de la très difficile situation pour les familles.
Ces trois exemples ne sont que la partie émergée de la politique d’expulsion qui traque notamment les Roms et l’ensemble des sans-papiers, renforcée depuis la circulaire de la honte du 5 août 2010 du Ministère de l’Intérieur, organisant l’augmentation des expulsions sous couvert du démantèlement des campements dit « illicites ».
Aux côtés des associations qui agissent sur le terrain pour apporter un soutien juridique et sanitaire minimum aux Roms et plus généralement à l’ensemble des sans-papiers, c’est aussi à l’ensemble de la population de lutter contre cette politique, en informant et en luttant contre l’idéologie xénophobe, en militant pour l’abrogation des lois et circulaires légalisant les rafles, en mettant en place des cadres collectifs et unitaires d’aide et de solidarité concrète, et, sur le terrain, en empêchant les expulsions.
Abrogation de toutes les lois xénophobes et racistes ! Régularisations de tout-e-s les sans-papiers ! Vigilants et Solidaires ! Travailleur-euse-s, sabotons la machine à expulsion !

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