Le mouvement social chilien s’intensifie ! Solidarité internationale !


Le mouvement d’ampleur qui a pris forme au Chili pour exiger des universités publiques et gratuites et la fin du système éducatif privatisé, mis en place par la dictature de Pinochet, se développe et s’intensifie.

Lors des grandes manifestations organisées de semaine en semaine, plus de 15 ces trois derniers mois, la détermination des manifestant-e-s s’affermit et de jour en jour des centaines d’actions sont organisées. Des dizaines de lycéen-e-s et d’étudiant-e-s poursuivent une longue grève de la faim. La lutte est aujourd’hui menée dans de nombreuses villes Chilienne, et n’est pas cantonnée à la capitale.

A Santiago, le 10 août, 150.000 manifestant-e-s ont défilé-e-s dans les rues, plus de 400.000 à travers le pays. Les liens entre les étudiant-e-s mobilisé-e-s et les travailleur-euse-s des mines de cuivre continuent à se tisser, aux revendications de «Renationalisation des mines du cuivre, pour une éducation de qualité»!


Le gouvernement et la patronat chilien, le président Piñera en tête, comptaient sur les vacances scolaires pour éteindre la contestation.

Aujourd’hui elle se popularise de jour en jour, et leur politique autant que leur intransigeance sont largement remises en cause par la population chilienne, qui exige la répartition des richesses et commence à remettre en cause les institutions politiques même de la république chilienne. Qui s’en étonnera quand, 20 ans à peine après la fin de la dictature de Pinochet, l’actuel gouvernement déploie d’importants moyens pour réprimer les manifestations ?

Piñera a tenté d’interdire les rassemblements dans l’espace publique, le ministre de l’intérieur, Rodrigo Hinzpeter ajoutant : « Il est fini, le temps des manifestations », et la police a multiplié les coups de filets contre les mobilisé-e-s.

Chaque manifestation est l’occasion pour la police chilienne, très militarisée, de procéder à plusieurs centaines d’arrestations en toute brutalité. Il y a quelques jours la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) a même vivement rappelé à l’ordre le gouvernement de Piñera.

Face à la dureté de la répression, le son des « Cacerolazo » se fait entendre, comme pendant la dictature, où la population appelait à la vigilance et à la solidarité contre le fascisme en frappant aux fenêtres et dans les rues avec casseroles et ustensiles de cuisines, illustration d’un fort soutien populaire et d’une franche condamnation de la répression à l’œuvre. Et la solidarité s’internationalise : en Argentine, plusieurs milliers de manifestant-e-s se sont réuni-e-s en solidarité avec le mouvement social chilien, et les rassemblements de solidarité se multiplient, en Amérique latine, en Europe et en Afrique. A titre d’exemple une manifestation était organisée hier à Paris, devant l’ambassade chilienne, place Salvador Allende.

La Fédération Syndicale Étudiante réaffirme sa solidarité avec les revendications et la mobilisation des étudiant-e-s et travailleur-euse-s chilien-ne-s en lutte.

En France aussi les universités sont privatisées et soumises aux intérêts patronaux, le projet de « nouvelle licence » que le gouvernement veut mettre en place à la rentrée en est un nouvel exemple.
Les services publiques et les aides sociales subissent une cure d’austérité au profit des plus riches.

Nous revendiquons donc une université publique, gratuite, laïque, critique et populaire, et à l’austérité et la précarité nous répondrons comme au Chili par la lutte !

La Fédération Syndicale Étudiante condamne la violente répression contre le mouvement social chilien, et appelle les étudiant-e-s et l’ensemble de la population à multiplier les actions de solidarité en France et ailleurs !

Pour une université publique, gratuite, laïque, critique et populaire ! Contre la répression , la solidarité internationale est notre arme ! Contre la précarité et l’austérité, seule la lutte collective paye !

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