Contre la dévalorisation de la Licence, SUD Étudiant et la FSE appellent dès aujourd’hui à la mobilisation

La réouverture de l’arrêté Licence qui doit survenir avant cet été, en vue d’une application dès la rentrée 2011, provoque dès aujourd’hui l’inquiétude chez les étudiant-e-s et les personnels des universités. Il s’agira pour Valérie Pécresse, de rendre obligatoires les mesures jusque-là facultatives prévues dans le Plan licence de 2007.

A travers une première année généraliste et pluridisciplinaire, la nouvelle Licence sera réduite à une secondarisation du lycée. La pluridisciplinarité, n’est efficiente qu’au sein des filières d’élite où seul-e-s ces étudiant-e-s reçoivent une formation fondamentale de qualité dans chaque matière. Elle ne saurait être la solution à l’abandon des étudiant-e-s en Licence car elle ne se réduirait qu’à un saupoudrage incohérent des matières, aggravant la différenciation des parcours.
Un semestre en deuxième année serait consacré à un stage obligatoire en entreprise. Cette mesure est censée contrer le chômage accru des jeunes et les préparer à l’entrée sur le marché du travail. Cependant, aucun stage, par définition peu ou pas rémunéré, déconnecté du cursus universitaire et seulement applicable au bassin d’emploi local déjà fluctuant, ne permettra d’assurer une re-qualification décente du diplôme de la Licence. Car ce n’est pas à l’Université de fournir aux entreprises des travailleur/ses formé-e-s selon leurs besoins spécifiques et corvéables à merci, mais bien aux entreprises elles mêmes de financer la formation de leurs employé-e-s.
La ministre préconise par ailleurs une augmentation du volume horaire généralisée, ainsi que le contrôle continu intégral, sans tenir compte du fait que la moitié des étudiant-e-s, en partie issu-e-s des classes populaires, est toujours contrainte de se salarier pour financer ses études et que les enseignant-e-s comme les personnels BIATOSS sont toujours confrontés à une pénurie de postes, ce qui entraînera une nouvelle augmentation de la charge de travail, voire le recrutement instable de nouveaux précaires.
D’autre part, l’expérience de la mise en place de telles mutations réglementaires dans l’urgence est néfaste. Alors que ces nouvelles maquettes sont d’ores et déjà discutées au sein des UFR, cela va encore aggraver les conditions de travail des personnels des universités, et désorienter les étudiant-e-s.
La Licence se métamorphosera en une coquille vide. D’après un référentiel de compétences centré sur les besoins du bassin d’emploi local, sur les compétences et non les connaissances, la réouverture de l’arrêté Licence n’augure en rien un recadrage national, mais une dévaluation inédite du contenu disciplinaire du diplôme, et représente, en ce sens, une régression majeure.

A l’initiative de la FSE et SUD Etudiant, les organisations syndicales étudiantes et politiques se réunissent d’ores et déjà pour opposer aux projets du Ministère une nouvelle direction pour la Licence et revendiquent des diplômes de qualité, reconnus nationalement dans leurs intitulés et leurs contenus, et dans les conventions collectives ; le réengagement social et financier de l’État ; l’accès de toutes et tous à l’Université, et l’égalité des étudiant-e-s face aux modalités de contrôle des connaissances grâce à un cadrage national.

La fédération SUD Étudiant et la FSE appellent dès aujourd’hui les étudiant-e-s et les lycéen-e-s et les personnels à s’organiser à travers la création de cadres unitaires locaux et nationaux, en vue d’une contestation d’ampleur à la rentrée 2011, si la Ministre persiste dans cette voie, apportant des modifications constituant une attaque contre la Licence.

     

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